Fandom

Assassin's Creed

Base de données (Unity): Personnages

4 652pages sur
ce wiki
Ajouter une page
Discussion0 Partager

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

ACUicon.png


La Base de données des personnages dans Assassin's Creed: Unity est divisée en trois catégories : Généralités, Groupements et Récits parisiens.


Généralités

ACU Arno Dorian base de données.jpg

Né en 1768, fils de Charles et Marie Dorian, Arno semble avoir passé le plus clair de son enfance à voyager en Europe et en Afrique du Nord avec son père, sa mère les ayant quittés sur ce qu’on qualifia de "différence philosophique".*

--
* Différence philosophique à comprendre comme "j’ai découvert que mon mari tuait pour des motifs politiques". J’imagine que cela l’a amenée à s’enfuir à toutes jambes...
--

Aucune trace d’Arno dans des documents officiels jusqu’au milieu des années 1780, où il fait l’objet de plusieurs procès-verbaux de la maréchaussée de Versailles et aux environs. Des éléments épars l’indiquent prisonnier à la Bastille en 1789, mais il ne figure pas parmi la liste des prisonniers libérés lors de la prise de la forteresse. Les seules autres références directes à un "Arno Dorian" se trouvent dans le journal de Napoléon Bonaparte, aux dates suivantes : août 1792, octobre 1795 et mai 1808.**

--
** Je continue à chercher des informations sur les liens entre Arno et le petit caporal. Disons qu’ils ont eu une… amitié intéressante. Dans le sens où une "différence philosophique" peut-être intéressante...
--

ACU Aloys La Touche database.jpg

Inspecteur des impôts sous le règne de Louis XVI, Aloys La Touche semblait destiné à une morne existence de membre de la classe moyenne.*

--
* Il était inspecteur des impôts. Jusqu'à preuve du contraire, c'est lui qui avait choisi ce métier.
--

Selon les documents officiels, il a été révoqué pour corruption et, incapable de trouver un autre emploi, a sombré dans l'obscurité.

Il est également question d'un chef de bande versaillais appelé "La Touche", tué lors d'une émeute intervenue à l'occasion d'une exécution massive. On ignore s'il s'agissait du même homme.**

--
** Assassins 7, Templiers 0

ACU Théroigne de Méricourt database.jpg

Néé Anne-Josèphe Terwagne, à Méricourt. Chanteuse d'opéra ratée, elle rejoignit le mouvement révolutionnaire peu après la prise de la Bastille. Elle prit part à la marche des Femmes et était dans la foule lorsque le roi fut obligé d'accrocher une cocarde révolutionnaire à son chapeau.

Méricourt se distinguait par sa tenue de cavalier, son chapeau d'homme et ses pistolets. Au début de la Révolution, elle assista régulièrement aux séances de l'Assemblée nationale depuis les galeries, et la suivit lorsqu'elle se déplaça de Versailles à Paris.

Méricourt quitta Paris en 1790 et fut arrêté par les Autrichiens, qui la relâchèrent ensuite. Elle regagna Paris en 1792 et renoua des liens avec la cause révolutionnaire. Son incarcération avait accru sa notoriété et elle fut invitée à s'exprimer au club des Jacobins.

Elle soutint ardemment Brissot et les Girondins, ce qui lui valut d'être agressée et battue par un groupe de Jacobins en 1793.

ACU Capitaine Philippe Rose database.jpg

Fils d'une femme de chambre de Versailles, Philippe Rose connut dès l'enfance les exigences extravagantes et éclectiques au marché afin d'acheter les marchandises les plus rares pour la famille royale.

Mais un jour, il quitta Versailles pour aller découvrir le reste de la France.*

--
* Détaillons un peu cette notion de "découverte"... Le roi n'était pas insensible aux charmes de la mère de Philippe. En échange du toit qu'il lui offrait, ainsi qu'à son fils, il prit l'habitude de la rejoindre dans son lit à quatre heures du matin. Sa mère supporta bravement les ardeurs royales et promit à Philippe que leur existence s'en retrouverait grandement améliorée si elle venait à tomber enceinte. Ce qui finit par arriver. Ravi de voir sa mère aussi heureuse, Philippe rassembla le peu d'argent qu'il avait économisé et se rendit au marché afin d'acheter des jouets pour son futur frère ou sa future sœur. Mais sa joie fut de courte durée. La mère de Philippe mourut en couches et le roi la fit jeter à la fosse commune. C'est à ce moment que Philippe fut pris d'un ardent désir de découvrir le monde.
--

Avec la Révolution, puis la guerre, Philippe mit ses talents pour le commerce au service de la cause jacobine et fit preuve d'une grande efficacité dans le négoce d'armements exotiques. Certains affirment que ce fut lui qui vendit à Charlotte Corday l'arme qu'elle utilisa pour tuer Marat. Après avoir acheté des armes pour le compte du commissaire Barras, Rose rejoignit les forces armées. Il s'associa à Bonaparte lors du siège de Toulon, identifia l'emplacement de toutes les pièces d'artillerie de la région et assura leur réquisition pour le siège de la ville.**

--
** Rose n'était pas exactement un chevalier blanc, sauf à considérer qu'il avait été adoubé par les Rockefeller. Il terrorisa les garnisons afin de s'emparer de leurs canons et amassa au passage un joli pécule. Son esprit avide et ambitieux lui valut d'être remarqué par Bonaparte, qui le chargea d'une mission spéciale à Saint-Denis, en contrepartie d'une somme rondelette.
--

ACU Charles-Gabriel Sivert database.jpg

Né le 1er décembre, 1725 à Louisbourg, en Nouvelle-France, fils d'un lieutenant suisse du régiment de Karrer.*

--
* Oui, je sais, tu penses immédiatement à des types en culotte de peau et chapeau à plume et garde à vous, un canif à la main. Mais si la Suisse elle-même n'a plus fait la guerre depuis 1515 (Marignan...), elle n'a pas non plus été envahie...
--

Sivert décida de servir lui aussi dans l'armée, occupant des postes en Nouvelle-France, puis fut versé dans l'administration à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il regagna l'Europe en 1785, où il s'occupa du transport de marchandises.**

--
** Ah, le "transport de marchandises". Un euphémisme des Templiers pour le trafic d'artefacts. Nos données associent Sivert à toutes sortes d'activités allant du financement des opérations de Haytham Kenway, dans les colonies britanniques d'Amérique, à la désastreuse tentative de récupération de... Non, oublie, tu n'as pas ce niveau d'habilitation. Mais garde un œil sur ce type, d'accord ?
--

Il est mort à Notre-Dame de Paris le 5 janvier 1791.***

--
*** Assassins 1, Templiers 0
--

ACU Chrétien Lafrenière database.jpg

Né en 1730, troisième fils d'un riche négociant en épices, Chrétien Lafrenière était destiné au clergé. Il étudia à la Sorbonne et entra au séminaire en 1750, mais dut reprendre l'affaire familiale après la mort de son père et de ses frères lors d'un naufrage sur l'île Maurice. Il semble avoir dépensé l'essentiel de ses revenus à rejoindre et fonder divers groupes religieux et sociétés secrètes. À l'époque de la Révolution, il vivait dans la clandestinité pour échapper à ses créditeurs.*

--
* Bah, il devait avoir des tas de jolies cartes de membre et de bulletins d'information à lire provenant de ces sociétés qu'il payait grassement.
--

Il a été tué (peut-être sacrifié) lors d'une messe noire satanique, au cimetière des Innocents à la fin du mois de mars 1791.**

--
** Assassins 3, Templiers 0

Admire le talent des Templiers pour le révisionnisme. Si tu n'es pas avec nous, tu es un adorateur du diable. L'histoire est toujours écrite par les vainqueurs et, dans le cas présent, les vainqueurs sont de foutus enfoirés.
--

ACU base de données Esquieu de Floyrac.jpg

Comprieur du couvent de Montfaucon, Esquieu avait été emprisonné en même temps qu’un Templier renégat. Esquieu et ce Templier inconnu discutèrent beaucoup, en arrivèrent au stade des confidences, et le Templier lui aurait révélé de nombreux vices et méfaits au sein de l’Ordre.

Sur la foi de ces "preuves", les membres de l’Ordre des Pauvres chevaliers du Temple de Salomon, les Templiers, furent arrêtés et éliminés.

ACU François Hanriot database.jpg

Gamin de Paris, même s'il est né à Nanterre, Hanriot fut un véritable enfant du peuple à une époque où l'essentiel de l'Assemblée était composé de membres de la bourgeoisie.

--
* Par "véritable enfant", il faut entendre "pantin des Templiers". Ou, comme je les appelle, "pamplier".
--

Hanriot était employé au service de l'octroi lorsque, le 12 juillet 1789, des Parisiens en colère tentèrent d'incendier le bâtiment où il travaillait. Il décida de se joindre à eux.**

--
** Eh bien, encore quelqu'un qui devait être heureux de ses conditions de travail...
--

C'est ainsi que débuta sa carrière révolutionnaire. Ses nouveaux amis et lui furent jetés en prison, mais rapidement libérés grâce à une campagne de presse manigancée par Marat. Commandant "élu" de son bataillon du Jardin des plantes, il mena l'assaut contre les Tuileries du 10 août 1792.

Hanriot (et d'autres) mirent sur pied*** les massacres de septembre, offrant solde quotidienne et vin à volonté aux tueurs. En mai 1793, il fut nommé à la tête de la Garde nationale de Paris****. Il combattit les Girondins avec une ardeur telle que Marat lui offrit le titre de "sauveur de la nation".

--
*** Réalité ou vantardise d'Abstergo ?
**** Probablement pour son sens de l'initiative et de la motivation des troupes.
--

Hanriot devint l'un des hommes de main de Robespierre. Lorsqu'il fut capturé en compagnie d'Enragés, Robespierre vint à son secours. Hanriot tenta de lui rendre la pareille lorsque Robespierre fut arrêté, mais le chaos ambiant le priva du contrôle de ses hommes.****

--
**** Le chaos ambiant ou le vin. Il est souvent dépeint comme une éponge...
--

Il fut retrouvé le lendemain, à demi mort, dans une cour de l'Hôtel de Ville. Il aurait apparemment été défenestré, peut-être par Coffinhal, membre éminent du Tribunal révolutionnaire. On le chargea dans une charrette et il rejoignit Robespierre et les siens à la guillotine.

ACU François de la Serre database medium resolution ps4.png

Peu d’informations relatives à François de la Serre sont parvenues jusqu’à nous. Membre de la petite noblesse, il possédait un domaine à Versailles et une maison relativement modeste à Paris. C’était un proche confident du roi et de Mirabeau. Il a élevé seul sa fille Élise après le décès de son épouse, Julie, vers 1777. Il est mort en d'étranges circonstances en 1789.*

--
* Ce genre de caviardage d'information est typique de la disgrâce d'un Templier haut placé. Quelqu'un a un écart de conduite ou n'adhère pas assez vite à un changement d'orientation et la riche et belle trame décrivant un être humain se transforme en brève note factuelle, voire dégradante.

Ça me fait penser aux Américains et à leur traitement des célébrités...
--

ACU François-Thomas Germain database.jpg

--
*<.nowiki> Salut. Une fois n'est pas coutume, j'interviens en tête d'article parce qu'on a ici affaire à une GRANDE NOUVELLE. On n'a pas tous les jours l'occasion de tomber sur un Grand Maître, même si celui-ci est mort depuis des siècles. Et un Sage, en prime ? Ce type a un potentiel énorme et il va falloir garder l'œil sur lui et découvrir ce qui lui est réellement arrivé. Tous les documents historiques que j'ai pu trouver situent sa mort en 1791, ce qui montre, sauf si Arno avait inventé le voyage dans le temps, qu'ils ont été fabriqués de toutes pièces.<br> -- Orfèvre et fils d'orfèvre, Germain a été l'une des légendes de son métier, mais il est mort dans l'ombre. À la suite d'un obscur scandale, peut-être lié à une infraction aux règles de sa guilde, il a perdu sa fonction d'orfèvre du roi de France et a été expulsé de ses locaux du Louvre.* Il employait des dizaines d'ouvriers dans un atelier-manufacture qui a produit des milliers de pièces, dont beaucoup ont depuis été volées, perdues ou fondues.** --<br> <nowiki>* S'il y a un type de scandale que j'affectionne, ce sont les scandales obscurs.
** J'en ai une. Elle fait un très beau presse-papiers.***
*** C'est sans aucun rapport, mais je crois que je vais m'en débarrasser, maintenant.
--

ACU Frédéric Rouille database.jpg

Le capitaine Frédéric Rouille a rejoint le régiment des gardes-françaises en 1789, juste à temps pour assister aux prémices de la Révolution. Fils de modeste cordonnier, Rouille ne pouvait espérer monter bien haut dans cette institution et, selon les récits de ses contemporains (Rouille n'ayant laissé ni lettres, ni journal, peut-être parce qu'il était analphabète), adhéra avec ferveur aux thèmes de la Révolution. Lorsque l'essentiel de son unité fit défection pour rejoindre la Garde nationale, Rouille fit partie du mouvement. Là, il progressa rapidement sans avoir à lutter contre le verrouillage aristocratique et devint, avec Santerre, l'une des figures principales de l'assaut contre les Tuileries.*

--
* Il fut aussi un tortionnaire et un monstre de violence qui exploita la ferveur révolutionnaire pour excuser ses meurtres et ses pillages à travers toute la France. Mais on a tous nos petits travers. Moi, tiens, je me ronge les ongles...
--

Il est mort à la prison de la Conciergerie, pendant les massacres de septembre.**

--
** Assassins, 4, Templiers, 0
--

ACU Georges Danton database.png

Georges-Jacques Danton est l'un des personnages préférés des manuels scolaires, qui le décrivent sous ses meilleurs traits, passant sous silence ses turpitudes. En réalité, il vola d'échec en échec*. Il occupa un poste subalterne de la Commune et les sections refusèrent de le promouvoir. lorsque le roi fut ramené à Paris après sa capture à Varennes, Danton commença par demander sa mort avant de se rétracter et de se contenter de plaider pour l'abdication.

--
* C'était un allié des Assassins. On ne peut donc s'attendre à ce qu'un historien d'Abstergo fasse son éloge.
--

Il ne fut même pas élu à l'Assemblée législative en 1791. Il consacra l'essentiel de son temps libre aux affaires, achetant des biens nationaux afin d'asseoir sa fortune. Il se tint en marge des événements du 20 juin 1792 et ne participa pas aux préparatifs de ceux du 10 août. Mais face à la menace extérieure, ce ministre du peuple incarna l'audace et l'union patriote.**

--
** Remarque sur l'emploi du mot "audace". Danton est célèbre pour son appel à "de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace" face à une armée autrichienne beaucoup mieux préparée, en 1792. C'est à lui qu'on attribue le ralliement des troupes qui a permis de sauver Paris. Pas mal pour quelqu'un qui n'a jamais rien accompli...
--

Les Girondins critiquèrent Danton pour sa gestion du ministère de la Justice et sa participation aux massacres de septembre***. Soupçonné de mener double jeu, il n'a jamais rendu de comptes**** de son passage au ministère de la Justice. Il fut exclu du Comité de salut public après y avoir siégé à peine quelques mois*****. Au fil des mois, il appela de manière croissante à la fin de la guerre et des exécutions******. Robespierre et Saint-Just l'accusèrent alors de modérantisme ; en d'autres termes, de trahison.

--
*** Danton était loin d'être infaillible. Il n'a effectivement jamais rien fait pour empêcher les massacres de septembre. on l'a accusé de les avoir déclenchés, mais aucune preuve n'appuie cette thèse et beaucoup d'historiens se demandent s'il aurait pu empêcher les actes de la foule.
**** Passage durant lequel 200 000 livres s'évanouirent des fonds du ministère.
***** Mais il a contribué à fonder le Comité. Une autre de ses inactions.
****** Tenter de mettre fin à la Terreur, encore un bel exemple de passivité. Ceci dit, comme il n'y est pas parvenu, l'historien d'Abstergo ne fait que caviarder. Seul le résultat compte, pas l'engagement, hein ?
--

Danton fut amené devant le Tribunal révolutionnaire le 30 mars 1794. Sanson le réduisit au silence le 4 avril, en compagnie de 28 dantonistes.

ACU Mirabeau database.jpg

Né au Bignon, Mirabeau fut victime de la variole durant l'enfance, et en garda un visage grêlé. Sa famille était assez riche et son père lui obtint une commission dans la cavalerie, mais le jeune Honoré n'était pas fait pour la vie militaire. Il s'enferra dans une liaison avec l'épouse de son colonel et, lorsque l'affaire fut connue, son père le fit emprisonner sur l'île de Ré. Il alterna pendant un bon nombre d'années liberté et prison, parvenant néanmoins le plus souvent à échapper à ses créditeurs (et à des maris jaloux).

Plus tard, alors qu'il était détenue au Fort de Joux, il séduisit l'épouse de son geôlier et s'enfuit avec elle. Il s'installa un temps à Amsterdam, où il se lia avec diverses sociétés occultes. Arrêté une nouvelle fois, il fut incarcéré pendant trois ans au château de Vincennes, où il rédigea des dizaines de textes condamnant l'aspect arbitraire de la justice en France, ainsi qu'un texte essentiellement pornographique, Erotika-Biblion.*

--
* Attends, attends : coureur de jupon, réfractaire à l'armée, auteur de cochonneries et gigolo bobo, ce type est une caricature de pseudo-intello français...
--

Libéré de prison, sa vie changea radicalement lorsqu'il rencontra, à Neuchâtel, les "révolutionnaires genevois" en exil, notamment le financier Étienne Clavière, qui allait jouer un rôle important à Paris. Ces hommes de talent constituèrent la charpente du groupe et des idées politiques de Mirabeau : ils rédigeaient, il signait. Ceci explique sa prolifique production (les hommes politiques ont toujours eu des "plumes"). Il s'en prit notamment à des banques au profit d'un autre banquier, ce qui lui permit d'éponger d'énormes dettes. Il attaqua également le ministre français Calonne, ce qui lui valut une nouvelle lettre de cachet. Pour échapper à la cellule, il s'exila en Prusse où il acquit la certitude que "la classe moyenne ne pourra se libérer qu'en s'associant au bas peuple". Ce genre d'idée faisait de lui un bien étrange marquis aux yeux du reste de la noblesse.

C'est ainsi qu'il fut élu représentant du tiers-état aux états généraux. Il n'y expose pas d'idées personnelles, il y est le porte-voix de ses amis.

Le reste de sa vie est mieux connu : il fut rétribué par le roi (dès octobre 1789), qui ne suivit jamais ses conseils. La preuve de ses contacts avec le roi fut apportée par l'armoire de fer des Tuileries qui contenait, entre autres choses, des lettres et une liste d'émoluments. Mais, à leur découverte, Mirabeau était déjà mort depuis 16 mois. Avant son décès, son dernier discours fut prononcé par Talleyrand, mais avait été rédigé non par Mirabeau, mais par le pasteur genevois Étienne-Salomon Reybaz.

ACU Jacques Roux database.jpg

Ordonné en 1779, ce fils d'un lieutenant d'infanterie servit comme vicaire dans le diocèse de Saintes. Il encouragea les partisans de mouvements opposés à la féodalité à venir dans sa paroisse. Rapidement démis de ses fonctions, le "curé rouge" trouva refuge à Paris.*

--
* Drôle de surnom, pas vrai. Et moins impressionnant que "veuve noire". Ça le fait ressembler à un membre du clergé qui se sentirait toujours gêné ou honteux. Ceci dit, c'est le cas d'un certain nombre d'entre eux, ces derniers temps...
--

Roux reçut bientôt un autre surnom, celui de "petit Marat". Ses interventions au club des Cordeliers se firent de plus en plus incendiaires. Le 25 février 1793, il prôna le pillage des magasins. Toutes ses actions tournaient autour des conditions de vie : la classe que l'on n'appelait pas encore "ouvrière", la seule réellement utile à la société, mourait de faim**. Il appela à la condamnation des spéculateurs, des usuriers et des employeurs qui exploitaient leur main-d'œuvre.

--
** Une orientation qui semble parfaitement raisonnable... et justifie que tu continues à lire.
--

Le 25 juin 1793, il lut à la Convention le Manifeste des Enragés et fut chassé de l'Assemblée. Le 28 juin, il fut dénoncé par Robespierre*** qui le fit expulser des Cordeliers. Marat se retourna également contre lui, le qualifiant dans L'Ami du Peuple de faux patriote et d'ancien criminel. Roux prit sa revanche en dirigeant le journal après la mort de Marat. Il y pesta contre la lenteur de la guillotiné**** et l'absence de réelles mesures sociales.

--
*** Être fou aux yeux de Robespierre place Roux dans un club assez fermé...
**** Là encore, il se distinguait. Peu de gens se plaignaient de la lenteur de la guillotine à l'époque.
--

Il fut ensuite emprisonné à Sainte-Pélagie, où il continua à tenir son journal. Il fut transféré à la prison de Bicêtre où il parvint à se donner la mort par arme blanche***** le 10 février. Ce "prédicateur des sans-culottes" n'a jamais établi de système politique viable, mais a tenu le rôle de "voix des opprimés".

--
***** C'est exact. Il s'est poignardé. Tu sais, comme le font beaucoup de gens. Pas d'intervention d'Assassin, non, le classique suicide au couteau...

ACU base de données Jacques de Molay.jpg

Jacques de Molay est né entre 1245 et 1250.*

--
* J’espère que sa mère a eu droit à une péridurale.
--

Il est très probablement né à Molay, dans l’actuelle Haute-Saône. Il fut admis au temple de Beaune, en 1265. Après la chute d’Acre, les chapitres de l’Ordre se réunirent à Chypre, en septembre 1291. Il fut élu Grand Maître le 20 avril 1292 et accrut considérablement le pouvoir des Templiers. Sous son influence, l’histoire européenne connut une inflexion bénéfique.

En 1307, le roi Philippe IV de France et le pape Clément V mirent au point un stratagème en vue d’abattre l’ordre du Temple. Philippe, fortement débiteur de l’Ordre, lança des accusations largement infondées d’hérésie et de blasphème à l’encontre de Jacques de Molay et de ses partisans. Le 13 octobre, des attaques coordonnées aboutirent à l’arrestation de presque tous les Templiers de France. Le 2 mai 1312, le pape prononça la dissolution officielle de l’Ordre et en confia tous les biens aux chevaliers hospitaliers. En mars 1314, Jacques de Molay périt sur le bûcher. Avec lui disparut l’une des grandes forces civilisatrices de l’Europe occidentale.

En 2001, des chercheurs découvrirent dans les archives secrètes du Vatican un document rédigé en 1308 par le pape Clément qui absolvait Jacques de Molay de toutes les accusations portées contre lui. La perte de ce parchemin demeure un mystère.**

--
Même si l’on peut imaginer qu’il ne s’est pas perdu tout seul...

ACU La Rose écarlate database.jpg

Le Mouron rouge et la Rose écarlate sont des personnages fictifs inspirés par des personnages historiques : des aristocrates qui ont tenté d'infléchir les buts de la Révolution.*

--
* Heureusement qu'ils sont fictifs. Tu imagines un personnage réel avec un surnom pareil ? "Oh, Seigneur, je suis sauvé, voilà le Mouron rouge qui vient à ma rescousse !" Tout le monde aurait pouffé de rire...
--

L'un d'eux fut William Wickham, né en 1761 dans le Yorkshire et lieutenant-colonel dans l'armée de sa Majesté George III. Il mit sur pied un réseau d'espions agissant en France et en Suisse afin de coordonner l'action des royalistes français et de lutter contre la Terreur. Après Thermidor, il regagna l'Angleterre où il mourut paisiblement en 1840.**

--
** Thermidor, la révolte. Pas le homard. Je dis ça au cas où tu croirais qu'il est tranquillement rentré en Angleterre pour mourir d'un empoisonnement par crustacé.
--

ACU Louis XVI database.jpg

Louis n'était pas destiné à devenir roi, mais son père est mort en 1756 ; ce fut ensuite le tour de ses deux frères aînés. À la mort de son grand-père Louis XV, en 1774, il a accédé au trône sans y avoir été convenablement préparé. Louis et son épouse mirent sept ans pour fournir un héritier au trône de France, une situation qui fut la risée de la population. Les choses avaient mal commencé dès leur mariage, quelque cent Parisiens ayant péri écrasés lors d'une bousculade pendant le feu d'artifice.

C'était un homme irrésolu qu'un député a décrit ainsi : "Le roi a passé sa vie à dire le soir qu'il avait eu tort le matin." Ainsi qu'ironisait son jeune frère (le futur Charles X) : "Il est comme des boules de billard huilées qu'on essaierait de retenir."*

--
* Je trouve étrange que l'expression ne soit pas restée. Mais essayer d'imposer une expression est aussi difficile que d'attraper une goutte d'eau qui met le feu aux poudres...

Tu peux utiliser celle-là, je n'ai pas pris de copyright.
--

Son règne de 19 ans est devenu de plus en plus mouvementé du fait du refus de la cour à accepter les réformes. Louis XV était parvenu à masquer les difficultés du royaume sans en résoudre aucune. Son héritier aurait aimé qu'on l'appelle "Louis le Sévère", en réaction à la débauche et au laisser-faire de son grand-père. Mais aux yeux de la population, il n'a jamais été que "Louis le Faible".**

--
** Ou "Louis dort". Mais c'était déjà pris pour désigner la monnaie...
--

Les décisions importantes qu'il parvint à prendre se retournèrent contre lui. La guerre contre l'Angleterre afin de soutenir Franklin et Washington a ruiné le royaume et, en 1789, la France était endettée au point d'être menacée par la banqueroute. Cette situation fut exacerbée par le traité commercial avec Londres : les Britanniques, qui détenaient une avance technologique certaine, avaient inondé la France de leurs produits manufacturés, causant la ruine de nombreux artisans français. Certains de ces produits furent d'ailleurs utilisés lors d'émeutes révolutionnaires.

Bien que la disette ait été le fait du mauvais temps et de récoltes déplorables, les affamés en accusèrent les riches. Dans le même temps, pensionnée à Versailles dont elle appréciait les fastes, loin de ses provinces d'origine, la noblesse était devenue elle aussi un adversaire qui sapait les fondations du système. Il en allait de même pour le bas clergé, qui partageait la pauvreté de son troupeau. Le roi ne s'en aperçut pas et la noblesse suscité une révolution dont elle fut, elle aussi, la victime.

À la veille de l'été 1791, alors que la Révolution s'échauffait, Louis approuva le projet périlleux consistant à fuir Paris pour rejoindre les troupes censées loyales dans l'Est. L'arrestation de la famille royale à Varennes sonna le glas de la monarchie absolue. Un an après, jour pour jour, la foule envahit les Tuileries pour lui demander de lever son véto ; il ne céda pas mais dut coiffer le bonnet phrygien. Un mois et demi plus tard, le 10 août 1792, le peuple revint aux Tuileries de manière nettement plus violente et le roi se réfugia à l'Assemblée nationale. Il fut rapidement suspendu, arrêté puis envoyé à la forteresse médiévale du Temple, et il fut décidé de la juger.

Son procès fut bref, presque une parodie de justice : des pièces susceptibles de l'innocenter n'ont pas été remises à ses défenseurs, des témoins potentiels avaient déjà disparu. Le verdict était déjà décidé avant la première audience.

Toute sa vie, ce monarque "absolu" incapable de régner sur sa cour a subi les influences de tous ceux qui l'entouraient. "Que dois-je faire ?", demanda-t-il à l'écrivain Rivarol en septembre 1789. "Faites le roi !", répondit l'autre. Louis, passionné de géographie et d'explorations, pratiquant la serrurerie et la menuiserie, n'était tout simplement pas taillé pour le trôle.***

--
*** D'après mon expérience, un homme qui choisit pour passe-temps la serrurerie n'est pas digne de confiance.
--

ACU Louis-Michel le Peletier database.png

Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau est né le 29 mai 1760, à Paris. Très prometteur, il est devenu conseiller auprès du Parlement de Paris (sous l'Ancien Régime, les parlements étaient des institutions judiciaires sans aucun rôle législatif) en 1779 ; n'ayant pas l'âge minimal requis, il a fait l'objet d'une dispense, probablement sur intercession des Templiers.

Tout en menant d'autres activités juridiques, il gravit les échelons de cette institution jusqu'en 1789, où il fut élu député aux états généraux en tant que représentant de la noblesse. Il rejeta rapidement ses origines pour soutenir la cause du tiers état. Il se voua ensuite à la politique, devenant même pendant près de deux semaines président de l'Assemblé constituante en juin. Juriste, il prit part à l'élaboration d'un projet de code pénal dont le point le plus marquant était l'abolition de la peine de mort, mais l'idée fut rejetée.*

--
* Abolition de la peine de mort, mmh ? Au XVIIIe siècle ? Certains États pourraient en prendre de la graine...
--

À la Convention, il vota néanmoins la mort de Louis XVI et fut tué le soir même. Il a également travaillé, de manière plus discrète, à un projet sur l'éducation que lut Robespierre environ six semaines après la mort de Le Peletier.

Il fut inhumé au Panthéon** et sa fille fut adoptée par la Nation, en hommage à la contribution de son père à la Révolution.

--
** Assassins 6, Templiers 0
--

ACU Louise-Suzanne Le Peletier database.jpg

Après l'assassinat de son père, Louise-Suzanne Le Peletier fut officiellement nommée "pupille de la Nation" par la Convention endeuillée.*

--
* Tu parles d'une adoption. "Désolés pour ton père. En compensation, tous les habitants du pays sont maintenant tes parents." Imagine le nombre de gens qui devaient l'attendre à la sortie de l'école, chaque jour. Et le nombre de collier de nouilles qu'elle devait préparer à chaque fête des mères.
--

Par la suite, elle devint une farouche royaliste et consacra beaucoup de temps et d'argent afin de retrouver et de détruire le célèbre portrait de son père peint par Jacques-Louis David. Elle mourut en 1829.

ACU Léon database.jpg

Aucun élément historique digne d'être mentionné.*

--
* C'est aller un peu vite... Fils d'une Maure et d'un Français, Léon fut abandonné près du cloître de Saint-Denis, avec un mot épinglé à ses vêtements. Les moines amenèrent l'enfant de deux ans à l'orphelinat de la vielle madame Margot.

Dès le début, ce fut un enfant difficile, dont les pleurs incessants ponctuèrent les nuits de madame Margot. Léon ne se mêlait pas aux autres enfants. Il préférait rester seul, pour jouer avec des chevaliers imaginaires ou reconstituer des batailles épiques dans sa chambre. À l'âge de sept ans, Léon avait découvert tous les moyens imaginables de fuir l'orphelinat. Il s'entêtait à réaliser des exploits impossibles tels que plumer des poulets pendant que leurs propriétaires étendaient le linge, voler la pince du médecin qui s'apprêtait à arracher une dent ou traverser des cours d'eau sans reprendre sa respiration. Ces prouesses anarchiques changèrent de nature le jour où il sauva un aristocrate pourchassé par une bande de Jacobins. Un jeune garçon et une petite fille, piégés dans les catacombes, appelaient leur mère. Léon y descendit et vit que la bande était sur le point de coincer les deux jeunes gens dans un cul-de-sac. Courant sans regarder où elle allait, la petite fille tomba dans une crevasse ; la chute fut mortelle. Léon, qui connaissait bien les souterrains, parvint néanmoins à sauver son frère. Après l'avoir ramené à sa mère en pleurs, Léon comprit qu'il avait trouvé sa vocation.

ACU Marie Lévesque database.png

La famille de Marie Lévesque remonte au moins au XIIIe siècle. Cependant, le deuxième tiers du XVIIIe siècle lui fut financièrement désastreux et, en 1771, Marie épousa un dénommé Thomas Foulque, fils de négociants à la fortune récente. L'ancienneté de son nom constitua d'ailleurs l'essentiel de sa dot, et son mari s'empressa d'adopter ce patronyme. Marie, aussi vive d'esprit que calculatrice, reconstitua en quelques années la fortune des Lévesque.*

--
* Les Lévesque étaient des Templiers traditionalistes, membres de l'Ordre depuis sa fondation, ou presque. Il est assez étonnant de la voir adopter cette nouvelle tournure "économique". Lorsque nécessité fait loi.
--

Pendant la Révolution, elle joua adroitement sur plusieurs tableaux, conservant le style de vie luxueux auquel elle s'était accoutumée tout en évitant les foudres des radicaux. Elle dépensa une large part de sa fortune en achat de grain qu'elle distribua aux nécessiteux et finança généreusement la rénovation des prisons parisiennes.**

--
** HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA.
--

Elle connut une fin tragique, tuée par un meurtrier inconnu lors de la fête marquant la conversion du palais du Luxembourg en prison à la fin de 1792.***

--
*** Assassins 5, Templiers 0
--

ACU Marie-Antoinette database.jpg

Marie-Antoinette (1755-1793) fut probablement la femme la plus haïe du royaume. "Jolie, frivole, moqueuse", elle compensait l'ennui conjugal par des fêtes et des dépenses. "Elle court à grands pas à sa ruine", aurait prédit sa mère l'impératrice Marie-Thérèse. En réalité, ce fut l'engagement de la France en Amérique qui ruina le pays, pas les frivolités de la reine.*

--
* Soyons justes, il aurait fallu quand même de sacrées fêtes pour ruiner la France, et une note de bar phénoménale...
--

Au printemps 1789, elle poussa le roi à une politique confuse et contradictoire, pensant que le salut de la couronne ne pourrait venir que d'une intervention étrangère, ce qui marqua sa perte. Elle refusa l'appui de La Fayette et de Mirabeau, préférant la fuite de la famille royale interrompue à Varennes. Le 13 août 1792, après l'invasion des Tuileries, elle fut enfermée au Temple avec sa famille. Le 1er août 1793, elle fut transférée à la Conciergerie. Son procès devant le Tribunal révolutionnaire débuta le 14 octobre. Le surlendemain, elle fut condamnée pour "haute trahison" et exécutée le jour même.

ACU Marquis de Sade database.jpg

Donation Alphonse François de Sade est né en 1740, dans une famille noble typique comptant de nombreux militaires et ecclésiastiques. Il a lui-même rejoint le métier des armes à l'âge de 14 ans, apparemment sans beaucoup l'apprécier, puisqu'il le quitta à 31 ans. Sade était avant tout un iconoclaste et un "mouton noir" : athée, grand amateur de théâtre, c'était par-dessus tout un libertin qui réussit, grâce à la richesse et à l'influence de sa famille, à "faire oublier" une impressionnante série de crimes.*

--
* Par chance, cela n'arrive plus de nos jours.
--

Le fait qu'il ait davantage été considéré comme un personnage scandaleux que comme un criminel violent est assez révélateur de l'état de la société de la fin de l'Ancien Régime.

Il passa néanmoins une bonne part de sa vie d'adulte entre diverses prisons, où il rédigea de nombreux textes dont beaucoup furent qualifiés d'obscènes et censurés. Libéré en 1790, il comprit les changements intervenus, renonça à son titre et se fit élire à la Convention. Il continue à écrire dans la même veine pornographique tout en pardonnant à presque tous les criminels qui lui étaient présentés.**

--
** J'ai eu un proviseur du même genre.
--

Son rôle officiel fut de courte durée : fin 1793, ayant ouvertement critiqué Robespierre, il fut arrêté pour modérantisme et emprisonné pendant un an. Il ne rejoignit plus la sphère politique et fut arrêté et incarcéré de nouveau en 1801. Il resta enfermé jusqu'à sa mort, en 1814, après avoir survécu à une monarchie, une révolution et un empire.***

--
*** Bah. Au moins, ses écrits salaces devaient lui tenir chaud la nuit.
--

ACU Maximilien de Robespierre database.png

Ayant perdu son père très jeune, Robespierre fut élevé par les Oratoriens. Il fut un élève très travailleur, passionné par l'histoire de Rome à laquelle il se référa très fréquemment dans ses discours. Devenu avocat, il rejoignit le barreau d'Arras et semblait promis à la médiocrité d'un notable de province quand éclata la Grande crise. Le 20 avril 1789, il fut élu cinquième (sur huit) député de l'Artois aux états généraux. Mais il conquit rapidement Paris et ne revint qu'une fois à Arras. En cinq ans, il prit la parole un nombre incalculable de fois devant de nombreux publics : "Ne perdons jamais de vue que nous sommes en spectacle à tous les peuples, que nous délibérons en présence de l'univers."*

--
* Autres temps, autres mœurs. Si je criais ça dans la rue, on m'enfermerait.
--

Malgré sa voix perçante et son accent artésien, son succès grandit.

On ignore presque tout de sa vie privée. Il vécut dans l'élégance, mais sans ostentation. Il étudiait beaucoup, se montrait digne en société, mais se méfiait des intrigants au point de se montrer cassant. Il méprisait la démagogie, ce qui inspirait l'estime.

Une fois au pouvoir, Robespierre se défit rapidement de son image de modéré, recourant à l'extrémisme et à la terreur comme modes de gouvernement. Après un "règne" dont l'apogée fut la Fête de l'Être suprême, Robespierre perdit l'appui du Comité du salut public. Ses anciens alliés se retournèrent contre lui et il fut arrêté et exécuté.**

--
** Je me permets d'indiquer que tous les billets pour la Fête de l'Être suprême et de la Terreur de l'an prochain ont été vendus en moins d'une heure.

ACU Napoléon Bonaparte database.jpg

S'il était né quelques semaines plus tôt, Napoléon aurait été italien.*

--
* Quelle pensée terrifiante.
--

À sa naissance, il porta la version italianisée de son nom, "Buonaparte", la Corse appartenant à l'époque à Gênes, qui la céda ensuite à la couronne de France. Assez malingre, Napoléon eut une adolescence difficile. Mal habillé et affligé d'un épais accent corse, il détonnait parmi les jeunes nobles qui fréquentaient la même institution militaire. Le futur empereur, le "jacobin botté" fut initialement un militaire largement absentéiste : en six ans, il passa 38 mois en permission contre 33 à son poste.**

--
** Ce qui tend à confirmer l'influence italienne.
--

En 1791, il passa plusieurs mois en Corse afin d'aider Pasquale Paoli, le libérateur de l'île, qui détestait et se méfiait des "Buonaparte". Ayant dépassé la durée de sa permission, il fut rayé des cadres le 1er janvier 1792. De nouveau civil, il fut rapidement élu colonel d'un bataillon de volontaires et fit tirer sur des manifestants protestant contre la Constitution civile du clergé. Sans en avoir reçu l'ordre, il s'empara de la citadelle d'Ajaccio.***

--
*** Certains parleront de motivation, je le crois plutôt incapable de tenir en place.
--

Par la suite, il prit part aux journées révolutionnaires des 20 juin et 10 août 1792. Sa participation au siège de Toulon (même si ce ne fut pas lui qui prit la ville) et sa maîtrise de l'artillerie suscitèrent l'admiration d'Augustin Robespierre, jeune frère du chef révolutionnaire Maximilien Robespierre, qui le nomma général de brigade et le plaça à la tête de l'artillerie de l'armée française d'Italie.

Après l'échec de la tentative de coup d'État royaliste du 13 vendémiaire durant laquelle, sur ordre de Paul Barras (dont il épousa ensuite la maîtresse), il fit tirer au canon, il regagna l'Italie, cette fois en tant que général en chef. C'est lors des quatre années suivantes que sa vie bascula. Mieux que quiconque, il savait comment exploiter ses victoires et masquer ses échecs à l'opinion publique. En France, tout le monde se souvint de la bataille des Pyramides (qu'il emporta), mais beaucoup oublièrent celle d'Aboukir (qu'il perdit). Largement reconnu à l'âge de 30 ans, il ne cherchait pas davantage à être aristocrate que révolutionnaire. À sa mère qui le réprimandait, il avait un jour répliqué : "io sono imperatore". En 1799, il pouvait affirmer : "io sono Bonaparte". Il était sans égal. Et il avait presque perdu son accent corse.

ACU Pierre Bellec database.jpg

Né en Nouvelle-France en 1740, Pierre Bellec a rejoint les rangs de la milice coloniale française à l'âge de 16 ans, au tout début de la guerre de Sept Ans. Il servit avec vaillance, obtenant une citation lors de la bataille de Fort Bull, mais quitta l'uniforme pour se rendre en France en 1762.*

--
* Ce qui lui permit d'éviter une décimation (en fait plus qu'un sur dix) de la branche coloniale des Assassins par les Templiers.

Ne t'en fais pas, ça n'arrive plus de nos jours.

Enfin, presque plus.

Tu sais quoi ? Va verrouiller ta porte. On ne sait jamais.
--

Il semble s'être installé à Paris, si l'on en juge par les nombreux procès-verbaux d'arrestation à son nom au cours des deux décennies suivantes. Il se serait trouvé à la Bastille en 1789, mais on n'a retrouvé aucune preuve le faisant figurer parmi les détenus. Il est mort dans des circonstances peu ordinaires en avril 1791 ; son corps aurait été retrouvé, étrangement accoutré, dans la chapelle haute de la Sainte-Chapelle.**

--
** Encore aujourd'hui, le meilleur moyen de déclencher une échauffourée dans une salle remplie d'historiens des Assassins est de crier "Bellec avait raison !" ou "Bellec avait tort !"

Ou un coup de pied dans les tibias. De nombreux historiens des Assassins ont les tibias incroyablement sensibles.
--

ACU Roi des Thunes database.jpg

Le titre de "roi des Thunes" (les étymologies varient, mais la plupart évoquent les idées de "roi des gueux" ou "roi des aumônes") a été revendiqué par de nombreux personnages de premier plan de la foule des indigents de Paris. La première référence écrite à cette appellation remonte au règne de Louis XIV, mais elle est probablement beaucoup plus ancienne. Certains furent des porte-parole et gestionnaires charitables, d'autres furent de véritables barons de la pègre.*

--
* Certains ont toujours besoin de se faire mousser. Je me demande s'il y avait un "roi de la puanteur" chez les tanneurs...
--

Les informations sont rares et manquent souvent de fiabilité, mais des anecdotes laissent entendre que l'homme portant ce titre en 1791 était le fils bâtard d'un noble qui avait gravi les échelons du pouvoir à la Cour des miracles dans les années 1770.

Son sort demeure inconnu, mais une lettre de la correspondance personnelle du marquis de Sade du début de février 1791 porta la mention suivante : "Le roi est mort et aucun de ses miracles ne peut plus le sauver." Dans la mesure où Louis XVI n'a été exécuté que près de deux ans plus tard, il est possible que cette phrase fasse référence au roi des Thunes.*

--
* Assassins 2, Templiers, 0
--

ACU Rose Bertin database.jpg

Née le 2 juillet 1747, Rose Bertin reçut le surnom de "ministre des modes" de Marie-Antoinette.*

--
* Ah, voilà le boulot qui me plairait...
--

À 22 ans, elle ouvrit sa première boutique, "Le Grand Mogol" dans le très chic quartier de la rue Saint-Honoré.**

--
** Je t'entends glousser d'ici... Non, elle n'a pas lancé un revival de la couture sous Gengis Khan. C'est "mogol", pas "mongol", même s'il y a un lien de descendance... Pense plutôt à des fastes à la Taj Mahal et à un brin d'exotisme.
--

Elle étoffa*** rapidement sa production, proposant bonnets, étoles, pelisses, nœuds et voiles froncés. Ce raffinement plus beaucoup à la reine qui, avec l'aide de Bertin, renouvela le code vestimentaire de Versailles. Les robes furent allégées afin d'offrir plus de liberté de mouvement, notamment par l'abandon du panier.

--
** Je suis sûr qu'il ne s'est même pas rendu compte de ce qu'il écrivait...
--

Le succès de Rose Bertin lui apporta rapidement une clientèle internationale à Coblence, Bruxelles, Londres et même Saint-Pétersbourg. Ces commandes de l'étranger lui permirent de survivre sous la Révolution. Elle quitta néanmoins la France durant la Terreur et n'y revint qu'en 1800.

ACU Thomas de Carneillon database.jpg

Né en 1276 dans la république de Metz, Thomas de Carneillon fut un riche banquier, rival économique des Templiers. Il fournit un large contingent, probablement constitué de mercenaires flamands, à Philippe de Bel afin de l'aider à arrêter et à emprisonner les Templiers le 13 octobre 1307. Des principaux concurrents écartés, Carneillon et ses amis (au nombre desquels des personnages tels Dante Alighieri, Marco Polo et Domenico Auditore) étendirent leur influence à travers l'Europe, déplaçant monarques et évêques à l'instar de pièces d'échecs. Il est mort de maladie à Venise aux alentours du printemps 1323.*

--
* Bien, rétablissons la vérité : Thomas de Carneillon fut le Mentor de la branche française de la Confrérie à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle. Il fut l'un des principaux artisans de la chute de l'Ordre des Templiers original, à l'époque où ils portaient une énorme croix rouge qui permettait de les reconnaître facilement. Ces "mercenaires flamands", c'était nous, mais j'imagine que tu t'en es aperçu en "découvrant l'expérience Helix", ou je-ne-sais-quelle-expression-de-marketing-tailleur-prince-de-Galles que l'on emploie aujourd'hui chez les vendeurs de vent.

Après la mise sous les verrous de Jacques de Molay et de ses sbires, Thomas et ses frères et sœurs Assassins quadrillèrent l'Europe pendant une décennie.

J'ai moi-même arpenté l'Europe continentale pendant un mois, après la fac, et je peux te dire que ça m'a paru une éternité. Au moins, ces types ont éradiqué toute l'influence des Templiers partout où ils en ont trouvé trace. Moi, j'ai passé mon temps à poursuivre de mes assiduités une Espagnole appelée Catalina qui, de son côté, ne pensait qu'à se faire entretenir...

Quoi qu'il en soit, si tu apprécies la Renaissance, dis-toi bien que c'est Thomas de Carneillon et ses compagnons qui l'ont aidée à éclore.
--

ACU Thomas-Alexandre Dumas database.png

À ne pas confondre avec son fils et son petit-fils, les écrivains. Cet Alexandre Dumas (que l'on appelait aussi Thomas-Alexandre Dumas) est né à Saint-Domingue, fils d'un membre de la petite noblesse française, Alexandre-Antoine Davy, marquis de la Pailleterie, et d'une esclave noire, Marie-Cessette Dumas. Le marquis regagna Paris avec son fils* en 1776.

--
* Après l'avoir brièvement vendu comme esclave, peut-être pour le faire rentrer légalement en France. Voilà le type de raison qui justifie mes détails historiques atterrants. Le pire mérite aussi d'être dit.
--

Dumas, qui mesurait un bon mètre quatre-vingts, ne connaissait pas la peur. Il rejoignit les rangs des premiers bataillons de la Révolution en tant que simple soldat, utilisant le nom de sa mère pour que son absence de grade ne fasse honte à sa famille (les nobles pouvaient débuter en tant qu'officiers, mais il était difficile pour un métis d'y parvenir**).

--

**</nowik> Ah bon ? Je me demande bien pourquoi...<br> -- Dumas eut une carrière militaire éblouissante, terminant général. Il fut le second du chevalier Saint-Georges dans la région dite "noire" (ainsi appelée parce qu'elle était composée d'hommes de couleur). Il dirigea ensuite l'armée des Alpes. Malheureusement, il ne partageait pas les idées de Napoléon Bonaparte, qui ne tenta rien pour le faire libérer lors de sa capture en 1799. À sa libération, Dumas regagna la France brisé et ruiné. Il n'obtint de l'armée aucune pension et mourut en 1806 à l'âge de 44 ans. {{-}}

ACU Elise de la Serre database.jpg

Fille unique de François et Julie de la Serre, Élise a grandi dans un milieu aisé, mais surtout dans un environnement incroyablement privilégié. en tant que membre de l'aristocratie de l'Ancien Régime, elle a eu accès aux meilleurs professeurs, remèdes et vivres disponibles. Après la mort de sa mère en 1778, Elise a étudié pendant plusieurs années à Paris et a beaucoup voyagé.*

--
* Elle a probablement subi une bonne dose de formation/endoctrinement des Templiers pendant cette période. Ça doit être cool d'étudier sur la Côte d'Azur. Moi, j'avais un appart pourri à Wolverhampton.
--

Elle s'est évanouie des documents officiels après la mort de son père, probablement du fait des efforts des autorités révolutionnaires en vue de purger les registres des références à la noblesse.**

--
** Ou des efforts des Templiers à masquer un changement de régime. En termes d'effacement politique, ils font ressembler Staline à un apôtre de la transparence...
--

ACU Joachim Murat database.png

180

ACU Vieille madame Margot database.jpg

Les registres locaux nous apprennent que la vieille madame Margot débarqua un jour à Saint-Denis pour acheter une maison. Elle fit l'acquisition d'une bâtisse excentrique au centre de la ville. Elle y vécut seule pendant plusieurs années. Les ragots allèrent bon train à son sujet, mais personne ne parvint à en apprendre davantage.

Puis, un jour, elle se mit à recueillir les enfants abandonnés, créant de ce fait un orphelinat. Les journaux des enfants la décrivent comme une femme austère mais au grand cœur. Parfois, lorsque l'orage tonne, on peut l'apercevoir d'une fenêtre, comme si elle attendait le retour de quelqu'un.

gab

Groupements

ACU Cabinet noir base de données.jpg

Le Cabinet noir, qui acquit une existence officielle sous Louis XV, était un service secret d'État chargé d'espionner la correspondance écrite. Selon certains, les lettres étaient placées dans un dossier de cuir rouge avec une étiquette banale : "gazettes étrangères".*

--
* Quand j'étais ado, moi aussi j'avais un petit dossier de cuir rouge où je cachais mes, euh... gazettes étrangères.
--

Ses locaux étaient reliés aux bureaux du directeur général des postes, qui le supervisait. Les lettres à examiner étaient transmises aux cabinet, où des agents les ouvraient et copiaient celles qui pouvaient intéresser le roi, qui les examinait et les transmettait éventuellement à ses ministres. À la Révolution, la Constituante proclama le secret des correspondances, mais le Cabinet noir continua de fonctionner à l'époque napoléonienne.

ACU Chouans base de données.jpg

À la Révolution, de nombreux foyers contre-révolutionnaires se développèrent, le plus célèbre et le plus puissant étant celui des "chouans", en Vendée. Les chouans refusèrent la conscription dans l'armée et, inquiets des tendances anticléricales de la Révolution, levèrent leurs propres troupes. Par extension, le terme de "chouans" fut associé au sentiment rural, contre-révolutionnaire et pro-royaliste.*

--
* Il fut également associé à l'éternuement, au point qu'on ne pouvait jamais savoir si quelqu'un parlait des chouans ou avait un rhume du cerveau.
--

ACU Club des Jacobins base de données.jpg

La société des Amis de la Constitution (ou club des Jacobins, son nom provenant du couvent où se réunissaient ses membres) fut l'un des plus importants club politiques durant l'essentiel de la Révolution. Il a compté jusqu'à 7 000 branches et près d'un demi-million de membres. Il a débuté comme lieu de rassemblement de députés bretons, mais bientôt chacun put en faire partie, y compris les étrangers.*

--
* On dirait un réseau social.
--

Malgré sa réputation d'extrémisme, le club des Jacobins soutint la monarchie, au moins en principe, jusqu'à l'avènement de la République. Il commença à se radicaliser vers la mi-1791, lorsque de nombreux membres modérés partirent fonder un nouveau club, celui des Feuillants.**

--
** Un nom pareil, ça fait penser à un ramassis de gratte-papier...
--

Après la chute de la monarchie, Robespierre y acquit un rôle majeur et, avec l'aide des foules parisiennes, les Jacobins s'emparèrent de l'essentiel des leviers du pouvoir.***

--
*** C'est vrai que les foules ont toujours l'habitude de scander des slogans pleins de sagesse...
--

Les Jacobins instituèrent la Terreur, purgeant à plusieurs reprises la Convention et la population de tous ceux qui étaient réputés être des ennemis de la République. La situation dura environ un an, jusqu'à ce que Robespierre, allé trop loin, soit à son tour arrêté et exécuté pour trahison. Privé de chefs, le club des Jacobins fut fermé en novembre 1794.

Des femmes surmontèrent l’interdiction en vigueur pour servir dans les armées révolutionnaires. La fièvre patriotique de 1792 servit leur cause, et elles parvinrent à persuader l’Assemblée de reconnaître qu’aucune loi n’interdisait aux femmes de porter les armes. L’une d’elles déclara : « Qui est le plus apte à défendre la patrie, sinon les mères, les épouses et les sœurs brûlant du désir de protéger ce à quoi elles tiennent le plus ? » Par la suite, les femmes purent rejoindre les forces de la Révolution sans avoir à cacher leur féminitié.

Comme beaucoup de factions politiques de l'Assemblée, les Feuillants s'opposèrent à la disparition complète de la monarchie et espérèrent obtenir un partage des pouvoirs entre le roi et l'Assemblée. La fuite de la famille royale à Varennes, à la mi-1791, leur ôta toute crédibilité.

ACU Gardes suisses base de données.jpg

Les Gardes suisses étaient des régiments de mercenaires suisses chargés de protéger la personne du roi et les résidences royales.

--
* Je me demande si, avec leur habitude des coffres, ce sont des gardes suisses qui ont installé l'armoire de fer du roi aux Tuileries...
--

Ces unités suisses étaient très appréciées en Europe, les soldats helvétiques étant réputés loyaux, obéissants et féroces. La première fut la compagnie des Cent-Suisses, créée à la toute fin du XVe siècle. Au milieu du XVIIIe siècle, c'est à un garde suisses qu'on confie le commandement de la police au Champs-Élysées. Sous la révolution, des gardes suisses protégeaient le roi et le palais des Tuileries. Il furent massacrés le 10 août 1792 tandis que le roi et sa famille se réfugiaient à l'Assemblée.**

--
** Euh, je voudrais m'excuser pour ma réflexion sur les Suisses et les coffres... Je suis un peu fatigué en ce moment...
--

ACU Girondins base de données.jpg

Les Girondins (ou Brissotins, comme on les a aussi appelés) étaient un groupe politique. On les caractérise généralement par leur opposition aux Montagnards tels que Danton, Robespierre et Marat.

Les lignes de séparation n'étaient pas aussi nettes qu'elle peuvent l'être entre partis politiques actuels, mais ces deux groupes se sont opposés sur plusieurs points majeurs. Les Girondins étaient partisans de guerres étrangères et d'une fédération à l'image des tout jeunes États-Unis ; les Montagnards, de leur côté, privilégiaient le règlement des révoltes en France et accordaient la prééminence politique en France.

Initialement, les Girondins détenaient l'essentiel des pouvoirs, mais une série de défaites politiques permit l'ascension des Montagnards et la disgrâce progressive de la Gironde. À ce stade, Robespierre avait développé une obsession du complot, en particulier de la part de ses adversaires politiques. Au tout début juin 1793, les Girondins furent assignés à résidence* puis emprisonnés quelques semaines plus tard. En octobre de la même année, une vingtaine de ces députés furent exécutés.**

--
* Exprimé dans ces termes, ça paraît civilisé... En réalité, Hanriot fit disposer des canons devant la Convention et menaça de tirer si on ne faisait pas sortir les Girondins.
** MODE SARCASME. Après un procès tout à fait équitable, naturellement. FIN DU MONDE SARCASME.

ACU Pilleurs base de données.jpg

Les pilleurs de Franciade sont un groupe de vagabonds employés par le capitaine Rose en 1794. Lâches et peu fiables, ils sont organisés en groupes dirigés par un ou deux chefs qui tiennent leurs troupes sous leur coupe. Ils fouillent les souterrains d'arrache-pied à la recherche d'anciens trésors royaux.*

--
* Mes sources indiquent que Rose les a embauchés afin de trouver un artefact bien spécifique. Je me demande ce que ça pouvait être...
--

ACU Prêtres réfractaires base de données.jpg

Le 12 juillet 1790, l'Assemblée nationale constituante adopta la Constitution civile du clergé. Ce texte prévoyait que les représentants de Dieu ne seraient plus subordonnés au pape, mais à la France et aux institutions révolutionnaires. Ils seraient payés et supervisés par l'État. Par conséquent, l'Église devenait une branche de l'administration française, qui cherchait à assurer la loyauté de ses membres envers les valeurs de la Révolution. Ceux qui acceptaient cette nouvelle organisation des choses devaient prêter serment à la nation, à la loi et au roi. De nombreux prêtres restèrent fidèles à Rome et refusèrent de prêter serment. Le pape Pie VI condamna sans tarder cet acte. Les prêtres qui refusèrent de prêter serment furent qualifiés de "réfractaires", et beaucoup furent victimes d'agressions physiques.

ACU base de données Etats généraux.jpg

En mars 1789 eurent lieu des élections désignant les 578 représentants aux états généraux. Parmi eux, Robespierre, Mounier, Barnave, Sieyès et le comte de Mirabeau, qui, bien que noble, choisit de représenter le tiers état. La plupart de ces hommes avaient entre 25 et 35 ans. Leurs vêtements noirs formaient un contraste saisissant par rapport aux tenues luxueuses et colorées de la noblesse et du clergé.*

--
* En plus, le noir ça amincit.
--

ACU Sans-culottes base de données.jpg

Le terme de "sans-culotte" fait référence à la "culotte", vêtement comparable aux knickers, c'est-à-dire un pantalon s'arrêtant juste en dessous du genou et serré à cet endroit, portaient les nobles et une partie de la bourgeoisie aisée. Les sans-culottes étaient donc des hommes portant un pantalon "long", et appartement à la classe laborieuse.*

--
* Et toi, ta mère a essayé de te faire porter des knickers quand tu étais petit ?
--

Au fil du temps, l'expression a désigné tous ceux qui s'opposaient à l'aristocratie et à la contre-révolution.

ACU base de données Tiers Etat.jpg

Si les deux premiers états étaient clairement délimités (clergé pour l’un, noblesse pour l’autre), le tiers état était une catégorie fourre-tout englobant le reste de la population française. On y trouvait donc aussi bien les mendiants que les paysans, notaires, médecins, avocats, artisans, banquiers et même les érudits, soit environ 96 % de la population.*

--
* Je ne pense pas que les érudits aient représenté 96 % de la population, sinon cette époque aurait été le paradis des nerds. Je crois qu’on s’y serait senti à l’aise, toi et moi.
--

Dans un pamphlet intitulé "Qu’est-ce que le tiers état ?", publié en 1789, Sieyès écrivit : "Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. Qu’a il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande il ?" et "Rien ne peut aller sans lui, tout irait infiniment mieux sans les autres", c’est à dire les deux autres ordres.

Récits parisiens

ACU Alexandre Lenoir base de données.jpg

À la Révolution, Alexandre Lenoir chercha à préserver les monuments et biens historiques. Il obtint que l'on rassemble les objets d'art des biens nationaux (c'est-à-dire ceux du clergé) afin d'éviter qu'ils soient éparpillés, vendus ou saccagés. Il fut lutter contre les poussées de vandalisme et parvint à sauver les statues de la basilique de Saint-Denis, où la foule avait profané les tombes royales.

ACU Andres de Guzman base de données.jpg

Aristocrate espagnol venu en France une dizaine d'années avant la Révolution. Il rejoignit le camp d'Hébert, fit preuve de talents d'agitateurs hors norme et vitupéra sans cesse contre les Girondins. Aimant la belle vie et les jolies femmes, il fut en lien avec des financiers et des membres de la bande noire (spéculateurs sur les biens nationaux, châteaux et abbayes). Grand pourvoyeur de fonds de la Commune de Paris, il servit peut-être de "fusible" à des manipulateurs plus haut placés que lui. Il périt sur la guillotine le même jour que Danton, mais pas pour les mêmes raisons.

ACU André Chénier base de données.jpg

Né en 1762 à Constantinople, le poète André Chénier étudia la Grèce antique et la poésie classique. Il noua des relations avec les cercles littéraires et aristocratiques, fut remarqué et nourrit l'ambition de devenir un Homère moderne. À la Révolution, il contribua au Journal de Paris. Trouvant que la Révolution allait trop loin, il critiqua Robespierre, Marat et le peintre Jacques-Louis David par des vers satiriques. Il s'éloigna de Paris après le 10 août 1792 et pendant les massacres de septembre. Il fut finalement arrêté et guillotiné en 1794.

ACU Antoine Fouquier-Tinvile base de données.jpg

Né en 1746, Fouquier-Tinville fut, comme tant d'autres révolutionnaires, juriste, mais lui le resta et fut sa renommée à ses activités judiciaires. Il sortit de l'anonymat par sa nomination au jury chargé de juger les royalistes arrêtés le 10 août 1792. Il devint quelques mois plus tard accusateur public et officia pendant la Terreur, période durant laquelle, selon ses termes, "les têtes tombent comme des ardoises".*

--
* Ah, oui. "Les têtes tombent comme des ardoises". Une expression courante à l'époque, parce qu'il était difficile de trouver des bons couvreurs en France. Ils essayaient d'apprendre à compter avec les ardoises, mais comme ils n'étaient pas doués, ils s'énervaient et les cassaient.
--

Son rôle d'accusateur public consistait à faire justice, ce qui signifiait condamner les accusés à mort selon les consignes du Comité de salut public. Il fut démis peu après la chute de Robespierre puis arrêté et jugé en décembre 1794. Il se défendit en déclarant : "Je n'ai été que la hache de la Convention ; punit-on une hache ?"**

--
** Un type de défense que l'on retrouvera un siècle et demi plus tard...
--

Il marcha à la guillotine le 7 mai 1795.

LE chimiste du XVIIIe siècle. On lui doit la loi qui porte son nom : "rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme". Lavoisier apporta aussi d'importantes contributions à l'étude de la combustion, identifiant l'oxygène et l'hydrogène, et travailla à la constitution d'une première liste d'éléments. Personne n'expliqua mieux le monde avant Einstein. Politiquement, Lavoisier était partisan d'un nouvel ordre philosophique et d'un nouvel ordre social (il appela entre autres à la création d'une assurance sociale et d'une retraite et à la disparition des corvées seigneuriales). Avant et pendant la Révolution, il fit partie de la Commission des poudres qui améliora considérablement l'efficacité des armes françaises. Mais il fut aussi un Fermier général (l'organisme privé chargé de collecter l'impôt sous l'Ancien Régime), et la Convention le qualifia de traître. Lors de son arrestation en 1794, il menait une expérience à l'arsenal, et demanda à ce titre quelques jours de sursis afin de terminer sa tâche. Cela lui fut refusé au motif, rapportent certains, que la République n'a pas besoin de savants ou de chimistes. Sa femme Marie-Anne a longtemps travaillé à ses côtés en tant qu'assistante et traductrice et c'est essentiellement à elle que l'on doit la survie du savoir de Lavoisier au-delà de la Révolution.

Baphomet est une figure d'adoration occulte généralement représentée avec une tête de bouc à longues cornes et, parfois, des ailes.*

--
* À sa place, je serais furieux. Soit on montre les ailes, soit on ne les montre pas. Ça rime à quoi de les dessiner la moitié du temps ? C'est du travail bâclé ! J'ai des ailes, bon sang ! Vous n'oubliez pas la tête de bouc, alors pourquoi ne pas mettre tout le temps des ailes ?
--

Les transcriptions des procès des Templiers laissent entendre que certains vénéraient Baphomet, mais la véracité douteuses des témoignages et les méthodes employées pour arracher les aveux leur ôtent tout caractère probant. Il est possible que des Templiers aient rapporté ces croyances à leur retour des Croisades.

ACU Carmélites base de données.jpg

La confiscation des biens du clergé, votée par l'Assemblée nationale en novembre 1789, déclencha l'opposition de nombreux ordres religieux, dont les carmélites de Compiègne. En février 1790, lors de la dissolution des ordres monastiques, on leur proposa de regagner leur famille, mais elles restèrent. Chassées en 1792, elles trouvèrent refuge chez des habitants, mais en 1794, en pleine Terreur, on fouilla les maisons afin de vérifier que des religieuses n'y étaient pas cachées. Seize carmélites furent arrêtées en juin 1794 et envoyées à la prison de la Conciergerie. Lors de leur procès, Fouquier-Tinville les accusa de "conciliabules de contre-révolution" et de demeurer loyales à leur ordre religieux. Elles furent guillotinées sur la place du Trône-renversé (actuelle place de la Nation) le 17 juillet 1794. Le pape Pie X les béatifia le 27 mai 1906.

ACU Charles-Henri Sanson base de données.jpg

Exécuteur et maestro du "rasoir national". Tous les métiers ont leurs dynasties et la famille Sanson est l'une d'elles. Il officia pendant toute la Terreur. C'était un homme prévoyant : inquiet pour son dos et ses épaules des nombreuses exécutions qu'allait vraisemblablement exiger une révolution, il soutint la mise en place de la guillotine.*

--
* Pauvre petit. J'espère qu'on lui a aussi donné un bon fauteuil de bureau.
--

Il faisait précisément le décompte des exécutions. Quand il s'est retiré en 1795, ce nombre dépassait 3 400.**

--
** Il ne savait pas probablement pas écrire, mais il savait compter.
--

ACU Charlotte Corday base de données.jpg

On la connaît essentiellement pour son meurtre de Marat, en 1793. Corday savait que Marat était un dirigeant jacobin largement responsable de la Terreur et pensait que ses provocations incessantes feraient basculer le pays dans la guerre civile. Elle entra chez lui sous le prétexte de lui fournir une liste de Girondins préparant une insurrection à Caen. Lorsqu'il la reçut, elle le poignarda à la poitrine dans son bain. Corday fut exécutée quatre jours plus tard.

ACU Dauphin Louis-Charles base de données.jpg

Le jeune duc de Normandie est devenu dauphin, c'est-à-dire héritier du trône, à la mort de son frère aîné, au beau milieu de la crise des états généraux. Il avait alors quatre ans. Trois ans plus tard, il quittait le palais des Tuileries pour être enfermé au Temple, qu'il ne quitterait plus jusqu'à sa mort, en 1795. Il n'a jamais été de constitution très solide, mais cet enfermement n'a pas été la cause de sa mort, il l'a simplement accélérée. Il souffrait déjà de tuberculose...
Les émigrés le considérèrent comme le roi Louis XVII après la mort de son père et, comme souvent lors des révolutions, le refus des partisans de la famille régnante à croire à la disparition de tous ses membres entraîna l'apparition d'une série de "faux" dauphins.

ACU Denis Molinier base de données.jpg

Alchimiste originaire de Montauban, Molinier s'intéressa beaucoup à Flamel et produisit les célèbres "images de Flamel", d'obscures illustrations associant symbolique et formules chimiques.

ACU Désirée Clary base de données.jpg

Fille d'un négociant aisé de Provence, elle fut courtisée par deux extraordinaires militaires de l'époque. Joseph Bonaparte, qui s'intéressa à elle mais lui préféra sa sœur Julie, la présenta à Napoléon. L'affaire alla jusqu'aux fiançailles et ils se marièrent en 1798. Il poursuivit la carrière des armes jusqu'en 1810, année où il devint prince héritier de Suède. Désirée le rejoignit quelques mois plus tard, mais revint assez rapidement en France. Bernadotte devint roi de Suède en 1818 et elle fut couronnée lorsqu'elle revint en Suède en 1823.*

--
* Si tu proposais ça comme synopsis de soap opera, on te rirait au nez. Mais sois certain qu'ils garderaient l'idée de la Provençale devenue reine de Suède.
--

ACU Joseph-Ignace Guillotin base de données.jpg

Le Dr Guillotin fut un célèbre médecin français, mais pas l'inventeur de la guillotine. Il fut très apprécié des Parisiens pour son appui au vote par tête lors des états généraux. Sur un plan plus médical, il se fit l'avocat d'une méthode d'exécution unique pour tous, que l'on soit noble ou mendiant. Dans le même ordre d'idée, il travailla avec le Dr Louis sur la machine à exécuter conçue par Tobias Schmitt. Au-delà de l'égalité dans la modalité d'exécution, Guillotin souhaitait qu'elle devienne plus humaine. Il se mit à dos le Comité du salut public mais eut la chance de ne connaître que la prison. Probablement las des aléas politiques, il termina sa carrière au service des vivants, promouvant notamment la vaccination.

ACU Eugène-François Vidocq base de données.jpg

Né en 1775, Vidocq n’était qu’un jeune adolescent au déclenchement de la Révolution. Il commit de petits délits et, selon la formule consacrée, devint connu des services de police. Mais ses méfaits lui furent utiles. Sous l’Empire, il devint informateur de la police puis policier.*

--
* On dit souvent que le crime ne paye pas, mais pour Vidocq, il a payé et lui a même rapporté une retraite et une couverture médicale.
--

Il fut l’un des pionniers de la méthode d’enquête par déduction et fonda une unité qui grandit pour devenir la Sûreté, le principal organisme français de la lutte contre le crime. Il opéra toujours des deux côtés de la loi, mais ses amis criminels lui furent très précieux dans ses enquêtes.

ACU Fabre d&#039;Églantine base de données.jpg

L'églantine dont Philippe-François-Nazaire Fabre (1750-1794) a orné son nom serait une usurpation : selon certains, il n'aurait en effet remporté qu'un lys, prix de catégorie inférieure, lors d'un concours de poésie toulousain en 1771. Si tel est le cas, ce fut le début d'une longue série de trafics, tromperies et autres manigances, sources de nombreux déménagements.

Il fit partie d'une troupe de théâtre itinérante, ce qui l'amena en de nombreuses villes de France et jusqu'à Maastricht. Il accumula les conquêtes féminines, les dettes et les pièces au succès dépassant rarement quelques jours.

La Révolution lui permit de sortir du lot. Vivant au-dessus de ses moyens, il jongla entre les relations (monarchistes, Danton, Marat), multipliant les "coups" financiers à base de fournitures défectueuses aux armées et de pots-de-vin.

Robespierre réussit à exploiter ses travers pour atteindre Danton, aux côtés duquel Fabre périt en avril 1794.

Restent de lui, sans que la plupart des gens ne le sachent, sa contribution au choix des mois du calendrier révolutionnaire et les paroles de la chanson Il pleut, il pleut, bergère.

ACU Fantôme rouge des Tuileries base de données.jpg

Selon la légende, lorsque Catherine de Médicis décida de faire bâtir le palais des Tuileries à la fin du XVIe siècle, elle chassa un boucher allemand, Jean l'Écorcheur.*

--
* Je parie que tu ne t'attendais pas à lire : "chassa un boucher allemand" pour un événement de cette époque. Moi, non, en tout cas.
--

À sa mort, l'Écorcheur aurait juré de venir se venger.**

--
** Ça devient de plus en plus étrange : un boucher allemand expulsé portant un nom français veut se venger. Ça va nous mener où, ça ?
--

Toujours selon la légende, un "petit homme rouge", ou Fantôme rouge, hanta le palais pendant sa construction.***

--
*** Et ça continue... Un boucher allemand pas content d'avoir été chassé de quelque part est mort et a ensuite hanté le palais ?
--

L'astrologue Cosimo Ruggieri aurait même averti Catherine que la construction de ce palais la conduirait à sa ruine, ce qui arriva le 4 janvier 1589. Les rumeurs relatives au Fantôme rouge se poursuivirent au fil des siècles. En 1789, Marie-Antoinette demanda à un magicien de la protéger de cette apparition.****

--
**** Marie-Antoinette a demandé à un MAGICIEN de LA PROTÉGER CONTRE LE FANTÔME D'UN BOUCHER ALLEMAND EN COLÈRE ?
--

Napoléon Bonaparte, qui résida par la suite aux Tuileries, aurait rencontré le fantôme qui lui aurait dit : "Vous serez heureux jusqu'à vos quarante-cinq ans. Je suis là pour vous protéger. Mais ensuite, je vous abandonnerai."*****

--
***** MAIS QU'EST-CE QU'ON A MIS DANS MON CAFÉ ?
--

ACU Jacques Necker base de données.jpg

Banquier, financier et homme politique d'origine suisse, Jacques Necker était un partisan des idées des Lumières. Louis XVI le nomma directeur-général du Trésor, puis des Finances, en 1776. Ce fut lui qui incita le roi à emprunter pour financer les dépenses du soutien aux indépendantistes américains. Il dut démissionner lorsque la dette française devint trop importante. Lorsqu'il fut rappelé en 1788 pour remettre de l'ordre, la population vit en lui la voix de la raison. Il conseilla au roi de réunir les états généraux. Lorsque ceux-ci mirent le roi en difficulté, il renvoya de nouveau Necker le 11 juillet 1789, ce qui déclencha un soulèvement à l'instigation, notamment, de Camille Desmoulins puis, indirectement, la prise de la Bastille trois jours plus tard. Necker fut rappelé une dernière fois avant de démissionner le 3 septembre 1790. Il se retira alors en Suisse où il écrivit sur la finance et l'économie.

ACU Jacques-Louis David base de données.jpg

Peintre néoclassique influent, David fut un fervent partisan de la Révolution et un ami de Maximilien Robespierre. En 1793, son tableau intitulé La Mort de Marat ne se contenta pas d'immortaliser le journaliste, il en fit un martyr jacobin

Escroc italien spécialisé dans le double jeu qui servit de nombreux maîtres. Se prétendant professeur de latin, c'était un receleur de bijoux volés, habitué du Palais-Royal où il lui arrivait de rencontrer plusieurs fois par jours le duc d'Orléans (probablement pas pour lui enseigner le latin). Il fut accusé de tentative de meurtre contre La Fayette, avec qui il ne s'entendait pas. Il se rendait à de nombreux clubs politiques et était en relation avec les chefs radicaux. Certains affirmèrent qu'il fut le meurtrier de la princesse de Lamballe, confidente de la reine, ce qu'il ne démentit pas.

ACU Jean-Dominique Cassini base de données.jpg

Astronome membre d'une dynastie de savants, Cassini est né à l'Observatoire de Paris le 30 juin 1748. En 1770, il rejoignit l'Académie royale des sciences et remplaça progressivement son père à l'Observatoire. À la Révolution, on lui confia la réforme du système de mesures et il conçut le système métrique. Cassini participa également à l'établissement d'une carte de la France. Ses origines aristocratiques le placèrent en situation délicate vis-à-vis de l'Assemblée, qui s'opposa à ses projets relatifs à l'Observatoire. Il démissionna, fut emprisonné quelques mois puis se retira dans son château provincial de Thury.

ACU Jean Bernadotte base de données.jpg

Né en 1763 à Pau, ce fils de juriste s'engagea comme simple soldat. Lorsque survint la Révolution, il était sergent avec, dit-on, le sobriquet de "belle-jambe". Cinq ans plus tard, il avait atteint le grade de général de division. Il épousa Désirée Clary, qui fut un temps fiancée à Napoléon Bonaparte, dont Bernadotte fut le subordonné, notamment à Austerlitz. En 1810, les Suédois l'approchèrent à Paris et il fut élu prince héritier de ce pays. Adopté par le roi Charles XIII, il devint lui-même Charles XIV, roi de Suède et de Norvège.

ACU Jean Gilbert base de données.jpg

Le gendarme qui a empêché la fuite de Marie-Antoinette de la Conciergerie. En formant des mots à l'aide de trous d'épingle dans un bout de papier, la reine répondit à un message secret qui lui était parvenu caché dans les pétales d'un œillet.*

--
* Forme ancienne de la messagerie instantanée.
--

Ce plan (surnommé le "complot de l'œillet") prévoyait que Gilbert remette le mot de la reine à ses alliés en échange de 400 louis, soit trois ans de solde. De nombreux gardiens de la reine éprouvaient de la sympathie pour elle, certains lui faisaient parvenir des fleurs, ce qui agaçait le procureur Fouquier-Tinville.**

--
** C'était en fait une forme de torture. La pauvre passait ses journées à effeuiller à la recherche de messages.
--

Gilbert hésita, car en cas d'échec, il irait à la guillotine. Il parla à ses supérieurs, empêcha l'évasion et écarte ainsi la dernière chance de survie de la reine.

ACU Jean-François Champollion base de données.jpg

Champollion étudia les langues orientales, en particulier l'arabe et le persan, au prestigieux Collège de France. Doué pour les langues, il se lança dans l'apprentissage du copte. Ses talents lui valurent d'être nommé professeur à l'université de Grenoble à dix-huit ans. Champollion eut la chance de se procurer une copie des transcriptions de la pierre de Rosette et émit l'idée que ses hiéroglyphes étaient selon les cas des idéogrammes (représentant des concepts) ou des phonogrammes (des sons). Il parvint à les déchiffrer, révélant ainsi une page inconnue de l'histoire de l'Égypte.

ACU Jean-Henri Latude base de données.jpg

Jean-Henri Masers de Latude fut jeté en prison à la demande de madame de Pompadour, maîtresse de Louis XV, contre laquelle il avait mis au point un complot factice. Il lui fit parvenir anonymement une fiole de poison suivie d'une lettre signée l'en avertissant. Incarcéré à Vincennes, il s'évada, fut repris, emprisonné à la Bastille dont il s'évada aussi à l'aide d'une échelle de corde artisanale. Une nouvelle fois repris, il regagna Vincennes dont il s'échappa encore une fois. En 1787, il publia ses mémoires où il relata ses diverses évasions, notamment celle de la Bastille, par la cheminée, à l'aide de l'échelle de corde. Après la prise de la Bastille, il récupéra l'échelle et l'offrit solennellement à l'Hôtel de Ville. Sous la Révolution, il ne rata pas une occasion de se présenter comme une victime de la tyrannie. L'échelle de corde se trouve aujourd'hui au musée Carnavalet, à Paris.

ACU Jean-Paul Marat base de données.jpg

Marat fut un homme aux multiples talents : médecin, homme politique et, surtout, journaliste radical. Son journal l'Ami du peuple lui apporta une grande notoriété sous la Révolution, en tant que partisan influent des sans-culottes et du club des Jacobins. Le rôle qu'il tint dans la chute des Girondins amena certains à penser qu'il risquait de faire sombrer la France dans la guerre civile. Sa notoriété fut aussi la cause de son meurtre le 13 juillet 1793. Il fut immortalisé par le tableau de Jacques-Louis David montrant Marat poignardé dans son bain. Atteint d'une sérieuse infection cutanée, il prenait souvent des bains tout en continuant à travailler.

Fils d'aubergiste, Joachim Murat dû rejoindre le clergé, mais alla contre la volonté de son père et s'engagea dans l'armée. Fidèle lieutenant de Napoléon Bonaparte, il joua un rôle important dans l'affaire du 13 Vendémiaire en fournissant à Bonaparte des canons. Il devint ensuite aide de camp de Napoléon, qui le nomma général. En 1800, il épousa Caroline, sœur de Bonaparte. L'ascension se poursuivit : maréchal d'empire, roi de Naples, mais les relations avec l'empereur se dégradèrent progressivement. Vaincu par les Autrichiens le 2 mai 1815, il fut capturé et fusillé le 13 octobre 1815.

Né le 30 juillet 1779, Joseph Bara était fils d'un garde-chasse. Ses deux frères étaient partis se battre contre les Prussiens mais Joseph, trop jeune pour entrer dans l'armée, a été envoyé en Vendée comme tambour. Il est mort dans une embuscade près de Jallais, sans doute un vol de chevaux qui a mal tourné. Mais une légende était née : les contre-révolutionnaires lui auraient demandé de crier : "Vive le roi !", il aurait clamé : "Vive la république !" et en serait mort. Robespierre se saisit du symbole, déclarant que "les Français seuls ont des héros de treize ans". Bara fut inhumé au Panthéon en héros de la Révolution. En décembre 1793, Jacques-Louis David acheva son tableau intitulé La Mort du jeune Bara.

ACU Joseph Foullon de Doué base de données.jpg

Après une longue carrière dans l'administration, il remplaça le directeur général des finances Necker, démis par le roi, le 12 juillet 1789. Sentant le vent tourner, la population pensant qu'il était à l'origine des pénuries de vivres des mois passés, il quitta Paris quelques jours plus tard mais fut arrêté le 21 près de la ville. Il y fut ramené à pied dans des conditions qui ne tinrent pas compte de son grand âge : soixante-quatorze ans. On dit qu'on l'a contraint à porter une botte de foin*, qu'on lui a frotté le visage avec des orties et qu'on ne lui à boire que du vinaigre poivré. Il fut exécuté le lendemain par la population : après plusieurs tentatives de pendaison "à la lanterne", il fut décapité et sa tête finit au bout d'une pique qui parcourut une partie de la ville.

--
* On dit aussi que lors d'une disette antérieure, il aurait eu une formule peu aimable : "S'ils ont faim, qu'ils broutent de l'herbe." Si elle est vraie, ça expliquerait la présumée botte de foin...

ACU Joséphine de Beauharnais base de données.jpg

Née en Martinique, Marie-Josèphe-Rose Tascher de La Pagerie vint en France en 1779 pour épouser Alexandre de Beauharnais. Son mari, noble, fut exécuté à la Révolution. Par la suite, elle évolua dans la bonne société et attira le regard de Napoléon Bonaparte, à la recherche du meilleur parti possible. Elle était à la fois plus âgée et infiniment plus sophistiquée que lui. Elle l'épousa initialement pour asseoir sa position financière et les premières années de leur union furent marquées par des infidélités et de longues séparations (campagnes d'Italie et d'Égypte). Mais l'amour finit par germer et, lorsque Napoléon divorça pour se remarier dans l'espoir d'un héritier, il insista pour qu'elle conserve le titre d'impératrice. Joséphine se retira au château de Malmaison où elle mourut en 1814.

ACU Chevalier d&#039;Éon base de données.jpg

Ce personnage fut source d'un des premiers débats sur le genre et le sexe : chevalier ou chevalière ? Cet agent pas toujours secret passa 49 ans habillé en homme et 33 en femme.*

--
* 49-33 : on n'en est pas encore à la parité.
--

À une époque où l'habit faisait l'homme, Charles de Beaumont, chevalier d'Éon, de constitution fine, fit ses débuts déguisé en femme lors d'un bal costumé. Louis XV le remarqua et se dit qu'une apparence féminine devrait faciliter les missions d'espionnage. D'Éon fut envoyé en Russie avec robes et perruques dans ses bagages, et il se débrouilla si bien pour écouter aux portes et subtiliser des documents que le roi lui décerna l'ordre de Saint-Louis.**

--
** Je regrette l'époque où l'espionnage se limitait à écouter aux portes avec une perruque...
--


Peu après la prise de la Bastille, il écrivit à l'Assemblée nationale pour lui proposer de créer une division de femmes qu'il commanderait... sans succès. Épéiste de talent, il lançait souvent des duels amicaux, pariant sur l'incapacité de ses adversaires à battre une femme. Il gagna souvent, sur tous les plans.

ACU Le géant Iscariotte base de données.jpg

Au début du mois de juillet 1789, une rumeur se répandit dans Paris. Il y était question du "géant Iscariotte", un personnage aux couleurs vives, recouvert d'écailles vertes et portant une armure de fer, dont les cheveux seraient des serpents à la gueule rouge grand ouverte.*

--
* Se singulariser, d'accord, mais pas à n'importe quel prix...
--

De temps à autre, le géant Iscariotte revint incarner d'autres événements politiques : confiscation des biens du clergé, massacres de septembre, etc.

ACU Louis Antoine de Saint-Just base de données.jpg

Né en 1767, Louis Antoine de Saint-Just se rallia très tôt à la Révolution. En 1791, il fut élu à l'Assemblée nationale législative. Il se fit un nom lors du procès de Louis XVI en déclarant qu'à ses yeux "cet homme doit régner ou mourir", propos qui reçut une longue ovation. Saint-Just fut le premier à dire ce que beaucoup pensaient, mais sans oser l'exprimer. En septembre 1793, le virage de la Terreur vit l'accroissement de l'influence du Comité de salut public et, en particulier, de ses dirigeants : Robespierre, Couthon, Collot d'Herbois et Saint-Just. Peut-être en raison de ses prises de position extrêmes, des rumeurs se mirent à courir : Saint-Just se serait fait faire des vêtements en peau humaine dans les tanneries de Paris. Il tomba en même temps que son ami Robespierre et fut exécuté comme lui le 10 Thermidor an II (28 juillet 1794).

ACU Louis-Dominique Cartouche base de données.jpg
Né près du Temple, à Paris, l'homme qui fut connu sous le seul nom de Cartouche s'attaquait à des voitures et pillait des demeures. Mais, malgré ses brigandages incessants, il se gagna l'estime de la population de Paris : on savait qu'il ne s'attaquait qu'aux riches à une époque de difficultés économiques et de disettes. On compose un certain nombre de chansons vantant ses prouesses. Trahi par un de ses hommes, il fut enfermé au Grand Châtelet avant de périr sur la roue le 28 novembre 1721, en place de Grève, devant une foule nombreuse venue voir celui qui avait si longtemps défié la police et, indirectement, la monarchie.*

--
* Il a oublié de parler de ses années passées au sein de la Confrérie. Ah, le cachottier. "Périr sur la roue" ? C'est ce qu'on raconte, oui.
--

Née en 1758, Marie-Anne Pierrette Paulze épousa, à l'âge de treize ans, Antoine-Laurent Lavoisier, le chimiste devenu célèbre grâce à sa loi de conservation de la matière. Elle s'intéressa aux travaux de son mari, étudia la chimie et joua un rôle important dans ses travaux. Outre ses tâches de laboratoire, elle traduisit pour lui des ouvrages à partir de l'anglais. Après l'exécution de Lavoisier, elle protesta contre le caractère arbitraire du procès. Elle s'occupa de rassembler les travaux de son mari et de les faire publier à titre posthume.

ACU Madame Tussaud base de données.jpg

Née Marie Grosholtz à Strasbourg, Marie Tussaud devint célèbre pour son musée de statues de cire à Londres.*

--
* Elle a bien fait de changer de nom. Ça m'étonnerait que des foules fassent la queue pour visiter le musée de mannequins vaguement reconnaissables de madame Grosholtz.
--

Elle apprit la sculpture auprès du Dr Philippe Curtius, dont elle fut la domestique. Curtius était un médecin, anatomiste et physicien qui sculptait têtes et organes pour ses cours.**

--
** J'espère qu'il s'agissait de cours d'anatomie. S'il avait apporté ce genre de choses en cours de maths, il aurait fallu alerter les autorités.
--

Marie devint une brillante élève et l'accompagna à Paris. En 1776, leur exposition de portraits rencontra un énorme succès, le public étant fasciné par l'aspect vivant des œuvres. Marie sculpta en 1778 Voltaire et Rousseau, puis Benjamin Franklin. Elle enseigna le dessin et le modelage à la sœur du roi et s'installa à Versailles, mais cette proximité avec la famille royale la desservit à la chute de la monarchie. Elle fut arrêtée et on lui coupait déjà les cheveux pour la guillotine quand arriva l'ordre de la libérer, à condition qu'elle sculpte la tête de gens célèbres, en grâce ou honnis. Elle le fit notamment pour Marie-Antoinette, Marat et Robespierre. Curtius, son mentor, mourut en 1794, alors que la Terreur s'achevait. Il légua à Marie sa collection de têtes.***

--
*** Comme c'est touchant.
--

En 1802, elle alla à Londres présenter sa collection, dont la capitale britannique parlait beaucoup depuis de nombreuses années. Elle y passa le reste de sa vie et y ouvrit son célèbre musée. Elle s'éteignit dans son sommeil à 88 ans, dont 54 années à sculpter. Ayant fait son propre portrait de nombreuses années plus tôt, elle resta éternellement jeune.****

--
**** Par "éternellement jeune", il faut entendre "éternellement morte".

ACU Mademoiselle Lenormand base de données.jpg

Marie-Anne-Adélaïde Lenormand, née en 1772 à Alençon, y fut éduquée par les sœurs bénédictines. Elle s'y découvrit des capacités qui la poussèrent sur la voie de la divination. À la Révolution, elle s'installa à Paris où elle ouvrit un cabinet de voyance. On prétend qu'elle rencontra trois grandes figures de la Révolution, Marat, Robespierre et Saint-Just, et prédit à chacun une mort violente.*

--
* Ceci dit, ce n'était pas une époque très calme et beaucoup de gens mouraient de mort violente. Si elle leur avait prédit (à raison) qu'ils mourraient d'une chute de météorite, là, j'aurais été impressionné.
--

Ses activités attirèrent l'attention du Comité de salut public et elle connut la prison en 1794, où elle rencontra Joséphine de Beauharnais, avec qui elle se lia d'amitié. Elle échappa à la guillotine et, sous le Directoire et le Consulat, ouvrit un nouveau cabinet au faubourg Saint-Germain, où se pressa l'élite du moment. On dit qu'elle rencontra Napoléon Bonaparte, mais ce n'empêcha pas l'empereur de la faire arrêter en 1803 et, de nouveau, en 1809. Elle se croyait presque immortelle et s'était prédit une très longue existence. Elle mourut pourtant en 1843.`

ACU Mademoiselle Montansier base de données.jpg

Née en 1730 à Bayonne, cette actrice débuta son ascension dans la société en faisant usage de ses charmes.*

--
* J'ose à peine essayer de comprendre ce qu'il veut dire par là.
--

Elle obtint, sous l'Ancien Régime, la direction de plusieurs théâtres, dont Versailles. À la Révolution, elle s'établit à Paris, dont les plus de 200 théâtres continuèrent à prospérer même sous la Terreur. Surnommée la "Ribaude du Palais-Royal", elle accumula les succès et donc les jalousies. On l'accusa d'espionner pour l'étranger et de recevoir de l'argent des Anglais, ce qui lui valut de passer l'essentiel de l'année 1794 en prison. Libérée et débarrassée de Robespierre, qui n'aimait guère ce genre de personnage, elle reprit ses activités et mourut à 90 ans.

Né à Pontoise en 1330, Nicolas Flamel vint s'établir à Paris en tant qu'écrivain public. Réussissant en affaires, il amassa une fortune considérable, ce qui alimenta des rumeurs. Beaucoup le considérèrent comme un alchimiste capable de transformer les métaux sans valeur, comme le plomb, en argent ou en or. Dans sa jeunesse, il aurait fait un rêve dans lequel un ange lui aurait montré un livre extraordinaire, Le Livre d'Éléazar, où il devait découvrir les secrets de l'alchimie. En pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, Flamel rencontra un certain maître Canches, cabaliste juif qui lui confia certaines des clés du livre, ce qui, dis-on, aurait permis à Flamel d'acquérir sa fortune par des voies alchimiques. On attribue à Flamel la reconstruction de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont il ne reste que la tour Saint-Jacques. Si certains affirment que la pierre philosophale procura l'immortalité à Flamel, on sait qu'il est mort le 22 mars 1418. Il est aujourd'hui enterré auprès de son épouse, au musée de Cluny.

ACU Marianne base de données.jpg

Marianne symbolise la France révolutionnaire et la devise "Liberté, Égalité, Fraternité" de la République. Peut-être ce nom fut-il choisi parce que les prénoms Marie et Anne étaient très fréquemment donnés aux petites filles du peuple. Sa première utilisation serait une chanson, La Guérison de Marianne, vantant la république instaurée quelques jours plus tôt, en septembre 1792. Elle devint rapidement la figure de la patrie, qu'il fallait défendre parce qu'elle veillait sur ses enfants. Bien que postérieure (liée aux Trois Glorieuses de 1830), l'une de ses représentations les plus marquantes est le tableau de Delacroix intitulé La Liberté guidant le peuple. La poitrine dénudée, coiffée d'un bonnet phrygien, la main droite brandissant un drapeau, la gauche tenant un fusil, elle avance entourée d'hommes armés.

ACU Nicolas de Condorcet base de données.jpg

Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, est né en 1743. Étudiant exceptionnel, il est entré à l'Académie royale des sciences en 1769, où il travailla à des théories mathématiques sur les statistiques et les probabilités. À la Révolution, Condorcet, proche des philosophes des Lumières, pensa que les événements allaient déboucher sur un meilleur usage de la raison. Il fonda plusieurs journaux et défendit ardemment la cause des femmes et leur droit à voter. En 1791, député à l'Assemblée nationale législative, il en devint le secrétaire et tenta de faire réformer le système électoral. Il vota contre l'exécution du roi, ce qui suscita les soupçons de ses collègues députés. Le 3 octobre 1793, un décret d'accusation fut passé contre lui et il fut contraint de se cacher pendant neuf mois chez madame Vernet. Ce fut là qu'il écrivit un de ses textes les plus loués, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, qui ne fut publié qu'après sa mort. Arrêté en mars 1794, on le trouva mort dans sa cellule. On pense qu'il s'est empoisonné.

Michel de Nostredame est né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence. Apothicaire, il a rédigé son premier almanach en 1550, prédisant des événements dans d'abscons textes en vers. Il prit à cette époque le nom de Nostradamus, traduction de Nostredame en latin très approximatif. Il publia ensuite Les Prophéties auxquelles il dut son succès et son appel auprès de la cour de Catherine de Médicis en 1555. Il semble avoir prédit la mort d'Henri II, le crâne percé lors d'un duel avec son maître d'armes en 1559. En 1564, Charles IX le nomma médecin du roi. Il est mort le 2 juillet 1566 à Salon-de-Provence.*

--
* Ça, je parie qu'il ne l'avait pas prévu.
--

ACU Pierre-Simon Laplace base de données.jpg

Né en 1749, Pierre-Simon Laplace devint l'un des plus grands mathématiciens français, mais collabora aussi un moment avec Lavoisier. Dans son traité de mécanique céleste en cinq volumes publié à partir de 1799, il exposa les mouvements des corps astraux, la méthode de calcul de leur forme et leur effet sur les marées. Il reçut par la suite la Légion d'honneur et participa à la réforme de l'École polytechnique.

ACU Philibert Aspairt base de données.jpg

Selon la légende, Philibert Aspairt s'est introduit dans les catacombes en 1793 afin de tenter d'en établir un plan. Il n'en est jamais ressorti. Son corps aurait été découvert 11 ans plus tard, mais le fait n'a jamais été officiellement confirmé. Il ne reste de lui qu'une tombe, dans les catacombes, portant la mention : "À la mémoire de Philibert Aspairt, perdu dans cette carrière le III novembre MDCCXCIII, retrouvé onze ans après et inhumé en la même place le XXX avril MDCCCIV".

ACU Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais base de données.jpg

L'auteur des trois pièces de Figaro est né en 1732, fils d'horloger. Outre la production littéraire, il multiplia les mariages, les procès (certaines de ses épouses sont morts peu après leur mariage), les affaires financières, les missions discrètes à l'étranger. Il prit fait et cause pour les indépendantistes américains, agit dans ce sens à titre personnel et pour le compte du roi de France. À la Révolution, proche de la soixantaine, il participa peu de temps aux affaires politiques et reprit ses spéculations commerciales. Elles lui valurent un séjour en prison dont il sortit peu avant les massacres de septembre 1792. On retiendra ses pièces, surtout le Mariage de Figaro, qui catalysa le mécontentement contre l'aristocratie cinq ans avant la Révolution.

Pendant la guerre d'Indépendance américaine, le pamphlet de Paine intitulé "Le sens commun" galvanisa les troupes de Washington et la population. Ancien fabriquant de corsets, quaker et corsaire britannique, Paine révolutionna la pensée politique de son époque par sa plume pleine de passion. Après la fin de la guerre d'Indépendance, Paine s'opposa au conservatisme intellectuel d'Edmund Burke à propos de la Révolution française. Sa défense de celle-ci tout au long d'un ouvrage, "Les droits de l'homme", fut dénoncée en Angleterre et apporta une assise intellectuelle aux antimonarchistes français. Devenu très impopulaire en Grande-Bretagne, il se réfugia à Paris où il fut accueilli à bras ouverts, en particulier par les Girondins. Il fonda même un journal avec Condorcet. Devenu citoyen d'honneur de la France, il fut élu à la Convention, dont il suivit assidûment les débats mais sans prendre la parole, son français étant plus que rudimentaire. Il s'opposa ouvertement à l'exécution de Louis XVI, suggérant qu'il serait préférable de l'exiler aux États-Unis. Robespierre le fit ensuite arrêter et jeter en prison. Il échappa de peu à la guillotine et regagna finalement les États-Unis.*

--
* Il a échappé à la guillotine pour finir aux États-Unis. Ce qui prouve que la mort n'est pas le pire sort qui soit.
--


Sur le réseau Fandom

Wiki au hasard