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Assassin's Creed

Fanfiction : Assassin's Creed Devotion

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« Exprimons le désespoir de l'homme devant l'absurdité de l'existence. » Franz Kafka

Assassin's Creed Devotion est une fanfiction écrite par LaFormule


Synopsis

Etats-Unis d'Amérique 1784 Domaine Davenport

Un soleil nouveau se lève sur l'Amérique. Ce dernier est contemplé dès ses premières lueurs par un homme à la peau sauvage. Raide et pensif, il médite sur ses échecs, sur ses espoirs brisés, ses illusions envolées ainsi que sur le but de son existence qu'il juge inutile. Cet homme, autrefois appelé par les gens de son peuple Ratonhnhaké:ton, s'appelle désormais Connor et voici le récit de ses jours de ténèbres.

Introduction

Le temps après l'échec
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« Rien n'est aussi désespérant que de ne pas trouver une nouvelle raison d'espérer.  » Niccolò Machiavelli

Un jour, un homme m'avait avertit que, même si je voulais sauver le monde, je me devais de faire attention à ne pas le détruire. Je ne l'avais pas écouté ce jour là mais aujourd'hui, je comprends mon erreur. Cet homme s'appelait Achilles, il fut mon Mentor et frère et j'aimerais tellement lui dire à quelle point je suis désolé.


Je l'ai rencontré pour la première à l'âge de 15 ans environ, à l'époque j'espérais trouvé en lui une aide pour protégé mon peuple. En effet, je suis né au sein d'une terre éternelle, tout comme l'était le peuple parmi lequel j'ai grandi. J'ai passé les premières années de ma vie en communion avec la nature, dans un monde pur, un monde sans vices, un monde qui me fut enlevé trop tôt. En effet, un jour alors que je jouais dans les bois, des hommes à la peau pâle vinrent s'approcher de mon village et l'un d'entre eux me prit par le coup et se mit à proférer des menaces contre mon peuple nous menaçant même de mourir si nous leur donnions pas si qu'ils attendaient. Je n'avais pas compris en cet instant ce qu'il voulais dire, mais jamais je n'aurait oublié son visage ainsi que son nom, Charles Lee. Plus tard, je vis mon village s'embraser et ma mère mourir sous mes yeux, sans que je puisse faire quoi que se soit.

Depuis ce jour, je fus hanté par le souvenir de ce jour et par la crainte que cela se reproduise. Quand vint le jour de mes 14 ans, la matriarche de notre village vint me voir et m'expliquer alors pourquoi nous ne pouvions quitter ces terres. La réponse fut qu'en vérité, nous étions les gardiens d'une terre sacrée, bénie par les esprits de la nature. Pour me prouver ses paroles, la matriarche me montra une étrange sphère transparente avec d'étranges inscriptions sur l'ensemble de sa surface. En la touchant, je fus comme coupé du monde en un instant et je me retrouvai en face d'un de ces esprits qui avait l'apparence d'une femme. Cette dernière m'appela « gardien » et me dit qu'elle et les siens m'attendaient depuis et que je me devais de suivre le chemin qu'il m'étais préparé. C'est alors qu'elle me fit voir d'horribles visions montrant des hommes complotant pour s'emparer des terres de mon village et brûlant tout sur leurs passage. Je comprit alors que les hommes que j'avais vu dix ans plus tôt étaient de ceux-là. L'Esprit finit sa vison en me montrant un étrange symbole et en me disant que là où je trouverai ce symbole, je trouverai également ceux qui me formeront et m'aideront à protéger mon peuple.

Une fois revenu à moi et gardant en mémoire le symbole que l'Esprit m'avait montré, j'obtins l'autorisation de la Matriarche de quitter le village me disant qu'elle savait que je ne changerai jamais d'avis. Elle m'expliqua avoir vu ce symbole à l'Est, sur un territoire où s'élevait sur une colline une immense cabane en pierre et que là-bas je trouverai un homme qui avait déjà aidé ma mère par le passé. Je décidai donc de me mettre en route, mais cela ne fut pas de tout repos. Les habitants du village disaient à mon sujet que j'avais toujours voulu partir, mais ils ne comprenaient pas l'étendu du danger et je me devais d'agir, quitte à quitter l'unique endroit que j'avais connu jusqu'alors.

Ce fut un mois après le début de mon voyage, alors que je n'avais vu jusqu-là que des bêtes sur mon chemin, je croisa la route d'un homme étrange qui était poursuivi par deux autres. En les suivant, je suis arrivé à un lieu qui surplombait l'immense rivière, celle au bord de laquelle j'ai grandit. Je fit également la découverte de la fameuse maison de pierre dont m'avait parlé la Matriarche. En frappant à la porte, un vieil homme noir, celui-là même que j'avais vu peu de jours auparavant s'enfuir, m'ouvrit et me demanda ce que je voulait, mais il l'a referma aussitôt quand je lui expliqua qu'on m'avait dit qu'il me formerait. Passant la nuit dans une écuries, j’essayai les jours suivants de le convaincre par tout les moyens de me former, mais il refusa à chaque fois me menaçant même que je ne savais pas ce que je lui demandait et que je risquais même de mourir. Mais cela ne réduisit pas ma ténacité, j'étais prêt à tout pour être former par cet homme, même si je devais passé plusieurs voire plusieurs mois à essayer de le convaincre, je finirai bien par être formé par lui.

Mes efforts portèrent leur fruits quand, un soir, plusieurs hommes s'approchèrent de l'écurie où je dormait en disant qu'ils avaient l'intention de tuer le vieil homme. Je me battu avec plusieurs d’entre-eux car je voulais savoir ce dont il s'agissait, mais ils étaient beaucoup trop nombreux et l'un d’eux s’apprêta même à me tuer en me déclarant que tout cela me dépassait et que je n'aurais pas dû m'en mêler. C'est à ce moment que le vieil homme qui habitait sur la colline vint me sauver en tuant discrètement l'homme qui me menaçait ainsi que ceux qui étaient à ses côtés puis il me dit d'aller caché les corps avant de le rejoindre. Après avoir fait ce qu'il m'avait demandé en jetant les corps depuis le haut de la falaise dans la mer pour que personne ne les retrouve, je retrouvai mon sauveur dans sa maison qu'il m'expliqua être ce qu'il appelait un manoir. C'est là qu'il me dit son nom, Achilles. Ce fut lui qui allait devenir mon Mentor et frère. En lui montrant le symbole, il me demanda si je savais ce qu'il signifiait, je lui répondit que non mais que je croyais en la prédiction de l'Esprit. En entendant cela, il me dit de m'assoir et d'écouter ce qu'il m'allait dire. Il m'expliqua alors que ce symbole était d’un Ordre qui existait depuis les premières lueurs du jour et dont il faisait partie, un ordre qui selon lui avait déjà croisé la route d'esprits comme celui que j'avais vu et m'expliqua que ceux qui appartenaient à cette ordre portaient le nom d'Assassins. Leur missions semblait être de défendre la paix et la justice en tuant ceux qui s'y opposaient par la force. Le vieil homme m'expliqua toutefois que, même si ils avaient juré de défendre la paix et la justice, les Assassins s'étaient également juré de défendre la liberté de choisir pour chacun ce qui lui semblait juste de choisir et qu'en cela, ils étaient en guerre contre un autre ordre, remontant lui aussi à l'aube de l'Humanité et dont les membres qui portaient le nom de Templiers avaient juré d'obtenir le pouvoir et le contrôle de l'Humanité pour, selon leur pensée, bâtirent un monde nouveau où règnerait l'Ordre, quitte à le prendre par la force en tuant ceux qui s'opposaient à eux.

À cet instant, et en lui racontant mon histoire, nous comprîmes que les hommes qui avaient attaqués mon village étaient des leurs. Achilles m'expliqua également que les hommes qui avaient attaqués mon village avaient également parsemés ces terres qu'Achilles appelait colonies et qu'ils avait exterminés tous les Assassins et qu'il n'était qu'à ce jour que l'un des deux derniers Assassins encore vivant dans ces colonies, mais il n'avait pas oublié qui ils étaient et m'expliqua que toute leur organisation reposait entre les mains de sept hommes, William Johnson, John Pitcairn, Thomas Hickey, Nicholas Biddle, Benjamin Church, Charles Lee, l'homme qui avait menacé mon peuple et brûlé mon village, et un autre, qui était à leur tête et dont ma mère m'avait parlé en me disant qu'il s'agissait de mon père, Haytham Kenway.

Achilles accepta alors de me former afin que je devienne un Assassin et que je puisse, en tuant ceux qui sont à la tête des Templiers, protéger mon peuple et sauver ces terres.

Il m'aura fallu trois ans pour faire mon apprentissage. J'appris alors tout ce qu'il me serait nécessaire pour mériter ma place au sein de l'Ordre. Bien qu'Achilles fut âgé, il m'appris à améliorer mes compétences au combat et à l'escalade, et même si, comme il avouera lui même, il était coupé du continent où est originaire notre Ordre et que les connaissances alors actuelles sur l'histoire de ce dernier n'étaient que peu, il m'apprit ce qu'il savait sur la confrérie. Je fit également la rencontre d'un autre Assassin dont l'ancien métier était celui de marin, Robert Faulkner, qui m'apprit à naviguer après qu'on ait réparé un navire en ruine, l'Aquila.

Mon apprentissage une fois fini, Achilles m’accueillit sobrement, comme je l'aurais voulu, dans l'Ordre, j'étais désormais un Assassin.

Malgré les compétences que j'avais acquis et ma détermination de tuer ceux qui menaçaient mon peuple, je savais que l'ennemi ne se montrerait pas aussi facilement et qu'il me serait difficile de le trouver. Mais des évènements inattendus vinrent se mettre sur ma route et m'aidèrent à débusquer mes ennemis de leur repère.

En effet, il semblait que les colonies dans lesquelles nous vivions appartenait à un roi puissant appelé George et qui vivait au-delà de l'étendue d'eau qu'est l'Océan Atlantique. Toutefois, les sujets de ce roi qui vivaient en Amérique semblaient être traités de manière injuste par ce monarque qui ne vivait même pas sur ces terres. C'est ainsi qu'au fil du temps, les tensions entre lui et les habitants de ses colonies s'aggravèrent. Je fis durant ces périodes troubles la connaissance de plusieurs hommes qui parlaient alors d'injustices qu'il fallait arrêter, même si cela signifiait se séparer de la Couronne. L'un d'eux, Samuel Adams, était un ami d'Achilles et sans doute l'une des rares personnes en qui j'avais véritablement confiance. J’aurais voulu éviter de prendre part à de tels évènements, mais les Templiers, qui cherchaient à prendre le pouvoir en occupant d'importants postes dans l'organisation des colonies, ne pouvaient restés cachés face à un tel changement. C'est pourquoi je me devais d'y prendre part, pour tuer mes ennemis une fois ces derniers exposés au grand jour.

C'est ainsi que, prenant part à ces évènements, je vis ces derniers s'enchaîner et que, tout en continuant ma quête, j’assistai à l'avènement d'une nouvelle nation, de ce qui serait plus tard appelé les États-Unis d'Amérique.

Ce ne fut toutefois pas mes seules activités au cour de ma traque. En effet, le manoir du domaine nécessitant d'importantes réparations, nous fûmes obligés d'accueillir nombre d'artisans sur ces terres, avec leur famille, pour permettre la reconstruction du lieu. Au fur et à mesure que je progressais dans ma quête, je fis la rencontre de plusieurs étrangers qui étaient en quête d'une terre paisible où s'établir et exercer leurs professions. Je leur ai donc proposé de venir s'établir sur les terres du domaine pour y vivre en paix et pour que chacun puisse profiter du fruit de leur travail. Ainsi nous commençâmes à former sur les terres du domaine une communauté paisible dont les membres étaient solidaires.

Ma route croisa également celles d'hommes et de femmes qui, tout comme moi, voyaient l'injustice qui sévissait dans les colonies et qui voulaient se battre pour changer les choses. Le destin fit qu'ils s'étaient trouvés, sans le savoir, face aux Templiers. Je les ai donc aidés à combattre l'injustice et leur proposa à tous de rejoindre les Assassins pour continuer leur combat, ce que chacun accepta, donnant ainsi un nouveau souffle à l'Ordre dans les colonies.

Malheureusement, et ce malgré toutes ces choses que j'avais vécu durant mon combat, je ne pu m'apercevoir à temps que, suivant aveuglément mes illusions, j’échouai dans ce dernier, entraînant beaucoup de souffrances sur mon chemin.

En effet, même si j'essayais de garder mes distances avec eux, je voyais en les Patriotes, et notamment en leur général en chef Washington, une lueur d'espoir pour que la justice et la liberté soit garantie pour tous, et notamment pour les miens. Je fus également assez naïf pour croire que moi et mon père nous pourrions arrêter cette lutte entre Assassins et Templiers, ce dernier ayant voulu que je l'aide à un moment pour traquer une cible que nous avions en commun. Lui-même semblait croire en cette possibilité, bien qu'il refusait d'écouter mes avertissements sur l'homme qu'était véritablement Charles Lee.

Il ne m'aura pas fallu attendre longtemps pour que mes illusions s'envolent. J'appris en effet plus tard, et ce par sa propre bouche et celle de mon père, que Washington était le vrai coupable de la destruction de mon village et que les miens s'étaient malgré mes avertissements joint aux Anglais. Pour protégé ma propre vie, je fus ainsi obligé de tuer ceux avec lesquels j'avais grandi, et étais devenu pour eux un traître et un paria. Quant à mon père, ce dernier espérait que j'allais m'incliner devant lui une fois la vérité sur Washington révélée, mais cela ne me fis pas perdre pour autant une vérité que je savais réelle. Charles Lee était un monstre qui devait mourir. Mais mon père semblait lui aussi aveuglé par son ambition de voir son confrère à la tête d'une nouvelle nation, au point qu'il essaya de me tuer pour permettre à Lee de survivre. Je n’eus d'autres choix que de le tuer lui aussi. Qui était-il réellement ? Que voulait-il ? Je ne le sus que plus tard et, à lui aussi, je voudrais présenter m'excuser. Non-pas de ne pas l'avoir suivi mais plutôt de l'avoir tuer et d'avoir cru comme lui que nos deux ordres pourraient s'unir, ce qui était impossible puisque les Templiers refusent de suivre quelconque autre chemin que le leur.

Bientôt 7 mois ont passé depuis la mort de Charles Lee et ce n'est pas un mensonge de dire que j’ai échoué. Je croyais pouvoir apporté paix et justice sur ces terres et notamment pour mon peuple mais au final, la justice n'appartient qu'à quelques privilégiés et mon peuple à fuit ses terres pour aller vers l'Ouest. Et si ce n'était que ça, l'unique personne en qui j'avais le plus entièrement confiance depuis plusieurs années est mort lui aussi.

Achilles, pourquoi être partit trop tôt ? Tu avais raison en effet sur moi et je ne t'est pas écouté. J'ai détruit le monde que je voulais sauvé. Mais j'ai encore besoin d'être guidé. Je t'en prie. Je ne sais plus où aller. Je ne sais plus où j'en suis. Je ne pense pas que je pourrais être capable de porter le fardeau que tu m'as laissé en allant dans la tombe. Comment pourrais-je assurer un avenir meilleur pour notre ordre ? Comment pourrais-je prendre soin du domaine et de ses habitants tout seul ? Comment pourrais-je trouvé après tout cela la force de me battre et même celle de vivre ? Aie-je d'ailleurs encore une raison suffisante de vivre après ce que j'ai fait ? Ô mon frère je t'en prie, envoie-moi une réponse ! Ne me laisse pas seul...ne me laisse pas seul...



Chapitre 1

Le jeune homme de la colline


Etats-Unis d'Amérique

Domaine Davenport

1784

Les premières lueurs du jour venaient tout juste de faire leur apparition, illuminant de leurs rayons l'ensemble d'une forêt sauvage qui s'étendaient à perte de vue ainsi qu'un amas de maison et de bâtiments établis près d'une colline qui faisait office de frontière entre la forêt sauvage à l'Ouest et les côtes de l'Océan Atlantique à l'Est.Tandis que le Soleil se dévoilait peu à peu et qu'une légère brise matinale commençait à devenir de plus en plus forte, voici qu'un étrange oiseau fit son apparition dans le ciel. C'était un Pygargue à tête blanche. Grand et majestueux, il faisait dans le ciel plusieurs tours de voltiges et acrobaties qui apparaissaient vu du sol comme une célébration en l'honneur du Soleil qui montait de plus en plus dans le ciel. Une fois que ce dernier apparue dans son intégralité, le rapace se mit aussi soudainement qu'étrangement à foncer en piquet depuis le haut du ciel en direction de l'eau, comme si il avait aperçu un poisson qui pouvait alors lui servir de proie potentielle. Avait-il véritablement aperçu une proie ? Avait-il finalement mal-vu ? Quoi qu'il en soit, cela ne lui permit pas de redresser ses ailes à temps. Fonçant ainsi toujours en piquet vers l'eau en essayant de toutes ses forces de se redresser en déployant ses ailes, le rapace devint comme immobile et fut emporté par le vent pour finalement s'écraser dans l'Océan puis et sans doute à cause du choc qui fut trop violent pour lui, il finit par sombrer dans les profondeurs de l'Atlantique.

Non loin de là, à quelques mètres au dessus de la falaise, se trouvait un manoir dominant toute la colline. C'était une battisse assez imposante à deux étages, les murs faits de briques et le toit recouvert d'ardoise. C'est alors que, alors même que le pygargue était toujours en train de sombrer, la porte du manoir s'ouvrit tout d'un coup et qu'un jeune homme en sortit, la peau sauvage, les cheveux noirs attachés derrière le crâne, il était de grande taille, avait un physique solide.Il portait une chemise beige et un pantalon court attaché à sa taille par un long tissu rouge.Une fois sorti il se dirigea en direction du bord de la falaise où se trouvaient des tombes, une plumes d'aigle dans la main droite. Une fois arrivé auprès des pierres tombales, il s'approcha de celle qui se trouvait à l’extrémité droite et sur laquelle était inscrit : « Ici repose le corps d'Achilles Daventport, le vieil homme de la colline ». Le jeune homme y déposa la plume qu'il tenait et qui fut aussitôt emporté par le vent vers l'Océan.

Restant d'abord pendant un long moment devant la tombe, le jeune homme reprit ensuite son chemin de l'allée sans se rendre compte qu'à quelques mètres non loin de là, sur un chemin se trouvant juste à côté du manoir, une jeune femme dont les vêtements beige, marron et vert laissaient penser qu'il s'agissait d'une trappeuse ainsi qu'un homme d'une quarantaine d'années, portant des lunettes et fumant la pipe, se tenaient là à l’observer, mais voyant que se dernier ne leur portait aucune attention, ils finirent par reprendre leur route en direction du village qui se trouvait au sud du manoir.

Une fois rentré, le jeune homme se dirigea aussitôt vers une torche accrochée à un mur qui était en réalité un dispositif dont l'actionnement permettait l'ouverture d'un passage secret. Une fois celui-ci ouvert, il descendit un escalier qui menait dans une sorte de cave où étaient entreposés un peu plus loin diverses armes de tout genre, armes de lancer , armes à feu, épées, haches, et tant d'autres, mais également plusieurs différentes tuniques qui étaient accrochés le long d'un mur en face de l'escalier.

Le jeune homme se dirigea ensuite vers une table, sur laquelle étaient posés une arme autochtone qui avait l'apparence d'une petite hache et un écusson sur lequel se trouvait un étrange symbole il était placée en face d'une tunique blanche aux bords bleu avec une ceinture en cuir sur laquelle se trouvait le même symbole.


Prenant une chaise placée juste à côté, le jeune homme s'assit puis se mit à observer silencieusement cette tunique, cette arme et ce brassard qui, autrefois, lui appartenaient mais, pour diverses raisons, dont il s'était juré de s'en séparé.

Cela fut, hormis le moment où il était sorti dehors pour se diriger vers la tombe, la seul chose qu'il fit de toute la journée. À aucun moment même il ne remonta au rez-de-chaussée, ne serait-ce que pour se préparer quelque chose à manger.

Toutefois, pour lui, il ne s'agissait pas simplement d'observer une tunique ou des bricoles. Non. Pour lui, observer ces différents éléments, s'était comme remonter dans le passé et le revivre. En effet, à travers son écusson , sa hache de guerre et sa tunique, il revivait chaque moment de son existence aussi loin qu'il s'en rappelle, en fait depuis la mort de sa mère quand il était jeune. À partir de cet événement tragique, il revivait chaque de ce que fut sa vie ensuite, ses joies, ses moments, de partage, de rire, de lutte...

Mais ce n'étaient pas les moments heureux de sa vie qu'il revoyait mais plus ses moments de douleurs et de peines. En effet, à travers ces choses qui autrefois lui appartenaient, il renvoyait surtout la défaite. Sa défaite.

Oui. Il s'était donné jadis un combat, une raison de vivre pour laquelle il se donna entièrement et parfois même jusqu'à l'épuisement. L'espoir qu'il avait dans ce combat et dans l'issue qu'il espérait recevoir après en récompense étaient toutefois telles que, sans se le rendre compte, il se dirigeait doucement mais certainement vers sa perte.

Malgré tout cela, ce n'étaient pas ceux en qui il avait mis sa confiance et qui l'avaient déçu qu'il jugeait comme responsable de tout ceci, mais lui-même. Oui, pour lui c'était uniquement sa faute si il avait échoué car c'est lui qui s'était laissé prendre par ses émotions et ses espoirs qui relevaient de l'impossible. Pour lui c'était également sa faute si certaines personnes l'avaient au final déçu car c'était lui qui avait mis toute sa confiance en eux et qui croyait naïvement qu'il pourrait l'aider à bâtir ce monde idyllique qu'il espérait recevoir en retour de ses efforts. Enfin, il se voyait également comme unique responsable pour avoir échoué au devoir qu'il s'était donné comme obligation d'accomplir et pour avoir également déçu ceux et celles qui avaient mis toute leur confiance et qui croyaient en lui et en son combat.

Ainsi il passa sa journée à se remémorer, à travers toutes ces possessions qui fut autrefois les siennes et qu'il refusait au fond de lui catégoriquement de reprendre, tous les évènements douloureux de sa vie et, à travers cela, méditant sur lui-même, sur ses échecs qui le faisaient intérieurement souffrir et qui, au fur et à mesure que le temps passait, lui faisaient perdre toute confiance et estime de lui, allant même jusqu'à détester la façon dont il se voyait.

Ce jour-là, il lui arriva même quelque chose à laquelle il n'avait jamais pensé auparavant. En effet, la douleur qui tout cela provoquait en lui-même était ce jour-là tellement forte et insupportable qu'il se mit à regarder une partie de son corps qui avait été transpercé sept mois auparavant et qui avait du mal à cicatriser et, caressant doucement le bandage qui se trouvait dessus, il se mit à regretter que cette plaie n'eut pas été plus profonde, du moins... qu'elle ne l'eut pas été suffisamment pour le tuer...

Il resta ainsi, assis sur sa chaise et méditant sa vie passée, pendant toute une journée quand tout à coup, à la fin de celle-ci, quelqu'un vint frapper à la porte du manoir.

Chapitre 2

Une réception de dernière minute


Remontant immédiatement l'escalier, le jeune homme prit toutefois le soin de refermer le passage secret derrière lui afin qu'il ne soit pas découvert. Il se dirigea ensuite vers un sceau remplie d'eau posé sur une chaise en bois dans une salle à droite de l'entrée du passage secret et se lava le visage tandis que les bruits à la porte se faisait de plus en plus fort et que la personne se trouvant derrière se mit à crier :

- Eh Connor ! Tu es là !

Dès qu'il eut essuyé son visage, le jeune homme s'empressa ensuite d'aller ouvrir la porte pour y découvrir qui voulait le voir. En ouvrant la porte, il tomba nez à nez avec le même homme qui l'avait observé le matin même mais qu'il n'avait pas remarqué. Vêtu d'une veste bleu qui recouvrait une autre veste, cette fois-ci sans manches et verte, et une chemise gris clair ainsi qu'un pantalon vert-gris clair, des bas blancs et des chaussures marron-gris, il avait les cheveux bruns attachés en arrière ainsi que des lunettes rondes et une pipe à la main.

- Ah ben dis donc! - lui répliqua le visiteur en rigolant – Tu en met du temps pour ouvrir à tes amis.

- ...Excusez-moi docteur White... - lui répondit le jeune homme – J'étais occupé, j'avais pas entendu du premier coup.

- Laisse Connor c'est pour rire. - lui répliqua le docteur en lui frappant l'épaule droite – Cela fait quand même un bon bout qu'on ne s'étaient pas parlé non ?

- Si. En effet. - lui répondit Connor - Vous voulez entrer ?

- Non ça ira. Merci.

- Ah bon ? Si vous voulez manger quelque chose j'ai de quoi vous savez.

- Non ça va je t'assure. Et puis, on a plus vraiment très à quatre heure de l'après-midi.

- Déjà quatre heures de l'après-midi ?

- Ben voit par toi-même. - lui répliqua le docteur en montrant sa pipe à la main le soleil à Connor.

- Ben dis donc j'ai pas vu le temps passé moi.

- J'imagine. En fait je voulais te voir pour te faire part de quelque chose d'important.

- Bien sûr. De quoi il s'agit ?

- C'est Myriam.

- Il lui est arrivé quelque chose ?!

- Non ça va ne t'inquiète pas elle va bien. Dieu merci. Non au contraire elle vient juste de rentrer de son voyage.


- Vraiment ? - répondit Connor sur un ton mêlant étonnement et joie – mais depuis quand ?

- Depuis ce matin même. On s'est même vu sur le chemin qui descend vers le village, juste à côté du manoir. On t'a même vu sortir un moment pour te recueillir sur la tombe d'Achilles comme chaque matin.

En entendant ses paroles, et tandis que le docteur White continuait à lui parler, Connor, tant bien que même il fit de son mieux pour ne pas le montrer, fut prit par un sentiment de stupeur. En effet, lui qui, en fait, essayait justement de ne pas se faire remarquer par quiconque et qui croyait justement ne pas l'avoir été depuis toujours, il venait de découvrir que le docteur, qui était l'un de ses plus proches amis, était au courant de ce qu'il faisait, et que d'autres l'étaient sûrement aussi. Toutefois il semblait être tellement parti dans ses pensées que le docteur finit par le remarquer et lui demanda :

- Connor !? T'es sûr que ça va ?

- Oui excusez-moi. - lui répondit Connor – J'étais en train de penser à quelque chose. Et donc Myriam est de retour ? Il va falloir fêter cela.

- C'est justement à ce propos que je voulais de parler.

- Comment ça ?

- Et bien, en fait, étant donné que Norris n'est toujours pas rentré de la mine, on tous pensé avec Myriam lui faire une petite surprise.

- Vraiment ? - demanda Connor en souriant - .

- Oui. Ça aura lieu à l'auberge d' Oliver et Corinne. Et on aurait bien besoin de ton aide pour tout préparer.

- Oui bien sûr. Sans problème.

- Euh... - dit le docteur White en scrutant Connor de la tête aux pieds - ...par contre je pense qu'il serait pour toi de changer de tenue. Histoire d'être présentable.

- C'est vrai excusez-moi. - répondit Connor en se scrutant à son tour de la tête aux pieds – Je reviens tout de suite.

- D'accord. Dépêche-toi quand même.

- J'essayerai.

Sur ces mots, Connor monta à l'étage supérieur du manoir puis se dirigea vers une salle qui semblait être sa chambre. Dans celle-ci était posé sur le lit un uniforme accompagné. Ce dernier était constitué de bas, d'une veste et d'un pantalon blancs, de chaussures à boucles de couleur marron, d'un manteau d'une couleur alliant le bleu marine et le gris ainsi que d'un chapeau. En enfilant ces habits, il profita de ce moment d'écart pour repenser librement à cette douleur qu'il ressentait au fond de lui-même.

Toutefois, il était pour lui capitale que les autres ne sachent rien de cela, d'une part pour éviter de les faire souffrir et d'autres parts car il jugeait que c'était son fardeau et non celui des autres et que, par conséquent, il devait se le garder que pour soi-même.

Se dépêchant malgré tout d'enfiler ces habits afin de ne pas faire attendre son ami le docteur, Connor descendit d'une flèche dès qu'il eut finit de s'habiller. Tandis qu'il descendait, le docteur qui se tenait sur le porche de la porte, en le voyant dans cet accoutrement, se mit à siffler comme par réflexe puis déclara:

- Eh eh eh eh !!!! Ben dis donc Connor ! Quel bel homme !!!!

- Ça ira docteur. - lui répondit subitement Connor qui semblait embarrassé par la remarque du docteur. - Ça ira. Mais merci quand même.

- Allé Connor. - lui répliqua le docteur White. - Je sais que l'humilité est quelque chose d'ancré profondément en toi, c'est pas pour autant une raison de ne pas reconnaître quand on est beau garçon.

- C'est vrai. - lui répondit Connor alors qu'il finissait de descendre l'escalier - Vous avez raison. Excusez-moi.

- Pour l'amour du ciel Connor, arrête de t'excuser pour n'importe quoi ! T'es certes humble mais pas timide.

- Si vous le dîtes Docteur. - répondit Connor en souriant - .

- Bon. Allons-y, maintenant que tu es devenu présentable. Plus on attend et moins on aura de temps pour faire la surprise à Norris.

- Vous avez raison. - lui dit Connor en faisant un oui de la tête – Allons-y.

Et sur ces derniers mots, ils descendirent tous deux la colline et prirent le chemin en direction du Sud, vers le village du domaine

et tandis qu'ils descendaient la colline, Connor se retourna un court instant en direction de l'endroit où se trouvaient les pierres tombales, qui n'étaient toutefois plus visibles depuis longtemps puis s'en retourna et continua à marcher aux côtés du médecin.

Et tandis qu'ils continuaient à descendre le chemin en direction du Sud, voici qu'ils arrivèrent à la limite d'un bâtiment qui se trouvait juste en face d'un pont en bois qui faisait le lien entre les deux parties du Domaine qui était séparés par une rivière. C'était une église entièrement construite en bois et qui se trouvait sur un petit monticule de terre qui la sur-élevait.

Connor continuaient à marcher en direction du village quand un vieil homme vint à sortir de l'église. Il portait un chapeau noir sur sa tête ainsi que des vêtements de même couleur excepté des bas et une veste grise dont toute la partie qui recouvrait le bas de son corps était maculée de tâches vertes. L'unique couleur qui venait éclaircir cette nuance mêlant le noir et le gris étaient sa chemise blanche dont les manches étaient visibles ainsi qu'une collerette de même couleur autour du cou.

Ce dernier élément ainsi qu'une bible qu'il tenait dans sa main droite ne laissait aucun doute par rapport à sa vocation. Il s'agissait d'un homme d'église qui, une fois qu'il fut sorti, vit descendre sur le chemin Connor et le docteur White.

L'homme d'église s'empressa alors de descendre le monticule de terre sur lequel se trouvait l'église tout en leur faisant un signe de la main en criant :

  • EH ! Connor !

  • Père Timothy. - répondit ce dernier en saluant l'homme avec sa main tandis que ce dernier finit par par les rejoindre.

  • Et bien. Cela faisait longtemps dis donc.

  • Longtemps que quoi ? - demanda Connor - .

  • Et bien, - lui répondit le père Timothy - , longtemps qu'on ne t'avait plus vu.

  • Tu vois. - répliqua en rigolant le docteur White à Connor en lui tapant l'épaule gauche – Qu'es-ce que je t'avais dit ?

Le docteur et le pasteur se mirent à rire en entendant cela tandis que Connor contenta ses amis d'un simple sourire. Ayant à peine finit de rire, le père Timothy reprit la conversation en demandant :

  • Et donc... je suppose que vous vous rendiez chez Oliver n'es-ce pas ?

  • Ben évidemment, – lui répondit le médecin – où voulez vous qu'on aille sinon ?

  • Vous avez raison. D'autant plus que je comptais m'y rendre aussi.

  • Comme tout le monde en fait ?

  • Oui c'est vrai.

Et sur ces derniers mots, ils se mirent tous les trois en route en direction de la taverne, au cœur même de la partie sud du domaine. Durant leur marche, ils se rendirent toutefois compte qu' hormis certains animaux et même voyageurs de passages qu'ils voyaient passés à cheval, pas une seule voix ne se fit entendre, ni même un son de musique provenant de la taverne.

Toutefois, une fois à l'intérieur du The Mile's End, lui et ses deux camarades de routes furent ravis de constater que tous et toutes étaient en réalité déjà là en train de planifier les préparatifs de la fête. Dès qu'ils entrèrent, la première personne à remarquer leur venue était un homme d'environ une cinquantaine d'année qui se trouvait juste à côté de la porte d'entrée. D'une carrure imposante, il avait les cheveux bruns courts et le crâne légèrement dégarni, son œil droit était surmonté d'une cicatrice à l'allure profonde et, au milieu de son visage, se trouvait un nez fort, tel qu'on aurait dit qu'il prenait à lui seul toute la surface de son visage qui par ailleurs se finissait par une barbe plus ou moins imposante.

  • Par mes fers à cheval regardez qui voilà ! - s'exclama-t-il en voyant Connor entrer -.

  • Big Dave ! - répliqua Connor en allant faire une accolade à son interlocuteur – .

  • Cela fait un bail Connor.

  • Oui en effet. À ce que je vois, toi aussi t'a tenu à te faire beau – lui dit Connor en scrutant le costume marron-gris que portait le dénommé Big Dave - .

  • Ben il le fallait bien. – répliqua aussitôt ce dernier à Connor – J'allais quand même pas accueillir Myriam avec mes vêtements de travail, qui en plus sentent horriblement la sueur.

  • C'est vrai en effet.

Et tandis que Big Dave saluaient les deux compagnons de route de Connor qui se tenaient à ses côtés, ce dernier se dirigea vers la partie droite de la grande salle de l'auberge où se trouvaient cinq personnes en pleine discussion. Il s'agissait de trois adultes et de deux enfants.

Trois d'entre-eux étaient noirs de peau, un couple et leur enfant qui se tenaient près d'eux.

Le mari portait une grande barbe noire ainsi qu'un chapeau de paille sur la tête et était vêtu d'une chemise rayée grise qui était surmontée d'une sous-veste beige-jaune et un long pantalon beige qui descendait jusqu'à ses chaussures noires et avait autour du cou une écharpe rayée de couleurs jaune foncée, presque doré, et rouge foncé et sur laquelle étaient brodées divers motifs.

Sa femme, qui se tenaient à ses côtés, était vêtu d'un haut d'une couleur alliant le beige au blanc et à l'orange ainsi que d'une longue robe beige brodée et portait autour de sa taille une ceinture provenait du même morceau d'étoffe qui avait été utilisé pour la coiffe qu'elle avait sur sa tête. Enfin, leur fils qui semblait avoir autour de sept ans et qui portait tout simplement une chemise grise ainsi qu'un grand pantalon bleu.

Le couple était en pleine conversation avec une femme qui était elle aussi venu avec son enfant quand l'attention du mari fut détournée par les paroles de Big Dave et qu'il découvrit que Connor était venu aux préparatifs en compagnie du docteur White et du père Thimoty. Il alla tout d'abord poser brusquement sa main sur l'épaule de sa femme en lui disant à voix basse : « Prudence , il est ici », comme pour lui indiquer de sortir de la conversation car quelqu'un était là, puis se tourna vers le jeune indien en disant d'une voix forte et un peu cassée :

  • Ça par exemple – dit-il à Connor en s'approchant de lui pour lui faire une accolade - .

  • Bonsoir Warren – répondit discrètement Connor en serrant son interlocuteur dans ses bras - .

  • Connor !? Et bien quelle agréable surprise. - répliqua soudainement sur un ton étonné l'épouse de Warren tout en s'approchant de Connor pour lui faire une bise.

  • Je sais Prudence – lui répondit Connor qui, après avoir salué Prudence, s’agenouilla en direction du jeune garçon en lui demandant : - Comment vas-tu Hunter ?

  • Bien. Merci Connor - lui répondit Prudence qui, en se tournant vers lui, demanda à son enfant : – Et bien Hunter ? Tu ne dis plus bonjour ?

  • Euh...Bonjour Monsieur – répliqua timidement Hunter à Connor - .

  • Hunter. Je t'en prie. Entre-nous tu peux juste m'appeler Connor.

  • Euh...d'accord... Monsieur Connor.

En entendant cela, Connor fit un rapide traie d'humour avant de se tourner vers la personne avec qui Warren et Prudence s'entretenaient. C'était une femme assez grande qui en effet arrivait au cou de Connor. Elle avait les cheveux noirs attachés en queue de cheval derrière la nuque et portait comme vêtements une chemise blanche en-dessous d'une veste verte kaki avec des boutons dorés qui était surmontée d'un châle rayé rouge foncé et rouge clair ainsi que d'une longue robe verte kaki avec des rayures rouges. Aux côtés de cette femme se tenait une jeune fille qui semblait être sa fille. Elle avait pour vêtements une longue robe verte kaki, un châle rouge clair sur ses épaules, une coiffe blanche sur la tête et une ceinture en cuir autour de la taille.

  • Bonsoir Ellen. - lui dit Connor tandis qu'elle continuait à le scruter comme si elle venait de voir un revenant. - Quelque chose ne va pas ? - lui demanda Connor en remarquent l'étrange attitude d'Ellen.

  • Euh... Excuse-moi Connor. - lui répondit Ellen toute gênée.

  • Non ce n'est rien c'est juste que...

  • Oui je sais. Ne t'inquiète pas c'est juste que... - dit-elle en coupant sa phrase par plusieurs courtes pauses en silence - avec tout le travail que j'ai en ce moment.... il m'arrive parfois de... me perdre un peu dans mes pensées.

  • D'accord. - lui répondit Connor en lui souriant avant de faire un bonjour de la tête à la jeune femme qui se tenait à ses côtés - .

C'est alors que la porte qui se trouvait derrière le comptoir s'ouvrit faisant entrer un vieux couple d'environ une soixantaine d'années.

Le mari de ce couple semblait bon vivant laissant, paraître une tête toute ronde et une imposante bedaine. Il était vêtu d'une chemise blanche, d'un gilet vert rayé et d'une veste marron ainsi que d'un pantalon alliant le marron au gris foncé qui était recouvert d'un tablier blanc recouvert de diverses tâches, de chaussettes rouges et de chaussures gris foncé. Il avait également une cravate jaune autour du cou ainsi qu'une perruque et un chapeau sur la tête et portait sur son bras droit un tonneau. Sa femme, quant à elle, malgré un visage rond aussi et une carrure assez importante, ne semblait pas aussi bon vivant que ne le paraissait son mari. Elle avait pour vêtements une chemise blanche ainsi qu’un chandail jaune-vert clair, une grande robe bleue, un tablier blanc tacheté autour de la taille avec un tissu rouge foncé servant de ceinture et une coiffe blanche sur la tête qui était serrée par un bout de tissu rouge.

Toutefois, ils ne se rendirent pas compte que Connor était dans la salle au moment de leur entrée. Ce dernier les remarqua pourtant et alla vers eux en les saluant :

  • Corinne ! Oliver !

  • Tiens ! Bonsoir Connor. - lui répondit Oliver qui était en train de remplir une choppe de bière. - Comment vas-tu ?

  • Bien et vous.

  • De même merci. - lui répondit Corinne - .

  • Alors ? - lui demanda Oliver – Je suppose que tu es venu donner un coup de main pour la fête ?

  • Oui. En effet. À ce propos, avez-vous vu Myriam ?

  • Oui bien sûr. - lui répondit Corinne – Elle est en haut en train de se préparer.

  • Se préparer ?

  • Oui elle se prépare. – lui répondit Oliver – Par contre ne t'affole pas trop vite, c'est une surprise dont moi et Corinne on est, hormis Myriam bien-sûr, les seuls au courant.

  • D'accord. Et sinon je peux vous aidez pour quoique ce soit ou pas ?

  • Euh... Si tu veux tu pourrais m'aider à faire sortir les tonnelets de la cave.

  • D'accord. Voulez-vous que je vous aide également à préparez le buffet ?

  • Non ne t'inquiète pas. – lui répondit Corinne en riant – Cela fait bientôt trente ans que je fais cela toute seule comme une grande, je pense pas que je sois assez vieille pour avoir besoin d'aide.

  • C'est vrai. - répondit-il en riant – Excusez-moi.

  • Oh mais il y a pas de mal.

Connor aida ainsi Oliver à la préparation de la fête en allant placer les tonnelets remplis de vins, de bière et de toute sorte d'alcool dans l'arrière boutique du The Mile's End et également à l'extérieur du bâtiment quand la place vint à manquer.

De leur côté, les autres membres du domaines préparèrent l'intérieur en ornant la salle par des bouquets et diverses décorations réalisées à partir de branchages et de fleurs fraîches et accrochés sur les murs tandis qu'Ellen et Prudence étaient montées à l'étage aider Myriam à se préparer. Connor les connaissait comme si il s'agissait de sa propre famille, lui qui, autrefois, les avaient invités à venir vivre ici.

En effet, par un heureux coup du destin, ce dernier fit qu'ils s'étaient retrouvés sur la route du Mohwak et que ce dernier, par générosité et un sens aiguë du service, les invita à venir vivre et à profiter tous du fruits de leur travail sur les terres du domaine qui, à l'époque, appartenait à un dénommé Achilles Davenport, celui-là même dont le corps reposait sur la colline.

Chacun et chacune d'entre-eux avait une origine différente, David Walston par exemple, qui était surnommé Big Dave en raison de sa carrure imposante, était un maréchale-ferrant qui avait officié un temps dans l'armée britannique avant de déserter car il était tombé amoureux de l'Amérique et qu'il voulait y débuté une nouvelle vie, une vie de paix et de prospérité. Warren et Prudence étaient quant à eux de simples travailleur agricole qui vivaient des produits de la Terre mais qui, toutefois, et ce notamment en raison en raison de la couleur de leur peau, étaient sans cesse stigmatisés au point même d'être forcés par les soldats britanniques de leur donner l'ensemble de leur récolte. Ellen était une couturière et vivait avec sa fille Maria à New-York, mais elles furent obligés de partir en raison du mari d'Ellen et père de Maria, un dénommé Quincent qui se montrait violent envers elles. Le docteur Lyle White était un médecin qui vivait à Boston mais qui toutefois perdit tout ce qu'il avait car les Britanniques ne supportaient pas qu'il soigne à la fois des Loyalistes et des Patriotes. Myriam était une trappeur qui courait les bois du domaine à la recherche d'animaux mais qui fut attaqué par des braconniers et sauvé in-extremis par Connor tandis que son époux Norris, de son vrai nom Maurice, était un mineur d'origine française ayant grandi dans le Nord au Québec.Le père Timothy était un pasteur anglican vivant en Angleterre qui en fut chassé parce qu'il croyait que transmettre la parole de Dieu au hommes par la force était un péché. Corinne et Oliver tenaient quant à eux une taverne à Boston, toutefois quand cette dernière fut liquidée et qu'ils furent obligé de fermer boutique, ils devinrent des aubergistes ambulants, transportant sur leur chariot des quantités de nourritures et de boissons qu'ils partageaient avec ceux et celles qui croisaient leur chemin, c'est dans cette circonstance qu'ils arrivèrent au Domaine et que Connor, touché par leur hospitalité et leur joie de vivre, décida de leur fournir l'argent nécessaire pour bâtir une nouvelle ancienne sur ces terres.

Des membres de la communauté du Domaine manquaient toutefois à l'appel. L'un-d'entre-eux se nommait Lance O'Donnell et était un charpentier qui officiait à Boston avant d'en être chassé par les Anglais en raison de ses opinions en faveur des Patriotes. Il manquaient également deux familles, Godefrey, qui était un bûcheron d'origine écossaise, et sa femme Catherine, tous deux ayant vécu un temps à New York et qui avaient pour enfants une fille de dix-huit ans et deux fils, un de dix-huit ans, qui était le jumeau de la première, et un autre de 16 ans, mais également un autre bûcheron appelé Terry qui vivait avec sa femme Diana, qui était également l'assistante du docteur White, avec qui il avait eu quatre fils, un de dix-neuf ans, un autre de quinze ans, un de treize ans et en enfin un de sept ans.

Tandis que l'après-midi touchait à sa fin et que Connor était en train de sortir les derniers tonnelets de la cave avec Oliver, il remarqua l'absence de ces derniers quand l'aubergiste lui demanda en riant :

  • Alors ? Pas trop dur ?

  • Ça peut aller mais merci quand même – lui répondit Connor en souriant avant de demander à son tour – Mais au fait, vous avez vu Godefrey et Terry aujourd'hui ?

  • Bien sûr. Ils sont en train de préparer les tables pour le banquet de ce soir avec l'aide de Lance.

  • Comment ça préparer les tables ? Il n'y en a pas assez pour tout le monde à l'intérieur ?

  • Si mais disons plutôt que certaines d'entre elles sont en piteuses états alors je leur ai demander pour l'occasion d'en confectionné une ou deux neuves. Et puis pour tout te dire, on a décidé de profiter du ciel dégagé qu'on a et, après avoir fêté le retour de Myriam en buvant à l'intérieur, de faire ce banquet dehors finalement, à côté d'un grand feu. Voyons le bon côté des choses, ce sera plus festif.

  • C'est vrai. Mais vous craignez pas quand même que la nourriture et le feu attirent des bêtes sauvages.

  • Connor voyons. Cela fait bientôt dix ans qu' on s'est installé ici et tu aurais due être le premier à t'en rendre compte.

  • Me rendre compte de quoi ?

  • Et bien, que vu que nous sommes ici depuis longtemps, à force, les animaux se sont éloignés car ils ont peur de nous.

  • Ce n'est pas faux.

Cette absence ne fut pas de courte durée car, alors que Connor et Oliver finissaient juste de sortir les derniers tonnelets de la cave, voilà que Terry, Godefrey et Lance, accompagnés par les familles des deux premiers, arrivèrent en portant avec leur fils les deux fameuses tables supplémentaires ainsi que huit nouvelles chaises qui furent également confectionnées. Seule la fille aînée de Godefrey manquait à l'appel. Tandis qu'ils s'approchaient au petit trot du The Mile's End, ils saluèrent Connor et Oliver et Godefrey laissa la table qu'ils portaient avec ses deux fils à ces derniers pour aller leur parler. Son apparence était celle d'un grand gaillard au physique imposant tout comme l'étaient les cicatrices qu'ils portaient au visage, sa barbe mêlant gris et brun ainsi que la bedaine qui se dessinait sur son ventre et qui portait comme coiffe une cale en cuir, au niveau du torse, une chemise blanche ouverte sur le devant et par-dessus un gilet marron et au bas du corps une salopette en toile bleue et aux bretelles en cuir ainsi que des bottes à lacets en cuir dont l'intérieur était recouvert d'une fourrure blanche. En s’approchant du Mile's End, il dit à ceux qui étaient présents devant l'auberge.

  • Ben dis donc ! Vous lambinez ma parole !

  • Comment ça ? - lui demanda Oliver qui s'apprêtait à poser le tonnelet qu'il tenait pour aller saluer les nouveaux arrivants. - Qu'y a-t-il ?

  • Y a que t'à l'heure on a vu sur le chemin Norris qui était déjà de retour de la mine. Voilà ce qu'il y a.

  • Quoi ? Mais vous l'avez vu quand ?

  • Ben là il y a quelques minutes. - répondit Terry – Enfin c'est surtout moi qui l'est vu en premier.

  • N'importe quoi ! – répliqua aussitôt Godfrey – C'est moi qui l'a vu en premier sale menteur !

  • Sale menteur ?!

  • Ouais. Exactement, sale menteur.

  • OK. Tu veux qu'on règle ça tout de suite ?

  • Pas de problème ! - répondit Godfrey en retroussant ses manches. Allé viens par ici espèce de...

  • Ooohhh !!! - répliquèrent leurs femmes qui étaient restées en arrière - .

  • C'est pas bientôt fini ? - demanda ensuite Catherine – Non mais parfois on se demande vraiment qui sont nos enfants ici.

  • Pardon Catherine. - répondit Godfrey – Excuse-moi.

  • Je m'excuse aussi Diana. - répondit aussitôt Terry à sa femme avant de murmurer – N'empêche c'est moi qui a vu Norris en premier.

  • Qu'es-ce que t'as murmurer là !!! - répliqua immédiatement Godfrey - .

  • J'ai dit que c'est moi qui... - répondit Terry en s’approchant de Godfrey avant d'être interrompu par Connor qui avait posé le tonnelet qu'il tenait pour séparer les deux coqs - .

  • Bon ça suffit maintenant. - leur dit-il - Si vraiment vous ne pouvez régler ça qu'en vous battant faîtes au moins l'effort d'attendre la fin de la soirée.

  • Pardon Connor. - répondit Godfrey - .

  • Oui désolé. - répondit Terry – .

  • C'est bon. - répondit Connor en leur faisant à chacun une accolade - Pas la peine de vous excuser. Je sais que même si vous vous appréciez c'est plus fort que vous.

  • On se tiendra à carreau promis. - répondit Godfrey - .

  • Ça je n'en doute pas. - répondit Connor en riant - .

  • Bon. - dit alors Oliver en s'introduisant dans la conversation – Maintenant que cela est réglé voici ce que je vous propose, Godfrey et Terry vous posez les tables avec leurs chaises juste devant l'auberge et ensuite on rentre tous attendre Norris à l'intérieur pour lui faire la surprise.

  • Ben attends Oliver – lui répliqua Connor - Vu qu'ils l'ont vu de loin, on a peut-être le temps de...

Il n'eut toutefois pas le temps de finir sa phrase puisque la fille aînée de Godfrey, celle qui manquait toujours à l'appel, arriva en courant rejoindre sa famille. Elle était en tout point le portrait crachée de sa mère à savoir une femme au physique fort, aux cheveux longs bruns attachés qui étaient recouverts par un chapeau et avec comme habits un haut jaune sur lequel étaient brodées des feuilles mortes ainsi qu'une robe en tissu bleue qui recouvrait tout le bas de son corps et qui lui posait problèmes pour courir. En arrivant tout essoufflée auprès de son père, ce dernier lui demanda :

  • Et bien. Qu'es-ce que tu as ?

  • Je... je... - lui répondit sa fille qui avait besoin de reprendre son souffle avant de parler – Je suis allé voir en arrière où en était Norris comme tu me l'avais demandé...

  • Et alors ?

  • Ben alors il marche vite. Il est déjà en train de descendre la colline et bientôt il va traverser le pont.

  • OK très bien on fait comme Oliver a dit dans ce cas. - répondit alors Connor -.

Une fois les tables et les chaises posées devant le Mile's End, ils rentrèrent tous à l'intérieur et Connor profita de l'occasion pour aller saluer la famille de Godfrey et Catherine ainsi que celle de Terry et Diana. Ce dernier était en apparence certes beaucoup moins costaud que Godfrey, quoiqu’il valait mieux ne pas lui dire car cela aurait déclencher une nouvelle bagarre entre lui et ce dernier, mais il l'était quand même. La barbe et les cheveux roux, il portait lui aussi des cicatrices au visage et portait comme vêtements une chemise beige aux manches retroussées, un pantalon vert forêt et des bottes en cuir souples. Diana sa femme était quant à elle plus fine et beaucoup moins forte en apparence que Catherine. Elle portait une coiffe blanche qui recouvrait l'ensemble de ses cheveux châtains clairs mi-longs. Elle portait un haut vert clair dont les bords au niveau du coup étaient verts foncés avec en-dessous une chemise brodée ainsi qu'une une robe marron foncée avec un tablier vert clair par-dessus. Elle travaillait auparavant comme fermière avant d'être employé par le docteur White comme assistante lors de ses consultations. Ce dernier fut tellement étonné par les capacités qu'avait Diana pour soigner qu'il décida de lui enseigner la médecine, ce qui n'empêcha pas Diana de continuer à assister le docteur lors de ses consultations.

Une fois que tout le monde était réuni à l'intérieur de l'auberge, on ferma les rideaux des fenêtres et on se mit à attendre avec l'impatience l'arrivée de Norris. Ce dernier se pointa finalement devant le Mile's End au bout d'une vingtaine de minutes. Il était vêtu d'une veste sans manche en cuir avec en-dessous une chemise grise dont les manches étaient retroussées ainsi que d'un pantalon gris foncé et de ce qui ressemblait à des fuses en cuir qui enveloppait l'ensemble de ses deux tibias. Il portait également un bonnet de couleur rouge brique sur la tête ainsi que deux ceintures entourant sa taille par-dessus sa veste en cuir et soutenant son pantalon, une en cuir et l'autre en tissu rouge, un sac dans le dos, un long morceau de tissu enroulé qu'il porte comme une bandoulière, une bourse en tissu autour de son cou comme un pendentif, des chaussures en cuir marron aux pieds et un sac remplie dans la main droite et sa pioche dans l'autre.

En arrivant devant l'auberge, il remarqua bien évidemment les tables et chaises qui étaient dressées devant lui puis alla en direction de l'auberge non sans que cela ne l'ait étonné. Pendant ce temps-là, tout le reste du domaine attendait qu'il fasse son entrée tandis que Maria, la fille d'Ellen, surveilla discrètement Norris à travers l'une des fenêtres de l'auberge en se cachant derrière les rideaux. En le voyant s'approcher du Mile's End, elle fit signe à tout le monde qu'il s'apprêtait à entrer dans l'auberge en levant son pouce en l'air. Elle alla ensuite rejoindre sa mère et, au moment où Norris ouvra grand la porte de l'auberge, tout le monde se mit à crier :

  • SURPRISE !!!

À ce moment. Norris, sous les applaudissements de tout ce petit monde rassemblé ici, regarda avec stupéfaction autour de lui et vit toute la décoration qui avait été réalisé avec notamment une banderole accrochée au niveau des poutres centrales qui maintenait tout le bâtiment et sur laquelle il était écrit : « Bienvenue à Myriam et Norris ! ».

En voyant cela, il referma la porte derrière lui et, la joie se lisant sur son visage, se dirigea ensuite vers eux pour les remercier en commençant par Connor qu'il prit dans ses bras en s'exclamant :

  • Mon ami !

  • Ça va Norris ? - lui demanda Connor qui était comme pétrifier tandis que Norris le serrait de plus en plus fort - .

  • Cela faisait tellement longtemps que je ne t'avais plus revu.

  • Oui en effet. - lui répondit Connor en serrant finalement Norris lui aussi – Cela faisait longtemps.

  • Comme je suis content de vous revoir tous. - dit Norris à ses convives après avoir serré Connor – Vous avez préparé tout ça pour moi et Myriam.

  • Oui Norris. Lui répondit Warren - Comme elle est rentrée plus tôt de son voyage on s'était dit que se serait une excellente idée.

  • Myriam est ici ?! Mais où est-elle je ne la voit pas ! Dit-il en la cherchant du regard dans la salle.

  • Elle est en haut ne t'inquiète pas ! Prudence et Ellen l'aident à se préparer.

  • Tant mieux. J’espère juste que rien de grave ne l'aie obligé à rentrer plus tôt. Cela faisait quand même presque dix-sept ans qu'elle n'avait plus revu sa famille.

  • Tant que ça ? - lui demanda le docteur White -.

  • Et oui. J'espère donc que tout s'est bien passé parce que sinon ça...

À peine Norris avait-il eu le temps de conclure sa phrase qu' Ellen et Prudence, qui venaient juste de finir d'aider Myriam à se préparer, ouvrirent les deux grandes portes du fond de la taverne qui menaient aux chambres de l'établissement et qu' Ellen appela le nouvel arrivant :

  • Norris !

  • Oui. - répondit-il – .

  • Elle est prête.

A ces mots, elle et Prudence se décalèrent pour laisser entrer Myriam qui parut toute resplendissante de beauté dans une robe bleu-gris avec à sa taille une ceinture en tissu de la même couleur lui soutenant la taille et une couronne de fleurs dans ses cheveux bruns attachés.

En la voyant arrivé, Norris se dirigea aussitôt vers elle pour la prendre dans ses bras et la soulever en tournant sur lui-même.

  • Oh oh Norris !!! - lui dit Myriam en riant - .

  • Mon amour ! - lui répondit Norris tout en s'arrêtant finalement de tourner sur lui-même - Si tu savais combien tu m'as manqué !

  • Je le sais Norris. - lui répliqua Myriam en lui frôlant le visage avec sa main gauche - Tu m'as manqué toi aussi.

Après un court moment de silence où les deux tourtereaux se regardèrent fixement les yeux dans les yeux, Myriam finit par embrasser son mari et à le prendre dans ses bras sous les applaudissements de la salle. Remarquant ainsi que tous les habitants du Domaine étaient réunis ici sans exception, elle alla, elle et son mari, saluer leurs convives et en premier lieu Connor que Myriam remarqua immédiatement au milieu de tout ce monde rassemblé.

  • Bonsoir Myriam. -lui dit Connor en s'approchant d'elle - .

  • Connor... - répondit-elle – Cela fait...

  • Oui je sais – répliqua aussitôt Connor le sourire aux lèvres – Cela fait longtemps c'est ça ?

  • Oui. En effet.

  • Content de te revoir Myriam. - lui dit Connor en lui faisant une accolade avant de lui tapoter l'épaule droite avec sa main - .

  • Comme nous tous ma chère. - répliqua aussitôt le père Timothy à Myriam en lui faisant lui aussi une accolade - .

  • Merci père Timothy. - lui répondit Myriam - .

Myriam et Norris allèrent donc saluer un par un chacun de leurs amis quand Oliver prit ensuite la parole d'une voix forte :

  • S'il-vous-plaît ? Pardon excusez-moi. Écoutez, moi ce que je vous propose c'est qu'on continuer à discuter dehors et de se mettre à table en attendant le banquet.

  • Parce qu'en plus de tout ça vous avez également préparer un banquet ? - lui demanda aussitôt Norris - .

  • Bien sûr. - lui répondit Oliver en lui tapant l'épaule droite en riant - Qu'y a-t-il donc de mieux pour fêter ça qu'un banquet ?

  • Alors là... franchement je sais pas quoi répondre c'est...

  • Écoute. Que dirais-tu plutôt d'aller t'asseoir et ensuite si vraiment tu veux dire quelque chose tu le diras à tous. D'accord ?

  • … D'accord.

  • Très bien.

Et sur ces mots, tous se rendirent autour des deux grandes tables qui étaient devant l'auberge et qui avaient été placées de telle sorte qu'elle n'en faisait plus qu'une seule et même table plus longue. Terry et Godfrey prirent toutefois la précaution de sortir deux tables de l'auberge et de les coller aux deux autres tables en raison du nombre important des convives.

Une fois que tout le monde eut été assis, Corinne qui était resté debout dit à son mari :

  • Bon et bien, je vais allé terminer de préparer le buffet dans ce cas.

  • Tu as besoin d'aide pour quelque chose ? - lui demanda Connor - .

  • Non ça ira Connor. Merci beaucoup.

Voyant que Corinne allait cherché le buffet, Myriam se leva aussitôt de sa chaise. Elle et son mari avaient été placés en bout de table pour être bien vu de tous et de toutes, eux qui étaient les membres les plus importants de cette soirée. Et tapant sa fourchette contre sa pinte afin de faire le silence au sein des convives et pour que tout le monde puisse l'entendre, elle déclara d'une voix forte :

  • S'il-vous-plaît ! Excusez-moi ! Pardon de vous coupez dans vos discussions mais avant que Corinne n'aille chercher le repas et que nous mangions, j'aurai quelque chose à vous déclarer.

  • Oui bien sûr Myriam. - lui répliqua Terry – Vas-y on t'écoute.

  • Merci beaucoup. Donc voilà, comme vous vous en êtes tous rendu compte, je suis rentré de mon voyage en Virginie beaucoup plus tôt que ce qui étais prévu.

  • Il s'est rien passé de grave j'espère – lui répliqua aussitôt Norris en se levant de sa chaise - .

  • Non Norris, ne t'inquiète pas. Tout s'est bien passé. C'est juste que...

  • Juste que quoi ?

  • Juste que depuis trois mois maintenant je me sentais... Comment dire ? C'est pas que je me sentais pas très bien mais... disons que... je me sentais différente en quelque sorte.

  • On en avait parlé justement – répliqua le docteur White - .

  • Oui docteur. Et j'ai profité de ce voyage pour en parler avec ma mère et...

  • Et quoi ? - lui demanda Norris dont l' inquiétude se lisait sur le visage - .

  • Voilà... Norris... il se peut... que tu sois bientôt père.

À ce moment le silence envahit toute l'assemblée avant que celle-ci ne soit finalement prise par une vague de joie qui se lisait sur le visage de chacun et de chacune.

  • Tu... Tu... Tu... - ne cessait de bégayer Norris le sourire aux lèvres – Tu es ?

  • Oui Norris. - lui répondit Myriam les larmes aux yeux – Je suis enceinte.

  • Mais... Mais c'est... Mais c'est...

  • Norris ça va ? On dirait pas ?

  • Si, si bien sûr... C'est juste que...

  • Juste que quoi ?

  • … C'est juste que c'est tellement merveilleux que je trouve pas quoi dire. - dit-il en prenant en prenant Myriam dans ses bras avant de la soulever en tournant sur lui-même à nouveau et de se mettre à pleurer lui aussi – Mon amour !!! Je t'aime tellement !

  • Norris... - dit Myriam en pleurant tandis que son mari continuait de tourner sur lui-même en la tenant au-dessus du sol sous les applaudissements de tous ceux et celles qui étaient alors rassemblés - .

  • Et bien mes amis ! - déclara Big Dave en levant sa chope – je propose qu'on lèvent tous nos pintes et que nous trinquons à la santé des futurs parents.

  • À Myriam et Norris !!! - s'écrièrent tous les convives en faisant ce que Big Dave avait proposé – À la santé des futurs parents !

  • Et aussi, - répliqua aussitôt le docteur White -, si vous le voulez bien mes amis et avec votre autorisation Norris et Myriam, ainsi qu'avec la votre, Prudence et Warren, je propose qu'on trinque également à la santé de ces derniers qui vont bientôt être parents pour la deuxième fois.

  • C'est vrai Maman ? - demanda Hunter à Prudence - .

  • Oui Hunter. Tu vas bientôt être grand frère.

Et Hunter alla se blottir dans les bras de sa mère tandis que toute la communauté s'écria en levant de nouveau leur choppe : « Vive Warren et Prudence ! Vive Hunter ! ». Et après ces chaleureuses annonces fortes en émotions, le repas pu enfin commencer. Corinne avait préparer en entré une salade de tomate avec ensuite, comme plat principale, un cochon rôti à la broche qui lui avait été fourni par Warren et Prudence accompagné de pommes de terre cuites et enfin, en dessert, du fromage accompagné de fruits et de crêpes au miel. Le repas était accompagné d'un pain appelé Johnny-cake ainsi que, comme boissons, de l'eau et, pour ceux qui le désiraient, de la bière. Myriam voulait justement en prendre mais changea finalement d'avis lorsque Prudence et Diana, la femme de Terry, lui dirent que cela n'étaient sûrement pas très bon pour l'enfant qu'elle portait. On lui donna également plus que la quantité de nourriture que celle qu'elle demandait sous prétexte qu'il lui fallait désormais manger pour deux. Mais tout cela l'amusait plus qu'autre chose et elle s'en trouvait même émue car lui rappelait le fait qu'elle bientôt être mère et que cela la comblait de bonheur.

Connor mangea peu au début de ce repas, ne parlant même que lorsqu'on lui adressa la parole. Mais il commença à manger et à parler aux autres de plus en plus au fur et à mesure que le temps passait. En vérité, il lui arrivait au fond de lui-même quelque chose d'assez étrange, quelque chose d'étonnant, il se mettait à ressentir de nouveau une sensation qu'il pensait avoir perdu et oublié depuis depuis longtemps, de la joie. Le fait d'être réuni autour de cette table et de partager un moment de convivialité avec ceux et celles qu'il avait autrefois invité à venir s'installer sur ces terres il y a bien longtemps et qu'il avait juré de protéger calma en lui tous les doutes et troubles qu'il avait pu ressentir au de la journée.

Une fois la nuit tombée et le banquet fini, chacun et chacune rentrèrent chez soi en félicitant respectivement Myriam et Norris ainsi que Prudence et Warren pour l'heureux événement que chacun des deux couples allaient vivre, l'un pour la première fois de leur vie et l'autre pour la seconde. La joie que tout le monde ressentait alors était telle que Godfrey et Terry en avait oublié leur dispute et étaient rentré chez eux sans le moindre accrochage. Connor alla de même féliciter les deux couples avant de s'en retourner au Manoir, accompagné sur le chemin du docteur White et d'Ellen et Maria. Et tandis qu'ils s'approchaient du Manoir, le docteur demanda à Ellen :

  • Mais dit moi Ellen, t'avais pas trouvé un nouvel homme récemment ?

  • Vraiment ? - demanda aussitôt Connor à la jeune femme - .

  • Si mais disons que cela n'est pas vraiment récent.

  • Ah bon ? - répliqua le docteur la pipe aux lèvres– Cela fait combien de temps alors ?

  • Deux mois maintenant. C'est un marchand de fourrures qui passe souvent près du domaine pour aller vendre ses peaux à Boston. Donc il était venu s'arrêter quelques fois chez nous et à force ben... on a fini par bien s'entendre.

  • Oui enfin plus que bien s'entendre je dirais.

  • Arrêtez docteur – lui répondit Ellen en lui tapant sur l'épaule - .

  • Et comment s’appelle-t-il ? - demanda Connor - .

  • Étienne.

  • Étienne ?

  • Oui, il est français. Il vit en Louisiane.

  • D'accord. Et bien je suis heureux pour toi Ellen – dit Connor tandis qu'ils s'approchaient du pallier du Manoir. - Tu le mérites amplement.

  • Merci Connor. D'ailleurs si tu le souhaites tu pourras le rencontrer bientôt. Il m'a envoyé une lettre disant qu'il reviendrait ici dans les jours qui viennent.

  • Oui bien sûr. Pourquoi pas ?

  • Je vous le présenterai à tous.

  • On en serait ravi. - lui répondit le docteur - .

  • On en serait oui. - dit Connor en remarquant qu'ils étaient enfin arrivé – Bon ben, bonne soirée à vous.

  • Bonne soirée Connor – dit le docteur - .

  • Et merci pour cette discussion.

  • Merci à toi d'être venu au banquet – lui répondit Ellen avant de s'en retourner avec Maria qui fit un signe de la main à Connor pour le saluer - .

Le docteur s'en retourna lui aussi vers le domaine tandis que Connor rentra chez lui. Après être monté à l'étage et rangé la tenue qu'il avait mis pour le banquet, il prit un bain avant d'enfiler une nouvelle tunique beige et un autre pantalon bleu que ceux qu'il portait en début de journée. Puis, après être redescendu, il alla dans sa chambre jeté un dernier coup d’œil sur le domaine à travers l'une des fenêtres.

En contemplant cette vue sur le domaine et sur cette forêt qui semblait s'étendre sans fin, il se mit à de nouveau méditer sur sa vie passé et, même si le poids de la culpabilité de ses fautes passées étaient toujours là, il ressentait toutefois une étrange sensation qui lui réchauffait le cœur et qui lui faisait prendre conscience que vouloir la mort comme il l'avait pensé le matin même était. Toutefois, ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait. Ses derniers mois avaient en effet été compliqués et malgré les moments de convivialité partagés avec les habitants du domaine, la douleur qu'il ressentait au fond de lui-même revenait sans cesse. Toutefois, cela lui permettait de ne jamais oublier que, même si il avait renoncé autrefois à continuer la lutte avec laquelle il s'était retrouvé confronté en raison de ses échecs passés, il lui restait malgré tout une promesse à laquelle il n'avait pas failli, protéger le domaine et ses habitants aussi longtemps qu'il vivrait. Il l'avait promis à celui qui fut pour lui comme un frère et qui reposait derrière le domaine dont le surnom était « le vieil homme de la colline », Achilles Davenport. Là était désormais sa raison de vivre... celle qui lui restait.

Il continua encore pendant un bon moment à contempler la vue sur le Domaine avant de finalement s'étendre sur le lit derrière lui. Ce soir-là, même si il ne trouva pas tout de suite le repos, ce fut la première depuis plusieurs semaines qu'il réussit à s'endormir...

Chapitre 3

Une vieille connaissance

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