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Westminster

Westminster incarne l’atmosphère de richesse du West End de Londres. Abritant le Parlement et Buckingham Palace, Westminster fut le centre politique de l’Empire britannique, par conséquent celui d’une bonne partie du monde au XIXe siècle.

Si cette adresse est synonyme, dans le monde entier, de la résidence officielle du Premier ministre du Royaume-Uni, ils ne furent contraints d’y habiter qu’à partir de 1908.

Cette rue doit son nom à George Downing, qui fut le chef du Renseignement d’Oliver Cromwell pendant la Révolution d’Angleterre. A la restauration de la monarchie, Downing utilisa son talent pour la persuasion afin d’éviter l’exécution et offrit ses services au roi Charles II. La première résidence bâtie sur le site du 10 Downing Street fut celle de sir Thomas Knyvet, et lui fut offerte par la reine Elizabeth Ire en 1581. Le plus grand succès de Knyvet fut l’arrestation de Guy Fawkes et l’étouffement du complot qui visait à détruire le palais de Westminster Palace. Ça vaut bien une bicoque.

Le premier Premier ministre (je sais, c’est ridicule, ce doublé) à habiter 10 Downing Street fut sir Robert Walpole. Le roi George III fit cadeau de la maison à Walpole en 1732, mais ce dernier n’accepta qu’à condition que le 10 Downing Street devienne la résidence officielle du Premier ministre.

La plupart des Premiers ministres étant resté fidèles à leurs pénates coutumières, le 10 Downing Street se dégrada progressivement. Lorsque Benjamin Disraeli devint Premier ministre en 1868, la demeure était, selon ses propres termes « miteuse et décatie ».Il persuada le Parlement de rénover le bâtiment, mais dut payer de sa poche la remise à neuf de ses appartements.

On peut qualifier l’abbaye de Westminster d’église personnelle des monarques britanniques. Elle accueille le couronnement des rois et reines d’Angleterre depuis l’accession au trône de Guillaume le Conquérant, le jour de Noël 1066. Le plus beau cadeau de Noël de tous les temps.

Lorsqu’Édouard le Confesseur parvint à chasser les Danois d’Angleterre au XIe siècle, il fit reconstruire une église saxonne dans le style roman afin de montrer sa gratitude à Dieu et au pape. Henry III, qui fut couronné bien plus tard, procéda à une nouvelle reconstruction, cette fois en style gothique, en hommage à Édouard le Confesseur. Afin de financer le projet, Henry puisa dans les caisses de l’État, ce qui ne fut guère apprécié. Le résultat des travaux est l’abbaye de Westminster telle que nous la connaissons. L’église est largement demeurée telle quelle depuis le XIIIe siècle.

Malgré son nom, l’abbaye de Westminster n’est ni une abbaye, ni une cathédrale, mais a le statut de 5 « Royal Peculiar » (qu’on peut traduire par « particularité royale »), ce qui signifie qu’elle relève de la Couronne et non de l’Église d’Angleterre.

Si les églises étaient les seules particularités royales…

Premier immeuble de bureaux londonien conçu pour cet usage, l’Admiralty (aussi appelé Ripley Building en l’honneur de son concepteur, Thomas Ripley) fut construite pour une défunte administration appelée à bon escient « amirauté ». Elle était chargée de diriger la Royal Navy, ce qui sied admirablement à une organisation appelée « amirauté ». Ce bâtiment en « U » abritait une salle du conseil, des bureaux et les appartements des lords de l’amirauté. Cela permettait à ces bons lords de venir au travail en pantoufles, probablement pour ne rien faire du tout ; on peut donc les considérer comme les concepteurs web free-lance de l’époque.

En 1759, la ville élargit la rue bordant l’Amirauté, entamant sa cour. Les lords commandèrent une nouvelle façade que l’on appela « Admiralty Screen ». Elle existe toujours et masque de son classicisme grec le terne bâtiment administratif qui se trouve derrière. Mais c’est le classicisme que j’aime le moins.

En 1964, l’Amirauté accueillit le département du Développement international. Ne me demande pas ce que c’est, je me suis endormi en tapant cette phrase.

Charles Berry se vit confier en 1844 la reconstruction du parlement, détruit dans un incendie dix ans plus tôt. Il fut décidé que le nouvel édifice disposerait d’une tour ornée d’une horloge, et Barry fit appel à l’horloger de renom Lewis Vulliamy pour la conception de la tocante en question (on a eu de la chance qu’il n’ait pas choisi un horloger suisse… je te laisse imaginer le vacarme que ferait un coucou de cette taille).

Big Ben désigne généralement la tour toute entière, mais fut initialement le nom de la plus imposante des cloches qu’elle abrite. Le nom officiel de la tour est Elizabeth Tower, à cause de la reine Elizabeth II. Parce que.

On offre généralement deux explications au surnom de« Big Ben ». La première évoque le diminutif du prénom de sir Benjamin Hall, le corpulent ministre des travaux publics de l’époque. La seconde proviendrait de l’univers de la boxe : les boxeurs poids lourds de l’époque étaient surnommés « Bigs Bens » en hommage au champion Benjamin Caut.

Chacun des cadrans de l’horloge porte à sa base, gravé, le message suivant : « Ô Seigneur, veille sur notre reine Victoria Ire. »

Lorsque la reine Victoria s’installa à Buckingham Palace en 1837, quelques semaines après son accession au trône, elle déclara : « Buckingham me ravit. » Par la suite, elle eut l’occasion que le palais était froid, humide, mal aéré et bien trop petit pour ses besoins.

L’édifice original était une résidence privée bâtie par le duc de Buckingham. Le roi George III fit l’acquisition de la bien-nommée Buckingham House en 1761 afin de l’offrir à sa femme, la reine Charlotte. George IV, qui monta sur le trône en 1820, entreprit de faire de Buckingham House un palais. Ce roi grandiose engagea l’architecte John Nash, et Nash doubla la taille de Buckingham House, ajoutant un nouvel ensemble de pièces, abattant les ailes nord et sud pour les reconstruire et en plus grand et installant la grande Marble Arch dans la cour. C’est vrai, qui voudrait d’une cour sans arche de marbre ? Si tu n’en as pas, ce n’est même pas la peine de m’inviter. Nash fut tellement emballé par la construction du nouveau palais que le coût des travaux enfla jusqu’à un demi-million de livres. Il fut remercié en 1829 et George IV mourut l’année suivante, avant l’achèvement du palais.

Le successeur de George IV, son frère William IV, supervisa l’achèvement de Buckingham Palace mais n’y résida jamais. Victoria fut la première monarque à y habiter, près de vingt ans après le début des travaux.

Avant 1820, Belgrave Square était une zone agricole située entre la City et le village voisin de Knightsbridge. Considérée comme un marécage tout juste bon à accueillir les combats de chiens, elle fut ensuite aménagée par ses propriétaires, en coopération avec la riche et puissante famille Grovesnor en vue d’étendre Londres. Le projet fut achevé en 1825.

Les coins de cette place de quelque quatre hectares correspondent au quatre points cardinaux. Les maisons qui la bordent, largement similaires, ont été occupées par d’importants personnages britanniques tels que des ambassadeurs, des hommes politiques et même la mère de la reine Victoria, la duchesse de Kent. Ça devait être gratiné, le jour des poubelles : « Bonjour, duchesse ! Eh bien, vous avez beaucoup de bouteilles à recycler ! »

Également appelé Palais de Westminster, cet édifice a été construit et remanié autour d’une des premières résidences royales. Le grand hall est l’unique vestige du palais bâti sur ordre de William II à la fin du XIe siècle.

L’ancien palais demeura une résidence royale pendant un peu plus de quatre siècles, jusqu’à ce qu’Henry VIII s’installe au palais de Whitehall en 1530. L’ancien palais devint alors le siège permanent de deux assemblées du parlement : la Chambre des communes et la Chambre des Lords. Qualifier les relations entre Henry VIII et l’Église catholiques de « tourmentées » est un doux euphémisme, et reviendrait à parler de « relations tendues » entre le Royaume-Uni et l’Allemagne entre 1939 et 1945. Cette opposition fit beaucoup transpirer les juristes royaux, établis dans l’ancien palais, ce qui conférait également à l’édifice une fonction juridique.

Parmi les personnages les plus célèbres à avoir été jugés au palais de Westminster, on peut citer Guy Fawkes, l’extrémiste catholique qui tenta de faire sauter le parlement en 1606, et le roi Charles Ier qui fut jugé et exécuté pour trahison au plus fort de la Révolution d’Angleterre. Le premier ministre Spencer Percival fut assassiné dans le hall de la Chambre des communes en 1812.

A l’origine Maison des banquets pour le palais de Whitehall, cet édifice fut achevé en 1622 selon les plans d’Inigo Jones. La Maison des banquets fut utilisée par le roi James Ier pour des réceptions et des représentations associant poésie, danse, musique et costumes. Tu n’imagines pas à quel point ces mots correspondent à ma définition personnelle de l’Enfer. Ces occasions, ou Masques, ou épouvantables simulacres, étaient très appréciés par les Stuart et assuraient souvent la promotion du caractère divin de la monarchie.

C’est probablement pour ça que je n’ai jamais pu faire confiance à un type appelé Stuart.

Naturellement, tout cela n’apporta pas grand-chose de bon au roi Charles Ier : ses différends avec le Parlement déclenchèrent la révolution d’Angleterre et ce vieux Charlie fut exécuté devant la Maison des banquets en 1649. Toujours gênant…

Ce fut la seule portion du palais de Whitehall à survivre à l’incendie de 1698. Dans la mesure où une maison des banquets sans palais n’est plus une maison des banquets (comme ma mère le répétait souvent), le bâtiment fut reconverti afin de remplacer la chapelle royale de Whitehall, qui avait elle aussi brûlée. Quelle idée de s’éclairer à la bougie aussi…

En 1809, une deuxième galerie fut ajoutée à la chapelle afin d’accueillir des cérémonies militaires plus vastes. Elle demeura chapelle royale jusqu’en 1891, data à laquelle elle fut transformée en musée avec l’aval de la reine Victoria. A ce jour, elle n’a pas encore brûlée.

Aucun diamant n’est parfait, et même un quartier aussi huppé que Westminster abritait une poche de crime et de débauche. Tothill Fields, ou Devil’s Acre, ainsi que l’appelait Charles Dickens, étaient si dangereux que les flics avaient peur de s’y rendre.

Certains estiment que ce rebut urbain date de l’époque où l’abbaye de Westminster avait droit de sanctuaire… après avoir recueilli les criminels, il fallait bien les mettre quelque part, et comme les moines n’aiment pas se faire tondre, ils n’allaient pas les conserver chez eux. Il est aussi possible que le secteur ait été marécageux et propice aux maladies, et donc délaissé par la population riche de Westminster. Quoi qu’il en soit, Devil’s Acre était une verrue que beaucoup aurait aimé faire disparaître d’un coup de lame.

En raison de sa proximité de l’abbaye de Westminster, du Parlement, etc…, Devil’s Acre devint une cause à défendre pour les philanthropes londoniens. Whitechapel éloigné et donc hors de la vue des rupins, n’eut pas cette chance. Dickens, alors jeune journaliste, écrivit beaucoup sur Devil’s Acre et, en 1847, aida la millionnaire Angela Burdett-Coutts à établir un asile pour les prostituées de Devil’s Acre appelé Urania Cottage. Des missionnaires officiaient sans cesse dans le quartier, espérant que la religion aurait raison de la pauvreté. La philanthrope Adeline Cooper, avec l’aide de lord Shaftsbury, acheta un pub de Devil’s Acre et le transforma en école pour les orphelins du secteur.

Au-delà de toutes ces nobles initiatives, ce fut la mise en place du réseau d’égouts londoniens qui contribua le plus à la réhabilitation de Devil’s Acre. Il draina les eaux marécageuses, ce qui rendit soudain les terrains attrayants pour les promoteurs immobiliers. Victoria Street vint couper en deux Devil’s Acre, et les habitants furent envoyés dans des logements sociaux récemment construits.

Depuis 1885, ce bâtiment abrite le Scotland Office, une institution étatique dépendant du ministère de la Justice et chargée de veiller aux besoins des Écossais. Ce qui se limite en gros au whisky et aux parapluies. La demeure a été bâtie en 1755 par sir Matthew Fetherstonhaugh, un membre du Parlement. Fetherstonhaugh mourut (peut-être de fatigue, ayant dû constamment épeler son nom à ses contemporains) et sa veuve vendit la demeure au prince Frederick, duc d’York et d’Albany, treize ans plus tard. Le prince rénova la bâtisse, lui offrant son portique et son hall circulaire, avant de l’échanger contre la demeure de lord Melbourne à Piccadilly en 1792.

La demeure, dès lors appelée Melbourne House, ne reçut le nom de Dover House qu’en 1831, lorsque George James Welbore Agar-Ellis (qui devait lui aussi s’épuiser à épeler son nom) reçut le titre beaucoup plus prononçable de Baron Dover. Agar-Ellis et son fils furent les derniers propriétaires privés de Dover House avant que l’État n’en fasse le Scotland Office.

A l’époque où l’on confia à George Gilbert Scott la tâche de dessiner et de bâtir le nouveau siège du Foreign Office, l’édifice original était dans un tel état de délabrement que le Ministre des Affaires étrangères, lors Malmesbury faillit être tué par la chute d’un morceau de plafond sur son bureau, en 1852.

Un concours fut organisé en 1857, et bien que le projet de Scott ne soit arrivé qu’à la deuxième place, il fut engagé sur l’insistance du Premier ministre Derby, grand amateur du style gothique de Scott. Mais avant que Scott ait pu entamer les travaux, lord Palmerston occupa le poste de Premier ministre et exigea que Scott construise en style classique. Le problème, c’est que Scott détestait l’architecture classique. Mais comme le boulot était bien payé, il accepta. Le Foreign Office fut finalement bâti en 1868, dans un style classique italianisant. Il ne plut ni à Scott, ni à Palmerston. Beau travail, les mecs !

Histoire de ne pas avoir complètement perdu son temps, Scott modifia son projet gothique initial et s’en servit pour l’hôtel de la gare St. Pancras. C’est là qu’arrivent les trains en provenance de Paris.

Si ça ne tenait qu’à moi, je reboucherais ce maudit tunnel.

En 1660, Charles II émit le royal souhait de pouvoir se rendre de Hyde Park à St.James’s Park sans que ses royaux petons ne quittent une terre royale. Il ordonna donc la construction de ce qu’il baptisa Upper St.James’s Park afin de relier les deux parcs susnommés.

Ce parc fut officiellement renommé Green Park en 1746. L’une des explications de cette appellation, probablement fausse, est la suivante : lorsque la reine Catherine découvrit que le roi Charles avait cueilli des fleurs dans ce parc pour les offrir à une autre femme, elle ordonna que l’on en ôte tous les massifs, rendant ainsi le parc entièrement « vert ». De nos jours encore, il n’y a aucun massif de fleurs dans ce parc.

Personnellement, je suis davantage choqué qu’il ait cueilli lui-même des fleurs. C’était couper l’herbe sous le pied des fleuristes.

En juin 1840, Edward Oxford tenta d’assassiner la reine Victoria alors que sa voiture passait devant Green Park. Il fit feu par deux fois sur la voiture, la manqua et fut maîtrisé. Ce fut le premier des huit attentats contre la reine. A l’époque, elle était enceinte.

Horse Guards est le quartier général officiel de Household Cavalry Mounted Regiment, l’unité qui assure la garde du monarque britannique.

Aux XVIe et XVIIe siècles, ce site servait de carrière équestre au palais de Westminster. La dynastie des Tudor y organisa d’extravagants tournois, dont on dit qu’ils attiraient des milliers de spectateurs. La carrière fut également utilisée pour des feux d’artifice et des combats d’ours et de chiens. Mais pas en même temps.

Le site fut bâti pour la première fois en 1641, après la fermeture de la carrière pour « troubles graves ». Ne m’en demande pas plus. La première caserne des Horse Guards fut construite en 1665 et rasée en 1749. Elle était si délabrée que soldats et chevaux risquaient constamment d’être écrasés par des débris. Je crois que les mêmes mecs sont venus travailler chez moi.

La construction du quartier militaire actuel débuta en 1750, et la Queen’s Household Cavalry s’y installa cinq ans plus tard. Dans les années qui suivirent, deux portions de la caserne acquirent une certaine réputation en raison des activités, disons… « non réglementaires » qui s’y déroulaient. La première fut la présence d’une arène de combats de coqs dans les sous-sols, la seconde, l’existence d’un café attirant les prostituées. Tu sais à quel point ces dames aiment le cappuccino. La police venait souvent régler les différends et rétablir l’ordre, mais se faisait rembarrer par les militaires. Le café a finalement fermé ses portes en 1850.

Bon, j’ai découvert un truc en faisant mes recherches : il y’a plusieurs bicoques appelées Montagu House. Je sais. Prends un mouchoir. La première, bâtie en 1675 et propriété de Ralph Montagu, devint le site du British Museum. Ce n’est pas notre Montagu House.

En 1731, le fils de Ralph vendit la maison paternelle et acheta trois terrains contigus à Whitehall. Il avait l’intention d’y construire une maison plus imposante que celle de son père (Sigmund, viens voir par ici…)

Quoi qu’il en soit, la deuxième Montagu House fut un manoir relativement modeste pour les canons de l’époque (à peine 400 m², une paille). John Montagu mourut en 1749 et la maison revint à sa fille Mary et à son époux, George Brudenell. Tu as bien lu : l’arrière-grand-père de James Brudenell posséda cette maison pendant une quarantaine d’années.

En 1859, la maison fut rasée par son dernier propriétaire, Walter Francis Scott, qui était un vague cousin de James Brudenell, si j’ai réussi à déchiffrer correctement leur arbre généalogique. J’espère que tu prends des notes. Scott y fit bâtir en trois ans cette demeure inspirée par la Renaissance française, et qu’on appelait à l’époque une « résidence palatiale ». Elle fut dessinée par l’architecte William Burn, surtout connu pour les hôpitaux et châteaux qu’il a construits dans son Écosse natale.

La maison fut achetée par l’État britannique en 1917 et transformée en bureaux. Ce qui est le rêve de tout bâtiment classique, non ? « Oh, de grâce, j’ai tellement envie qu’on me transforme en immeuble de bureaux ! A moi les échos des disputes mesquines, l’odeur de mauvais café, le clignotement des néons et les jurons de Maureen, cette gourde incapable de faire fonctionner son traitement de textes… » De toute façon, elle fut abattue en 1950, alors au moins, elle échappa à Maureen.

construites en 1822 par George Harrison (l’architecte, pas l’excité du sitar de Liverpool). Il s’agissait de demeures opulentes, d’inspiration grecque, conçues pour n’attirer que l’élite des propriétaires londoniens. Les huit furent vendues et occupées dès 1825. L’un des premiers propriétaires, l’ancien secrétaire d’État William Huskisson, acquit tristement la célébrité en étant la première victime officiellement reconnue d’une collision avec un train, en 1830. Au moins il a été le premier. Imagine être le deuxième…

Un autre propriétaire, sir Robert Farquhar, fut parlementaire et gouverneur de l’île Maurice. La huitième maison fut acquise en 1850 par le General Board of Health (sorte de ministère de la Santé), qui en fit son siège.

Si le mot anglais « mews » fait généralement référence à des écuries, dans ce cas précis, l’origine de l’appellation est liée à la fauconnerie. Il s’agissait du lieu où l’on plaçait les oiseaux de proie utilisés pour la chasse pendant leur mue. « Mue », « Mews »… Par la suite, on y plaça effectivement des chevaux, qui présentent moins de problèmes de plumage.

L’emplacement actuel des Royal Mews remonte à 1760, quand le roi George III décida d’utiliser Buckingham House. Lorsque George IV monta sur le trône en 1820 et entreprit de transformer Buckingham House en palais, il chargea John Nash de donner plus de cachet aux écuries. De nouvelles améliorations furent apportées lorsque la reine Victoria vint s’établir à Buckingham : le prince Albert y fit installer une nouvelle forge et une étable. On n’a jamais assez de vaches dans le centre de Londres…

En 1855, la reine Victoria puisa dans sa cassette personnelle pour fonder la Buckingham Palace Royal Mews School, qui instruisit les enfants du personnel des écuries. Elles comptaient près de deux cent employés à l’époque, et des logements furent construits pour eux et leurs familles en 1859.

Burlington House fut l’une des trois premières demeures bâties sur le site qui allait devenir Piccadilly Circus. La construction débuta en 1665, avec les plans et les fonds de sir John Denham, poète et équivalent pour l’époque du ministre de l’Équipement (au moins, il ne manquait pas de pavés comme presse-papiers). Denham vendit la propriété deux ans plus tard, avant même son achèvement, après la mort de sa femme et alors que sa propre santé déclinait. La bâtisse actuelle recèle encore quelques éléments du projet de Denham.

La propriété, qui prit le nom de Burlington House lorsque le comte de Burlington l’acheta à Denham, changea de main jusqu’à ce que l’État en fasse l’acquisition en 1854. Elle devint alors le siège de divers comités scientifiques, en particulier la Royal Society of London (for improving Natural Knowledge… ou Société royale londonienne en vue de l’amélioration du savoir naturel).

La Royal Society, fondée en 1660, rassemblait des naturalistes qui se rencontraient chaque semaine pour discuter d’expériences et de la promotion du « monde naturel ». L’État se mit à leur verser une jolie rente de 1000 £ par semaine, ce qui resserra les relations et aboutit à l’attribution de Burlington House à la Royal Society.

Sa devise est « Nullius in verba », ce qui signifie en gros « Ne crois pas tout ce qu’on te raconte ». Jolie formule, non ?

Écoute ça : Il y’a à Buckingham Palace une pièce appelée « salon de dessin blanc » et tout ce qui s’y trouve est… jaune. Si tu savais à quel point ça m’agace… Qu’est-ce qui s’est passé ? La peinture a jauni ? C’est la nicotine ? Bon sang, quand on baptise une pièce d’une couleur, on essaie de s’y tenir. On ne la peint pas en « jonquille ». Ou « aube crépusculaire ». Ou « coquille d’œuf de poule hépatique ». Non, on la peint en blanc.

Bon, d’accord, les informations :

Le salon de dessin prétendument blanc a été conçu par John Nash et a servi de pièce de réception pour les invités de la famille royale. Aujourd’hui, la famille royale l’utilise comme décor pour ses portraits de famille, et aussi pour… Rah, s’ils ne sont pas fichus de peindre une pièce de la bonne couleur, je ne vois pas pourquoi je me décarcasserais à la décrire…

Avant d’abriter un parc et un palais, ce lieu accueillit un hospice. Dès 1267, on trouvait là une léproserie pour femmes. Les patientes travaillaient dans les terres marécageuses voisines, essentiellement à l’élevage de porcs qui étaient vendus par l’hospice (les hôpitaux tirant leurs revenus du cochon ne sont pas si nombreux). Henry VIII acquit les terres en 1532 pour y chasser, ce qui fait de St.James’s Park le plus ancien parc royal de Londres.

Elizabeth Ire, qui dédaignait la chasse, y organisa des fêtes opulentes. Le roi James fit aménager le parc, ajoutant des jardins et une ménagerie d’animaux exotiques. A la fin de la Révolution d’Angleterre, le roi Charles fit sa dernière promenade de St. James au palais de Whitehall, où l’échafaud l’attendait.

Si Charles II prit soin de St. James’s Park, il fut le dernier roi à s’en préoccuper pendant une longue période. A sa mort, le parc acquit une réputation de lieu mal famé et d’antre de la prostitution. John Wilmot, le libertin comte de Rochester, a écrit un poème (A Ramble in St. James’s Park) décrivant en détail les pratiques qui s’y déroulent. A ne pas mettre entre toutes les mains… ce qui est relativement rare pour de la poésie.

L’église St. Margaret, ou Sainte-Marguerite, se trouve sur les terres du parlement. C’est l’une des plus anciennes églises d’Angleterre, érigée par Édouard le Confesseur afin d’accueillir la population qui ne cessait de croître. La Chambre des communes et son « speaker » (en gros son président) y assistent à la messe depuis 1614, et les sermons étaient traditionnellement administrés par l’aumônier du speaker.

En 1643, au début de la Révolution d’Angleterre, le parlementaire Edmund Waller chercha à faire revenir le roi Charles à Londres, un acte de trahison aux yeux du Long parlement. Le complot de Waller, ainsi qu’on l’appela, fut éventé par le chef du Long parlement, John Pym, lors d’un sermon à St. Margaret. Pym ordonna immédiatement l’arrestation de Waller et de ses complices et le pauvre vieux Edmund fut banni.

On dit que le cimetière fut très couru pendant des siècles, mais j’ai du mal à croire qu’un cimetière puisse susciter autant d’enthousiasme. On y met des boîtes, d’accord, mais ce ne sont pas des boîtes. Quoi qu’il en soit, au milieu du XIXe siècle, le cimetière était si surpeuplé que des médecins déclarèrent que l’air pestilentiel qui s’en dégageait nuisait aux bonnes délibérations du Parlement. La paroisse obtint l’attribution d’un nouveau cimetière à Fulham Road, ce qui soulagea celui de St. Margaret de ses nombreux occupants.

Parmi les personnages importants qui se sont mariés à St. Margaret’s, on peut citer les poètes John Milton et Thomas Campbell, et le chroniqueur Samuel Pepys. Pas ensemble. A d’autres personnes. Que ce soit bien clair.

Un peu d’histoire ferroviaire pour les amateurs d’adrénaline :

Alors que les gares poussaient comme des champignons dans toute la ville, Westminster commença à présenter un enjeu de taille pour les compagnies de chemin de fer. Finalement, Victoria Station fut bâtie en 1862 sous la forme de deux sous-ensembles gérés et exploités par deux compagnies distinctes : la partie ouest appartenait à la London Brighton and South Coast Railway, tandis que la partie est relevait de la London, Chatham and Dover Railway. Chacun possédait son entrée et les deux ne communiquaient pas.

Dans De l’importance d’être constant d’Oscar Wilde, Jack prétend avoir été trouvé, bébé, dans un panier à l’intérieur de la gare Victoria, mais insiste sur le fait que le panier se trouvait du côté Brighton, sous-entendant le statut social supérieur associé à la gare de Brighton. Cette distinction entre les deux portions de la gare se confirme par le fait que la Brighton Station comportait un hôtel de 300 chambres appelé le Grosvenor, tandis que la Chatham ne présentait aucun ornement ou immeuble rattaché.

Des détails qu’aucun bébé ne laisse échapper.

La caserne de Wellington Barracks a été construite par sir Francis Smith et Phillip Hardwick en 1838. Elle accueille depuis cette époque le régiment d’élite de l’infanterie britannique, les Grenadier Guards. Des types charmants. La caserne s’étend de Queen Anne’s Gate à Buckingham Gate. Le bâtiment abrite aussi la chapelle militaire royale, qui a été détruite en 1944, par un bombardement allemand. Elle a été reconstruite dans les années 1960. C’est aujourd’hui la dernière chapelle militaire de Londres.

Whitechapel

ACS Whitechapel BDA.png

Un quartier réputé pour sa pauvreté. Les habitants qui ne trouvaient pas de travail étaient réduits à la mendicité, au vol, à l’escroquerie et à la prostitution.

ACS Spitalfields Market BDA.png

Spitalfields, un vieux quartier de l’East End, tire son nom de l’hospice qui y a été bâtie en 1197, St. Mary Spittle. "Spittle" est une abréviation dérivée de la notion d’hospitalité et "Spitalfields" correspond dont à l’idée de "terres accueillantes".

À la fin du XVIIe siècle, alors que Spitalfields s’éloignait de plus en plus de l’apparence d’un terrain vague pour devenir un quartier animé, un fileur de soie du nom de John Balch acquit le droit d’y tenir marché tous les jeudis et samedis. Ce marché, qui ne vendait que des fruits et légumes, connut rapidement le succès.

Spitalfields, comme l’essentiel de l’East End, était peuplé d’émigrants et, peu après l’ouverture du marché, Londres vit arriver une vague de huguenots chassés de France en raison de leurs croyances religieuses. Beaucoup de ces huguenots venus s’établir à Spitalfields étaient des tisserands de soieries expérimentés, qui vendirent leurs productions à Spitalfields Market. En peu de temps, le marché devint célèbre pour ses soieries luxueuses et valut à l’ensemble de Spitalfields une excellente réputation.

En 1875, la concession du marché fut transmise à un promoteur, Robert Horner. Horner croisa le fer à de nombreuses reprises avec la Commission de travaux publics locale à propos des possibilités d’extension du marché sans nuire à la circulation. Une couverture de fonte et de verre fut mise en place en 1883, et les boutiques qui entourent le marché furent construites au siècle suivant.

Spitalfields (et plus généralement l’East End) tomba en disgrâce au fil du temps. Au XIXe siècle, les fabricants de soie étaient partis depuis longtemps et la surpopulation et la pauvreté firent grimper la criminalité. Le marché demeura cependant un lieu important, alimentant ceux qui étaient en mesure d’y faire leurs achats.

Il est toujours présent, mais n’abrite plus, depuis un certain nombre d’années, que des succursales de chaînes et des boutiques qui pensent faire leur beurre en vendant deux cents livres un oreiller sur lequel un étudiant en art a vaguement gribouillé un chat.

Oh… Si tu es fan de Jack l’Éventreur, il se trouve pile en face du pub The Ten’s Bells où plusieurs de ses victimes venaient s’y abreuver… Lève ton verre à leur santé.

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La chapelle qui a donné le nom à ce quartier a été érigée en ce lieu en 1286. Elle fut rebâtie trois fois au cours de son histoire : la première fois en 1329, à l’issue de laquelle elle reçut son appellation officielle de St. Mary Matfelon ; une deuxième en 1685, en dépit du fait qu’elle ait été l’un des rares édifices à survivre au Grand incendie de 1666 ; et une nouvelle fois en 1875 afin de lui donner une apparence plus proche de la version de 1329. Bonjour l’inconstance…

On a inhumé dans le cimetière qui la borde Richard Brandon, l’homme qui a exécuté le roi Charles Ier à la fin de la Première révolution d’Angleterre. Des documents historiques relatent un scandale dans l’église vers 1710. Je sais : un scandale dans une église ! Où vas-t-on ? Quoi qu’il en soit, il semble que le pasteur ait fait installer un autel représentant la Cène, où le personnage de Judas ressemblait trait pour trait à l’un de ses ennemis personnels, le doyen de Petersborough. Dans le genre sournois, c’est pas mal. Mais aussi un trait de génie.

St. Mary Matfelon fut très abîmée lors du Blitz, pendant la Deuxième guerre Mondiale, et fut abattue en 1952.

City

(image de la Tour de Londres manquante)

Londres s’agrandissant, la classe ouvrière fut chassée vers les quartiers voisins par les riches et la City devint la capitale financière du Royaume-Uni.

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À la fin du XVIIe siècle, les nations d’Europe se sautaient joyeusement à la gorge dans le cadre de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, aussi appelée guerre de Neuf Ans, guerre de la Succession Palatine ou encore guerre de la Grande Alliance. Un tas de noms ronflants pour désigner la même boucherie. Cette guerre fut très coûteuse pour l’Angleterre, et après avoir subi une défaite navale majeure à la bataille du cap Béveziers, le roi William II fut incapable de reconstituer sa marine. Arriva alors un marchand écossais du nom de William Paterson qui, aidé de quelques collègues, collecta 1,2 millions de livres auprès des riches comme des pauvres afin de remplir les caisses de l’État. Ainsi fut créée la Banque d’Angleterre, et ceux qui donnèrent en furent les premiers actionnaires. La Banque s’avéra le meilleur investissement imaginable : si l’un des premiers actionneurs avait réinvesti tous les dividendes de son investissement initial de 100 £, ses parts auraient valu 40 millions de livres lors de la nationalisation, en 1945. Mais n’oublie pas que 100 £ de 1694 correspondent à quelques 15 000 £ actuelles.

La Banque d’Angleterre fut initialement située à Mercer’s Chapel, mais la rue fut rebaptisée Threadneedle Street dans les années 1730. Le surnom de la banque, "la vieille dame de Threadneedle Street", vient de l’une des clientes importantes, Sarah Whitehead. Sœur d’un ancien employé auteur de faux et exécuté en 1811, Sarah fut si traumatisé par sa mort qu’elle se rendit à la banque chaque jour pendant 25 ans, en demandant à voir son frère.

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L’édifice appelé en anglais "Royal Exchange" a été inspiré par la Bourse d’Anvers, qui avait fait des Flandres la capitale financière de l’Europe. Ironiquement, Anvers fut victime d’une attaque espagnole dix ans plus tard, ce qui ruina le pays et fit de l’Angleterre la nouvelle puissance financière. Merci encore, l’Espagne !

Le principal investisseur du premier Royal Exchange fut un riche marchand du nom de sir Thomas Gresham. Lorsque l’édifice fut construit en 1570, sa girouette arborait une sauterelle (l’insecte figurant sur le blason de Gresham) et une statue de Gresham trônait dans la cour. Cette statue fut le seul vestige du Royal Exchange après le Grand incendie de 1666.

Christopher Wren fut chargé de redessiner Londres (une tâche aussi triviale que le rôle de rédacteur en chef de l’Internet) et il conçut la Bourse de commerce comme le centre de la ville, le reste de Londres s’articulant autour d’elle. Le deuxième Royal Exchange fut ouvert au public de 1669 à 1838, date à laquelle il disparut lui aussi dans un incendie. Tandis que les flammes entouraient le clocher, le dernier air joué par les cloches fut le morceau écossais There’s Nae Luck Aboot the Hoose.

Je suis certain que leur habitude de jouer des airs du folklore écossais est sans rapport avec l’incendie.

Le troisième et dernier (à ce jour) Royal Exchange a été bâti sur les fondations de ses prédécesseurs et inauguré par la reine Victoria le 28 octobre 1844. La sauterelle de Gresham retrouva sa place d’honneur, et on peut encore la voir aujourd’hui.

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Pendant la majeure partie de l’histoire de l’Angleterre, le lord-maire de Londres géra la ville depuis son domicile ou le siège de sa guilde. Ce n’est qu’après le Grand incendie de 1666 que naquit l’idée de construire une résidence pour tous les lords-maires. Mais l’un après l’autre, à la queue tout le monde.

Une baraque remplie de lords-maires. Ça ferait une belle émission de téléréalité…

L’architecte George Dance l’aîné, alors employé par les services de la ville, fut désigné pour dessiner et construire ce qu’on appela Mansion House. Le chantier débuta en 1739 et ne s’acheva qu’en 1758. Le premier lord-maire à s’installer à Mansion House fut sir Crispin Gascoigne, en 1752, alors que l’édifice était encore en cours de construction.

De nos jours, Mansion House sert de résidence et de bureau au lord-maire, et accueille des réunions d’affaires et des cérémonies officielles, notamment la « Mansion House Speech », au cours duquel le chancelier de l’Échiquier présente la situation de l’économie britannique.

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Le Grand incendie de Londres commença le 2 septembre 1666 dans une boulangerie de Pudding Lane. Quatre jours plus tard, il s’était propagé à toute la ville et avait englouti près de 13 000 immeubles. Cet incendie coûta à l’État britannique 10 millions de livres. En monnaie du XVIIe siècle. Convertie en livres actuelles, la somme serait terrifiante.

Le Monument au Grand incendie, communément appelé le Monument (avec une majuscule), a été érigé sur le site de l’église St.Margaret, la première de nombreuses églises à avoir fini en cendres. L’endroit ne se trouve qu’à une centaine de mètres du point de départ de l’incendie, la boulangerie… Le Monument, et l’orbe de bronze qui le surplombe, ont été dessinés par Christopher Wren et construits entre 1671et 1677. Wren hésita à propos de la sculpture, envisageant une statue du roi Charles II, une femme brandissant une épée, sa préférence allant à un phénix émergeant triomphalement des flammes. Très rock. Quel dommage que Christopher Wren n’ait pas vécu assez longtemps pour assister à un concert d’Iron Maiden. C’est une tragédie dont on ne parle pas assez.

Le Monument mesure 61 mètres et abrite un escalier qui permet de rejoindre le sommet de la colonne. Sa hauteur et sa facilité d’accès en font un site de choix pour les suicides. Afin d’enrayer la vague d’autolyses, les autorités ont installé un grillage au sommet du Monument au milieu du XIXe siècle.

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Le nom de cette rue n’a rien à voir avec l’artillerie, c’est en réalité une déformation de son nom original, Candlewick Street, ou plutôt Candelewrithstret comme on l’appelait au XIIe siècle. Elle dut ce nom au nombre de fabricants de chandelles et de drapiers qui y vivaient et y travaillaient.

La gare de Cannon fut construite par la South Eastern Railway, après autorisation par une loi en 1861. Elle fut ouverte au public le 1er septembre 1866. Elle reçut un hôtel l’année suivante, conçue par E.M Barry, le fils de J.W Barry, l’architecte du parlement.

La présence de la gare et sa proximité de la Tamise firent de Cannon Street un lieu majeur de l’activité commerciale. A la fin du XIXe siècle, le quartier comptait de nombreux entrepôts et bâtiments industriels.

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Le pirate devenu Assassin Edward Kenway est revenu en Angleterre avec sa fille Jennifer. Après avoir obtenu le pardon de Lord Robert Walpole, il s’est rendu à Londres afin d’y travailler avec les Assassins.

Là-bas, il rencontra Tessa Stevenson-Oakley, la fille de son propriétaire. Celle-ci fit jouer les relations familiales afin d’aider Edward à acquérir un manoir sur Queen Anne’s Square. Ils se marièrent peu après et eurent un fils, Haytham. Les Kenway ne ressemblaient pas aux autres familles aisées de Londres et faisaient l’objet de nombreux ragots.

On voyait peu Edward, qui se déplaçait fréquemment à travers la ville, et en Europe, pour de mystérieuses affaires. Recevant son instruction au manoir, Haytham n’avait que rarement l’occasion de parler à quiconque en dehors de ses murs. L’unique visiteur régulier était Reginald Birch, régisseur d’Edward, qui entreprit de courtiser Jennifer, à son grand déplaisir.

Jennifer connaissait le passé de son père, et lorsqu’elle découvrit que Birch était un Templier qui ne cherchait qu’à lui voler ses secrets, elle tenta de l’en avertir. Birch envoya des mercenaires au manoir Kenway. Edward fut tué et Jennifer fut vendue à des marchands d’esclaves turcs.

Ignorant tout de la vérité, Tessa Kenway autorisa Birch à devenir le tuteur d’Haytham et à l’emmener, tandis qu’elle restait à Londres afin de superviser les réparations du manoir. Elle mourut seule, douze ans plus tard, prétendument d’une chute.

Les années passèrent et Haytham, devenu un Templier formé par Birch, retrouva Jennifer à Damas. Ensemble, ils affrontèrent Birch à Troyes, en France, et le tuèrent. Jennifer regagna Londres et reprit possession du manoir de Queen Anne’s Square. Haytham et elle restèrent en contact, mais elle fut déçue que son frère décide de demeurer un Templier malgré la trahison de Birch. Elle cultiva la solitude, ses seules visites notables étant celles d’une jeune fille, Élise de la Serre, qui séjourna à Londres afin de mieux se connaître.

Par respect pour les prouesses d’Haytham Kenway, les Templiers ne tentèrent pas de s’emparer du manoir du vivant de Jennifer, alors qu’ils pensaient que les lieux recelaient de nombreux secrets des Assassins. A la mort de Jennifer, en 1805, l’Ordre acheta la propriété. On ignore ce que les Kenway ont pu y cacher (et même s’ils y cachèrent quoi que ce soit), et même son emplacement demeura un mystère pour les Assassins durant de nombreuses années.

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La première église dédiée à Saint-Paul érigée en ce lieu remonte à l’an 604 de notre ère. Construite en bois, elle brûla 71 ans plus tard. Celles qui lui succédèrent, également en bois, connurent le même sort, jusqu’à ce que l’aumônier de Guillaume le Conquérant y fasse ériger une cathédrale en pierre en l’an 1087. Cet édifice-là tint 600 ans.

C’est à croire que la pierre est ininflammable. Ce type était un génie.

La cathédrale Saint-Paul fut initialement un lieu de culte catholique et un centre d’activités publiques. On s’y livrait au commerce et on y pratiquait le sport, malgré les objections des maîtres des lieux. Lorsqu’Henry VIII coupa les liens avec Rome, Saint-Paul devint une cathédrale protestante. Elle connut une parenthèse catholique sous Marie Stuart, mais redevint une fois pour toutes protestante en 1559, pendant le règne d’Elizabeth Ire.

Les projets de restauration de Saint-Paul furent retardés par divers événements, en particulier la Révolution d’Angleterre et le Grand incendie de 1666, dont la cathédrale fut l’une des nombreuses victimes. Le légendaire architecte Christopher Wren, qui n’avait alors qu’une trentaine d’années, avait été engagé afin de redessiner Saint-Paul avant sa destruction par le Grand incendie, et fut chargé de la conception et de la construction d’une nouvelle cathédrale.

Au XIXe siècle, Saint-Paul avait de nouveau perdu son lustre. La reine Victoria la déclara « triste, décatie et appelant peu à la dévotion ». Des philanthropes tels que Maria Hackett et William Weldon Champneys réunirent des fonds en vue de la restaurer. Mais pas Crawford Starrick. Intéressant.

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Le Royal Hospital of St. Bartholomew est le plus ancien établissement hospitalier de tout Londres. Il fut construit en 1123 par un amuseur itinérant devenu moine anglo-romain du nom de Rahere. On raconte que Rahere est tombé malade lors d’un pèlerinage à Rome et a juré de fonder un hospice s’il se remettait et rentrait sain et sauf. Un peu éculé… Si tu savais combien d’hôpitaux prétendent avoir été créés ainsi…

Le médecin le plus tristement célèbre à avoir travaillé à St. Bartholomew fut le Dr Rodrigo Lopez, nommé à l’hôpital en 1562. Il devint le médecin principal de la reine Elizabeth. Il fut arrêté en 1594 pour tentative d’empoisonnement sur la souveraine et fut pendu, écartelé, et mis en pièces en juin de la même année. Ce scandale, associé au judaïsme de Lopez, raviva une tendance à la présentation de « méchants » juifs au théâtre. On rejoua le Juif de Malte de Christopher Marlowe et William Shakespeare écrivit le Marchand de Venise.

Lors d’une épidémie de choléra en 1831, St. Bartholomew refusa d’admettre les malades du choléra (tu sais que tu as vraiment mal quand un hôpital refuse de t’admettre). Ces patients furent placés dans une maison voisine qui fut démolie à la fin de l’épidémie. Quelques années plus tard, une école de médecine fut bâtie en tant qu’extension de l’hôpital. Outre ces installations « de pointe », elle comportait une bibliothèque, des salles de médecine et de chimie, un musée d’anatomie et des salles de dissection.

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Ludgate Circus et la colline du même nom se trouvaient à la limite de la ville romaine de Londinium. La muraille qui l’entourait comptait six portes, et celle qui se trouvait à cet endroit reçut le nom du roi Lud, qui régna sur la Bretagne romaine vers l’an 66. La porte fut rénovée au XVIe siècle et ornée de sculptures du roi Lud et de ses enfants. Parce que s’il existe un truc pour améliorer une porte, c’est une sculpture d’un type appelé roi Lud et de ses mouflets. Malheureusement, la ville fut prise d’un accès de puritanisme et les têtes des statues furent détruites pas des vandales. Elles furent remplacées lorsque la reine Mary monta sur le trône.

La porte de Ludgate fut démolie en 1760 et, comme pour Piccadilly, aucun cirque n’y a jamais planté son chapiteau. C’était simplement une intersection circulaire, d’où « circus ». Renversant, non ?

La Tour de Londres a connu nombre d'événements qui donnent des ulcères aux agents immobiliers : torture, meurtres, la liste est longue... Mais le complexe lui-même n'était déjà plus, à la fin du XIXe siècle.

La situation évolua lorsque la Grande-Bretagne entra en guerre en 1914. La Tour fut affectée à l'instruction des soldats et on y incarcéra des prisonniers de guerre. Le sang y fut versé de nouveau, après une "trêve" de plus d'un siècle et demi lorsqu'on y fusilla une douzaine d'espions allemands en 1914 et 1915. Le premier à être exécuté, un dénommé Carl Hans Lody, aurait laissé un message remerciant ses gardiens de leur hospitalité et même serré la main de chacun des membres du peloton d'exécution. Avant la salve, bien entendu.

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Le viaduc d’Holborn fut construit en 1869 afin d’enjamber Fleet River, et tout fut mis en œuvre pour qu’il ne soit pas seulement une infrastructure utile, mais aussi une œuvre d’art urbaine. Il fut peint en rouge et or et orné de statues. Les quatre statues de femmes situées aux extrémités représentent l’agriculture, le commerce, la science et les beaux-arts.

Quand le viaduc fut officiellement dévoilé lors de son inauguration par la reine Victoria en novembre 1869, il impressionna toutes les classes de la société et fut considéré comme une prouesse du génie civil. On dit que ce fut une belle journée, sans le moindre nuage.

J’ai ajouté ce petit couplet météo parce que c’est quand même d’un viaduc qu’il est question, alors je me suis dit que tu risquais de décrocher…

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L’église du Temple fut un lieu de culte de nos chers chevaliers du Temple. La nef ronde, caractéristique de cette église, fut construite en 1185 et consacrée par Heraclius, patriarche de Jérusalem.

L’église faisait partie d’un ensemble monastique plus vaste comprenant résidences, terrains d’entraînement militaire et lieux de détente. Les chevaliers du Temple utilisèrent cette église pour des cérémonies d’initiation, qui se déroulaient dans la crypte située sous la nef. Ces cérémonies devaient être bien glauques. Elle fit aussi office de banque pour la noblesse ce qui, associé aux nombreux cadeaux de la famille royale, fit la richesse des chevaliers du Temple aux Xe et XIe siècles.

La première transformation connue de l’église intervint au XVIIe siècle, sous la direction de l’architecte anglais Christopher Wren. Wren y installa un orgue et un jubé, mais surtout, passa à la chaux les fresques et appliqua un enduit sur les colonnes de marbre afin de suivre les canons de l’époque.

On revint largement sur le travail de Wren lors de la restauration menée en 1841 par les architectes Sydney Smirke et Decimus Burton. Ça ferait un beau nom de duo de folk, ça, tiens. "Mesdames et messieurs, ce soir, rien que pour vous au festival de l’île de Black, les chansons aux mélodies simples mais aux textes si riches de Smirke et Burton !" Leur travail conféra à l’église un look gothique victorien qui correspondait non seulement au goût de l’époque, mais rétablissait le style initial. Smirke entendait en effet ramener l’église à sa "forme originale, idéale".

Southwark

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Quartier industrieux, Southwark compte d’innombrables scieurs, chapeliers, brasseurs, potiers et autres artisans. Hommes, femmes et enfants s’échinent dans des fabriques qui rejettent dans l’air une épaisse fumée noire.

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La gare de London Bridge est le plus ancien terminus ferroviaire londonien et symbolise à elle seule les mouvements de concurrence, partenariat et disparition des compagnies ferroviaires.

La gare originale fut ouverte en 1836 par la London and Greenwich Railway (LGR). Elle était simple et d’une taille relativement modeste, mais la LGR profita de son emplacement pour louer la ligne et la gare à ses concurrents, qui cherchaient à accéder à Londres par son intermédiaire. En 1840, quatre compagnies ferroviaires payaient ainsi tribut à la LGR pour utiliser la ligne. L’une de ses concurrentes, la London and Croydon Railway (LCR), bâtit sa propre gare à côté de celle de la LGR puis fusionna avec les autres compagnies utilisant la gare de la LGR. Ce conglomérat, qui devint ensuite la London Brighton and South Coast Railway, asséna le coup de grâce en reprenant la gare de la LGR en 1844, pour la faire raser et reconstruire la même année.

Fans de la petite histoire des compagnies ferroviaires régionales britanniques du XIXe siècle, ce texte était pour vous.

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Lorsque la London and South-Western Railway construisit la gare de Waterloo en 1848, elle n’était qu’un simple arrêt entre Southampton et la City of London. Cela n’empêcha pas Waterloo de devenir une gare fréquentée et, la demande allant croissant, de nouveaux quais furent ajoutés au bâtiment initial, qui fut dès lors considéré comme la « gare centrale ». Chacun de ces nouveaux quais disposait de sa propre entrée et de ses guichets, et l’ensemble était mal indiqué… quand il était indiqué. La confusion augmenta encore en 1869 lorsqu’un autre gare du nom de Waterloo Junction fut construite de l’autre côté de la rue.

Waterloo Station accueillait non seulement les vivants, mais aussi les morts. En réaction à la surpopulation des cimetières londoniens, le Parlement institua en 1852 la London Necropolis and Mausoleum Company en vue de créer hors de la ville un nouveau lieu d’inhumation et d’y envoyer les personnes récemment décédées en ville. On aménagea ainsi dans le Surrey un cimetière de quelque deux cents hectares (le plus grand au monde pour l’époque) et on fonda la "Necropolis Railway", une ligne ferroviaire privée qui acheminait tous les cadavres de Waterloo Station vers le Surrey. La gare de Waterloo fut retenue comme point de départ en raison de sa proximité avec la Tamise, ce qui permettait d’y livrer les dépouilles provenant de tous les coins de Londres.

C’est un joli conte de fées, non ? Ah, parfois, la vie est magique…

Lambeth

Borough autrefois tranquille occupé par l’archevêque de Canterbury, Lambeth vit arriver l’industrie et sa population augmenta, et ses paysages sont passés du vert au brun sale. Il abrite le célèbre asile de Lambeth.

Si le Bethlem Royal Hospital, aussi appelé Bedlam, est l’asile le plus souvent associé à la cruauté envers les patients, des révélations embarrassantes ont, au début du XIXe siècle, amener l’institution à changer de politique. L’autre asile célèbre d’Angleterre, Broadmoor a ouvert dans le Berkshire en 1863, accueillant une partie des patients du Bedlam.

On sait en revanche peu de choses sur l’asile de Lambeth, dont l’existence fut assez brève. Les patients sont identifiés par des numéros plutôt que par leur nom, et les registres sont très vagues quant à la nature des traitements administrés. Des courriers et contrats de l’époque semblent indiquer que le bâtiment a été conçu par l’architecte Arthur Hayes, dont ce fut le premier et unique projet, en 1850. Une coupure de journal de 1851 nous apprend qu’Hayes a été tué dans son lit par son propre fils, qui pensait que son frère était l’antéchrist (une affirmation qui se révéla dénuée de fondement). Arthur Hayes JR. fut ensuite admis à Lambeth comme patient.

L’asile de Lambeth ferma ses portes en janvier 1869 et fut démoli dans la même année, sans doute en raison du décès de son seul soutien matériel, Crawford Starrick.

On sait peu de choses sur l’asile de Lambeth, dont l’existence fut assez brève.

Les patients sont identifiés par des numéros plutôt que par leur nom, et les registres sont très vagues quant à la nature des traitements administrés. Des courriers et contrats de l’époque semblent indiquer que le bâtiment a été conçu par l’architecte Arthur Hayes, dont ce fut le premier et unique projet, en 1850. Une coupure de journal de 1851 nous apprend qu’Hayes a été tué dans son lit par son propre fils, qui pensait que son frère était l’antéchrist (une affirmation qui se révéla dénuée de fondement). Arthur Hayes JR. fut ensuite admis à Lambeth comme patient.

L’asile de Lambeth ferma ses portes en janvier 1869 et fut démoli dans la même année, sans doute en raison du décès de son seul soutien matériel, Crawford Starrick.

Lambeth rouvrit quelques années plus tard et fut partiellement restauré afin d'accueillir les criminels violents, dont le nombre ne cessait de croître. La plupart de ces internés étaient issus des populations les plus pauvres de Whitechapel, ce qui n'a rien de surprenant.

Ce palais fut, à partir du XIIIe siècle, la résidence londonienne de l’archevêque de Canterbury, qui dirigeait l’Église d’Angleterre. La proximité de Westminster en faisait le lieu approprié pour un personnage détenant autant d’influence que l’archevêque de Canterbury. Le premier archevêque à y habiter fut Stephen Langton, un acteur majeur de la signature de la Grande Charte en 1215.

Le palais subit des dégâts et des dégradations au fil des nombreuses guerres, en particulier lors des affrontements de la Révolution d’Angleterre, et ne fut convenablement restauré qu’au XIXe siècle. Avant ces rénovations, l’architecte Edward Blore qualifia le palais de « misérablement déficient ». Voilà un rapport que j’aimerais lire.

Parmi les bâtiments composant le palais, on peut citer la tour Morton, qui servait à la fois d’entrée au palais et de quartiers pour les gardes, la bibliothèque ouverte au public depuis 1610 et abritant des documents du Xe siècle, et la chapelle privée de l’archevêque.

Tamise

La Tamise, longue de près de 350 km, a permis à Londres de devenir un centre marchand de l’Empire romain, ce qui fit son succès. Au XIXe siècle, elle était si polluée que les épidémies de choléra se succédaient, faisant chaque fois des milliers de mort.

Il aurait dû s’appeler Pitt Bridge en l’honneur du premier ministre Pitt l’ancien, mais l’habitude ne s’ancra pas. Blackfriars Bridge a été construit entre 1760 et 1769 par l’ingénieur écossais Robert Mylne et est demeuré en service près de cent ans, nécessitant de nombreuses réparations en raison du calcaire de mauvaise qualité dont il est composé. Il fut détruit en 1844, lorsque l’État constata qu’il serait moins coûteux de le reconstruire que de s’obstiner à le réparer.

Le nouveau pont, qui existe toujours, a été conçu par Thomas Cubitt et achevé en 1869. Dans son Dictionnaire de Londres publié dix ans plus tard, Charles Dickens Jr. qualifie Blackfriars Bridge « d’un des plus beaux ponts de Londres ». Si les magazines people avaient existé à l’époque, il aurait été nommé « plus sexy pont vivant ».

Avant le Lambeth Bridge, il y’avait un bac à chevaux entre Lambeth Palace et Westminster. Ce bac remontait à 1513 et appartenait alors à l’archevêque de Canterbury. L’archevêque fut dépossédé de tous ses biens, y compris le bac, durant la Révolution d’Angleterre et, la guerre se poursuivant, il devint un moyen de passage important permettant au Parlement de tenir les partisans du roi à bonne distance de Westminster.

Le bac à chevaux disparut en 1750, lorsque l’on construisit Westminster Bridge non loin de là, mais Lambeth Bridge fut installé à l’emplacement du bac en 1860. Il fut conçu par Peter W. Barlow comme un pont à péage ; la pente fut mal calculée à ses deux extrémités, ce qui découragea les carrioles de l’emprunter.

Le péage disparut lorsque le pont fut acheté par la Metropolitan Board of Works, en 1877. Lambeth Bridge se dégrada assez rapidement, les câbles de suspension et les poutrelles commençant à rouiller une décennie à peine après sa construction, et il fut reconstruit en 1932.

Dommage que cette entrée soit déjà finie. J’adore l’expression « bac à chevaux ». J’aimerais bien avoir l’occasion de l’employer plus souvent, mais à moins d’acheter un cheval et de m’installer au bord de l’eau, ça ne risque pas d’arriver. Et je dois encore réussir à placer « higoumène » dans une conversation…

Strand

Quartier qui n’eut que peu de temps le statut d’entité administrative, situé entre la City of London et Westminster, le Strand est célèbre pour ses nombreux magasins et music-halls.

En 1854, ce bâtiment abritait un institut scientifique portant le nom ronflant de Royal Panopticon of Science and Art. Apparemment, la science n’attirait pas les foules, car l’institut fit faillite deux ans plus tard. L’immeuble fut alors racheté par E.T Smith, le célèbre propriétaire de cirque. Il y fit ajouter un cercle et, pendant une brève période, le Panopticon devint l’Alhambra Palace. Smith changea son fusil d’épaule en 1860 et transforma le cirque en théâtre, qu’il rebaptisa Alhambra Palace Music Hall.

L’Alhambra fut l’un des premiers music-halls de Londres à concurrencer ce qu’on appelait le « théâtre sérieux ». A la place d’un récit dramatique, les music-halls présentaient une série de numéros de chant, de danse et de magie. Une représentation pouvait comprendre jusqu’à vingt-trois numéros et durer quatre heures. Au moins, on en avait pour notre argent. Les artistes se produisaient souvent dans plusieurs music-halls au cours d’une même soirée, et se précipitaient dans une voiture dès leur numéro terminé pour le réitérer ailleurs.

Le bâtiment lui-même fut dessiné par l’architecte T. Hayter Lewis, qui s’est inspiré du style indo-musulman si présent aux Indes britanniques. Lewis a ainsi intégré deux minarets, un toit conique et une vaste rotonde couverte d’un dôme.

Certains prêtent au surnom de « chère reine » d’Éléonore, dont le trajet de la procession mortuaire fut ensuite orné de croix, le nom de Charing Cross. En réalité, il provient du village de Charing, situé là depuis des siècles, et qui marquait la limite entre la City et Westminster. Depuis le XVIIIe siècle, cette intersection est considérée comme le centre de Londres.

En 1554, sir Thomas Wyatt dirigea un soulèvement contre la reine Mary après l’annonce de son prochain mariage avec Philippe d’Espagne. Les hommes de Wyatt affrontèrent les troupes de Mary dans le village de Charing, et la bataille se solda par la reddition de Wyatt.

La gare de Charing Cross, l’une des nombreuses à éclore au centre de la ville, fut dessinée par sir John Hawksaw et bâtie en 1864 par la South Eastern Railway. Elle ne se trouvait qu’à trois kilomètres de London Bridge, mais il fallut quatre ans, 17 ponts et 190 arches pour les relier.

17 ponts ? Qu’est-ce que ça aurait été à Venise…

La colonne de Nelson, pièce maîtresse de Trafalgar Square, constitue l’hommage suprême au héros militaire préféré des britanniques. Si on a longtemps cru qu’elle mesurait 51,5 m, on a découvert en 2006 qu’elle était en réalité moins haute de 4,2 m.

Ce qui tend à prouver que les hommes ont toujours menti sur la taille de leur colonne.

La statue de Nelson qui la surplombe mesure 5,5m de haut et est orientée vers le parlement. Les plaques situées à la base de la colonne évoquent quelques-uns des plus grands moments de la vie de l’amiral : la bataille du cap Saint-Vincent, la bataille du Nil, la bataille de Copenhague et, naturellement, celle de Trafalgar, où il perdit la vie.

La colonne fut érigée en 1843 pour un coût de 47 000 £ (soit 3 millions de livres actuelles). Les lions qui se trouvent à sa base ont été commandés en 1858 et sculptés par sir Edwin Landseer. Ce fut une décision audacieuse, Landseer étant un peintre de renom, l’un des préférés de la reine Victoria, mais qui n’avait jamais rien sculpté de sa vie. Les lions reçurent un accueil mitigé lors de leur dévoilement en 1867, certains critiques déclarant qu’ils ressemblaient plutôt à des sphinx.

Ce nom est une déformation de l’appellation initiale, Convent Garden, ce qui donne aux plus érudits un indice sur la fonction initiale du lieu. Bon, d’accord, je vais détailler un peu cet indice, mais que ça ne devienne pas une habitude : A-B-I.

Autrefois jardin de l’abbaye de Westminster, les moines bénédictins y travaillèrent la terre jusqu’à ce que le roi Henry VIII s’en saisisse en 1536 (l’une des nombreuses conséquences de la séparation de l’Église catholique). Le terrain fut confié à John Russell, 1er comte de Bedford, qui ne s’y intéressa guère et le laissa en jachère. Ne va pas répéter au propriétaire d’un studio « cocoon et bijou » d’un million de livres qu’à une époque, les gens se fichaient de posséder des mètres carrés à Londres. Les terres demeurèrent dans la famille Russell, toujours inutilisées, jusqu’à ce que le 4e comte de Bedford en hérite en 1627. Il embaucha Inigo Jones afin qu’il y construise une place. Ce projet, inspiré des piazzas italiennes et premier du genre en Angleterre, fut achevé en 1631, et demeure le meilleur endroit du Royaume-Uni pour qui aime voir des gens pulvérisés à la peinture argentée se tenir aussi immobiles que possibles en espérant qu’on les paie pour ça.

La première indication de la fonction de marché du Covent Garden remonte à 1654. Pendant environ seize ans, le marché qui s’y tenait demeura très improvisé. Samuel Pepys rapporte y avoir vu en 1662 un spectacle de marionnettes italiennes, ce qui tend à prouver que l’activité ne se limitait plus au commerce. Le roi Charles II accorda officiellement au comte de Bedford le droit d’y tenir marché en 1670, ce qui lui permit de tirer bénéfice des affaires qui se concluaient sur sa propriété.

Le marché du Covent Garden fut finalement déplacé au sud de la Tamise en 1974.

Leicester Square et la Leicester House voisine furent la propriété de Robert Sidney, comte de Leicester, qui acheta ces terres à l’État dans les années 1630. La population n’apprécia guère de voir des terres communes ceintes de murs et réservées à l’usage des riches, et le roi Charles II réagit en rétablissant l’usage public de ces terrains.

Leicester Square vit de nombreux duels aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’un d’eux, qui débuta par une querelle d’ivrognes entre officiers et se solda par un mort, fut relaté dans l’un des numéros de la revue All the Year Round de Charles Dickens. Aujourd’hui encore, si tu veux assister à une dispute entre ivrognes, je te recommande Leicester Square.

Le quartier se développa, Leicester Square devint une place publique et un lieu de divertissement apprécié. Un opéra fut bâti non loin de là à la fin du XVIIIe siècle, de même qu’un musée de curiosités naturelles appelé Holophusikon, qui rassemblait nombre de spécimens recueillis par le capitaine James Cook, ainsi que le Wyld’s Globe, une vaste attraction sphérique permettant de voir une carte du monde de l’intérieur.

Lincoln’s Inn Fields est la plus vaste place publique de Londres, et on dit que sa superficie reflète celle de la Grande pyramide d’Égypte. Elle fut commandée par le roi James dans les années 1630 afin d’embellir la ville, mais si l’on en croit John Gay, auteur de l’Opéra du gueux, la place devint vite un nid de mendiants et de vagabonds. La littérature de l’époque parle d’un groupe en particulier, les « Rufflers », qui se faisaient passer pour des soldats estropiés afin de s’attirer la sympathie de la population. L’un d’eux, surnomme « l’Épouvantail », se serait même mutilé la jambe droite afin de gagner sa pitance. Voilà quelqu’un qui savait entrer dans son rôle. Remarquable !

Une loi ferma la place en 1735, et elle demeura inaccessible au public jusqu’à son acquisition par le London County Council en 1895.

A la fin du XVIIIe siècle, de nombreux états européens procédèrent à des acquisitions d’œuvres d’arts afin de les présenter dans de vastes musées. Les musées des Offices à Florence, du Louvre à Paris et du Vatican à Rome apparurent à peu près simultanément et enflammèrent l’imagination de tout un continent.

Afin d’éviter d’être à la traîne, le roi George IV incita le Parlement à acheter la résidence d’un banquier et collectionneur d’arts récemment décédé, John Julius Angerstein (un nom plutôt joyeux). La collection d’Angerstein comprenait des œuvres de Rembrandt et de Rubens, et était exposée dans sa résidence de Pall Mall. C’est ainsi qu’est née, en 1824, la première National Gallery of England. Mais la demeure s’avéra vite trop exigüe pour rivaliser avec les autres musées d’Europe, et la National Gallery déménagea en 1832 vers le bâtiment qu’elle occupe aujourd’hui, non loin de Trafalgar Square. L’édifice, de style néo-classique, est dû à l’architecte William Wilkins, et son emplacement, à mi-chemin entre le West End riche et l’East End plus modeste, permet aux gens de toutes extractions de visiter le musée.

Ce carrefour emblématique, aujourd’hui débauche d’illuminations et de publicités, a connu des débuts plus humbles sous la forme d’une simple jonction entre trois portions de Regent Street. Piccadilly Circus, qui existe depuis 1819, tire son nom de Piccadilly Hall, siège du célèbre tailleur du XVIIe siècle Robert Baker, installé non loin de là. La spécialité de Baker était le pickadill, un col très à la mode dans les années 1620 (et ne la ramène pas, c’était très différent de la fraise).

Personnellement, j’attends avec impatience le retour du pickadill, ne serait-ce que parce qu’il est largement incompatible avec l’usage du téléphone portable. On aura peut-être enfin la paix dans les restaurants.

Dernière ambiguïté à lever : il n’y a jamais eu de cirque à Piccadilly Circus. Ni clowns, ni animaux, ni écuyères en tutu. Le mot « circus » fait référence au fait que ce carrefour était autrefois circulaire. Mais il a été transformé dans les années 1880, lors de la création de Shaftesbury Avenue, qui est venue couper ce cercle.

Ce terrain et le château qui s’y dressait furent offerts au roi Kenneth III d’Écosse par le roi Edgar le Pacifique au Xe siècle, et servirent pendant près de six cents ans de résidence à la famille royale d’Écosse lorsqu’elle se rendait en visite à Londres.

Pardon mais… « Edgar le Pacifique »…Tu parles d’un surnom. Ses ennemis devaient trembler dans leurs chausses. « Celez-vous, bonnes gens ! S’en vient Edgar le Pacifique ! Et il brandit un bouquet de fleurs des champs ! »

Le palais fut démoli lors de l’unification de l’Angleterre et de l’Écosse, et on construisit à la place divers bâtiments officiels et résidences. Christopher Wren et John Milton habitèrent quelques temps dans ce quartier.

Lorsque le Premier ministre Robert Peel fonda la Metropolitan Police Service en 1829, il fut décidé d’installer dans cette portion de la ville son quartier général. L’entrée arrière du bâtiment donnant sur Great Scotland Yard, la police londonienne fut connue dans le monde entier sous le nom de Scotland Yard.

Le fait que l’adjectif « great » n’ait pas été conservé a probablement un sens. Mais c’est toujours mieux que « l’entrée arrière ». « Allez mon gars, tu t’es fait pincer. On va s’occuper de toi par l’entrée arrière ».

L’instauration de Scotland Yard unifia les forces de police disparates qui officiaient dans les diverses portion de Londres et connut un succès immédiat. En 1874, les effectifs de Scotland Yard s’élevaient à près de 10 000 personnes et occupaient plusieurs bâtiments voisins.

Paris a Saint-Germain-des-Près, Londres a Saint-Martin-des-champs… L’étrange appellation de cette église a une double origine : Saint-Martin fut un soldat romain qui trancha son manteau pour en donner une partie à un malheureux par une froide nuit d’hiver. Le Christ lui apparut peu après en songe, vêtu de ce pan de manteau, et le soldat se convertit au christianisme. Le suffixe « in the Fields », eut pour fonction de distinguer cette église d’une autre, également située à Londres.

L’église que l’on peut voit de nos jours a été bâtie en 1721, sur le site d’une église précédente construite en 1542 sur ordre d’Henry VIII, qui souhait éloigner les processions funéraires des victimes de la peste de sa résidence de Whitehall. L’église actuelle a été dessinée par James Gibbs, à l’époque l’un des plus grands architectes britanniques. Le roi George aurait été si impressionné par l’édifice qu’il aurait qu’il aurait personnellement remis 100 £ à ses bâtisseurs. Attention, 100 £ au total, pas par bonhomme. L’église était belle, mais pas à ce point.

Sa proximité du Strand en fit l’une des églises préférées des riches et des classes aisées au XVIIIe siècle.

En 1710, la reine Anne pressa le parlement d’adopter une loi permettant la construction de cinquante nouvelles églises à Londres. La loi fut votée, mais la construction de cinquante églises ne se fait pas en un claquement de doigts et seules douze églises dites « de la reine Anne » furent bâties. La première d’entre elles fut St. Mary le Strand, sur le site de l’ancien plus grand arbre de mai de Londres. Dans les années 1660, une poussée de puritanisme amena des extrémistes religieux à abattre un bon nombre des arbres de mai de la ville en raison de leurs origines « païennes », mais celui-ci tomba bêtement sous l’effet du vent en 1672.

Les plans initiaux de St. Mary prévoyaient une colonne de 76 mètres de haut en l’honneur de la reine Anne. Une statue de celle-ci devait en occuper le sommet, mais ça aurait quand même été plus drôle si ça avait été la reine elle-même qu’on avait installée là-haut. Mais si le plan fut accepté et les matériaux achetés, le projet fut enterré peu après la reine, morte en août 1714.

Tirant son nom du saint patron des enfants, la gare de St. Pancras a été bâtie par la Midland Railway Company à l’emplacement de taudis malfamés (à ne pas confondre avec les taudis de grand standing). Les propriétaires ont été enchantés de vendre leurs biens à bon prix, et les occupants ont été délogés sans compensation. Les travaux proprement dit ont imposé de déplacer une église et d’exhumer des tombes, interrompant la sieste éternelle de nombreux paroissiens. Charmant.

Pendant le chantier, la Midland Railway Company a organisé un concours architectural en vue d’accoler un hôtel à la gare. Le lauréat fut sir George Gilbert Scott, en dépit du fait (ou peut-être parce que) que son projet était plus vaste et plus coûteux que ce que préconisait le cahier des charges de la MRC.

Le premier train à quitter St. Pancras, en 1868, avait pour destination Manchester et il ne s’arrêta pas avant Leicester, à 155 km de son point de départ. A l’époque, il s’agissait du plus long tronçon du monde parcouru d’une traite. Mais je parie qu’une fois lui a suffi et qu’il ne s’est plus jamais arrêté à Leicester...

Également appelée « église des acteurs », St.Paul’s Church Covent Garden est associée à la vie théâtrale depuis la construction du Théâtre Royal sur Drury Lane, en 1663. Des plaques commémoratives rendant hommage aux meilleurs acteurs britanniques ornent la face intérieure des murs de la chapelle. Parmi celles que l’on peut voir aujourd’hui figurent les noms de Charlie Chaplin et de Boris Karloff. Le clochard et Frankenstein. S’ils font des petits, mets-m’en un de côté.

Et, oui, je sais que le monstre ne s’appelle pas Frankenstein. Je voulais juste agacer les nerds. Coucou, les nerds ! Je vous ai eus !

St.Paul’s Church Covent Garden fut la première chapelle construite après la Réforme. Lorsque le comte de Bedford en confia la construction à l’architecte Inigo Jones, il demanda à ce que la chapelle « ne soit pas plus belle qu’une grange ». A quoi Jones aurait répliqué : « Dans ce cas, vous aurez la plus belle grange d’Angleterre. »

Jones avait des liens avec le monde du théâtre, ayant pris part à la production de plus de 500 œuvres avec des auteurs tels que Ben Jonson, ce qui justifie encore plus l’association entre le théâtre et la chapelle.

Elle fut construite en 1633. Son portique est le décor de la première scène du Pygmalion de George Bernard Shaw, une pièce jouée et adaptée un nombre incalculable de fois dans le monde entier.

Ancien site des écuries royales, Trafalgar Square fut dessiné par l’architecte John Nash comme un espace découvert destiné au public. Le square fit l’objet d’embellissements au cours du XIXe siècle, notamment par la mise en place de fontaines et de statues.

L’ensemble est un hommage à l’une des victoires les plus emblématiques de l’histoire britannique, la bataille de Trafalgar, au cours de laquelle la marine britannique, dirigée par l’amiral Horatio Nelson, protégea le pays des visées navales de Napoléon Bonaparte en 1805. Si les Français furent battus, l’amiral Nelson fut grièvement blessé durant l’affrontement et mourut trois heures plus tard. Mais bon, on a battu les Français.

Cette défaite n’a pas suffi à rabaisser le caquet de Napoléon, qui s’est retourné vers de moins gros morceaux et a étendu son empire.

Mais on a quand même battu les Français. D’accord, je sais, j’ai acheté une baguette aujourd’hui, alors il serait temps que je passe à autre chose. Mais quand même…

Jusqu’à l’achèvement des Thames Enbankment en 1870, le York Watergate se trouvait au bord du fleuve. Il se trouve aujourd’hui à 140 mètres de la Tamise, semblable à une allée taillée trop loin de la route.

Le Watergate a été construit en 1626 par George Villiers, premier duc de Buckingham. Le duc avait acheté deux ans plus tôt l’illustre York House à l’archevêque d’York et souhaitait accéder à sa nouvelle masure depuis le fleuve. La demeure fut vendue en 1672 et, en quelques années, York House et les bâtiments voisins furent détruits pour être remplacés par des voies. J’ignore pourquoi le Watergate ne subit pas le même sort, mais il demeura, sombra dans l’oubli et se dégrada peu à peu.

En 1874, quelques années après le camouflet infligé aux Templiers de Londres par Jacob et Evie, on créa les Victoria Enbankment Gardens autour du York Watergate, et la porte elle-même fut achetée par le London County Council en 1893 en tant que site d’intérêt public.

Manoir Owers

Le manoir Owers, demeure de lady O et de son mari, Thomas Owers, se trouve au nord-ouest de Londres, dans la vallée de Cotswold, près du bourg de Rodwick. C'est en 1887, à la mort du précédent propriétaire, qui s'est jeté du toit dans des circonstances mystérieuses, que Thomas Owers acheta ce manoir de style Tudor, agrémenté de magnifiques jardins à la Stuart et d'une orangerie d'inspiration française.

A l'automne 1888, l'autoproclamée "lady" du manoir Owers et son époux organisèrent de nombreuses fêtes durant lesquelles ils mettaient les femmes "à disposition" des membres du Cannibal Club, des messieurs aisés considérés comme "déviants" par la bonne société victorienne.

Pontons et arsenal de Deptford

Les pontons étaient des navires de guerre décommissionnés, ancrés dans la vase à proximité de port en eau profonde comme celui de Deptford, sur la Tamise. Ils étaient sombres, grouillaient de vermines, et il était presque impossible de s'en évader. Une quarantaine de navire de la Royal Navy furent convertis en pontons au XVIIIe et au début du XIXe siècle.

L'un des rares détenus ayant réussi à s'évader décrit ainsi les horreurs qu'il a vécues: "La chaleur était si forte que nous vivions nus, ce qui permettait de se débarrasser facilement de la vermine, mais les malades se faisaient dévorer vivants. L'air était si vicié que les lampes ne parvenaient pas toujours à brûler. Par manque de lumière, il pouvait s'écouler une dizaine de jours pour qu'on s'aperçoive de la mort de quelqu'un."

Les pontons furent achetés par une société privée au milieu des années 1880, ainsi que les ruines d'un arsenal abandonné, au sud de Deptford Creek. On ignore toujours les raisons de cet achat, mais des rumeurs ont fait état de patrouilles dans l'enceinte du vieil arsenal et de cris atroces en provenance des pontons...

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