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Assassin's Creed

Fanfiction: Le Sujet 3

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Synopsis

"Matt Frei n'est qu'un simple vigile d'une boîte de nuit, mais en 2000, sa vie bascula. Il fut kidnappé par la multinationale Abstergo Industries qui l'installe de force dans l'Animus pour lui faire revivre la vie de son ancêtre français qui vécut au cours de la sanglante Révolution française et qui perdit presque toute sa famille, tuée par les Templier. Matt découvrira les dessous d'une société secrète, ainsi que l'ampleur de la trahison de Daniel Cross."


Je crois qu'il serait temps pour moi de m'atteler à la tâche que je me suis fixé. A savoir rédiger un bouquin retracant mon passage chez Abstergo. Passage qui fut pour moi aussi passionnant que stressant. Tout commença le 20 février 2000, un dimanche. Ce jour là était banal, au premier abord. J'étais vigile d'une discothèque, près de la plage de L.A. C'était plutôt calme-et je dois admettre que le chiffre d'affaire au mois de février était vraiment très mauvais- et hormis quelques ivrognes par-ci par-là, c'était une soirée hivernale comme les autres, c'est à dire froide et chiante. On ferma à minuit, heure de basse saison oblige et je regagnai ma voiture. Alors que je m'en approchai et que j'allais y entrer, une voiture noire se gara juste à côté, et deux hommes en noir surgirent. L'un se positionna derrière moi, l'autre devant. J'avais eu le temps de voir qu'ils portaient des mattraques sur eux. Aussi me préparai-je intérieurement à me battre. Celui devant moi me dit:

"Matt Frei ?

-Qui le demande ?"

Pour seule réponse, j'entendis que l'homme derrière se préparait à m'asenner un coup derrière la tête. Je me retournai vivement et saisit sa mattraque. Ensuite, je lui donnai un coup de boule. Il se tint le nez, en jurant. Mais, dans ma précipitation, j'en avais oublié l'autre homme. Lui ne rata pas son coup et je sentis une vive douleur derrière la tête. Je tombai au sol et perdit conscience.

Souvenir d'enfance

Je m'étais fait avoir comme un bleu ! J'eus du mal à digérer cet échec, et ma fierté en fut atteinte. Au début je ne prêtai pas vraiment attention à qui m'avait enlevé. J'avais d'abord pensé à une secte, mais je me ravisai vite et repensai alors à mon enfance. J'étais persuadé que les Assassins m'avaient enlevé pour me ramener dans leur giron. Cela sonnait comme une évidence !  Du coup, j'avais repensé à mes jeunes années. Mes parents avaient étés très déçus de me voir quitter la communauté à seulement seize ans. Mais ils ne m'avaient pas retenu, ni reprochaient quoi que ce soit. Je me souviens que mon père m'avais seulement dit:

"Tu vas devoir te débrouiller seul."

C'était sa façon de penser. Il avait toujours été austère et coincé. Jamais je n'avais eu de moments complices avec lui, jamais un "je t'aime, fils". Je n'eus pas ça, et je dois avouer que tout cela m'a terriblement manqué. Quant à ma mère, je ne la voyais pas souvent. Seulement pour les repas et au moment du coucher. Elle était souvent occupé en cuisine à faire à manger pour toute notre fratrie. Car je n'étais pas seules. Nous étions quinze enfants, cinq filles pour dix garçons. Bien sûr, tous n'étaient pas mes frères ou soeurs.  Seul deux étaient mes frères, les autres avaient étés reccueillis par les Assassins. Il étaient issus des familles démunis ou des orphelinats. Je crois me souvenir que vers les dix ans, nous fûmes tous formés par mon père au Credo des Assassins. A l'époque, j'étais trop jeune et fougueux pour comprendre quoi que ce soit de que voulait dire ce Credo. Chaque matin, mon père nous faisait réciter en coeur les trois principes: "Tu ne prendras pas la vie d'un innocent. Montre-toi mais reste invisible. Jamais tu ne mettras la Confrérie en danger." 

A vrai dire, je retenais des fous-rires lorsque que l'assemblée récitait ces trois phrases comme une poésie. Mais je finis par m'y faire. Puis, après l'entraînement morale, qui dura quelques mois, commença l'entraînement physique. Chaque jour, nous devions faire un parcours du combattant en forêt. Pendant deux ans, nous suivîmes cette formation. Enfin, pour moi un peu moins. Je m'étais fracturé un bras en tombant volontairement du haut d'un arbre. Cela n'empêcha pas mes parents de continuer notre entraînement. Et sur les quatres dernières années, ce fut un mélange de plusieurs entraînements différents je crois. Combat, escalade, course... Lorsque je devins adolescent, je devins encore plus fougueux et rebelle. Un jour, je refusai de procéder à l'enraînement. Mon père m'avait dit:

"Va tout de suite à l'entraînement !

-Pour faire parties de ces conneries d'Assassins ? Non merci.

-Tu ne comprends pas. Tu dois t'entraîner. Il le faut !

-Donne moi une bonne raison et je changerai peut-être d'avis.

-Nos ennemis...

-VOS ennemis, le coupai-je

-Les Templiers gagnent du terrain. Et si ça continue à ce rythme, ils prendront le pouvoir et nous seront privés de notre libre arbitre."

Il avait parlé avec autant de sérieux et d'entrain que je ne pus me retenir de rire. Il me fusilla du regard et devint rouge de colère.

"C'est comme ça que tu le prend ? Depuis des années que nous te formons pour que tu nous rejoignes, tu décides de tout gâcher ?

-Je n'ai JAMAIS voulu devenir un Assassin. Je ne crois pas un misèrable mot de ce Credo et je trouve cet entraînement débile et inutile. Je ne reçois pas assez d'affection de la part de ceux qui sont censés être mes parents. Alors excuse moi, mais j'ai pris ma décision, je m'en vais."

Je m'étais retourné et était parti dans ma chambre. Des années après, je m'en voulus d'avoir employer des mots aussi durs à l'encontre de mon père. Aujourd'hui, je sais qu'il faisait ça pour mon bien. J'avais empiler un paquetage et j'étais parti dans l'inconnue. Je ne mis pas beaucoup de temps à me trouver un job. J'avais réussi à rejoindre Los Angeles en stop et au bout de mon troisième jour dans la cité des anges, le gérant de la discothèque m'avais vu en train de me battre avec un autre type. Il appréciait mes talents de bretteur et il m'engagea le 17 avril 1989, le jour de mon seizième anniversaire.. A partir de là, ce fut le rêve américain. Au début j'étais au bar, puis à l'éclairage, au son, DJ avant de me retrouver vigile. Vous connaissez la suite.

Le Sujet 3

Je pensais à cela, depuis le coffre dans lequel on m’avait jeté. Évidemment, tout était sombre, je n’y voyais rien, et les nombreuses secousses (les routes californiennes n’ont jamais été parmi les meilleures au monde, c’est un fait) n’arrangèrent rien. Je ne sais pas exactement combien de temps ce trajet dura, mais ce fut extrêmement long. Peut-être cinq ou six heures, facilement. À la fin, je n’en pouvais plus, mais je sentis que la voiture ralentissait. Parmi les sons étouffés que j’entendais, l’un des plus reconnaissables était le vrombissement d’une turbine. Je compris assez rapidement que nous étions à un aéroport. La voiture se stoppa, et la portière côté conducteur s’ouvrit. Il se dirigea vers le coffre, puis ouvrit. Malgré la nuit encore présente (il devait être 6 heures du matin, approximativement), mes yeux furent tellement éblouis que la lumière me brûlait. Néanmoins, je reconnus la brute qui m’avait assommé. En le voyant, je glissai :

« Salut… »

Pour seule réponse, il me tira violemment du coffre et me jeta sur le bitume gelé et humide. Le temps que je me relève, j’entendis un bruit similaire à celui que fait une bande de scotch qu’on arrache. L’homme me releva (toujours en délicatesse), puis me banda les yeux.

« Vous n’allez quand même pas m’empêcher de voir où on va ? »

Je reçus un coup de poing dans le bas-ventre, et ils décidèrent de me bander la bouche. On me fit avancer sur environ 100 mètres, jusqu’à ce que le bruit de turbine devienne insupportable. On me leva ma jambe droite sur ce que je reconnus comme étant une marche. Je continuai à monter jusqu’à atteindre le sol de l’avion. On me poussa plus loin dans la carlingue, puis je fus une nouvelle fois assommé…

Lorsque je repris mes esprits, j’étais dans un cube de verre, le logo d’Abstergo Industries présent sur chaque face. À ce moment-là, je me demandais pourquoi cette société qui fabriquait des médicaments contre la diarrhée m’avait enlevé de façon aussi brutale. Était-ce pour tester un nouveau médicament ? Je ne comprenais pas. On avait disposé un lit au sol, ainsi qu’un seau qui devait servir de…vous avez compris. On m’avait également donné une bouteille d’eau. Directement en face de moi, un homme en costume noir était assis sur une chaise, roupillant, le menton rentré dans la poitrine. Je tapai sur le verre, et criai à l’aide.

Cela n’eut pour effet que de réveiller le garde qui grommela quelque chose. Dans la foulée, trois personnes firent irruption. Une portait un costume noir (et je la reconnus comme celle qui m’avait assommé à plusieurs reprises) et les deux autres, un vieil homme et une ravissante jeune femme, portaient une blouse blanche. Mon cube de verre s’ouvrit, et je me précipitai sur costume noir, le poing en avant. Cependant, il m’esquiva, et me donna un coup de poing en plein visage.

« Ça fait trois fois ! m’écriai-je »

Il s’apprêta à m’en remettre un autre, mais l’homme l’en empêcha.

« Allons…La violence n’est pas une solution. Il ne sera pas une menace. N’est-ce pas monsieur Frei ?

-Vous êtes qui ? répondis-je

-En voilà des manières. Suivez-moi, nous aurons tout le loisir de discuter. »

Costume noir m’empoigna, mais le vieil homme lui fit signe de me lâcher.

« Bas les pattes, le sans-grade ! commentai-je. »

Je suivis les deux blouses blanches pendant quelques minutes, regardant défiler les vitrines exposant des projets farfelus et qui paraissaient tellement avancés par rapport à ce que j’avais l’habitude de voir…Des vitrines présentaient des sortes de lits, avec une visière au niveau de la tête. Je voyais une personne allongée dans ce lit, visiblement endormie…Je restai ébahi devant cette technologie, tout en me demandant ce que ces projets venaient faire dans les locaux d’une société pharmaceutique. Une fois la marche finie, je me retrouvai dans une salle semblable aux salles d’interrogatoire des commissariats, avec une grande vitre au fond de la salle et une longue table. La fille et l’homme s’installèrent dos à la vitre, et on fit signe de m’asseoir sur une chaise disposée en face d’eux. Costume-noir me menotta une main, puis quitta la pièce.

« Restez calme et il ne vous sera fait aucun mal, monsieur Frei, me dit l’homme.

-Qui êtes-vous ? Et comment connaissez-vous mon nom ?

-Mon nom est Warren Vidic. La jeune femme à mes côtés s’appelle Leila Marino. Nous savons tout de vous.

-Ah ouais ?

-Nous savons que vous avez été élevé à l’écart de tout, par des parents Assassins, et que vous avez fui car cette vie ne vous intéressait pas. Ensuite, vous avez gagné Los Angeles pour gagner votre vie en tant que vigile. Autre chose ?

-Je…Comment vous savez tout ça ?

-Je vous l’ai dit, nous savons tout. Nous avons des yeux et des oreilles partout.

-Pourquoi vous m’avez kidnappé ?

-Kidnappé n’est pas le bon terme.

-Dans ce cas, comment appelez-vous le fait d’assommer quelqu’un sur son lieu de travail, de le séquestrer cinq heures dans un coffre puis ensuite le bâillonner et le mettre dans un avion pour atterrir je ne sais où, et enfin l’enfermer dans un cube en verre ? Moi j’appelle ça un kidnapping.

-Très théâtral, comme prévu.

-Foutez-vous de moi si ça vous chante, mais je veux savoir pourquoi je suis là.

-Vous possédez quelque chose en vous qui nous intéresse au plus haut point.

-De quoi parlez-vous ?

-Tu ne le sais peut-être pas, dit alors Leila, mais ton héritage est immense.

-Mon héritage ? J’ai touché 200 dollars d’un lointain cousin, il y’a quelques années, mais…

-Arrêtez de faire le mariolle. Vous n’êtes pas bien placé pour cela. Nous cherchons quelque chose qui est enfoui dans votre héritage génétique. Il est fort peu probable que vous le sachiez, mais un de vos ancêtres a vraisemblablement été en contact avec quelque chose d’ancien et de puissant et nous tenons à savoir ce que c’est et où ça se trouve.

-Et comment vous comptez vous y prendre ?

-Abstergo a mis au point une technologie de pointe permettant de fouiller la mémoire génétique et de transposer la vie des ancêtres. C’est ce qui se passera dès demain avec vous.

-Pourquoi moi ?

-Nous vous l’avons dit. Vous avez quelque chose d’unique en vous. À partir de demain, vous serez donc le sujet 3.

-Le mot sujet me fait peur. Je vous le dit d’avance, je ne suis pas un petit rat de laboratoire, et je ne me laisserai pas faire.

-Dans ce cas, nous vous tuerons. Vous savez, vous ne seriez pas le premier à faire du zèle. Et sûrement pas le dernier. (Je ne sus que répondre. Vidic avait toujours un argument pour me contrer.) Bien. Leila va vous montrer votre chambre. Il faut que vous soyez prêt demain matin à sept heures tapante.

-Comment ça… ? »

Je n’eus aucune réponse. Costume noir revint pour me détacher et je dois avouer que ce n’est pas l’envie qui me manquait de lui envoyer un coup de poing dans la mâchoire, mais je dus retenir mon bras, car la douce voix de Leila me dit :

« Suis-moi. »

Elle m’emmena dans une vaste salle, quasiment vide à l’exception d’un des lits que j’avais vu auparavant. Il y’avait également un petit ordinateur auprès de la machine, ainsi qu’un bureau un peu plus haut. Elle m’emmena ensuite dans une chambre classieuse, avec un grand lit deux personnes et une immense armoire murale servant de penderie. Je compris également qu’une salle de bain était à ma disposition.

« Si tu as besoin de quelque chose, dit-elle, fais-le savoir.

-Et si j’ai besoin de toi…

-En rêve, peut-être. »

Elle partit, mais je vis qu’elle affichait un sourire sur son visage. Je pris une bonne douche (car les heures passées dans ce coffre poussiéreux n’avaient pas fait du bien à mon hygiène) puis m’écroulai sur le lit, tout en me demandant ce qu’allait me réserver la journée du lendemain. Après tout, je venais juste de me faire kidnapper et transformer en sujet de test pour une compagnie qui cachait beaucoup de choses…

Chapitre 3

Premiers pas

Une intense lumière me réveilla. En ouvrant les yeux, je fus ébloui, tant cette lueur était puissante. Lorsque ma vision se fut accoutumée à la lumière, je distinguai quelqu’un assis sur une chaise, un carnet dans une main et un crayon dans l’autre. Je compris assez rapidement qu’il s’agissait de Vidic. Je m’assis sur le lit, me frottai les yeux, puis le regardai. Il me sourit, puis se leva.

« Dites, c’est dans vos habitudes de regarder les gens dormir ? l’interpellai-je

-Nous devons nous assurer que vous ne souffrez d’aucun trouble majeur, répondit-il. Nous ne pouvons pas prendre le risque de vous faire du mal.

-Arrêtez de me faire croire que vous vous souciez de ma santé. Si c’était le cas, vous ne m’auriez pas enlevé avec autant de délicatesse.

-Faites votre malin si cela vous chante. Toujours est-il que nous vous voulons en bonne santé. C’est primordial pour nous.

-Si vous le dites. (Il y’eut un blanc qui dura quelques secondes. Chacun regardait l’autre, jusqu’à ce que je me décide à lui dire : ) Sinon, je peux prendre une douche et m’habiller sans que vous me regardiez ?

-Oh, bien sûr, Sujet 3. Soyez prêt dans une heure. Nous avons beaucoup à faire aujourd’hui. »

Il s’éclipsa et verrouilla ma porte. J’en profitai pour faire le tour de ma chambre – ou de ma cellule, plutôt. Elle se composait en deux pièces, une qui faisait office de chambre, avec un grand lit comme j’ai pu le décrire (même si, j’ai oublié de le mentionner, ce lit était dur comme une planche) et une penderie, où trois tenue blanche semblables à celles des prisonniers se battaient en duel. La seconde pièce était une salle de bain avec une cabine de douche minuscule, un toilette ainsi que trois lavabos. Voilà en quoi allait consister ma piaule pour les prochaines semaines. Néanmoins, j’allais vite m’y habituer.

Je pris donc ma douche et revêtit une des tenues blanches qui se trouvaient dans la penderie, puis toquai à ma porte, dans l’espoir que Vidic m’ouvre. J’entendis au travers de la porte le bruit de ses pas, puis le bruit d’un clavier. Malheureusement, chaque touche faisait un bruit similaire ; il m’était donc impossible de déchiffrer le code via le bruit des touches. La porte s’ouvrit et la blouse blanche me demanda :

« Avez-vous terminé ?

-Je crois, oui.

-Très bien. Venez. Vous ne regagnerez votre chambre que ce soir, lorsque nous aurons fini la session. »

Surpris sans vraiment l’être par cette annonce, j’avançai vers la machine au milieu de la pièce. Vidic se dirigea vers son bureau, une tasse de café fumante à la main, et se mit à regarder par la fenêtre. J’ignorais d’ailleurs ce qu’il pouvait bien regarder, puisque les fenêtres ne permettaient pas de distinguer grand-chose au dehors. Simplement les formes abstraites de certains bâtiments, mais rien de plus. Leila n’était pas là. Aussi le fis-je remarquer à Vidic.

« Où est Leila ?

-Elle va arriver. Il n’est pas encore sept heures.

-Dans ce cas, parlez-moi de ce truc, dis-je en pointant la machine.

-Soyez respectueux. Ce « truc » s’appelle un Animus. C’est une technologie que j’ai mise au point moi-même et qui permet de restaurer les mémoires génétiques enfouies dans l’ADN des sujets et de les projeter en trois dimensions. Ainsi, vous verrez à travers les yeux de votre ancêtre qui parlera et bougera pour vous. Vous vivrez sa vie comme lui l’a vécu.

-En fait, ce que vous êtes en train de me dire, c’est que vous avez inventé une machine à remonter le temps ?

-Oui, en quelque sorte, rit-il. Notez qu’une base de données vous permettant d’en apprendre plus sur les lieux, personnes et événements que vous allez voir sera à votre disposition à tout instant. »

Leila fit alors son apparition, s’excusant de son retard. On me fit alors signe de m’allonger dans l’Animus. Alors qu’elle paraissait être faite en métal, elle était relativement confortable, ce qui me troubla. Une visière se déclencha et une série de chiffres et de symboles étranges se mit à apparaître, le tout d’un bleu intense.

« Concentre-toi, Matt, me dit Leila. Il faut que ta synchronisation avec ton ancêtre soit parfaite. Sinon, tu risques d’être éjecté de la session à n’importe quel moment et les conséquences pourraient être graves. -Du genre ? -La mort, répondit Vidic. -Misère… »

Je me concentrai du mieux que je le pus, vidant ma tête de toute pensée qui pût me détacher de la machine. Quelques instants plus tard, je me retrouvai entouré de chiffres en pourcentages et de symboles, tous bleus. Puis, je fus transposé dans une autre époque…

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[Reims, Royaume de France, 14 mai 1786]

« Maxime ! Maxime ! »

Une volée de cailloux atteignit ma fenêtre, me sortant d’une douce nuit et d’un profond sommeil. Je m’étirai, puis ouvris ma fenêtre. Au bas de la demeure familiale, je reconnus un très bon ami à moi, Nicolas Plaisantier. De deux ans mon cadet, je l’avais connu quelques années plus tôt, quand nous avions failli nous battre au sujet d’une fille, qui au final ne s’intéressa ni à moi, ni à lui. J’avais de suite ressenti une forte amitié pour lui, et, à cette époque, il s’agissait de mon meilleur ami.

« Viens, me cria-t-il. Il faut que je te montre quelque chose !

-C’est encore une de tes cachettes ?

-Non, c’est bien plus.

-J’arrive… »

Je refermai le volet puis enfilai une tenue qui aurait fait tâche à un rassemblement d’importance, mais qui, en cette circonstance, n’avait guère d’importance. Je descendis en trombe les marches de l’escalier menant au salon, et me dirigeai vers la porte quand Julien, notre domestique, m’interpella :

« Où vas-tu comme ça, Maxime ?

-Dehors, avec Nicolas.

-Combien de fois devrais-je te dire de ne plus le voir ? Il a une influence néfaste sur toi.

-Je croirais entendre mon père. Pour une fois qu’il me fiche la paix, tâche de l’imiter, je t’en prie.

-Tant que tu rentres pour le repas, je ne dirai rien. Mais fais attention à toi, d’accord ?

-Promis. »

Je lui souris, puis ouvris la porte. Cela faisait plus de dix ans que Julien servait fidèlement ma famille. Ce grand gaillard, élancé et assez musclé ne nous avait jamais trahi et il avait caché mes petites turpitudes plus d’une fois. S’il était bien une personne en qui j’avais confiance dans ma maisonnée, c’était bien lui. Bien sûr, Julien et moi n’étions pas seuls à habiter la demeure. Ma famille en avait possession depuis plus de trente ans, depuis que mon grand-père, Baptiste d’Aquila, avait fait fortune dans le commerce d’œuvres d’arts. Mon père, Pierre, lui avait succéder grâce à la complicité de ma mère, Anne. Rapidement, ils décidèrent d’assurer leur descendance, et ils eurent quatre enfants. D’abord mon frère aîné, Frédéric, né en 1769, puis ma sœur Marie en 1770, moi l’année suivante et finalement mon jeune frère Gabriel en 1776.

J’avais toujours connu un certain prestige, même si ma famille n’était pas une famille noble. À vrai dire, nous ne faisions partie d’aucun des trois ordres. Nous n’étions pas paysans, ni religieux et encore moins nobles. Certains diront que nous faisions partis de la petite noblesse ou du haut tiers-état, mais je nous ai toujours considérés comme à part des autres familles. J’ai toujours su qu’un lourd secret pesait sur notre famille et, à cette époque, j’allais en briser le sceau.

Je rejoignis donc Nicolas, qui m’étreignit. Ses yeux pétillaient de joie. J’en ignorais la raison, car nous nous étions vu la veille. Il me fit ensuite une tape sur l’épaule, puis il me dit :

« Suis-moi. Il faut absolument que tu vois quelque chose.

-Qu’est-ce que c’est, encore ?

-Tu verras. Tu ne seras pas déçu. »

Il se mit alors à courir dans les rues bondées de Reims. Il avait eu la bonne idée de traverser le marché en courant, renversant quelques charrettes au passage et faisant s’envoler des poulets qui avaient l’habitude de picorer les quelques miettes qui tombaient des étals qui vendaient du blé. N’étant pas habitué à courir sur de très longues distances, je ne tins pas le rythme, et Nicolas fut contraint de revenir à mon niveau, comme une mère faisant attention à son enfant. Une fois l’épreuve du marché passée, je vis que Nicolas se mit à gravir la façade d’un immeuble. Lorsqu’il fut au sommet, il me fit signe de l’imiter.

J’inspirai. Certes, nous faisions parfois des concours d’escalade, mais jamais sur des bâtiments de telle hauteur. Je tâtonnai au début pour trouver des prises, mais les imperfections dans la brique me permirent de trouver mes aises assez facilement. En quelques minutes, j’atteignis le sommet sous les injonctions assez véhémentes d’une foule qui s’était amassée en contrebas et qui tentait notamment de m’envoyer des pierres dessus.

De là où nous étions, on pouvait apercevoir la cathédrale dans sa grande majesté. Un énorme charme s’en dégageait. Je n’ai jamais été un fervent croyant, mais j’ai toujours trouvé cette cathédrale somptueuse, et, évidemment, chargée d’Histoire. Nicolas la désigna du doigt, puis il sauta sur un toit en face. Je l’imitai du mieux que je le pus, mais il était évident que Nicolas se débrouillait bien mieux que moi. Il m’attendit sur le parvis de la cathédrale.

J’y arrivai totalement essoufflé, et il me laissa quelques instants pour me remettre d’aplomb. Il se dirigea ensuite vers la grande porte et sortit un imposant trousseau de clé d’une de ses poches, et déverrouilla la serrure.

« Mais où as-tu trouvé ça ? lui demandai-je, les yeux écarquillés.

-L’évêque les laisse toujours traîner quand il dort. J’en ai profité pour les lui voler. »

La gigantesque porte grinça puis nous pénétrâmes dans l’enceinte du lieu. Il faisait très froid, ce qui contrastait avec la chaleur écrasante qui régnait au dehors. Nicolas avança furtivement, et, comme je n’étais pas du tout sûr de moi, je le suivis sans broncher. Il se dirigea jusque derrière l’autel, et, après s’être assuré que personne ne nous regardait, il ouvrit une trappe et me fit signe d’y avancer en premier. Il me suivit de près.

Le sol était granuleux, comme une carrière. C’était éclairé, mais on n’y voyait pas grand-chose à moins de deux mètres devant soi. Sur les côtés se trouvaient des crânes. Nous étions donc dans les catacombes de la cathédrale. Je continuai d’avancer jusqu’à ce qu’un mur ne me bloque. Je me retournai, mais Nicolas n’était plus derrière moi. Je commençai à paniquer, lorsqu’un crâne apparut devant mes yeux.

« Hélas ! Pauvre Yorick ! Je l’ai connu, Horatio !

-Ce que tu peux être débile, des fois, Nicolas.

-Désolé, c’était trop tentant. »

Il éclata de rire, et je levai les yeux au ciel. Passé cela, je lui dis :

« Et qu’est-ce que tu voulais me montrer, au juste ?

-Regarde à tes pieds. »

Je baissai les yeux et remarquai un certain nombre de pierres brillantes. Mes yeux pétillèrent et j’en ramassai par grosses poignées. Soyons clairs. Je n’y connais strictement rien en pierres précieuses, mais je vis d’emblée qu’elles pouvaient avoir une certaine valeur. Alors que je continuai d’amasser un butin certain, nous entendîmes quelqu’un descendre. Un homme chauve débarqua et nous fustigea du regard. Nicolas parvint à courir et à s’enfuir, mais je me retrouvai coincé avec le bonhomme.

Il me prit par le col, me fit vider quasiment toutes mes poches (car je gardai un caillou dans une de mes poches ; il allait d’ailleurs me servir très prochainement) et il me conduisit…directement chez moi. J’eus droit à un virulent sermon de mon père qui me priva de sortie pour très longtemps, et, après un repas extrêmement tendu, il me consigna dans ma chambre jusqu’à nouvel ordre. C’est la dernière fois que je le vis.

Chapitre 4

Le Masque

Naturellement, je passai le reste de la soirée à fixer le mur devant moi, sur lequel figurait un portrait de notre famille. J’y étais à l’extrême gauche, souriant (ce qui n’est plutôt pas mon genre) et heureux de vivre. Une reproduction était sans cesse à mon cou, dans un médaillon. Après tout, j’avais eu une enfance idyllique. Je n’avais jamais manqué de rien. J’étais toujours bien habillé, nous mangions toujours bien et à notre faim (ce qui en cette fin de siècle n’était malheureusement pas le cas de tout un chacun) et l’amour emplissait notre maisonnée.

Mon père avait beau être sévère, il avait toujours cherché à nous combler. Ma mère tempérait ce caractère orageux par une douceur incroyable. Je crois que je ne l’avais jamais vu s’énerver ne serait-ce qu’une seule fois. Quant à mes frères et sœurs, j’étais très complice avec ma sœur. Comme nous n’avions qu’un an d’écart, nous partagions les mêmes moments, et nous étions très proches. Lorsque j’étais plus jeune – pas en âge de me défendre – elle n’hésitait pas à se battre contre ceux qui me charriaient.

Je repensai à ces choses, alors que le soir gagnait. Je sortis ensuite la pierre de ma poche, et l’admirai. Elle scintillait d’une lueur étrange, jaune et orange à la fois. Et, plus étrange encore, en lieu et place d’une texture très dure, elle paraissait étonnamment douce, comme une peau humaine. C’était vraiment déconcertant, comme sensation. Je n’avais jamais rien vu de tel.

Alors que j’étais perdu dans mes contemplations, j’entendis un bruit venant de dehors. Je remis la pierre en sécurité dans ma poche, puis je m’avançai vers ma fenêtre et ouvrit mon volet. En dehors des quelques éclats de voix provenant des rues avoisinantes, rien ne paraissait suspect. Néanmoins, quelque chose clochait. Je ressentais une présence. Je ne saurais vraiment l’expliquer, mais quelque chose me paraissait véritablement étrange.

Après quelques instants, je compris que je m’étais fait piéger. Un homme surgit sur moi et me plaqua en sautant à travers la fenêtre. Mon dos heurta douloureusement le sol en bois. J’eus fugacement le temps d’apercevoir le visage de mon agresseur. Il paraissait d’âge mur, environ quarante ans, portait une fine barbe et possédait des cheveux jusqu’aux épaules. Une cicatrice lui barrait l’œil gauche. Et le plus troublant est qu’il portait une tunique couleur vin qui lui arrivait aux chevilles et qu’un capuchon était abaissé sur sa tête.

Il posa son genou au niveau du plexus, ce qui eut pour effet de me couper le souffle. Il sortit une dague de sa ceinture et me la mit sous la gorge. Je paniquai et je ne savais pas quoi faire. J’avais le souffle coupé et parvenait très difficilement à inspirer. J’essayai de crier, mais aucun son ne sortit de ma bouche.

« Si tu cries, je t’égorge, me menaça l’homme.

-Qu’est-ce que vous me voulez ? parvins-je difficilement à articuler »

Il retira lentement son genou, mais appuya un peu plus la pression sur ma gorge.

« Es-tu un Assassin ? me demanda-t-il

-Bien sûr que non, je n’ai jamais tué personne, répondis-je, surpris par la question de l’inconnu

-Tu ne m’as pas bien compris. Es-tu un ASSASSIN ? »

Il avait tellement insisté sur le mot « assassin » que je compris qu’il ne désignait pas qu’un simple meurtrier. C’était Assassin avec une majuscule. Ne sachant que répondre, je me tus. Il appuya encore un peu plus la dague, faisant couler un petit peu de sang.

« Tu ferais mieux de répondre, petit.

-Non ! Je ne sais pas de quoi vous parlez, et je ne suis pas un Assassin.

-Tu es sûr ? Si tu m’as menti, je jure que je te décapiterai de mes propres mains. »

Il enleva prudemment le couteau de ma gorge, tout en me scrutant du regard, et alla fermer mon volet, toujours ouvert. Je pensai alors à lui sauter dessus, lui voler son arme puis la retourner contre lui, mais vu la facilité avec laquelle j’avais été maîtrisé, cela aurait été fort peu judicieux de ma part et j’y aurais risqué ma vie. Une idée me vint en tête. Je fourrai très rapidement ma main dans ma poche, et sentit que la pierre y était toujours ; ce n’était pas une arme conventionnelle certes, mais c’était suffisant pour le blesser, à condition que je sache où taper.

Il revint vers moi, posa de nouveau son genou sur ma poitrine, et remit le couteau sur ma gorge.

« Maintenant, tu vas me dire ce que tu sais sur ton père ?

-Et pourquoi ça ? Que lui voulez-vous ?

-Pose pas de questions où tu sais ce qui arrivera.

-C’est quelqu’un tout ce qu’il y’a de plus normal, dis-je.

-Je vois dans tes yeux que tu doutes de cela. »

Il marquait un point. J’avais toujours su au fond de moi (avant de connaître la vérité, j’entends) que mon père et ma famille cachait un lourd secret. Ses nombreuses absences ne me paraissaient pas suspectes, jusqu’à ce qu’il revienne avec une cicatrice sur la joue. « Des bandits », avait-il dit. Mais, je ne sais pas pourquoi, je ne l’avais pas cru. Toute la maison paraissait crispée, ces derniers temps. Alors oui, il avait raison. Je doutais.

« Écoutez, qu’est-ce que vous nous voulez ? (Il appuya le couteau un peu plus fort. De mon côté, je saisis enfin la pierre). Mon père n’a rien à voir avec vos affaires !

-Tu n’as pas idée… »

Je la saisis fermement et lui écrasai sur la tempe. Il bascula sur le côté et je me relevai vivement puis enfonçai ma porte. Dans la confusion, je ne relevai aucunement le fait que le caillou était toujours intact. Julien avait été alerté par le bruit (il ne dormait jamais vraiment, passant son temps à éplucher les documents de mon père) et il me rejoignit en montant les escaliers quatre à quatre et – à mon plus grand étonnement tout comme mon plus grand effroi – en brandissant un sabre.

« File dans la remise. Il y’a une trappe dans le sol, tu y seras en sécurité. Emmène Gabriel avec toi !

-Quoi ?

-Allez ! »

Je n’eus pas vraiment le temps de comprendre que l’homme sortait en trombe de ma chambre, du sang lui coulant depuis l’oreille. Il se battit en duel avec Julien et, aux bruits de l’acier s’entrechoquant, je ne pus dire avec certitude lequel était en position de force. Gabriel était sorti de sa chambre, se demandant quoi. Je le saisis par la main, et l’amenai dans la remise, qui servait également de garde-robe. Je tâtai le sol du pied jusqu’à ce qu’une imperfection me désigne la cache. Je tirai sur une légère poignée, et y engouffrai Gabriel.

« Attends-moi et ne bouge pas, lui dis-je »

Je ressortis et m’en allai saisir un couteau dans la cuisine. Julien et le type se battaient toujours en haut de l’escalier, en une chorégraphie endiablée. J’essayai d’aider Julien, mais mon arrivée le perturba et, en une seconde d’inattention, l’homme lui asséna un coup si fort que, même en le parant, Julien bascula par-dessus la rambarde et s’écrasa lourdement beaucoup plus bas.

L’homme encapuchonné me fixa du regard ; un regard noir. Son épée scintillait et il enchaîna une multitude de coups que j’esquivai difficilement. Finalement, je lui écrasai violemment le pied, provoquant un gémissement de sa part et rapprochai mon couteau de sa gorge. Malheureusement, il avait anticipé et il l’arrêta juste avant que la lame ne transperce sa chair. Il me retourna le poignet dans un craquement douloureux et je sentis l’acier froid se figer dans mon flanc. Sur le coup, je ne ressentis pas la douleur et ne compris pas vraiment ce qui se passait. Il me donna un coup de pied qui me coupa le souffle et m’envoya basculer au bas des escaliers. Je fus ensuite enveloppé par les ténèbres, persuadé que ma dernière heure était venue.

Mais je me trompais. À mon réveil, un amoncellement de cadavres se dressait devant moi. Ceux de ma famille.

Chapitre 5

Destinée

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Je me relevai d’un seul coup, ignorant la douleur qui m’accablait le flanc. L’épée avait brisé une ou deux côtes, mais n’avait heureusement touchée aucun organe vital. Pour le coup, je m’en tirerais avec une vilaine balafre que je garderais à vie. Mais cela n’était rien comparé à ce qui se trouvait devant moi.

Mon père, ma mère et ma sœur gisaient devant moi, morts, vraisemblablement de la main de la silhouette à capuche. Chacun avait une petite entaille à la gorge. Clinique. J’ignorais quel monstre avait bien pu faire une chose pareille, mais il était probablement entraîné à viser les points vitaux ; en l’occurrence la carotide et la jugulaire. Je m’effondrai au milieu du massacre.

Je pleurai, accablé de chagrin, mais aucune larme ne put sortir. Ma raison d’être partait en fumée, et mon destin allait s’en retrouver totalement changé. À ce moment-là, je crois que je changeai. Un nouveau Maxime était né, un Maxime avide de vengeance. Désormais, mon existence n’avait plus pour but que de trouver et tuer la silhouette encapuchonnée.

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Une voix me tira de ma tristesse, mais je ne compris pas ce qu’elle me dit. Et à vrai dire, je m’en moquais éperdument. Une main se posa ensuite sur mon épaule. Je me retournai, alerte, provoquant un pique de douleur à mon flanc. Je dus m’asseoir sur le sol afin de ne pas retomber dans l’inconscience.

Mais je n’avais rien à craindre. C’était Julien. Il avait beaucoup d’ecchymoses et sa chemise était en lambeaux. Il boitait légèrement, mais c’était à peine perceptible. Il m’étreignit, lui aussi en larmes. Puis il se rendit dans la remise et revint avec Gabriel, les deux mains posées sur les yeux de mon frère. Mais, malgré cette tentative de préservation, il savait. Et à dix ans, on n’en réchappe pas indemne. Même à l’heure où j’écris ces lignes, le souvenir est particulièrement douloureux. Et j’avais pourtant quinze ans. Lui était à peine un enfant. D’ailleurs, à partir de là, je ne l’ai plus reconnu. Il a totalement changé.

Nous sortîmes de notre résidence dans la ruelle sombre et crasseuse adjacente. Julien fit signe d’attendre et il mit le feu à la bâtisse. Partirent dans les flammes les souvenirs désormais lointains d’une famille aimante et chaleureuse…La seule chose qu’il me restait de mon ancienne vie, c’était le médaillon où figurait la reproduction miniature du tableau de famille…

                                          3

Il faisait nuit et froid. Le genre de nuit où il ne fait pas bon sortir ; bien que Reims ne fût pas une cité gangrénée par le crime, il fallait admettre qu’il existât un ersatz de menace autour de la ville ; surtout au vu des soubresauts qui agitaient la France et l’agiteraient encore plus dans les mois à venir. Le seul endroit où nous étions sûrs d’être en sécurité était la maison de mon frère, située à quelques rues au nord.

Le trajet, habituellement court, prit au moins une bonne heure. À cause de nos blessures, nous ne pouvions aller très vite. Mon flanc me lançait, mais Julien m’avait fait un garrot, ce qui permettait de stopper l’hémorragie, au moins temporairement. Gabriel n’arrêtait pas de sangloter, et si en temps normal je l’aurai sermonné, le cœur n’était clairement pas à ce genre de remontrances inutiles. Julien tenait toujours fermement son épée dans sa main gauche, l’autre main posée sur son genou, alerte.

Finalement, nous atteignîmes enfin la maison de mon frère, située au coin d’une rue sombre dans laquelle un vieil homme dormait au sol. Julien toqua prudemment, en utilisant ce qui ressemblait à un code. Un coup, un autre puis trois successifs. Après avoir vu un œil au travers le judas, une chaîne cliqueta et la porte s’ouvrit sur mon frère.

Ses épais cheveux blonds étaient en pagaille (il était probable que nous l’avions tiré d’un sommeil vraisemblablement profond) et sa chemise mal ajustée. Néanmoins, son regard était grave et sa voix teintée d’inquiétude. J’imagine que le code signifiait quelque chose de précis, mais je ne peux pas en être sûr.

« Que s’est-il passé, Julien ? demanda mon frère, sur le qui-vive.

-Je t’expliquerai à l’intérieur. Fais nous entrer !

-Oui…bien sûr. »

Il nous pressa dans un couloir chichement éclairé à la lueur de quelques bougies puis il nous installa sur un canapé situé juste devant un âtre dans lequel le reste d’un feu récent crépitait encore. Je m’allongeai de tout mon long, ne supportant vraiment plus l’intense douleur qui me paralysait le flanc gauche. Gabriel fut conduit dans une chambre à l’étage. Julien et Frédéric discutèrent dans une langue qui m’était inconnue. En fait d’une discussion, c’était un chuchotement inintelligible pour moi qu’ils échangeaient. Néanmoins, Frédéric lâcha un « non » d’une voix triste. À ce moment-là, lui aussi savait.

Quelques minutes – qui me parurent être des heures – passèrent avant que Fred, les yeux rougis, ne vienne avec un bocal contenant une substance épaisse et bilieuse (ne présageant rien de bon), des aiguilles et des fils ainsi que d’un torchon. La véritable panoplie d’un savant fou sur le point de tenter une expérience sur un pauvre patient innocent. Il me donna le torchon en me disant :

« Tu devrais me mordre de toutes tes forces. Ça risque d’être douloureux. »

Je ne répondis pas. Il retira le garrot de fortune – ce qui me fit déjà horriblement mal – puis appliqua une compresse du produit contenu dans le bocal. La douleur était si forte que je faillis en perdre conscience. Puis il se mit à recoudre précisément la plaie, ce qui fut encore plus douloureux.

Cela fut assez bref, mais cela avait été bien fait. Je savais que Frédéric voulait devenir médecin étant jeune, et qu’il avait suivi quelques cours. Aussi ne doutai-je point de sa capacité à recoudre une plaie. Il posa ensuite sa main sur mon front brûlant, la retira aussitôt puis me fixa dans les yeux. Une larme coula de son œil gauche.

« Sois fort, et repose-toi, Maxime.

-Combien… de temps… ?

-Le temps qu’il faudra. Quand tu seras prêt, nous te révèlerons tout. »

Je ne pus répondre, pris d’un sommeil profond. Cette nuit-là, je rêvai que je mourais de l’homme à capuche. Était-il prémonitoire ? L’avenir me le dirait.

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Ce sommeil dura deux jours quasiment entiers. Je me réveillai donc dans la nuit du 16 mai 1786. Frédéric et Julien étaient assis à une table juste derrière le canapé. Cette fois, ils parlaient en français, mais en m’entendant me lever, ils retournèrent à leur étrange dialecte. Fred avait mis une béquille à ma disposition, qui me fut utile pendant les premiers temps de ma convalescence.

Il s’en alla brièvement dans sa cuisine puis déposa une miche de pain et une corbeille de fruits remplie à ras-bord. Je mangeai goulûment, oubliant par la même les bonnes manières à table. Mais cela importait peu. Après avoir ingurgité sept pommes, j’en eus assez et regardai deux des trois membres restants de ma famille.

Julien allait déjà mieux. Ses blessures n’avaient été que superficielles et il n’avait pas eu besoin d’un coup de bistouri pour se remettre. Il avait peut-être toujours mal à son genou, mais cela n’était pas bien grave. Quant à Frédéric, il gardait toujours le visage grave et me parlait peu, si ce n’est pour me demander si j’avais besoin de quelque chose – à manger, à boire…Il avait dû beaucoup pleuré, car ses yeux étaient rougis.

Gabriel était évidemment très atteint. Il passa la première semaine à se blottir en boule au coin de sa chambre en sanglotant et réclamant sa mère. Il refusa d’ingérer le moindre aliment et ne but qu’en de très rares occasions.

« Ça lui passera, avait dit Frédéric. »

Le chagrin était pesant dans la maison. Chaque pièce était lourde de tristesse et d’autre chose…de plus mystérieux. J’allais bientôt être mis au courant de ce secret, mais, à ce moment-là, je sentais juste que le meurtre de ma famille avait un sens bien plus profond que le simple assassinat de sang-froid.

L’homme avait tellement insisté sur le mot « Assassin » (surtout sur le A) que je compris qu’il parlait d’un nom et pas d’un adjectif. Je restai perplexe devant cela. Pour moi, un assassin n’était rien de plus qu’un meurtrier. Mais un Assassin ? Si au fond de moi, je savais que cela avait à peu de choses près la même signification, je compris que ce mot était bien plus lourd de sens ; un sens…pas caché, mais qui, comme dans les fables de La Fontaine, ne se comprend qu’à la seconde lecture.

Au bout d’une semaine et demie, alors que le mois de juin approchait, je fus de nouveau apte à marcher sans la béquille de Frédéric. Je ressentais toujours quelques douleurs, mais rien de plus que des points de côté. Le pire était passé, en somme, même si une cicatrice me barrait néanmoins désormais le flanc gauche.

Le dimanche, Frédéric me fit signe de m’asseoir avec Julien à la table que je surnommai « la table des secrets », au vu des discussions importantes et souvent confidentielles qui s’y déroulaient. Une bougie avait été disposée au centre de la table, et Julien et Frédéric portaient un capuchon sur la tête.

« Commençons, entonna mon frère. »

                                          5

« L’heure n’est plus au recueillement, dit-il. Je sais que nos parents et notre sœur comptaient énormément à tes yeux, comme aux nôtres, mais il va falloir faire sans eux, et accomplir ce qu’ils voulaient.

-Que voulaient-ils ? demandai-je naïvement.

-Mieux vaut ne pas y aller par quatre chemins, je suppose. Notre famille est très ancienne, Maxime, et elle fait partie d’une Confrérie secrète…

-Les Assassins, murmurai-je pour moi-même, bien que Frédéric l’entendît.

-C’est exact. Père était sensé te révéler ces secrets l’année prochaine, mais nous ne pouvons nous permettre d’attendre. S’ils sont morts, c’est parce qu’ils luttaient pour leurs convictions contre ceux qui voulaient imposer les leurs. Le tueur est l’un d’eux.

-Comment s’appelle-t-il ?

-Nous ne connaissons que son prénom et un pseudonyme. Marcus, alias Le Masque. Il était des nôtres avant. Il combattait avec notre père contre nos ennemis.

-Qui sont nos ennemis ?

-Ce nom va te paraître saugrenu et inapproprié pour notre époque, mais ce sont les Templiers. »

J’émis un bruit de surprise. Si je m’attendais à retrouver le nom d’un ordre de chevalerie dissous 400 ans plus tôt…

« Mais te ne méprends pas. Ils ne sont plus affublés de casques et de tenues de chevaliers. C’est fini, tout ça. Ils agissent dans l’ombre, comme nous. Peu de personnes connaissent leur existence, et ceux qui la connaissent s’empressent des rejoindre leurs rangs, ou finissent au fond d’un fleuve.

-Et Marcus est leur chef ?

-Oui. Il a pris leur tête l’an dernier, et je suis surpris qu’il ait effectué une mission par lui-même. Ils préfèrent généralement envoyer des sous-fifres pour faire le travail.

-Et vous…vous êtes des Assassins ?

-Oui. Nous avons été formés et entraînés pour tuer. (Je ne pus réprimer un sursaut. Mon frère un tueur ?). Là aussi, il faut que je t’explique. Nous ne tuons que les Templiers, pas les innocents. Nous cherchons la paix et la liberté, quand eux veulent imposer un monde où tout le monde doit obéir.

-Ainsi, nous recherchons la paix en tuant des gens ?

-Vois-le ainsi si tu veux. (Il s’était mordu la lèvre). Maintenant, réponds-moi : veux-tu honorer la mémoire de notre famille et poursuivre le travail entrepris jusque là ? Veux-tu devenir un Assassin.

-Oui… »

Étais-je vraiment convaincu de cet engagement ? À vrai dire non. Je n’avais aucune réelle idée de ce que proposait l’avenir en tant qu’Assassin, et je savais que, quel qu’il soit, il serait dangereux. En fait, tout ce que je voulais, c’était venger la mémoire de ma famille et faire couler le sang de celui qui avait fait ça. Aussi, je n’avais pas vraiment réfléchi et mon ton était laconique. Julien le remarqua et dit :

« Nous ne voulons pas d’hésitation, Maxime. C’est une réponse ferme, quelle qu’elle soit, que nous désirons.

-Alors oui, je veux venger notre famille, et si je dois devenir un Assassin et passer ma vie à tuer nos ennemis, alors je le ferai.

-Voilà ce que j’attendais de toi, Maxime, répondit mon frère en souriant. Mais ne vas pas croire qu’il te suffit de claquer des doigts pour être un Assassin. Une longue formation t’attend, et tu devras être prêt à toute éventualité. Sache que tu pourras mourir à n’importe quel moment. Et surtout, surtout, n’oublie jamais ces mots : Rien n’est vrai, tout est permis.

-Qu’est-ce que cela signifie ?

-Cela signifie que tu dois sans cesse remettre en cause tes croyances. Tout ce qu’on dit est faux, ou du moins tend à l’être. Tout est permis ne signifie pas que tu peux agir selon des désirs, mais qu’aucune force supérieure ne te jugera. Nous continuerons cette conversation plus tard. Pour le moment, tu devrais aller te reposer et voir ton frère, car ton entraînement débute dès demain matin.

-Très bien. »

                                          6

Gabriel était étendu sur son lit, et contemplait le plafond d’un regard vide. Il portait toujours les mêmes vêtements que le soir du drame (il avait refusé d’en changer car c’était les derniers que notre mère lui avait acheté) et ne disait pas un mot. Je toquais à la porte, mais il ne répondit pas. J’entrai et m’assis sur son lit. Il ne parla toujours pas.

« Gabriel, dis-je doucement. »

Il leva la tête, me regarda brièvement, puis la reposa et refixa le plafond.

« Je sais que c’est dur, mais ça l’est autant pour toi que pour moi. Sois fort. »

Toujours rien. Je commençai à perdre l’espoir de voir poindre une réaction de sa part, quand une idée lumineuse me vint en tête.

« Maman n’aimerait pas te voir comme ça.

-Ne parle pas d’elle ! cria-t-il

-Écoute, Gabriel, je veux juste que tu te portes mieux. Il va falloir que tu fasses ton deuil, même s’il est impossible.

-Mets-toi à ma place. Maman était tout pour moi.

-Je sais. Mais tu es un grand garçon, maintenant, et un grand garçon ne se laisse jamais abattre. Je te promets que je tuerai l’ordure qui a fait ça.

-Jure-le !

-Je te le jure. Et s’il faut que je meure pour le tuer, alors il en sera ainsi.

-Merci. »

Je remarquai alors que des larmes me coulaient des yeux. Ce fut aussi le cas de Gabriel. Pris par l’émotion, nous nous enlaçâmes longuement. Je quittai la chambre, harassé. Avant de m’allonger telle une masse inerte sur mon lit, je regardai une dernière fois le médaillon, dernier vestige de mon ancienne vie.

Chapitre 6

Première soirée

« Sortez de la machine, monsieur Frei. Il est l’heure pour vous d’aller dormir. »

La voix rauque de Vidic fut la première chose que j’entendis, alors que je me relevais sur l’Animus. Je me suis frotté les yeux jusqu’à ce qu’ils soient rouges, puis j’ai repensé à ce que je venais de voir. Cela avait paru si…réaliste que cela m’avait laissé bouche bée. Comment diable cette machine fonctionnait-elle ? Je l’ignorais et si son existence venait à être connue, nul doute que cela en ferait la plus grande découverte de l’histoire humaine.

« Vous avez bien travaillé aujourd’hui, continua Vidic. Continuez comme cela, et nous atteindrons nos objectifs.

-Et c’est quoi, vos objectifs ? ai-je demandé

-Je n’ai pas le droit de vous le dire.

-Mon dieu, c’est surprenant.

-Ne jouez pas aux apprentis humoristes, Sujet 3. Je n’ai moi-même qu’une directive très floue sur ce que nous devons faire. Alors vous devriez cesser de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.

-Ah, parce que ça ne me regarde pas ? Qui est dans cette machine ? À qui appartiennent les souvenirs que vous fouillez ? Qui avait-vous enlevé pour faire la sale besogne ?

-Certes, certes. Je me suis mal exprimé. Vous en saurez plus en temps et en heure.

-Ben voyons… »

Vidic se mordit la lèvre, sans doute frustré. Il quitta ensuite la pièce par une grande porte et nous laissa seuls, moi et Leila. Elle lisait un livre sur la psychologie, le genre de lecture qui me ferait dormir en moins de trois pages, et elle avait l’air absorbée dedans. J’ai alors décider de l’interrompre dans sa lecture.

« Dis-moi, Leila. Je peux te poser une question indiscrète ?

-Ça dépend. Indiscrète comment ?

-Un peu beaucoup…

-Et bien…Vas-y quand même.

-Tu es de quel côté ?

-C'est-à-dire ?

-Tu m’as très bien compris.

-Disons que je ne peux pas blairer Vidic et la plupart des bureaucrates qui composent cette société. Ça répond à ta question ?

-À moitié seulement.

-Tu devras t’en contenter.

-Et une autre question. Pourquoi moi ? Je ne suis pas le seul Assassin en cavale, que je sache ?

-Tu es l’un des seuls qui n’a pas cherché à maquiller sa présence. Tu as toujours utilisé ton vrai nom, continué à payer en carte ou en chèques…Il était facile de t’atteindre.

-J’aurais su qu’une société qui cache trop de choses au public allait m’enlever pour me griller le cerveau avec une machine pas officielle, j’aurais prit un nom d’emprunt.

-Ils t’auraient retrouvé grâce à tes empreintes.

-Attends…Tu es en train de me dire qu’Abstergo…

-Possède les empreintes de toutes les personnes sur Terre.

-Et comment ?

-En piratant les fichiers de la police et les registres d’identité. C’est rarement du code complexe. Alors il est facile d’obtenir tout ce qu’on veut.

-En fait, Abstergo sont de vrais enfoirés.

-Je ne te le fais pas dire. Mais tu ferais mieux d’aller te coucher. Tu seras réveillé tôt tous les jours. Un repas va t’être apporté sous peu.

-Très bien. À demain, Leila. »

Elle me sourit et me fit un clin d’œil. Cette fille était géniale…si jolie…Je crois que mon cœur battait pour elle. Certes, je la connaissais depuis seulement deux jours et les conditions n’étaient pas…appropriées pour une idylle, mais il se passait quelque chose avec elle.

Un repas (que j’ai envie de qualifier de diététique avec de la salade, des tomates et des concombres pour un petit morceau de viande) me fut apporté. Je le dévorai sans me faire prier, même si je n’aurai pas craché sur un second plat. Tout ça me rappelait les repas qu’on servait à la Ferme. C’était simple, efficace. Sauf qu’à la Ferme, tout était cultivé sur place. Pour Abstergo, je doute que le tout ait ne serait-ce que connu ce qu’est la terre. Ils devaient sûrement venir d’un obscur laboratoire où ils avaient été produits ; et Abstergo tiendrait là un filon commercial gigantesque à exploiter.

Je me posais beaucoup de questions sur Abstergo. Évidemment, à moins d’avoir vécu dans une grotte depuis les années 80, tout le monde connaissait Abstergo. Je crois que la première fois que j’ai entendu parler de cette société, c’était pour un médicament « miracle », d’après l’étiquette, contre les maux de tête. Effectivement, cette chose avait le mérite de calmer les migraines, mais il mettait aussi son utilisateur dans les vapes.

Mes parents m’avaient parlé d’Abstergo en me disant de me méfier d’eux, qu’ils cachaient un lourd secret. Mais – et je pense que vous l’avez remarqué – j’étais trop jeune et stupide pour prêter une quelconque attention à ce que racontaient mes parents. Dans la situation où j’étais actuellement, je m’en suis voulu de ne pas les avoir écoutés. Si j’avais su, j’aurais agi autrement.

Ce soir-là, j’eus un mal fou à m’endormir. Je changeai sans cesse de position, essayant de trouver ma place, mais l’aveuglante lumière qui ne s’éteignait jamais m’empêchait de me plonger dans les bras de Morphée. Aussi, je me levai et regardai le mur blanc nacré qui était situé juste au dessus du lit. Une petite inscription était écrite dessus et je dus quasiment coller mon nez dessus pour pouvoir le lire.

« 23-44-71-10-08 »

Qu’est-ce que cela signifiait ? Je n’en avais pour l’heure aucune idée. Aussi, je m’allongeai et attendit désespérément le sommeil tout en méditant sur cette série de chiffre. Le lendemain, Vidic me réveilla une nouvelle fois, et je plongeai dans l’Animus encore plus tôt que d’habitude. Il cilla à peine lorsque je lui fis remarquer que nous étions en avance, m’enjoignant à me concentrer. Celui-là allait vraiment être une gueule de con.

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