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Base de données (Unity): Lieux

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Églises

ACU base de données Notre-Dame de Paris.jpg

La cathédrale Notre-Dame est l'un des principaux monuments de Paris et le cœur historique de la capitale. Son parvis sert de "point zéro" au calcul des distances en France. Sa construction a réclamé près d'un siècle, de 1163 à 1250, et elle fut l'un des premiers édifices d'Europe à utiliser des arcs-boutants permettant de diminuer l'épaisseur des murs autour du chœur et de la nef.*

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* Personnellement, je préfère les murs épais autour du chœur. Ces types me cassent vite les oreilles.
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Les arcs-boutants fournissent également le support nécessaire à l'inclusion de vitraux de grande taille, comme les célèbres rosaces.

À la Révolution, elle servit d'entrepôt de nourriture et de lieu de culte de la Raison (puis de l'Être suprême). Un grand nombre de ses trésors fut pillé et, en 1793, une foule en colère décapita les statues des rois bibliques de Judée, les prenant à tort pour d'anciens rois de France.**

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** C'est généralement ce qui se passe quand des analphabètes se mêlent d'effacer l'histoire.
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Seules les dix grandes cloches demeurèrent intactes. La réparation des divers dégâts ne s'acheva qu'en 1845.

ACU base de données Couvent des Filles du Calvaire.jpg

Ce couvent, dont il ne reste rien, se trouvait rue de Turenne, au cœur d'un quartier très vivant. Il fut fondé par le Père Joseph en 1622. Les révolutionnaires en chassèrent les dernières religieuses et la chapelle devint un théâtre appelé "Le boudoir des muses". Il se trouvait près du célèbre boulevard du crime, surnom dû aux mélodrames joués dans ses nombreux théâtres. La salle ferma en 1807, sur décision impériale.

ACU base de données Sainte-Chapelle.jpg

La Sainte-Chapelle a été construite sur décision de Louis IX (plus tard canonisé sous le nom de "saint Louis") afin d'accueillir la couronne d'épines du Christ dont il venait de faire l'acquisition auprès de Baudouin II de Constantinople.*

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* Aussi appelé Baudouin II de Courtenay, également marquis de Namur. Un prénom qui a traversé les siècles en Belgique...
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C'est un exemple unique de maçonnerie invisible, puisque les vitraux occupent tout l'espace entre les piliers. Mais le plus extraordinaire est peut-être la durée de sa construction : à peine deux ans, entre 1246 et 1248.**

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** Oui, quand on compare aux près de quatre-vingt-dix ans nécessaires à la construction de Notre-Dame.
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Son plan utilise deux niveaux : inférieur pour les Parisiens et la cour, supérieur pour le roi et sa famille.

Lors des occasions majeures, le roi présentait la couronne d'épines, sortie du reliquaire dont lui seul avait la clé, à l'assemblée agenouillée. La Sainte-Chapelle faillit être détruite à la Révolution, mais fut convertie en entrepôt de farine, salle de réunion pour la section de la Cité et enfin lieu d'archivage, ce qui la sauva puisqu'elle servait désormais le peuple.

Elle conserva un panneau "Bien national à vendre" jusqu'en 1837. Toute la vaisselle du culte et les livres précieux avaient naturellement disparu depuis longtemps.

ACU base de données Madeleine.jpg

L'église de la Madeleine a été initialement dessinée par Guillaume-Martin Couture, inspiré par l'église Sainte-Geneviève de Jacques-Germain Soufflot (et futur Panthéon).

La construction cessa presque totalement en 1789, après la prise de la Bastille. Seules les fondations et le grand portique avaient été achevés. Le 30 décembre 1791, on ordonna l'arrêt des travaux, la Révolution n'étant pas très favorable à la religion*. Après son exécution en 1793, Louis XVI fut enterré derrière l'église. En 1794, le sous-sol fut loué à un marchand de vin qui y stocka sa marchandise.** L'église ne fut achevée qu'au XIXe siècle.

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*... C'est le moins qu'on puisse dire, oui.
** Tu peux remplacer "marchand de vin" par "Templiers".
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ACU base de données Tour Saint-Jacques.jpg

Lorsque l'on abattit l'église de Saint-Jacques-la-Boucherie, il fut décidé de conserver une de ses tours (bâties à l'époque de François Ier). Elle est aujourd'hui appelée Tour Saint-Jacques. Sa partie inférieure est assez dénudée, car elle se trouvait autrefois dans la nef, donc invisible. L'église initiale était le point de départ du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. L'alchimiste Nicolas Flamel fut enterré sous le sol de l'église. La tour subsistante fut aussi un haut lieu de la science car le mathématicien et inventeur Blaise Pascal y mena des expériences sur la pression atmosphérique en 1648.

ACU base de données Église Saint-Eustache.jpg

Deuxième plus grande église de Paris, située au cœur des Halles, elle fut initialement une modeste chapelle dédiée à sainte Agnès, martyre romaine. Plus tard, des reliques de saint Eustache y furent déposées et ce saint (dont le symbole est un cerf portant un crucifix entre ses bois) donna son nom au lieu. Avec le développement des Halles, l'église devint trop petite. La construction de l'église actuelle a duré plus d'un siècle (1532-1637). Son style gothique et ses détails Renaissance, sans parler de ses dimensions, en font un édifice surprenant. En outre, elle est incurvée dans sa partie nord, personne n'ayant souhaité exproprier les marchands de la rue Traînée (Rambuteau). Il lui manque sa tour sud.

ACU base de données Église Saint-Gervais-Saint-Protais.jpg

Nommée ainsi en l'honneur des jumeaux martyrs Gervasius et Protavius, cette superbe église fut bordée pendant trois siècles par un magnifique orme au pied duquel les marchands négociaient au Moyen Âge. Construite sur le site d'une ancienne basilique, l'église actuelle fut érigée en 1494 et reçut sa façade gréco-romaine en 1616. Voltaire, qui n'était pas très religieux, la considérait comme un chef-d'œuvre. L'orme a été abattu à la Révolution (qui préférait les arbres de la Liberté) et transformé en affût de canon. Elle abrite aujourd'hui un institut catholique.

ACU base de données Église Saint-Leu.jpg

Saint-Leu et Saint-Gilles donnèrent leur nom à cette église située dans la très active rue Saint-Denis depuis 1320 (la chapelle Saint-Gilles ayant été agrandie pour devenir l'église Saint-Leu). Fréquemment remaniée depuis, seule sa façade présente un intérêt architectural.

ACU base de données Église des Célestins.jpg

Cette église fut bâtie en 1352, sur les fonds propres du pape Célestin V. Sa chapelle abrita les cœurs d'Henri II, François II et Henri III. En 1792, l'église avait disparu et ses jardins avaient été convertis en caserne. Les cœurs des rois avaient été transférés au Louvre, à Saint-Denis et au musée de Versailles.*

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* Donc, les rois n'étaient pas sans cœur.
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ACU base de données Saint-Germain-des-Prés.jpg

Avant la Révolution, de nombreux nobles possédaient une maison de campagne à Saint-Germain-des-Prés et l'abbaye était une des plus riches de France. La première église érigée sur place l'avait été dès 558.

La Révolution transforma l'abbaye en entrepôt et des tonnes de poudre furent stockées dans le réfectoire. Ce qui devait arriver arriva et une explosion détruisit une partie de l'abbaye en août 1794.

Une partie fut transformée en prison, la "prison de l'abbaye", qui fut le siège de certains des massacres les plus sanglants de septembre 1793.*

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* Et là, c'est Abstergo qui massacre l'histoire. C'était en septembre 1792. Et la prison dite "de l'abbaye" existait depuis des siècles et n'était plus prison abbatiale depuis plus d'un siècle avant la Révolution.
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Ponts

ACU base de données Petit Pont.jpg

Malgré les crues et incendies qui le ravagèrent et le détruisirent parfois, il n'a jamais changé de nom en vingt siècles. Il a toujours été très emprunté car il constituait le point de départ des voies romaines vers Orléans et Lyon. Il était aussi le passage obligé des étudiants se rendant dans les écoles de la montagne Sainte-Geneviève.

ACU base de données Pont Marie.jpg

Il tire son nom de son ingénieur Christophe Marie (et non de la vierge Marie) qui fit appel à Henri IV afin de construire un pont de bois reliant l'île Saint-Louis à la rive droite. Le projet poursuivit malgré l'assassinat du roi, mais les travaux durèrent vingt ans. Il fut également chargé de créer les quais entourant l'^le. En 1658, une partie du pont et les maisons qui y étaient construites furent emportées par le fleuve, un désastre hélas courant. Les maisons subsistantes furent démolies à l'époque de la Révolution.

ACU base de données Pont Notre-Dame.jpg

Détruit et reconstruit à de nombreuses reprises (au début du XVe siècle, quelques planches faisaient l'affaire), mais remontant quasiment à la fondation de la ville. On y construisit des maisons, mais leur poids ne contribua pas à sa pérennité.

ACU base de données Pont Rouge.jpg

Pont de bois peint reliant deux îlots, le pont Rouge survécut à la Révolution, mais fut ensuite détruit et remplacé par le pont Saint-Louis.

ACU base de données Pont Royal.jpg

Comptant parmi les plus anciens ponts de Paris, le pont Royal fut initialement un pont à péage construit en 1632 pour remplacer un bac. On l'appela aussi "pont Rouge" du fait de sa couleur (à ne pas confondre avec le minuscule pont Rouge des îles en amont). Au fil des siècles, il connut plusieurs changements de nom et reconstructions partielles ou complètes du fait des ravages du fleuve.

ACU base de données Pont Saint-Michel.jpg

Le premier pont construit à cet endroit le fut pendant la guerre de Cent Ans. On lui donna le nom de la chapelle Saint-Michel (située à l'intérieur du palais du roi), qui avait également servi à baptiser le quartier. Ce fut le premier pont fixe à relier l'île de la Cité à la rive gauche. Fragile comme tous les autres ponts de l'époque, il fut souvent victime des crues. À l'époque de la Révolution, il était encore bordé d'une trentaine de maisons, qui ne furent démolies qu'en 1809.

ACU base de données Pont au Change.jpg

Il tire son nom des orfèvres et changeurs qui y travaillaient, le transformant en véritable quartier de la monnaie. Les changeurs jouaient un rôle important compte tenu de la diversité des devises et des nombreuses pièces endommagées qui perdaient de ce fait une part de leur poids initial.

ACU base de données Pont au Double.jpg

Le premier pont au Double fut construit à l'époque de François Ier, en 1515, afin d'amener les malades à l'Hôtel-Dieu. Il tire son nom du montant de son péage : un double denier pour un piéton. Ce péage très impopulaire fut supprimé en 1789.

ACU base de données Pont de la Concorde.jpg

La prise (puis la destruction) de la Bastille fournit un volume conséquent de matériaux de construction à moindre coût. Ses pierres servirent à la construction de ce pont qui relia le Palais Bourbon à la place de la Révolution (et à sa guillotine). Achevé en 1791, il fut appelé "pont de la Révolution" puis "pont de la Concorde".

ACU Pont de la Tournelle base de données.jpg

Le pont de la Tournelle remplaça le pont de bois construit en 1370, au nom complexe (pont de Fust de l'isle Notre-Dame et Saint-Bernard). Emporté par le fleuve, il fut remplacé par une construction en pierre en 1656. La Tournelle était une petite forteresse bien connue des Parisiens car elle servait de prison "confortable" (grâce à Vincent de Paul) pour les condamnées aux galères qui attendaient de rejoindre leur navire.

ACU base de données Pont-Neuf.jpg

Il est aujourd'hui le plus vieux pont de Paris. La première pierre fut posée le 31 mai 1578, jour de deuil pour Henri III dont deux des mignons avaient péri en duel. Le roi sortit du service funéraire sous la pluie et les Parisiens l'appelèrent ensuite le "pont des Pleurs". Le Pont-Neuf accumula les records : premier à être bâti en pierre, le plus large, le plus accessible et, contrairement à beaucoup d'autres, dépourvu de maisons.

Quartiers

ACU base de données Cour des Miracles.jpg

La cour des Miracles était l'un des ramassis de taudis les plus miséreux et les plus dangereux du Paris révolutionnaire. Elle tirait son nom des nombreux mendiants qui simulaient d'horribles infirmités et maladies pour attendrir les passants. Il étaient miraculeusement "guéris" une fois rentrés chez eux.*

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* Avec un nom pareil, comment se faisait-il qu'il y ait encore des gogos pour leur donner une pièce ?
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ACU base de données Marais.jpg

Situé au cœur de Paris, le quartier du Marais connut ses plus belles heures au XVIIe siècle, lorsque les nombreux aristocrates qui y habitaient le transformèrent en lieu à la mode. La noblesse l'abandonna au XVIIIe, lui préférant le faubourg Saint-Honoré ou le faubourg Saint-Germain.

Malgré leur départ, le Marais conserva son image de quartier aristocratique. À la Révolution, il connut les ravages des émeutiers qui se mirent en tête d'y détruire tous les symboles de la royauté et de la noblesse qu'ils pourraient trouver.*

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* Une sorte de grand magasin pour émeutiers... "Au bonheur des sans-culottes".
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Au fil des années, le quartier évolua. Les demeures abandonnées furent utilisées par des marchands qui y installèrent entrepôts et ateliers. Ceci permit de préserver ces splendides maisons. Et le Marais devint progressivement un quartier de boutiquiers et d'artisans, puis de petites usines au XIXe siècle.

Le faubourg Saint-Antoine et le faubourg Saint-Marcel, situé, lui, sur la rive gauche, étaient les deux principaux quartiers industrieux de Paris. Le faubourg Saint-Marcel était traversé par la Bièvre.

Le quartier était renommé pour ses tanneries, ses tisserands, ses teinturiers, ses bonnetiers et ses blanchisseuses.*

Il abritait aussi l'imposante manufacture des Gobelins, où l'on produisait les plus belles tapisseries de France.

Jean-Jacques Rousseau en fit une description peu avenante dans ses Confessions : "Je m'étais figuré une ville aussi belle que grande, de l'aspect le plus imposant, où l'on ne voyait que de superbes vues, des palais de marbre et d'or. En entrant par le faubourg Saint-Marceau, je ne vis que de petites rues sales et puantes, de vilaines maisons noires, l'air de la malpropreté, de la pauvreté, des mendiants, des charretiers, des ravaudeuses, des crieuses de tisane et de vieux chapeaux. Tout cela me frappa d'abord à un tel point, que tout ce que j'ai vu depuis à Paris de magnificence réelle n'a pu détruire cette première impression, et qu'il m'en est resté toujours un secret dégoût pour l'habitation de cette capitale."**

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** Rousseau est depuis devenu le saint patron des sites web touristiques.
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ACU base de données Village de Versailles.jpg

Lorsque Louis XIII fit bâtir son premier lieu de chasse dans le village de Versailles en 1623, il était entouré de forêts où le roi pouvait pratiquer son sport préféré. Ce fut son fils, Louis XIV, qui décida de faire de ce village le point central de la France. Dans les années 1660, il lança la construction d'un château à la hauteur de son désir d'emprise sur l'État. Il souhaitait aussi quitter Paris de crainte des révoltes qu'il avait connues, enfant, lors de la Fronde. En bref, il ne voulait plus risquer la colère des foules parisiennes. Entre 1665 et 1680, jusqu'à 25 000 hommes et 6 000 chevaux y travaillèrent, y compris de nuit, à la lueur des torches (il semble même que l'église ait toléré le travail le dimanche). Le roi voulait que la magnificence de son palais montre l'étendue de son pouvoir à toute l'Europe et sa capacité à contraindre la nature comme à imposer sa loi au monde. Versailles était conçu comme une vitrine et seule la perfection y avait sa place.*

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* Moi qui ai du mal à poser un plancher... D'accord, je n'ai pas 6 000 chevaux pour m'aider, mais je ne suis pas sûr qu'ils soient très doués pour manier le marteau.
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Le village de Versailles se développe rapidement, lui aussi, ne serait-ce que pour accueillir les courtisans. De 6 000 vers 1682, ils étaient devenus 10 000 en 1690. Afin de les maintenir à Versailles, Louis XIV décida que tous les bâtiments qui y seraient construits ne pourraient être saisis pour dettes, ce qui rendit le village très attractif. Louis XV et Louis XVI aménagèrent largement le château et transformèrent le village en centre administratif du pouvoir royal. La Salle des Menus Plaisirs (un entrepôt pour les décors, costumes et déguisements royaux) accueillit les états généraux en mai 1789.

Généralités

ACU Abbaye de Saint-Denis base de données.jpg

Fondée par le roi Dagobert au profit des moines bénédictins en 630, l'abbaye devint rapidement l'une des plus importantes de France. Les rois avaient coutume de venir y prier avant de partir en guerre ou en croisade et plusieurs reines et filles de rois y passèrent une partie de leur vie.*

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* Je me demande s'il y avait un salon VIP. Probablement, mais mieux vaut ne pas le savoir.
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À la Révolution, les moines furent chassés de l'abbaye et des mercenaires locaux en prirent possession. Selon certaines rumeurs, ils auraient fait commerce de trésors volés dans les sépultures royales.

ACU Basilique de Saint-Denis base de données.jpg

Érigée sur les vestiges d'un cimetière à partir de 475, l'église de Saint-Denis fut construite dans le but d'abriter les reliques de son saint patron. Du Xe au XVIIIe siècle, les dépouilles des rois de France y furent inhumées. La basilique est également remarquable pour la rénovation architecturale qu'y mena l'abbé Suger en 1135. Suger était non seulement l'abbé de Saint-Denis, mais aussi un conseiller influent des rois et un historien de premier plan. Sa restauration de la basilique en fit la première église gothique. On ignore d'où lui vint l'idée d'une architecture aussi fantastique.* La basilique fut achevée bien après la mort de l'abbé, en 1281. En 1793, la Convention ordonna la destruction des tombeau royaux et la nécropole royale fut profanée par des révolutionnaires antimonarchistes. Les tombes furent saccagées, les cadavres mis au jour, les joyaux et ossements exhumés et les dépouilles des rois jetées dans la rue.

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* Oh non... Alerte. Alerte. Il semble plutôt qu'Abstergo ne souhaite pas qu'on sache comment l'idée est venue à Suger.
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Les habitants furent traumatisés de voir ces personnages jadis considérés comme divins profanées avec une telle sauvagerie.

ACU base de données Bastille.jpg

La Bastille fut l'un des nombreux projets entrepris par Charles V, sa fonction devant être de protéger la porte Saint-Antoine et le palais Saint-Pol voisin. Au fil des siècles, son rôle de forteresse s'estompa et elle servit de plus en plus de prison, jusqu'à être dédiée à cette fonction sous le règne de Louis XIII. Les détenus, dépassant rarement le nombre de 40 par an, étaient généralement des prisonniers politiques.

En 1789, la Bastille était déjà considérée comme inutile et surtout coûteuse, avec ses 250 soldats pour neuf prisonniers.*

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* Ils auraient pu réduire les coûts en virant 247 soldats. La Bastille, c'était comme un avion avec une seule place de passager et des centaines de pilotes...
Mais ce ne serait pas si bête, après tout.
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À l'époque, Paris contenait de nombreuses prisons de toutes les formes, de toutes les tailles et de tous les âges. Mais la Bastille devint le symbole de l'oppression de l'Ancien Régime et fut l'un des premiers sites à être pillé et détruit à la Révolution. Ses pierres furent utilisées pour construire une partie du pont de la Concorde, conservées comme reliques ou retaillées en reproductions miniatures de la forteresse qui furent vendues comme souvenirs.

ACU base de données Bièvre.jpg

La Bièvre n'est qu'une des centaines de rivières de France, mais sa situation au cœur de Paris lui procura une importance économique nettement supérieure à son débit.*

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* Je crois que c'est un euphémisme d'historien signifiant que c'était un vaste égout à ciel ouvert.
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Elle mesure un peu plus d'une trentaine de kilomètres et sa largeur maximale n'excède guère quatre mètres. Elle est aujourd'hui largement invisible dans le paysage urbain. Il existe plusieurs hypothèses quant à l'étymologie de son nom. Certains parlent de "beber", "castor" en langue celtique, mais son faible courant semble inadapté à l'activité de ces rongeurs. On en trouve pourtant sur le blason de Bièvres, petite ville proche de sa source. Mais "beber" fait aussi référence à la couleur de la boue, qui est celle de la rivière à cause des sols argileux, du moins en amont des tanneries qui la polluaient. On évoque également le latin "bibere" ("boire").**

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** Et lui, il a bu quoi pour nous faire une telle fixette étymologique ?
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ACU base de données Boulevard des théâtres.jpg

Avec Jean-Baptiste Nicolet et son "Spectacle des Grands Danseurs et Sauteurs du Roi", le boulevard du Temple, au nord de Paris, devint un lieu de fête constante, attirant toutes sortes de divertissements et des cafés, traiteurs et marchands de vin. Outre les spectacles à l'intérieur, les acteurs se livraient à des "parades" au balcon afin d'attirer le public. La construction de nouveaux théâtres (plus d'une quinzaine entre 1774 et 1789) mit en place des relations qui devinrent des foires. La Révolution aida à libérer le théâtre de la pesanteur de l'Ancien Régime empêchant l'expression publique. L'Assemblée supprima le privilège royal en 1791, libéra le théâtre et promut les droits de l'auteur. Même Robespierre célébra à la Convention le rôle éducatif de l'art théâtral.

ACU Café Février Palais-Royal base de données.jpg

Situé 113, galerie de Valois, c'était l'un des 19 cafés du Palais-Royal. Deux événements ont fait sa célébrité. C'est là que Robespierre a fêté l'avènement de la République le 21 septembre 1792, et qu'a été tué Michel Le Peletier de Saint-Fargeau le 20 janvier 1793.

ACU base de données Café Procope.jpg

Ouvert en 1686 par le Sicilien Francesco Procopio Coltelli, le café Procope devint l'un des plus importants du XVIIIe siècle. Il est situé rue de l'Ancienne-Comédie, rive gauche, ainsi dénommée parce que c'est là que se trouve la Comédie-Française de 1687 à 1770. Un tel voisinage apporta au Procope, outre des philosophes et joueurs d'échecs, une clientèle d'auteurs, d'écrivains et d'acteurs. Parmi ses clients célèbres de l'époque, on peut citer Voltaire, Diderot, Benjamin Franklin, Danton, Marat et Robespierre.

Café Théâtre.jpg

Ouvert sur l'île Saint-Louis en 1759, il fut l'un des plus importants cafés de Paris pendant des décennies. Intellectuels, poètes, philosophes et acteurs s'y pressaient pour y parler politique ou, tout simplement, discuter. Au fil des années, il fut supplanté par d'autres établissements comme le café Procope. En 1790, ce n'était plus qu'un lieu décrépi plus susceptible d'accueillir des comédies de second ordre que des débats passionnés. Il retrouva le succès sous la Révolution, ouvrit des succursales dans Paris et demeura l'un des hauts lieux de l'intelligentsia jusqu'à la Première Guerre mondiale.*

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* Ce fut aussi le lieu central du réseau de renseignement de la Confrérie à Paris... un concept si adorablement français que les mots me manquent pour le décrire.
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ACU Carrières base de données.jpg

La pierre est extraite des carrières pour servir de matériau de construction. Souvent abandonnées au terme de leur exploitation, les carrières devenaient des lieux de rassemblements clandestins ou des caches pour marchandises de contrebande et trésors volés.

ACU base de données Catacombes.jpg

Le sous-sol de la rive gauche contenait de riches gisements de calcaire, pierre utilisée pour bâtir de nombreux édifices de la ville. Initialement, la pierre était extraite des abords de Paris, mais la ville s'étendant, elle recouvrit peu à peu les sites d'extraction. La méthode minière médiévale consistant à creuser un puits vertical jusqu'à la strate souhaitée puis à progresser horizontalement jusqu'à l'épuisement de la veine, le sous-sol était un gigantesque dédale de tunnels souterrains. D'importants effondrements eurent lieu à parti de 1774, indiquant qu'il fallait désormais tenir compte de ces galeries et, en 1782, le lieutenant de police Thiroux de Crosne entra en scène.*

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* Dès qu'il donne dans le lyrique, on n'y comprend plus rien... Thiroux ne s'est pas transformé en acteur, il a décidé de faire quelque chose à propos de ce gruyère sous-parisien.
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Thiroux fit procéder au métrage et à l'enregistrement d'une zone couvrant 240 hectares actuels. Il se dit que les galeries permettraient de régler un autre problème urgent : que faire des centaines de milliers de dépouilles du cimetière des Innocents, si entassées qu'elles débordaient littéralement dans les caves des immeubles voisins ?**

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** Thiroux s'en est chargé, mais cela aurait pu être un travail pour le baron Haussmann. Je sais, je sais...
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Grâce à Thiroux, quelques six millions de squelettes furent déposés dans les carrières, parfois sur 30 mètres d'épaisseur. On y trouve Thiroux lui-même, ainsi que les victimes des massacres de septembre 1792. Par la suite, des architectes transformèrent ces grottes en un vrai mausolée, y compris une épitaphe du poète Jacques Delille : "Arrête ! C'est ici l'empire de la mort !" Os et crânes ont été disposés selon des arrangements complexes et des salles spéciales ont été constituées, à la manière d'un musée, pour présenter les diverses formations rocheuses du sous-sol de Paris et les innombrables déformations du squelette de ses habitants. Tout ceci a fait des catacombes un site touristique très visité depuis le début du XIXe siècle.***

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*** Ouais. Faut aimer...
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ACU base de données Champ-de-Mars.jpg

Aujourd'hui l'un des plus grands espaces non bâtis de Paris*, le Champ-de-Mars porte ce nom en homme au dieu romain de la guerre. Il fut en effet longtemps un terrain d'exercice militaire, son extrémité sud bordant l'École militaire. La population civile pouvait néanmoins y accéder et il fut un temps apprécié des aéronautes. C'était donc un lieu de promenade très apprécié, et il connut des événements importants de la période révolutionnaire à partir de 1790.

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* Quelle drôle de formule. Il on l'applique à la lettre, le Champ-de-Mars est loin derrière la Seine et le périphérique...
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Le 14 juillet 1790, malgré de fortes pluies, plusieurs centaines de milliers de personnes se rassemblent à la Fête de la Fédération célébrant l'anniversaire de la prise de la Bastille.*

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* Ça a l'air bien. On devrait y aller.
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Un an plus tard, une autre foule, réunie là pour demander la déchéance du roi après la fuite à Varennes, est victime de tirs de la Garde nationale, accompagnée de Bailly, maire de Paris (une dizaine de morts selon Bailly, plusieurs centaines selon Marat). Le même Bailly est exécuté en novembre 1793 après condamnation par le Tribunal révolutionnaire ; les Parisiens se vengent en fustigeant Bailly et en faisant déplacer la guillotine un peu plus loin.**

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** Je ne sais pas si je vais y aller, finalement.
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Le 20 Prairial an II (8 juin 1794) s'y déroule la Fête de l'Être suprême, conçue et célébrée par Robespierre, que ses collègues jacobins railleront et qui précipitera sa chute.

Il accueillera quelque 140 ans plus tard la tour Eiffel. Aujourd'hui, outre des concerts et grands rassemblements tels que les Journées mondiales de la jeunesse, c'est l'un des lieux de pique-nique préférés des Parisiens, qui voient parfois passer des cavaliers en uniforme (c'est l'un des rares endroits où l'on peut monter dans la capitale).

ACU base de données Champs-Élysées.jpg

C'est là que se retrouvaient ceux qui vivaient en dehors des remparts, loin de la saleté de la ville. C'était un lieu de loisirs de plein air, des plus innocents aux moins avouables. La rue voisine (actuelle avenue Montaigne) était appelée "allée des Veuves" ; s'y retrouvaient celles à qui la solitude pesait.*

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* Tu parles d'un nom pour un repaire de célibataires...
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Les Champs-Élysées avaient leur propre service de police dont les rapports fournissent une idée assez colorée de l'époque. On y discutait aussi politique. Paul Barras monta son complot contre Robespierre à l'auberge d'Antoine-Nicolas Doyen (l'actuel restaurant Ledoyen**).

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** J'y suis allé. Goûte leur rouget laqué d'un jus de betterave acidulé. Dis-leur que c'est moi qui t'envoie. Mais ne mentionne PAS mon nom et ne fais aucunement allusion à moi.
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Barras en dit :"Nous cherchions à nous concerter sur les moyens d'arrêter les excès des comités de gouvernement, et d'aider la Convention nationale à recouvrer son existence..." Le soir, les conspirateurs allèrent chez un limonadier.

Pendant la Terreur, ce fut aussi l'un des moyens les plus commodes (parmi la foule) de rejoindre le bois de Boulogne pour se cacher. Seule une dizaine de policiers y patrouillait. Suspects, prisonniers évadés, vagabonds et conscrits potentiels peu enclins à porter l'uniforme s'y dissimulaient dans les buissons.***

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*** Ah, la vie dans la nature, ça aurait plu à Rousseau !
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ACU base de données Cimetière des Saints-Innocents.jpg

Initialement, la rue menant à Saint-Denis (hors des remparts de la ville romaine située sur la rive gauche) servit de cimetière.*

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* Juste pour te prévenir : tu vas découvrir mon surnom royal préféré, toutes périodes confondues.
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Louis VI le Gros, qui avait établi un marché à ciel ouvert près des Halles, fit construire l’église des Saints-Innocents en 1130. Son cimetière devint celui de toutes les paroisses de Paris, soit une concentration sans précédant de dépouilles. Une épidémie de peste pouvait en effet causer des milliers de décès en quelques semaines. Au XV e siècle, plusieurs aménagements furent apportés, certains financés par Nicolas Flamel, comme le charnier des Lingères décoré d’une fresque appelée Danse macabre. Peu avant la Révolution, les corps furent exhumés et transférés dans les catacombes, sous Paris.

ACU base de données Club des Jacobins.jpg

Le ravissant marché Saint-Honoré occupe l'emplacement du plus célèbre couvent de l'histoire de France, celui des Jacobins, qui fut rasé en 1806. Grâce à Robespierre, ce monastère devint le centre de l'activité révolutionnaire. Si toutes les décisions importantes étaient prises à l'Assemblée, le véritable pouvoir se trouvait au club des Jacobins, ainsi appelé parce que son lieu de réunion était l'église des Dominicains, autrement dit Jacobins. Presque tous ses moins l'avaient quitté, et ce gigantesque couvent se trouvait tout près de l'Assemblée. Les premières réunions eurent lieu dans la splendide bibliothèque et, le public étant nombreux, les Jacobins occupèrent l'église et y installèrent des gradins permettant à 1 500 patriotes d'écouter Barnave, Lambeth, Marat et Robespierre. C'était le temple du discours enflammé.*

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* D'avance, pardonne-moi, mais je trouve l'idée d'un "temple du discours enflammé", en France, délicieusement érotique.
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On y tenait trois réunions par semaine, sous le regard du peintre Jacques-Louis David, qu'on peut considérer comme le premier photo-reporter de l'histoire.**

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** Et ce polisson y a pris des photos !
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La salle de réunion fut fermée par les troupes de la Convention le 10 Thermidor. On y installa ensuite un premier marché surnommé "Neuf-Thermidor".

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Le cardinal Mazarin, un temps simple diacre sans beaucoup de biens, laissa 2 millions de livres (une part de la fortune qu'il avait amassée pendant les 18 années passées à diriger la France) afin de construire ce collège et d'entretenir 60 personnes choisies parmi les "quatre nations" (Piémont, Alsace, Flandre et Artois). C'est l'un des plus beaux bâtiments de Paris. Il abrite désormais l'Institut de France et la superbe bibliothèque Mazarine : 275 000 volumes provenant, pour beaucoup, des collections d'émigrés et de guillotinés, dont Louis XVI simplement étiqueté "Louis Capet". Il offre également de splendides vues sur la Seine. En 1793, ce temple du savoir fut transformé en prison, Paris étant essentiellement une vaste prison... Ses premiers occupants furent le peintre Jacques-Louis David (malgré son portrait de Marat, mort dans son bain), le Dr Guillotin, partisans d'un mode d'exécution républicain indolore, et madame de Tourzel, gouvernante des enfants royaux. La chapelle devint un entrepôt de sucre réservé à quelques privilégiés.

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Le palais de la Cité abrita les rois de France du Xe siècle au milieu du XIVe siècle, lorsque Charles V s'installa au Louvre. Une partie du palais fut transformée en prison, mais le nom de Conciergerie resta.

À l'époque de la Révolution, la Conciergerie était la principale prison parisienne. Pour beaucoup, elle fut le dernier lieu de séjour avant l'exécution, d'où son surnom d'"antichambre de la guillotine". Honoré Riouffe, qui y fit un séjour en 1793, l'a qualifiée de "meublé le plus lucratif de Paris". Les détenus pouvaient louer un lit pour 27 livres par mois mais, comme beaucoup étaient exécutés au bout de quelques jours, les geôliers pouvaient louer le même lit plusieurs fois par mois.

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Avant la Révolution et l'éclosion de puissants sentiments antireligieux, Franciade portait le nom de Saint-Denis. Selon la légende, au IIIe siècle, saint Denis fut supplicié et décapité à Montmartre, ce qui ne l'empêcha pas de rejoindre à pied, et la tête sous le bras, le village de Catolacus, où il finit par s'effondrer et fut enterré. Le lieu porta dès lors le nom de Saint-Denis. Célèbre pour son église et son abbaye, dont les moines étaient conseillers des rois, Saint-Denis prospéra jusqu'à la Révolution. Mais en 1794, c'était devenu une ville fantôme.

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Se distinguant par sa haute tour carrée, cette prison fut autrefois une forteresse. Située au cœur de Paris, place de Grève, elle avait une sinistre réputation. Construite par l'infatigable Louis VI le Gros, qui désirait défendre le Grand Pont (remplacé depuis par le pont au Change). Installée au centre d'un quartier sordide, elle servit de quartier général au prévôt de Paris qui dirigeait la ville avec ses lieutenants et 48 conseillers. La justice y était rendue promptement. Si la Bastille fut démolie en quelques semaines, le Grand Châtelet fut largement utilisé sous la Terreur et ses prisonniers furent victimes des massacres de septembre. La prison fut finalement rasée par Napoléon Ier.*

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* C'est souvent le problème avec les dirigeants de petite taille : ils veulent tout ramener à leur niveau.
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Parmi ses occupants célèbres, on peut citer François Villon, Clément Marot, l'empoisonneur Antoine-François Desrues et le marquis de Favras, en 1790, avant sa pendaison. Ce serait là que le mot "morgue" aurait acquis son sens de lieu d'entreposage de cadavres (il désignait auparavant le visage et, en tant que verbe, le fait de regarder avec insistance : les gardiens "morguaient" les prisonniers, le mot s'étendit à certaines cellules puis à celles où on gardait les morts).**

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** Ça me rappelle mon passage dans le système éducatif britannique. Pas le même degré de violences gratuites, cependant.
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À la fin du XIIe siècle, Philippe Auguste mit en place divers marchés et foires dans le lieu-dit des Champeaux, qui devint ensuite le quartier des Halles. Mais avez l'extension des marchés, les rues devinrent de plus en plus encombrées, ce qui compliqua et ralentit l'acheminement du grain.

Au XVIIIe siècle, la ville de Paris décida de simplifier le transport et le stockage du grain en construisant une halle aux blés plus accessible. Le terrain fut acheté en 1755 et une structure circulaire y fut érigée, d'abord dépourvue de toit. On y ajouta en 1782 un dôme de bois pour protéger le grain de la pluie et des autres intempéries.*

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* C'est incroyable qu'il leur ait fallu tant de temps.
"Eh, on n'a qu'à stocker le grain dans un grand truc sans toit !"
"D'accord, mais on ne ferait pas mieux d'ajouter un toit pour protéger notre précieux grain des éléments, des crottes de pigeons et des voleurs ?"
"Euh... De quoi tu te mêles, toi ? Fiche-moi le camp..."
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Après plusieurs incendies, le bâtiment reçut une coupole de fer à la fin du XIXe siècle. Il n'abrite plus de grain mais conserve un rôle marchand : c'est la bourse de commerce de Paris.

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Le chroniqueur Sébastien Mercier parle de dizaines de milliers de ces "enfants exposés" (dont le philosophe d'Alembert fit partie), souvent laissés sur les marches des églises ou dans les "tours d'abandon" des couvents. L'hôpital de la Charité était censé s'occuper d'eux grâce à l'argent de certaines amendes, mais il ne pouvait les prendre tous en charge. Avec le soutien financier du chancelier d'Aligre, la reine Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV, fonda cet hospice en 1670, à l'emplacement de l'actuel square Trousseau. Un autre établissement fut ensuite construit sur le parvis de Notre-Dame.

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En 1246, Louis IX cré le poste de prévôt des marchands, installé dans la Maison aux Piliers qui devint le site de l'Hôtel de Ville. Le bâtiment fut orné de bustes de maires de Paris, qui regardaient la place de Grève et ses exécutions publiques. L'intérieur brûla pendant l'insurrection de 1871. C'est toujours le siège de la mairie de Paris.

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Bâti sous l’ordre de Louis XVI afin d’abriter le service responsable de l’organisation des cérémonies et fêtes royales, l’hôtel des Menus Plaisirs de Versailles (à ne pas confondre avec celui de Paris) doit sa célébrité au fait qu’il a accueilli les états généraux de 1789. Sous la Révolution, il a servi de tribunal, de caserne et de lieu de distribution de pain. Il a été en grande partie détruit en 1800 après son acquisition par un particulier. Aujourd’hui, il abrite le centre de musique baroque de Versailles.

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Plus ancien hôpital de Paris, il remonte au VIIe siècle. Il fut au départ un refuge pour les indigents et les malades, financé par la noblesse. À la Révolution, il avait une terrible réputation. On avait plus de "chances" d'y contracter une maladie mortelle qu'à l'extérieur.*

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* J'espère que c'était leur slogan.
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L'hôpital connut de nombreuses rénovations et abrite toujours les urgences des neuf premiers arrondissements de Paris.**

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** Qui doivent en être ravis.
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Henri IV et le cardinal de Richelieu avaient tenté (sans succès) de créer un hospice pour soldats infirmes. Louis XIV, le Roi-Soleil, résolut le problème en instituant un impôt sur les abbayes de France et la première pierre fut posée le 30 novembre 1671. Cinq ans plus tard, il accueillait quelque 6 000 soldats. En 1689, les Parisiens envahirent les lieux et s'emparèrent des canons et des mousquets entreposés au sous-sol pour attaquer la Bastille. Environ cinquante ans plus tard, la dépouille de Napoléon Ier prend place sous le dôme.

Les Invalides sont aujourd'hui essentiellement un musée. C'est aussi une maison de retraite et un centre médical pour une centaine d'anciens combattants.*

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* Des nouveaux, bien entendu. Pas ceux de Louis XIV. Sinon, ce serait vraiment un excellent hôpital.
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L’une des activités économiques ayant connu une progression spectaculaire pendant la Révolution fut la presse, avec l’augmentation considérable du nombre de publications. En 1789, la censure surveillait de près toute la production écrite, y compris les périodiques. La Révolution fit la propérité des imprimeurs. En juin 1789, on ne comptait que 5 journaux ; en décembre, ils étaient 130. Parmi les plus importantes publication de la Révolution, on peut citer le Vieux Cordelier de Camille Desmoulins, le Patriote français du Girondin Brissot, le Père Duschene d’Hébert et l’Ami du peuple de Marat. Ces journaux touchaient un grand nombre de Parisiens, même les analphabètes, car on déclamait souvent des articles dans la rue.

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Ville dans la ville, les Halles étaient appelées "le ventre de Paris". C'est là qu'on venait faire son marché chaque matin.

Avant d'être un marché, on y trouvait des parcelles cultivées de petite taille, comme l'indiquent le nom de deux rues : rue des Petits-Champs et rue de la Croix des Petits-Champs.

En 1866, l'architecte Victor Baltard acheva la construction de ses pavillons de verre et de fer, au terme d'un chantier de douze ans. Ce modèle fut repris dans de nombreux pays d'Europe. Ce n'est que dans les années 1970 que ces pavillons furent abattus, laissant place à un amas de béton récemment recouvert de verre.

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Tout comme Paris et d'autres villes du pays, Franciade était entourée de murs de l'octroi. Leur fonction était de permettre l'imposition des marchandises qui entraient en ville par différents points d'accès. Cette forme de protectionnisme faisait augmenter le prix de détail des marchandises importées.*

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* Pour lutter contre cette taxe, on inventa une discipline qui donna naissance au saut à la perche, qui, à son tour, évolua en un style de danse très en vogue dans les club de strip-tease. Si je l'ai écrit, c'est que c'est vrai !

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La Ferme général était l'institution privée chargée de collecter l'impôt. Elle fit construire un mur encerclant Paris afin de percevoir les droits sur les marchandises entrant dans la ville (octroi).*

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* Maintenant, il n'y a plus de mur, mais il y a des horodateurs...
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Ce mur comprenait 61 portes ou "barrières", dont quelques-unes subsistent aujourd'hui. La disparition de la Ferme général fut l'une des dispositions de l'Assemblée nationale les plus appréciées.

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La nécropole royale abrite les dépouilles de tous les rois de France depuis le Xe siècle, à l'exception de trois. Saint Louis (Louis IX) y fut enterré quelque temps, mais son tombeau fut fondu pour en récupérer le métal pendant les guerres de religion (1562-1598) et son cadavre disparut.*

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* Selon certains récits méconnus, Louis XIV fit reconstruire son tombeau dans une salle secrète de la crypte. Quand on a les moyens...
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La plupart des tombeaux demeurèrent intacts jusqu'à la Révolution. Une fois ouverts, de nombreux trésors inhumés auprès des rois et des reines furent volés.**

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** Probablement pour être mis aux enchères dans une émission de télévision.
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L'Observatoire fut institué par Louis XIV, qui aimait autant les poètes que les érudits. Claude Perrault dessina les plans du bâtiment, dont la construction ne devait pas employer de fer pour éviter d'influencer les boussoles, ni de bois source d'incendie. La première pierre fut symboliquement posée le jour du solstice d'été 1667. Cinq ans plus tard, Jean-Dominique Cassini gravit les 145 marches* de la tour octogonale sud-ouest.

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* Nombre dont tout le monde se moque.
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Les caves de l'Observatoire se trouvent à 27 mètres sous la surface, où règne une température constante indispensable au bon fonctionnement des instruments optiques et de mesure. Ceux qui travaillaient là devaient descendre 330 marches pour se rendre à leur poste de travail !**

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** Ce n'est pas par hasard que les premiers ascenseurs motorisés entrèrent en service au début du XIXe siècle. Tout le monde avait des crampes aux mollets.
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Sous les caves se trouvent les catacombes.

Le poste de directeur de l'Observatoire fut longtemps transmis de père en fils et demeura au sein de la famille Cassini jusqu'en 1791. Lui succédèrent Lalande, Le Verrier et Arago, entre autres.

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En 1744, Louis XV déclara que s'il se remettait de la variole, il ferai remplacer l'église en ruine de l'abbaye de Sainte-Geneviève. Il guérit et la construction de ce qui allait devenir le Panthéon débuta en 1755 pour s'achever en 1780. Il est construit sur le point le plus haut de la rive gauche, à 60 mètres au-dessus de la Seine.

Conçue comme une église, l'édifice changera de nombreuses fois de fonction, entre Église et État. En avril 1791, la dépouille de Mirabeau y fut déposée, faisant du bâtiment une sorte de mausolée laïc. Elle en fut retirée lorsqu'on apprit qu'il entretenait une correspondance secrète avec le roi.*

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* Il a dû être vert de rage. S'il avait eu une tombe, il s'y serait retourné, mais c'est beaucoup plus difficile quand on est en cendres...
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Aujourd'hui, le Panthéon abrite quelques-uns des plus grands noms français, dont Voltaire, Marie Curie, Victor Hugo...

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En 1601, Henri IV annonça la création d'un place publique triangulaire et sa remise au premier président du Parlement, Achille de Harlay, qui était demeuré loyal à Henri pendant les guerres de religion. En 1608, Harlay découpa la place, éloignée de la circulation, en douze lots. Les maisons furent louées à des artisans, tailleurs, imprimeurs, libraires et agents du Palais de Justice.

Jusqu'en 1633, l'une des principales attractions de cette place, qui n'était qu'un amas de petites maisons, fut les spectacles du farceur parisien Tabarin (Antoine Girard), qui donnait de brèves représentations à l'italienne avec son frère et sa petite troupe. Sa devise était : "Le monde n'est que tromperie, Ou du moins charlatanerie". "Faire le tabarin" est devenu une expression populaire.

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* Que, j'en suis sûr, la plupart des Français, n'ont jamais entendue.
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Louis XIV acheta l'hôtel Vendôme et une partie du couvent des Capucines afin d'embellir, de faciliter la circulation... et d'installer une statue de lui, habillé en empereur romain. Louis XIV en profita aussi en vendant les terrains situés derrière les façades (qu'il avait financées). Tous les financiers importants de l'époque achetèrent. Ils constituaient la crème de la haute société parisienne. Ils furent suivis par les plus modestes locataires sous les toits, comme Vigny. La statue de Louis XIV en tenue romaine fut inaugurée le 13 août 1699, jour de son anniversaire. Elle fut déposée en août 1792 pour fondre des canons.*

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* La transformation de statues de rois en pièces d'artillerie est une tradition : les Américains en ont fait autant avec la statue de George III, à New York, pendant la guerre d'Indépendance.
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Située au cœur de Paris, entre les Champs-Élysées à l'ouest et le jardin des Tuileries à l'est, la place Louis XV fut construite en l'honneur du roi en 1772. Son objectif était d'évoquer l'omnipotence royale.*

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* Tu parles d'un cahier des charges...
- Nous aimerions que ce lieu évoque l'omnipotence royale.
- Ah, oui... L'omnipotence royale. C'est un peu comme l'incontinence royale ?
- Non, ce n'est pas ça du tout.
- Non, en effet. Alors faut-il un gibet de la honte, une sorte de "honnie potence" ?
- Non, pas de gibet non plus. Écoutez, laissez votre adresse, on vous écrira. Suivant !
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C'est là qu'eurent lieu les festivités tragiques au soir du mariage entre le dauphin (futur Louis XVI) et Marie-Antoinette, au cours desquelles, selon les chiffres officiels, 132 personnes moururent piétinées lors du feu d'artifice. Vingt-trois ans plus tard, Louis XVI fut exécuté sur la même place, rebaptisée "place de la Révolution" ; Marie-Antoinette y subit le même sort quelques mois plus tard. La guillotine y resta en place sans interruption du 19 mai 1793 au 13 juin 1794. Au cours de ces treize mois, quelque 1 500 hommes et femmes y eurent la tête tranchée.

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Appelée "place Royale" par Henri IV, qui supervisa la conception de ses 36 pavillons. Le roi avait exigé une symétrie parfaite, quatre arcades et deux rangées de hautes fenêtres pour chaque pavillon. Elle remplaça le champ où, quelques décennies plus tôt, Henri II avait été blessé lors d'une joute et était mort dans un bâtiment voisin. À la Révolution, elle fut évidemment débaptisée et changea plusieurs fois de nom avant de recevoir, en 1792, cette appellation en l'honneur du régiment de volontaires des Vosges venu sauver la République*.

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* Puisque l'historien n'a pas l'air de vouloir indiquer de quoi ces Vosgiens avaient sauvé la République, voici un petit QCM : Autrichiens, Martiens, Hordes de zombies.

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La Sorbonne est tellement célèbre qu'on en oublie qu'elle a été fondée par l'honorable Robert de Sorbon, chapelain de Louis IX et fervent partisan de la culture pour tous.*

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* C'est une honte ! Comme si quelqu'un se rendait sur le champ de bataille de Hastings sans penser un seul instant à moi.
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Ses difficultés à obtenir le titre de docteur en théologie l'ont poussé à faciliter l'éducation des jeunes gens pauvres comme lui. Saint Louis lui fit don d'une maison et de quelques dépendances rue Coupe-gueule, où Sorbon construisit son école. Trois siècles plus tard, Richelieu remarqua que la "Sorbonne" tombait en ruine et décida de la rénover. En 1629, il ordonna sa reconstruction complète si on y gardait une place pour son tombeau, ce qui fut fait. Réalisé par Girardon, ce chef-d'œuvre fut protégé pendant la Révolution et, en 1816, réinstallé dans la chapelle de la Sorbonne, une fois la Restauration officialisée. Vers la fin du XIXe, la vieille Sorbonne du cardinal fut reconstruite et agrandie. La Sorbonne fut souvent raillée, à l'image de Rabelais qui qualifiait de "sorbonagres" des insectes dévorant l'intelligence des penseurs.

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Le cheval fut fondu à Florence et envoyé à Paris en 1614 pour y attendre son cavalier. Il demeura ainsi pendant 21 ans et les Parisiens prirent l'habitude de l'appeler simplement le "cheval de bronze". On réalisa enfin la statue d'Henri IV, le roi protestant qui, avant d'être couronné, avait survécu à la Saint-Barthélémy. Pour asseoir sa position, il se convertit au catholicisme et a peut-être réellement dit : "Paris vaut bien une messe". Aimé du peuple, il fut assassiné dans sa voiture par le fanatique religieux François Ravaillac en 1610. À la Révolution, l'emplacement de la statue servit de point de rendez-vous et même de bureau de recrutement pour les volontaires désireux de combattre les Prussiens.

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De retour des croisades en Terre sainte, les Templiers construisirent cette place forte en 1240 en tant que quartier général de l'Ordre et siège de ses œuvres de charité. Après la trahison de Philippe le Bel et l'exécution de Jacques de Molay, le Temple fut utilisé quelque temps par les chevaliers de Malte avant d'être transformé en prison. L'essentiel de la famille royale y fut incarcéré, notamment Louis XVI, Marie-Antoinette et le dauphin Louis-Charles.*

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* Ça aurait été une excellente émission de télé-réalité. On fait voter le public qui expulse quelqu'un chaque semaine et crie "Coupez !" quand on l'envoie à la guillotine.
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Devenu un lieu de pèlerinage royaliste, le Temple fut détruit sur ordre de Napoléon Ier. Aujourd'hui, il ne reste qu'une station de métro et un marché couvert portant le nom de ce lieu rendu célèbre par un roi traître et un roi trahi.

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Cette tour est le dernier vestige d’un palais royal construit à l’époque de Catherine de Médicis, arrière-petite-fille de Laurent le Magnifique. Catherine s’intéressait à la prédiction de l’avenir (elle fut une protectrice de Nostradamus) et autorisa l’astronome Ruggieri à utiliser cette tour pour observer le ciel depuis la construction en fer installée au sommet.

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Les autorités révolutionnaires introduisirent l'usage de la guillotine, mais la foule, qui ne disposait pas de tels moyens, dut souvent improviser pour laisser libre cours à sa soif de justice. Les lanternes furent souvent utilisées pour pendre l'objet de sa colère. La plus célèbre fut l'une de celles de la place de Grève, devant l'Hôtel de Ville. C'est là que fut pendu, en 1789, le détesté Joseph-François Foulon de Doué, soupçonné de trafic de vivres. Après son exécution, "À la lanterne" devint un slogan célèbre et fut repris dans la chanson Ah ! Ça ira !*

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* Et on a eu de la chance qu'ils ne prennent pas des vessies pour des lanternes...
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Ce fut aussi le thème de l'un des pamphlets les plus célèbres de Camille Desmoulins.

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Louis XV voulut établir sur ces terres seulement habitées par lapins et perdreaux une académie militaire comparable à celle fondée par son grand-père Louis XIV. L'idée était d'accueillir et de former cinq cents garçons de familles pauvres, de préférence ayant été touchées par la guerre, pour en faire des officiers d'élite. Elle eut l'appui de la marquise de Pompadour, à qui Louis XV écrivit qu'il avait approuvé le projet parce qu'elle y tenait absolument. Huit ans plus tard, les premiers enseignements étaient dispensés. L'un de ses élèves les plus célèbres fut le jeune Napoleone Buonaparte, "élève du roi". Il fut diplômé à 15 ans en tant que sous-lieutenant, après seulement une année d'études.

Hôtels particuliers

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Une juxtaposition impressionnante de styles qui fait a posteriori son charme. Le lieu a été choisi par Charles V pour y bâtir l'hôtel Saint-Pol, loin de l'agitation du Louvre. En 1676, le conseiller du Parlement Gaspard Fieubet chargea Mansart de tracer les plans de sa nouvelle demeure. Fieubet, poète et ami de La Fontaine et de madame de Sévigné, était aussi chambellan de la reine Marie-Thérèse (épouse de Louis XIV). Ceci lui évita de regarder à la dépense.

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Le deuxième exemple encore visible d'architecture médiévale à Paris. L'hôtel de Cluny fut bâti au centre de l'ancienne ville gallo-romaine (il est d'ailleurs bordé de vestiges de thermes). L'abbé de Cluny acheta le site pour le transformer en demeure en 1334, et Jacques d'Amboise en fit une luxueuse maison d'amis en 1485. Il fut habité par Marie Tudor, la jeune veuve de Louis XII. François Ier, craignant qu'elle donne naissance à un fils qui aurait pu prétendre au trône, la garda là sous surveillance. Une mesure justifiée : il la trouva dans les bras du duc de Suffolk, son attaché militaire. Elle fut précipitamment mariée dans la chapelle et envoyée avec son mari sur le premier bateau en partance pour l'Angleterre. Le bâtiment est aujourd'hui un charmant musée renommé pour ses tapisseries.

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Situé tout près de la Seine, l'hôtel de Sens est l'un des deux derniers vestiges d'architecture médiévale à Paris (l'autre étant l'hôtel de Cluny). À l'époque, Paris dépendait de l'archevêché de Sens, qui a lancé la construction en 1475. L'un des murs est toujours orné d'un boulet qui est venu s'y ficher lors des journées révolutionnaires de 1830. Le lieu abrite aujourd'hui la bibliothèque Forney.*

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* La reine Margot, qui y séjourna un an, vit un de ses amants se faire trancher la gorge par un rival jaloux devant la magnifique porte gothique de cet hôtel. Souviens-t'en à chaque Saint-Valentin...

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En 1634, le duc de Sully, fringant jeune homme de 74 ans, acheta et fit agrandir un bâtiment dont le jardin donnait sur la place Royale (aujourd'hui place des Vosges). Certains disent qu'un peu sénile, il se promenait couvert de bijoux pendant que sa femme, qui avait le tiers de son âge, collectionnait les soupirants.

C'est de la terrasse de cet hôtel que madame de Sévigné et ses amies regardèrent partir en tombereau, en novembre 1680, l'empoisonneuse et prétendue sorcière Catherine Deshayes dite "La Voisin", pour périr sur le bûcher place de Grève.

Et c'est à la sortie de cet hôtel que le jeune Voltaire, déjà très apprécié de la société parisienne, eut affaire aux serviteurs du chevalier de Rohan, qui le fit ensuite embastiller. Ils s'étaient querellés au sujet d'une actrice. Après cette erreur judiciaire, Voltaire touche une pension de 1 200 livres.

Palais

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On pourrait employer le pluriel car il y a eu plusieurs palais du Louvre depuis son inauguration, en tant que forteresse, par Philippe-Auguste. De nombreux rois cherchèrent à laisser leur marque, en commençant par Charles V le Sage.*

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* "Le Sage", voilà un surnom qui m'irait bien. C'est mieux que "le Gros" ou l'autre qui voulait se faire appeler "le Sévère". Difficile d'imaginer des qualificatifs plus nuls.
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Les rois de France n'ont jamais cessé d'embellir et d'améliorer le "Leovar", qui signifiait "maison forte" en saxon, et devint "Louvre". Sur l'impulsion de François Ier (aussi appelé "François au Grand Nez"**), Henri II et plus tard Louis XIV, ce bastion devint le plus grand palais du monde.

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** Ben non, on a trouvé plus nul comme surnom, finalement.
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Malgré son caractère imposant, les rois s'en désintéressèrent, à commencer par Louis XIII qui aimait son pavillon de chasse à Versailles. La cour appelée "Pavillon de Sully" est surmontée d'une grande horloge. Louis XVI fut le dernier monarque à y habiter.

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Ce palais se trouvait hors des anciens remparts, mais près de la place appelée Louis XV sous l'Ancien Régime (actuelle place de la Concorde). À l'époque, il était comme une petite ville hors de l'agitation parisienne. Il fut bâti sur une envie de la fille illégitime (plus tard reconnue) de Louis XIV et de la marquise de Montespan. Louis XV acheta le terrain pour mettre en valeur le pendant sud de la place qui allait porter son nom jusqu'en 1790. Sous la Révolution, il fut nationalisé et accueillit le Conseil des Cinq-Cents.

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Ce vieil édifice qui surplombe la Tour de l'Horloge présentant des symboles de loi et de justice a été initialement construit par Philippe IV, malgré ses soucis financiers. C'est dans cette partie du palais de la Cité qu'était rendue la justice, pas toujours dans la plus grande transparence. De 1793 à 1795, il abrita le très redouté Tribunal révolutionnaire.

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Initialement simple pavillon de chasse de Louis XIII, le palais de Versailles devint le siège de la monarchie sous son successeur, Louis XIV. La famille royale dut quitter Versailles pour les Tuileries dans le premiers mois de la Révolution, en octobre 1789. Après l'arrestation du roi en 1792, Versailles fut, comme toutes les possessions royales, confisqué et fermé. Le mobilier fut vendu aux enchères à partir de 1793 et le lieu acquit le statut de musée en 1794.*

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* Étrange. Ils ont tout vidé et en ont fait ensuite un musée alors qu'il n'y avait plus rien à voir... Ils ont peut-être mis des petites étiquettes "Ici, il y avait un superbe fauteuil" ?
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Malgré les restaurations, empires et révolutions qui suivirent, Versailles ne redevint jamais un lieu de pouvoir.

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Autrefois palais distinct, les Tuileries furent rattachées au palais du Louvre par Henri IV. Le premier palais des Tuileries fut un caprice de Catherine de Médicis, qui trouvait le Louvre trop grand, trop froid et trop peuplé.Ayant remarqué un terrain ayant abrité une fabrique de tuiles de l'autre côté du fossé, elle y fit bâtir le palais de ses rêves.

Au fil des siècles, le jardin des Tuileries devint un parc où l'on venait se divertir. C'est là que s'éleva le premier ballon à hydrogène emportant un "équipage", devant une foule (400 000 personnes, avancent certains) ayant envahi le jardin, les berges, les toits et la place Louis XV, pour un droit d'accès de trois sous. Neuf ans plus tard, Louis XVI et sa famille durent se réfugier dans la salle du Manège, sous la pression d'insurgés. C'était le 10 août 1792 et le début de la fin pour la monarchie. Le parc de la reine Catherine avait fourni le terreau de la République.

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En 1612, Marie de Médicis*, veuve d'Henri IV de France, acheta des maisons appartenant au duc de Piney-Luxembourg pour les remplacer par un splendide palais dessiné par l'architecte français Salomon de Brosse. Elle voulut l'appeler "palais Médicis", mais les Parisiens, qui la haïssaient, conservèrent l'appellation "Luxembourg".

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* Oui, elle faisait partie de CES Médicis... mais un siècle après l'époque d'Ezio...
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En 1750, le Luxembourg devint le premier musée de Paris. Ses visiteurs pouvaient admirer des tableaux des collections royales.

En 1793, le palais fut brièvement converti en prison. Danton y fut détenu avant d'être envoyé à la guillotine, sort qu'il avait fait subir à tant de ses adversaires.**

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** Ah, il ne perd pas une occasion. Mais il est difficile de demander à un historien d'Abstergo de faire preuve de clémence envers un sympathisant des Assassins. Et Danton n'a pas volé cette pique...
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En 1799, le Consulat y installe le "Sénat conservateur", et la Haute Assemblé y siège depuis. Des transformations intervenues en 1836 ont modifié l'édifice au point que Marie de Médicis ne reconnaîtrait pas son ancienne demeure. Le jardin est un lieu très apprécié des Parisiens.

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Le Palais-Royal fut un lieu très animé de la Révolution sous les auspices de son propriétaire, Philippe, duc d'Orléans, cousin de Louis XVI.

Endetté, Philippe d'Orléans fit garnir les trois arcades d'une soixantaine de boutiques qu'il loua pour rétablir ses finances. Les galeries bouillonnaient d'animation jusqu'à deux heures du matin : escrocs, filous, vieux débauchés et demoiselles de peu de vertu.* Une horloge insolite y fut installée : un petit canon qui tonnait à midi juste, déclenché par le soleil.

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* Certains diront que Paris n'a pas changé d'un poil.
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Il ne put garder son nom monarchique sous la Révolution et fut rebaptisé "Palais Égalité".


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