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Assassin's Creed

Base de données (Syndicate): Objets à collecter

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Cette page est à propos des objets à collecter dans la base de données d'Assassin's Creed: Syndicate.

Notes de dégustation de bières

Goûtez aux bières proposées dans divers pubs de Londres afin que Shaun puisse en séquencer la mémoire sensorielle.

1868 – Limited – Patent no.390

Note de dégustation de Shaun :

J’ignorais qu’il était possible de déposer un brevet pour de l’urine de mouton pasteurisée. Je préférerais boire de la tisane de furoncles.

Je commence à me poser des questions à propos de cette idée de guide historique…

Mild Ale – BOTTLED IN SCOTLAND

Notes de dégustation de Shaun :

Intéressant. Les publicités de l’époque pour cette bière laissent entendre que les innombrables ouvriers qui ont creusé les kilomètres de tunnels et de collecteurs dans les profondeurs de Londres, le nez constamment assailli par des relents nauséabonds et les yeux accablés par la vue de déchets indicibles, appréciaient une bière modérément alcoolisée, bien équilibrée et embouteillée dans le nord de l’Écosse. Je crois qu’ils ont réussi à grouper trois mensonges dans la même phrase.

Strong Ale – Grandshire Old Bewery – Liverpool, England

Notes de dégustation de Shaun :

Bon sang, il y’a des morceaux dans celle-là. J’ai bien envie de jeter l’éponge. Mais non, je dois continuer. L’archéologie culinaire l’exige.

Dis à ma mère que je l’aime.

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Notes de dégustation de Shaun, Addendum :

La Big Bastard mérite bien son nom, avec une forte senteur d’eau de vaisselle et une tenue en bouche rappelant la pâte dentifrice. L’arrière-goût pourrait être appelé « trois heures de délire », à en juger par les quelques dix-sept pages de la dissertation sur les habitudes d’accouplement des bouvreuils que j’ai trouvées sur mon bureau.

Excuse-moi, il faut que je passe aux toilettes.

Pour la dix-septième fois en une heure.

Pale Ale – Alistair Benedict Brewers

Notes de dégustation de Shaun :

Limpide, d’un jaune bilieux. Je n’aurais jamais pensé appliquer l’adjectif « bilieux » à une couleur, mais c’est la nuance qu’Alistair Benedict Brewers semble avoir cherché à obtenir et, de ce point de vue, c’est réussi. Le goût est dominé par le grain gâté, ce qui constitue un choix inhabituel, allié à un moisi bizarre rappelant l’eau qui s’accumule dans les douches à moitiés bouchées d’une salle de gym. Et pas un de ces gymnases modernes aseptisés, non, plutôt un de ces bunkers monstrueux des années 1970 construit entre une voie de chemin de fer et un canal, qui sentent la sueur et devant lesquels des costauds au nez cassé se rassemblent avec leurs bergers allemands pour railler, voir malmener, des clients partant en « vêtements techniques » fluo.

Notes de dégustation de Shaun :

Est-ce un délire de mes sens abusés ? Du vrai houblon ? Du grain datant d’après la révolution agricole ? De l’eau bouillie suffisamment longtemps pour tuer un microbe ? Des vrais fûts en bois ? Ah, bravo, Dr Garrett. Un goût plaisant et équilibré, un nez puissant mais sans exagération et une sensation en bouche légère et agréable. Je sens renaître ma foi en la bière britannique.

Et elle est disponible sans ordonnance !

Notes de dégustation de Shaun :

Tout ce qu’une bonne stout ne doit pas être. Une première impression très forte avec un nez rappelant le vieux mégot et le bacon brûlé, qui évolue vers un goût de boue chaude. Un arrière-goût d’anthracite et un profil global rappelant les senteurs d’un atelier clandestin. Je suis sûr que mes tentatives d’identification des ingrédients m’ont placé sur la liste des personnes surveillées pour bioterrorisme.

Manufactured by E. Smith & Sons Ltd – Since 1855

Notes de dégustation de Shaun :

Ce n’est pas de la bière. C’est du formol servi dans une cruche en grès. Il doit exister quelque part, dans une entreprise de pompes funèbres, un cadavre fraîchement embaumé présentant un bel arôme de houblon. J’aurais préféré en boire une décoction.

Limited

Notes de dégustation de Shaun :

Tu crois vraiment que ce truc est destiné à la consommation humaine ? Parce qu’on dirait un nouveau poison pour les fléchettes de Jacob et Evie.

1868 – Edinburgh

Notes de dégustation de Shaun :

Quand je pense à tout ce que l’Angleterre a fait subir à ses voisins du nord : les guerres, l’oppression, l’interdiction du port du kilt… Eh bien, cette bière venge tous ces outrages. Ce n’est pas une bière, c’est une déclaration de guerre gustative. En la buvant, j’ai eu l’impression d’être un tronc d’arbre lancé lors d’un concours : le départ secoue, l’arrivée assomme. Je crois que je vais aller m’allonger un moment pour réfléchir à ce que je dois faire du reste de ma vie.

Notes de dégustation de Shaun :

Un véritable crime de lèse-majesté.

Ivery Brewery – Bath – 1868

Notes de dégustation de Shaun :

Une bière ! De la plus belle ville d’Angleterre ! Et digne du dîner d’un châtelain en plus !

Eh bien, le nom est approprié, car il m’a fallu les cinq plats d’un repas complet pour chasser de ma pauvre bouche le goût détestable de cette concoction. C’est à croire que l’on a prélevé l’eau de la nappe phréatique du cimetière de Highgate, filtré les morceaux et mis le liquide en bouteille à la lueur d’une nouvelle lune.

J’ai fais quelques recherches sur Ivery Brewery. Elle a complètement disparu lors d’un incendie en 1879 et tu sais quoi ? J’en suis heureux. J’espère que les pompiers l’ont regardé partir en fumée en se faisant griller des saucisses, puis qu’ils ont salé la terre pour que le lieu ayant accueilli une telle entreprise reste à l’abandon jusqu’au jugement dernier. Au moins.

1866 – Lager – Birns Brewery – Registered

Notes de dégustation de Shaun :

Une très forte note initiale d’acide gastrique renforcée par des relents de chewing-gum et des copeaux de bois de crayon. La consistance est proche de celle du blanc d’œuf abandonné dans un bol, avec des pointes de jus de serpillère laissant des traces grises sur les parois du verre.

Comparée aux autres bières de cette étude, je dirais : 3 étoiles sur 5, j’en reprendrais bien une.

Trevena

Notes de dégustation de Shaun :

« Qui tirera cette pinte de ce fût sera roi légitime d’Angleterre. » Ce qui aurait été une bonne chose, car il aurait pu immédiatement condamner le brasseur de cette ignominie pour crime contre la monarchie. A défaut, l’épidémie d’intoxications alimentaires aurait amené la population à déposer le roi, d’où une crise de succession, des guerres civiles et une ruine générale de la Grande-Bretagne. « Moult de couronnes, plus de vertus. »

Et si tu ne sais pas d’où ça vient, tu vas te faire appeler Arthur.

40Years Unrivalled – London

Notes de dégustation de Shaun :

La bouteille n’indique pas à quoi cette mixture est « sans pareille ». Je pense qu’il doit s’agir d’empoisonnements accidentels. Par curiosité, j’ai comparé ce profil mémoriel sensitif à d’autres présents dans notre base de données, et figure-toi qu’il n’existe qu’une différence entre cette bière et se faire enfoncer la tête dans des chiottes publics de Kettering.

L’eau de la cuvette est légèrement plus pure.

Special Brewed

Notes de dégustation de Shaun :

Voilà une information qui te plaira : les bières conditionnées en fûts étaient souvent traitées à l’ichtyocolle, une substance produite à partir de vessies natatoires de cabillauds séchés, afin de les clarifier et d’ôter les particules telles que la levure épuisée.

Dans le cas de la RED Growler Special Brewed, mieux aurait été d’oublier la bière et de mâchonner une vessie natatoire séchée.

Special Brewed – Fermented – Gloucester

Notes de dégustation de Shaun :

Avec son fort parfum et son arôme entêtant, cette bière s’accorderait magnifiquement au flétan. Pardon, j’ai dit « s’accorder » ? Je voulais dire « a le goût de ». Cette bière a le goût du flétan. Le corps est épais, semblable à une mare à la fin de l’été, et parvient même à être grumeleux. Globalement, je la classerais quelque part entre « bambou haché » et « piranha affamé » sur la liste des « choses que j’accepterais à l’extrême limite d’ingérer ».

Irish Brewers – Dublin Stout

Notes de dégustation de Shaun :

Elle tire probablement son nom du fait que ses ingrédients remontent à la jeunesse d’Énoch, père de Mathusalem. Une stout irlandaise digne de ce nom doit être d’un noir profond, avec des notes riches mais subtiles de café et de malt grillé. Ici, le goût rappelle le goudron renforcé de nuances de fumée de pneu brûlé. En bouche, on a l’impression d’avoir léché un rat fraîchement sorti d’un marigot et non, je ne te dirai pas quel souvenir je tire de cette comparaison. En tout cas, merci de ne plus me faire parvenir quoi que ce soit au sujet de cette bière.

London – 1868

Notes de dégustation de Shaun :

Il serait facile d’étalonner la qualité de cette bière, en termes de pureté, à l’eau de la Tamise. Mais je ne le ferai pas. Non, une comparaison aussi simple ferait insulte au caractère exécrable de ce breuvage. Sur l’ensemble des critères employés pour juger une bière, elle tient de l’abîme sans-fond. Le goût est semblable à du jus de filtre à air de tracteur, la couleur est digne du contenu d’un furoncle de chameau d’Asie Centrale, quant là l’odeur… remercie Abstergo de n’avoir pas encore intégré l’olfactovision à l’interface Helix. J’ai chargé cette mémoire sur un vieil Animus 3.0 et maintenant, tout a une odeur de décharge publique tropicale. Je crois que je devrais aller faire une IRM.

Bethune & Sons – Mild Ale – London, Eng.

Notes de dégustation de Shaun :

Ah, la mild ale… L’équivalent, en matière de bière, de la moquette beige ou de la variétoche sucrée.

Lorsque je reprends mes fichiers, il apparaît clairement que j’ai testé ce profil sensoriel, mais je suis bien incapable de me souvenir de quoi que ce soit à son sujet. C’est un anti-souvenir, une saveur que seule son absence peut définir. C’est presque poétique, dans son genre. Dans ces conditions, je ne vois qu’une destination à cette bière : les supermarchés américains.

Notes de dégustation de Shaun :

Tu te fiches de moi ? Tu modifies délibérément ces mémoires sensitives afin qu’elles aient le goût d’esturgeon mariné dans les larmes amères d’un laboureur fraîchement abandonné par son épouse ? C’est un coup de Rebecca ?

Ce n’est pas possible. Cette époque a représenté le summum de la bière londonienne ! Avant l’apparition des conglomérats néerlandophones et des brasseries industrielles utilisant une fleur de houblon à l’hectolitre ! Ses produits ne pouvaient pas être si lamentables, quand même…

Fleurs séchées

Fleurs séchées récupérées lors de vos sessions Helix.

Amaryllis formosissima

FIERTÉ.

--Le langage des fleurs

Statice sinuata

COMPASSION

--Le langage des fleurs

Erica herbacea

SOLITUDE. Quant à moi, avec la Mélancolie pour guide, je me rendrai dans les lieux reculés où l’humble bruyère, qui adore la solitude, tient tête à la progression des cultures. Là, sous les genêts, je m’abandonnerai à mes mornes pensées, et les créatures aussi harassées et affligées que moi viendront me rejoindre de tous côtés.

--Le langage des fleurs

Cistus ladaniferus

L’un des plus robustes buissons d’ornement connus, à la fois odoriférant et agréable à l’œil. Ainsi que l’observe Miller, tout la plante émet par temps chaud une substance glutineuse à la forte senteur balsamique, qui parfume l’air ambiant sur une grande distance.

Ses fleurs, qui apparaissent en très grand nombre en juin et juillet, offrent une beauté aussi intense que fugace. Elles éclosent avec le soleil matinal et, avant le soir, leurs pétales jonchent le sol. Mais les regrets de leur disparition s’effacent dès le lendemain matin, avec une nouvelle floraison.

Fragaria monophylla

PERFECTION. Cette modeste plante adore les sous-bois, dont elle orne l’orée de fruits délicieux appréciés de tous ceux qui prennent la peine de les ramasser.

--Le langage des fleurs

Spartium junceum

HUMILITÉ. En 1234, le roi Saint Louis, après le couronnement de sa reine, choisit cette fleur comme insigne d’un nouvel ordre de chevalerie. Ses membres portaient une chaîne ornée de ces fleurs et de plaques à fleurs de lis, ainsi que d’un pendentif à croix d’or fleurdelisée portant la mention « Exaltat humiles », c’est-à-dire « Il loue les humbles ».

--Le langage des fleurs

Dodecatheon meadia

VOUS ÊTES MA DIVINITÉ. Linné lui a attribué le nom de Dodecatheon, qui signifie « douze divinités ». Ce nom peut paraître pompeux pour une fleur si modeste, mais les botanistes et les amoureux ne sont guères avares en compliments.

Illustrations

Images de l'Illustrated London News récupérées lors de vos sessions Helix.

Correspondance royale

Courriers échangés entre la reine et diverses personnes.

À SA MAJESTÉ LE ROI DES BELGES

Très cher oncle, -

Vos deux précieuses courtes lettres des 23 et 25 m'ont beaucoup touchée ; que vous ayez pris la peine de m'écrire alors que vous vous sentiez faible et souffrant est une nouvelle preuve de votre bonté. Le Dr Jenner m'a écrit chaque jour et se lamente que vous n'ayez pas commencé à suivre son conseil de vous nourrir de manière plus constante, ce qui vous aurait évité cet accès de faiblesse ! Cher oncle, je vous conjure de ne plus négliger les conseils de la Faculté. Pensez à quel point votre vie est précieuse aux yeux de toute l'Europe, sans même parler de ceux de vos enfants et des miens.

Nous profitons d'un temps absolument extraordinaire, un juillet digne de ce nom, avec un ciel exempt de tout nuage et une mer d'un bleu profond ! C'est une merveille qui se renouvelle constamment, sans jamais lasser.

Ces nouvelles d'Amérique sont aussi affreuses que préoccupantes ! Nul n'a jamais entendu parler d'une chose pareille ! Je ne peux qu'espérer qu'elle ne donnera d'idée à personne.

J'ai reçu des nouvelles de la chère comtesse (l'extrait que je vous ai fait parvenir provenait de Vicky), et elle se montre très favorablement disposée envers le prince Christian d'Augustenbourg. Reste à voir comment amener la chose progressivement, le plus naturellement possible. Je vous enverrai demain une copie de ses écrits, espérant avoir en retour votre sincère opinion.

Votre toujours dévouée et malheureuse nièce,

V.R.

À MRS LINCOLN

Chère Madame,

Bien que nous soyons étrangères l'une à l'autre, je ne peux garder le silence alors qu'une telle calamité vient de vous frapper, ainsi que tout votre pays, et tiens à vous exprimer personnellement la profonde et sincère compassion que m'inspirent les effroyables circonstances du malheur qui vous touche.

Personne n'est plus à même d'apprécier vos souffrances que moi, dont le cœur a été brisé par la perte de mon bien-aimé mari, qui était la lumière de ma vie, mon soutien, mon tout. Et je prie avec ferveur afin que vous trouviez le soutien et le réconfort divins et ces heures de profonde affliction !

Vous renouvelant l'expression de toute ma sympathie, je demeure, chère Madame, votre amie sincère,

Victoria R.

DE MRS LINCOLN

Madame,

J'ai reçu la lettre que Votre Majesté a eu la gentillesse de m'écrire, et vous suis profondément reconnaissante de votre expression de tendre sympathie, d'autant plus qu'elle émane d'un cœur lui-même marqué par le chagrin et capable de comprendre celui que j'endure. Acceptez, Madame, l'assurance de mes sincères remerciements, et voyez en moi, depuis l'abîme de mon chagrin, une amie fidèle et reconnaissante de Votre Majesté,

Mary Lincoln

AU PRINCE DE GALLES

Mon cher Bertie-

... Je crains fort de ne pas parvenir à souscrire aux prénoms que tu envisages pour l'enfant. J'espérais un beau nom classique. Frederic est cependant le meilleur des deux, et j'espère que tu l'appelleras ainsi ; George ne nous est parvenu que par la branche de Hanovre. Cependant, dès lors que le cher enfant grandit en force et en sagesse, peu importe son nom. Naturellement, tu ajouteras Albert en fin de liste, comme tes frères, car tu sais que nous avons décidé il y a fort longtemps que tous les descendants anglais de ce cher Papa devaient le porter, de même que je souhaite que toutes les filles aient pour dernier prénom Victoria ! Je ne saurais trop insister sur ce point, qui est une tradition dans toutes les grandes familles...

AU COMTE RUSSELL

La reine tient à assurer Lord Russel qu'il n'a aucune inquiétude à avoir quant à Sa présence à temps pour l'ouverture du parlement. Si elle dispose de toute la journée du lundi, elle pourra se déplacer quand bon lui semble, et Alberta lui ôte tout risque de mauvais moment.

Afin de permettre à la reine d'affronter ce qu'elle ne peut s'empêcher de comparer à une exécution, il est de la plus haute importance de tenir cette pensée éloignée de son esprit, par conséquent le déplacement vers Windsor, qui lui accorderait deux jours avant cette épreuve, lui serait bénéfique.

La reine n'a jusqu'ici jamais fait part de ce douloureux sujet à Lord Russell, mais désire aujourd'hui exprimer ses sentiments. Elle tient cependant, avant toute observation, à indiquer qu'elle absout totalement Lord Russell et ses collègues de toute atteinte et sait que l'épreuve qui s'impose à elle n'est pas de leur fait. La reine est affligée par le manque de commisération dont font preuve ceux qui lui demandent d'ouvrir la session parlementaire. Elle comprend aisément le souhait du public de la voir, et ne souhaite pas l'en priver, bien au contraire. Elle ne comprend pas, en revanche, qu'un tel souhait adopte une forme aussi déraisonnable et insensible que le spectacle d'une pauvre veuve éplorée, aux nerfs et à la stature fragiles, contrainte de sortir de son deuil pour se présenter SEULE devant l'ÉTAT entier, tâche qu'elle a jusqu'ici assumée avec le soutien de son défunt époux, aux simples fins d'alimenter les commentaires dépourvus de sentiments de la gent politique. C'est pour elle une épreuve qu'elle n'infligerait pas à son pire ennemi !

Elle le fera, ainsi qu'elle l'a promis, mais considère comme un complet manque de compassion qu'il lui en ait été fait la demande. Elle est incapable d'évaluer les souffrances que cette apparition lui causera dans l'état de nerfs dans lequel elle se trouve, et se demande où elle trouvera la force d'y parvenir. Si la reine avait été de constitution nerveuse plus solide, elle aurait affronté sans peine cette présentation, mais son état actuel, du fait de l'anxiété, du travail incessant qui l'épuise et du chagrin qui l'accable, fait d'elle une femme extrêmement troublée. Nul doute qu'elle souffrira beaucoup, et longtemps, de la contrainte nerveuse qui va lui imposer cette épreuve. Il lui est douloureux, alors qu'elle travaille toute la journée et même tard dans la nuit, d'avoir à endurer pareil traitement.

JOURNAL DE LA REINE

Belle matinée. Terriblement nerveuse et agitée. À dix heures et demie, ai quitté Windsor pour Londres, avec enfants, dames et messieurs. Foule nombreuse dehors, ainsi ai-je eu (pour la première fois depuis mon grand malheur) une escorte. Habillage après le déjeuner, auquel ai à peine touché. Ai revêtu ma robe du soir ordinaire, seulement ornée de petit-gris, et ma coiffe à long voile de tulle, avec un petit diadème à diamants et saphirs porté sur l'arrière, et des diamants soulignant l'avant de la coiffe.

Monter en voiture seule, au son de l'orchestre, fut un moment pénible, et il m'a été difficile de retenir mes larmes face aux clameurs de la foule. Mais nos deux chères filles m'ont été d'un grand secours, car elles étaient parfaitement conscientes de ce que j'endurais. La foule s'est montrée très enthousiaste et les gens ont paru me regarder avec compassion. Malgré les bourrasques de vent, les deux fenêtres étaient ouvertes.

À mon entrée au parlement, qui était comble, j'ai cru défaillir. Le profond silence, tous ces regards posés sur moi, seule. Je ne me suis sentie soulagée qu'à ma descente du trône, une fois la chose terminée...

Je suis si heureuse que la grande épreuve d'aujourd'hui soit derrière moi, et que j'aie pu remplir mes obligations de souveraine.

AU PRINCE DE GALLES

Cher Bertie,

J'ai reçu hier soir, après le dîner, ta lettre du jour précédent à propos de ta visite à Saint-Pétersbourg. Je trouve parfaitement naturel que tu aies envie de te rendre en Russie et, en particulier, d'assister au mariage de la chère sœur d'Alix, et que Dagmar souhaite connaître le visage de son cher beau-frère en des temps aussi éprouvants. Mais j'avoue ne guère aimer cette idée. Tout d'abord, je pense que ce n'est pas la meilleure période de l'année pour se rendre là-bas. Ensuite, ta visite à Saint-Pétersbourg (comme, tu te le rappelles sûrement, je te l'ai dit lorsque tu as souhaité, il y a deux ans, te rendre au mariage de Dagmar avec l'autre Cesarevitch), devrait être une visite banale, pas à l'occasion d'un tel événement. Enfin, je pense que le gouvernement accorde trop d'importance à la chose d'un point de vue politique. Voilà les principales raisons de ma désapprobation, auxquelles j'en ajouterai une à laquelle j'ai souvent, cher enfant, fait allusion : tu ne cesses de voyager et n'es presque jamais à la maison. Le pays, comme nous tous, préférerait que tu te déplaces moins, et j'espérais que ce serait le cas cet automne et cet hiver. Cependant, si tu tiens absolument à te rendre là-bas en ce moment, je ne m'y opposerai pas...

Très cher Bertie,

Tu recevras ces lignes le jour de mon anniversaire, ainsi que les insignes de l'Ordre du Chardon. Je sais que tu tenais beaucoup à les recevoir, aussi ai-je décidé de te les faire remettre le triste jour de mon anniversaire, autrefois si joyeux. J'espère que cette surprise te plaira.

Je compte attribuer le même jour à notre cher Arthur, désormais âgé de dix-sept ans, l'Ordre de la Jarretière.

J'aurais volontiers attribué à Affie le poste de Constable de la Tour ronde, mais dans la mesure où il ne réside pas en Angleterre et où il peut se passer de ce revenu, je vais le confier au pauvre Victor. Je te charge de le lui annoncer en mon nom et de lui dire que je pense qu'il ferait bien de se montrer désormais très prudent et de s'abstenir de s'embarquer dans une quelconque entreprise risquée. Use de sévérité.

Lenchen et Christian résidant à Frogmore, je compte nommer Christian Ranger de Windsor Park, ce qui lui fournira une occupation agréable et aidera grandement le général Seymour. Mais cela ne changera rien aux chasses, qui demeureront entièrement entre mes mains et sous ma direction...

V.R.

À LORD CHARLES FITZROY

Lord Charles Fitzroy ayant toujours fait preuve d'une grande gentillesse envers la reine pour tout ce qui concerne son confort et son bien-être, et l'ayant récemment informée de ce que le duc de Beaufort comprenait parfaitement et partageait ses souhaits relatifs à son fidèle Brown, et lui ayant indiqué l'an dernier que la population comprenait son départ en tant que haut serviteur de l'équipage royal, et lord Charles estimant qu'il ne devait exister aucune différence entre Londres et le reste du pays, elle est fort étonnée et choquée de l'attitude de certains visant à empêcher son fidèle serviteur de l'accompagner à la Revue de Hyde Park, plongeant ainsi la pauvre reine si habituée à ses soins attentionnés et à son intelligence, et dont les nerfs sont fragiles, dans un terrible état d'angoisse et de désarroi. La reine ignore ce que tout ceci peut signifier et ce qui est envisageable en la matière, mais elle serait très reconnaissante à lord Charles de venir demain matin, afin de discuter avec lui de ce sujet, non tant en vue de régler l'affaire présente que pour examiner ce qui peut être envisagé, afin qu'à l'avenir elle ne soit pas soumise de la sorte à l'intervention d'autrui et d'indiquer clairement, une fois pour toutes, que son haut serviteur (qu'il s'agisse de Brown ou d'un autre au cas où celui-ci, malade, serait remplacé) fait partie de ses serviteurs d'extérieur pour les affaires d'État comme pour les circonstances privées. La reine ne se laissera pas dicter, et ne laissera personne modifier ce qui lui paraît convenir à son confort, et entend que ses gentlemen, et tout particulièrement ses Écuyers fassent le nécessaire à l'avenir, quelle que soit la solution retenue pour la présente situation.

Si, à son arrivée, lord Charles se rend auprès de la comtesse Blücher, celle-ci lui relatera l'affaire dans son entièreté.

JOURNAL DE LA REINE

À mon arrivée, le gén. Grey a demandé à me voir, indiquant qu'il était désolé de m'alarmer ainsi, mais qu'il devait me présenter un télégramme de Mr Hardy, précisant que le maire de Manchester l'avait informé de source sûre de ce que les Féniens avaient déclaré s'emparer ici de ma personne ! Quelle folie ! Mr Hardy ayant ajouté qu'il convenait de prendre des précautions particulières, le gén. Grey a demandé l'autorisation de dépêcher sur-le-champ un détachement d'Aberdeen (93e Highlanders) à Abergeldie, en laissant croire que ce déplacement était lié à la cérémonie de demain. Il a également demandé des forces de police supplémentaires.

À LORD STANLEY

La reine a bien reçu le pli de Lord Stanley du 12 courant.

Elle ne doute en rien de la volonté de Lord Stanley de respecter la pratique constitutionnelle de soumettre au bon plaisir de la reine l'envoi d'une quelconque dépêche vers sa destination. Mais elle ne saurait accepter l'habitude irrégulière qui s'est insinuée depuis quelque temps consistant à envoyer des dépêches sans son approbation préalable, en se reposant sur la possibilité de les annuler par télégramme en cas de désapprobation. Elle tient par conséquent au rétablissement de l'ancienne pratique prévoyant d'obtenir son approbation avant l'envoi de toute dépêche.

La reine n'a pas souvenir d'avoir jamais failli au renvoi d'une boîte portant la mention "Immédiat", et lorsqu'elle se trouve à Windsor, aucun courrier n'a jamais été égaré de son fait. Il lui faut également indiquer à propos de la dépêche en question que, bien qu'elle ait été daté du 9, elle n'a quitté le Foreign Office que dans la soirée du 10 et ne lui est parvenue que le 11.

La reine observe également que la remarque de lord Stanley selon laquelle il existe "une importante différence entre l'expression d'une opinion personnelle lors d'une conversation et un avis officiel du gouvernement" ne saurait tenir. Dès lors que de telles conversations sont notées et reproduites dans des dépêches officielles censées avoir reçu la sanction de la souveraine, elles perdent tout caractère de communication privée et personnelle.

DU GÉNÉRAL GREY

Le général Grey présent ses humbles et très dévoués devoir à Votre Majesté.

Il regrette profondément, et les mots ne sauraient exprimer ses remords, d'avoir alarmé Votre Majesté. S'il a abordé le sujet hier, ce n'était que sur l'insistance de Mr Hardy. Mais en parlant comme il l'a fait hier, il craint de ne pas en avoir dit assez, car il lui semble que, pour assurer au mieux sa sécurité, Votre Majesté ne devrait se faire aucune illusion quant aux desseins ourdis contre elle ou quant à la facilité qu'offre Osborne de les mener à bien, en dépit de toute la surveillance mise en œuvre.

Des actes tels que ceux qui sont envisagés sont difficiles à commettre dans les lieux peuplés, ou en présence d'une foule nombreuse. Les endroits les moins sûrs pour Votre Majesté sont, ces temps-ci, ceux où la population est peu nombreuse et éparse. Le général Grey regrette d'avoir à communiquer à Votre Majesté de telles informations, car il sait qu'elles s'opposent au sentiment de Votre Majesté et lui créeront de l'inconfort. Mais il serait totalement indigne de la confiance dont Votre Majesté fait preuve envers lui s'il hésitait en cet instant, même au risque d'encourir le déplaisir de Votre Majesté, à annoncer ce qu'il estime nécessaire pour la sécurité de Votre Majesté.

Il s'est abstenu hier de transmettre à Votre Majesté l'entièreté des informations reçues à propos des desseins qui se trament contre Votre Majesté. Il soumet à présent à l'attention de Votre Majesté la note qu'il a reçue de Mr Hardy après l'avoir rencontré ce mardi, et qui fait réponse au pli dans lequel le général Grey demandait à Mr Hardy s'il estimait nécessaire d'informer Votre Majesté des projets contre sa personne. Il y joint le courrier qu'il a reçu ce matin de Mr Hardy, ainsi qu'une lettre du duc de Buckingham corroborant les informations recueillies par le Home Office. Il joint également une lettre du duc de Cambridge renfermant un courrier anonyme, manifestement rédigé par une personne loyale, l'avisant des projets contre Votre Majesté selon laquelle "ils attendent simplement la mise à disposition des militaires, dans et autour de Londres, pour la lutte contre les incendies, qui semblent constituer la forme d'action la plus probable."

Lord Derby avait rédigé, et était sur le point de porter à la connaissance de Votre Majesté, les douloureux et alarmants rapports reçus à propos de projets contre la personne de Votre Majesté, lorsqu'il a reçu une lettre du général Grey l'informant de ce qu'il avait considéré qu'il était de son devoir de présenter à Votre Majesté les informations reçues par télégramme de lord Monck et qui ont été depuis confirmées par plusieurs services. Dans la mesure où Votre Majesté doit rencontrer demain le duc de Buckingham, lord Derby s'abstient de détailler les mesures prises par les serviteurs de Votre Majesté en vue de la protéger du danger en question et dans lesquelles, en outre, sa Grâce tient un rôle majeur. Il lui est extrêmement pénible de constater qu'un crime aussi odieux puisse être envisagé ; s'il est disposé à écarter de simples rumeurs d'attentat contre Votre Majesté (ou ses serviteurs, ce qui a été maintes fois le cas), il ne saurait fermer les yeux lorsqu'il est convaincu que de tels projets sont effectivement envisagés, et que la détermination de quelques hommes résolus à les mettre en œuvre, au péril de leur vie, réclame la plus haute vigilance, tout en sachant que même de telles mesures POURRAIENT s'avérer insuffisantes.

Lord Derby ne se serait pas hasardé à rédiger sous cette forme s'il n'avait su à quel point Votre Majesté est insensible (peut-être même trop, s'il lui est permis de s'exprimer ainsi) à l'appréhension personnelle. Mais il pense pouvoir indiquer, très respectueusement, mais aussi très solennellement, qu'il est une chose que doit Votre Majesté à des millions de loyaux sujets : ne pas exposer à des risques inutiles une vie à ce point inestimable pour le pays. Et il ne peut qu'adhérer à l'opinion du général Grey, dont il sait que ce dernier l'a soumise à Votre Majesté, selon laquelle peu de lieux offrent autant de telles menaces. Naturellement, tant que votre Majesté souhaitera y demeurer, toutes les mesures susceptibles d'être prises pour assurer la sécurité de Votre Majesté, sur terre comme sur mer, le seront. Mais lord Derby ne peut s'empêcher d'indiquer que, selon son intime conviction, la sécurité de Votre Majesté serait mieux assurée à Londres, et mieux encore à Windsor. Et il se sentirait non seulement profondément responsable envers la population, et coupable envers sa conscience, s'il s'abstenait de faire part de son opinion à Votre Majesté, aussi déplaisant que cela puisse être. Quoi qu'il en soit, lord Derby prie Votre Majesté, avec toute la gravité qu'impose la situation, de bien vouloir au moins coopérer avec ceux que le devoir comme l'affection poussent à veiller sur la sécurité de Votre Majesté, en restreignant ses déplacements, dans la mesure du possible, aux heures du jour, et en acceptant d'être accompagnée par un nombre de personnes suffisant pour contrer une attaque. La demeure d'Osborne peut, au pris de grands efforts, être protégée, mais les déplacements nocturnes, sans entourage suffisant, de Votre Majesté offrent à des aventuriers résolus des occasions que nulle mesure de protection ne saurait prévenir...



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