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Assassin's Creed

Base de données (ACIV): Documents

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Manuscrits

ACIV "Aberdeen Bestiary" (détail de phénix).png

Image d'un phénix tirée de l'ouvrage intitulée "Aberdeen Bestiary". Probablement sans intérêt, peut-être même inventée. Provenance : domaine de Peter Beckford.

ACIV Atalanta Fugiens.png

Extrait de l'ouvrage "Atalanta Fugiens" de Michael Maier, alchimiste et conseiller de l'empereur Rodolphe II. Autrefois propriété de Peter Beckford.

ACIV Cortez et La Malinche de l'histoire de Tlaxcala.png

Tableau représentant Hernán Cortéz, explorateur et conquistador. Autrefois propriété de Peter Beckford.

ACIV Cronicas dos Feitos de Guine.png

Portrait d'Henri le Navigateur, bienfaiteur de nombreux explorateurs du XVe siècle. A autrefois orné la demeure de Peter Beckford.

ACIV Epistola de Magnete.png

Ce qu'on a appelé "Epistola de Magnete" est un plan primitif de ce qu'on qualifierait aujourd'hui de machine à mouvement perpétuel. Ce dessin proviendrait de la légendaire collection de curiosités de Peter Beckford.

ACIV Extrait du journal de De Gama.png

Extrait du journal de Vasco de Gama, propriétaire probable ou érudit du manuscrit de Voynich ou de l'une de ses copies. Ouvrage provenant de la collection de Peter Beckford.

ACIV Introductio Geographica.png

Image d'un bâton de Jacob extraite de l'ouvrage "Introductio Geographica" de Petrus Apianus. Prise sur le domaine de Peter Beckford.

ACIV Le foetus dans l'utérus.png

"Le foetus dans l'utérus", dessin de Léonard de Vinci. Pertinence inconnue. Provenance : domaine de Peter Beckford.

ACIV Le navire de Magellan.png

Détail d'une carte d'Ortelius représentant le Victoria, le navire de Magellan. Provenance : domaine de Peter Beckford.

ACIV Manuscrit de Voynich - Folio 33v.png

L'une des quatre pages présentes du mystérieux manuscrit de Voynich, dérobée dans la collection de Peter Beckford après 1705. Bien que ce manuscrit ait été trouvé en Europe avant la découverte du Nouveau Monde, l'image représente clairement un tournesol, fleur qui ne poussait à l'époque que dans les Amériques.

ACIV Manuscrit de Voynich - Folio 34r.png

La deuxième des quatre pages du manuscrit de Voynich, volée à la collection de Peter Beckford après 1705. Le sens demeure sibyllin.

ACIV Manuscrit de Voynich - Folio 34v.png

La troisième des quatre pages préservées du manuscrit de Voynich, volée à la collection de Peter Beckford après 1705. Le sens demeure sibyllin.

ACIV Manuscrit de Voynich - Folio 35r.png

Quatrième des quatre pages préservées du manuscrit de Voynich dérobé à la collection de Peter Beckford après 1705. Signification inconnue.

ACIV Planisphère (1570).png

Un planisphère d'Abraham Ortelius, créateur de ce que beaucoup considèrent comme le premier atlas du monde moderne. Il a autrefois fait partie de la collection de Peter Beckford.

ACIV Solaris de Mundus Subterraneus.png

L'une des premières images des taches solaires publiée au XVIe siècle par Athanasius Kircher. Provenance probable : collection de Peter Beckford.

ACIV Tabulae Rudophinae.png

Extrait des "Tabulae Rudolphinae" de Johannes Kepler. Lien possible avec l'empereur Rodolphe II ? Pris dans la collection du domaine Beckford.

ACIV Théorie sacrée de la Terre.png

Une étude de la terre et de ses caprices, écrite par le théologien Thomas Burnet. Ouvrage pris dans le domaine de Beckford.

ACIV Vertumnus un portrait contemporain.png

Portrait magnifiquement surréaliste du Saint Empereur romain Rodolphe II réalisé au XVIe siècle par le singulier Giuseppe Arcimboldo. Notez la présence de ce qui ressemble à une floraison de Paris Japonica au premier plan. Tableau pris dans la collection de Peter Beckford.

ACIV Carte de Colomb.png

Carte employée par Christophe Colomb (Christoffa Corrombo). Prise dans la collection de Peter Beckford.

ACIV Codex maya de Dresde.png

Codex maya antique, préservé. Actuellement à Dresde, mais a brièvement appartenu au riche planteur Peter Beckford.

Lettres

À tous ceux qui liront ceci, sachez tout d'abord que mon nom est Thom Kavanagh, né en 1652, anciennement résident de Boston et désormais du monde, et que j'écris ces lignes en l'an 1706. J'ai choisi de m'isoler depuis longtemps dans le lieu de mes ancêtres afin de tenter d'y trouver la paix et le repos de l'esprit. Mon histoire est singulière, mais je ne prétends à nulle grandeur ou noblesse. Mais mon sang présente une étrangeté telle qu'elle mérite mention, en espérant que ma condition pourra éclairer l'humanité... et que si d'autres, dans ce monde, souffrent des mêmes perturbassions de l'esprit que moi depuis ma naissance, ils pourront trouver un moi une âme sœur... et une voix amicale les guidant sur la voie de la santé de l'âme.

En termes simples, je suis né avec deux âmes, l'une étant la mienne, nouvellement conçue et abordant ce monde avec innosance, l'autre appartenant à un être vieux et sage, une âme peut-être aussi vielle que l'univers. Deux âmes dans un seul corps, deux esprits qui s'affrontaient pour la suprémassie.

Car depuis le jour où j'ai eu mes premières pensées, j'ai ressenti ces deux courrants en moi. L'origine de cette entremêlement sera le sujet des lettres avenir...

Dès la naissance, je suis apparu aux yeux de mes parents et des voisins comme un garçon aux habitudes et pulsions étranges. Mes yeus, de couleur et de taille différente, sucitaient nombre de commentaires et de questions. Mais ma conduite elle-même sortait de l'ordinaire. J'étais sujet à des gesticulassions de nature mystérieuse, comme des sygnes et des symboles que mes parents dissernaient sans y trouver de sens. On dit aussi que je ne pleurais et ne protestais jamais, ce qui était étrange chez un tout-petit, mais probablement une bénédicssion pour ma mère.

J'ai acquis le don de la parole dans mon douzième mois, mes premiers mots étant "mon amour" et "bienaimé". Mes parents considérèrent la chose comme le sygne d'une robuste intelligence, mais n'ont probablement pas été satisfaits de ce que ces mots entendaient. Leur inconfort grandit encore quand, à deux ans, je cessais d'appeler ces bons bergers "père" et "mère" pour emploiler les mots "Thomas" et "Elizabeth", ce qui confinnait à l'inssolence. Mais telle était mon inclinassion et je la conservais jusqu'à l'adolessence...

De la ville où j'ai vécu près de deux décennies, je n'ai que de tendres souvenirs. Boston était un endroit d'une grande beauté et d'un grand calme. Mon père y était bottier, tandis que ma mère tenait la maison où elle m'élevait du mieux qu'elle pouvait. Nous habitions près des rivages sud, à proximité des quais où venaient s'ammarer les grands navires, apportant toutes sortes de marchandises à la jeune colonie.

Je me rappelle avoit toujours été fassiné par ces navires et la promesse d'aventure qu'ils présentaient. Et ce n'était pas par oisiveté que je massais de nombreuses heures, assis sur les quais, à les regarder entrer au port en provenance de terres lointaines ou disparaître à l'horizon dans un silence digne d'un rêve. Je me demandais sans cesse ce que cachait cette ligne d'azur et ce que me réservait l'avenir. Je n'avais qu'une envie : voillager et découvrir.

J'ai donc su très tôt que je ne passerais pas ma vie à Boston, mais parcourrais le monde la recherche de la source des étranges secrets enfouis en moi. Mais cela n'ôta rien à mon bonheur quotidien et à l'amour que je portais à mes parents.

Je me rappelle avec grande clarté le jour de ma première rêverie. Jusque-là, je n'avais que le SENTIMENT des deux portions de mon esprit, mais ce jour, une fenêtre s'ouvrit sur cette deuxième âme enfouie, sur la deuxième vie qui était en moi.

J'avais quatre ans et c'était une belle journée d'automne. J'étais en promenade avec mes parents en un lieu appelé Beacon Hill. Après avoir déjeûné sur l'herbe, nous montames la pente pour observer la ville en contrebas.

Je sentis une fraîcheur s'abattre sur moi. Le monde sembla s'assombrir et briller. J'eus l'impression de tomber à la fois en arrière, dans des bras qui me recueillirent. Une vois me dit : "Va, mon aimé. Repose-toi." Malgré l'étrangeté de la chose, je ressentis en moi une poussée d'amour. La voix reprit : "Ton sacrifice ne sera pas vain. Et s'il te faut quitter cette vie, je veillerai à ta renaissance. Tu renaîtras pour être toujours à mes côtés..."

Jamais avant, et rarement depuis, je n'ai connu un tel sentiment d'adoration. Le ciel s'aclaircit alors, le monde rprit ses couleurs et, ouvrant les yeux, je vis mes parents penchés sur moi, m'appelant par mon nom...

Une grande mélancholie me saisit car il ne faut maintenant raconter mon éloignement, jusqu'à l'isolement, de mes parents, dès un très jeune âge. J'étais en effet empli du sentiment que j'étais trop différent d'eux : s'ils m'avaient bien donné naissance et m'élevaient, je ne semblais pas être de leur sang ni même de leur espèce. Et la rêverie dépeinte précédemment renforçait chez moi cette impression de ne pas faire partie de ce monde. Certains jours, je ne me voyais pas comme un humain, mais comme une toute autre créature.

Entre ma quatrième et ma quatorzième année, j'ai été assailli par une telle profusion de rêveries et d'idées et de songes que je serais passé pour fou si j'avais eu la bêtise de les raconter. Par bonheur, mon apparence ne révélait rien de ma nature, et je n'ai jamais été rupris par les images qui m'envahissaient l'esprit au point de le laisser transparaître. Et pourtant, quelles visions c'étaient : d'immenses villes de verre, des portraits d'hommes et de femmes splendides évoluant dans d'amples vêtements fluides, des machines qui généraient des éclairs dignes de ceux nuages d'orage, des véhicules qui volaient dans les airs comme des oiseaux...

Des images trop insolites pour être dévoilées à des esprits sains et trop familières et réelles pour que je les ignore...

À l'âge de quatorze ans, sentant que je devais découvrir un talent ou un métier plus approprié à ma nature d'esprit que le travail du cuir, mon père me plaça comme apprenti auprès d'un maître charpentier-menuisier de Boston appelé Jonathan Davenport. Master Davenport avait de nombreux esclaves et emploillait deux autres garçons blancs, l'un maçon, l'autre charpentier, mais l'un comme l'autre manquant d'intelligence. Apercevant chez moi une étincelle du talent qui manquait aux deux autres, Master Davenport ne tarda pas à me confier des tâches de menuiserie, ce dont je lui suis encore reconnaissant, car cet emploi me rapportait deux livres par an et une grande joie de l'esprit.

Le travail de menuisier exige une main ferme et précise et un grand goût pour l'ornementassion, qualités que je possédais en abondance, selon Master Davenport. Et ce fut avec une grande fierté que je pris congé de mon maître, non au terme des sept ans habituels, mais de cinq ans seulement, et cherchais à m'établir comme homme et maître à dix-neuf ans à peine. Mon maître n'était pas peiné de me voir partir, mais me souhaita bonne chance, sachant en son cœur que j'avais été son meilleur apprenti : "Tu as un génie naturel en toi, mon garçon, une sagesse qui dépasse le nombre de tes années."

Après avoir empaqueté mes possessions terrestres, je fis mes adieux à ma mère et mon père et achetais mon passage sur un brick marchand en partance pour la Jamaïque, dans les Indes occidentales, où le besoin d'hommes sachant travailler le bois était grand...

J'ai peine en repensant à mon départ de Boston. Surtout, j'ai presque honte de n'avoir ressenti aucune mélancholie ni même angoisse en quittant mes chers parents qui m'avaient si bien élevé. Au contraire, quitter leur foiller à cet âge demeure pour moi l'un des plus grandes joies de ma vie. Jamais auparavant, ni depuis, je n'ai ressenti une telle impression de liberté.

Mais ce fut aussi une période troublante, car c'est à ce moment que les voix gagnèrent en force, comme si on homme chuchotait à mon oreille. Leur nature n'était pas sinistre et elles ne m'empêchaient pas d'entretenir commerce avec mon prochain. Mais, contrairement aux rêveries qui intervenaient pendant mon sommeil ou lorsque je laissais vagabonder mon esprit, ces voix s'adressaient à moi à n'importe quel moment, y compris le plus inopportun. De jour comme de nuit, elles m'assaillaient sans avoir été solicitées. Certes, elles étaient fréquentes et, surtout, elles avaient la nature de souvenirs. Parfois même, j'entendais ma propre voix parmi elles.

Se pouvait-il que j'entende des conversations datant d'une vie antérieure ? Des souvenirs de gens que j'avais connus, d'amours longtemps étreintes ? Dans la prochaine lettre, j'évoquerai les fraguements de conversation qui furent peut-être les plus étranges...

Je relaterai ici l'un de ces souvenirs qui s'est répété ad nauseum tout au long de ma vie :

MOI, UN HOMME ET DEUX FEMMES

Une femme : "puisque les traits bilologiques sont transmis d'une générassion à l'autre, pourquoi ne pas concevoir les humains afin qu'ils transmettent aussi à leurs enfants les connaissances qu'ils ont acquises ? Cela s'inscrit dans notre tâche." À cet instant, une autre femme l'interrompt : "Jamais ! Nous les avons déjà faits résistants et forts ! Pourquoi leur fournir ce nouvel avantage sur nous ? Nous agonisons, la guerre tourne à notre désavantage. C'est notre salut que nous devons rechercher, pas le leur ?"

Là, un homme exprime son désaccord : "Notre heure est passée. Les Instruments de notre Volonté seront bientôt nos maître et nous disparaîtrons. Peut-être pas d'ici vingt ou trente ans, mais ce siècle est notre dernier. Alors, pourquoi ne pas offrir aux humains des facultés supplémentaires de sagesse et de croissance. Pourquoi ne pas les laisser transmettre le fruit de leur apprentissage à la générassion suivante ? Ils pourront ainsi progresser pas à pas et acquérir un jour notre sagesse..."

À ce moment, c'est moi qui semble prendre la parole : "C'est faisable. Par une simple manipulation du Code dans le sang, il est possible de les améliorer." Et le souvenir prend fin lorsque la deuxième femme s'écrie : "C'est hors de question !"

Pendant le voillage qui m'amenait dans les Indes occidentales, j'ai été frappé par une révélassion. J'ai assisté à un acte de violence gratuit qui fut fatal à son instigateur : un pirate repenti du nom de Savory qui, venu à bord pour travailler et payer ses dettes en bon chrétien, est mort en démon aviné après avoir pris pour insultes les paroles raisonnables qu'on lui tenait. Il mourut d'un coup de pistolet qu'il s'infligea lui-même alors qu'il préparait son arme en vue du premier des six duels qu'il nous avait lancés.

Nous fumes tous malheureux de sa mort, mais soulagés du calme qui régna ensuite à bord. Mais en voyant le sang s'écouler librement de son corps, une idée me saisit comme si elle avait toujours dormi en moi et n'attendait qu'une occasion de ce genre pour se dévoiler.

Vint à mon esprit la phrase que j'avais si souvent entendue : "Le Code est dans leur sang." Mais cette fois, elle prit soudain un sens ! Le Code de la Vie, semblable à un plan de navire miniature, et façonnant chaque homme et femme que portait cette Terre. Comment une telle idée pouvait-elle me paraître aussi sensée ? Comment pouvais-je comprendre ce que toutes les philosophies n'avaient pas encore pressenti ? Le Code de la Vie. Dans notre sang. Imaginez !

Ces idées me tournèrent dans la tête pendant tout le reste du voillage, comme un tourbillon de pensées que je ne parvenais pas à ordonner...

En arrivant en Jamaïque, je chassais toutes ces idées de mon esprit pour me préoccuper de trouver un emploi. Une lettre de recommandation de Master Davenport, mon maître, me facilita les choses et, en moins de deux semaines, je pus obtenir une entrevue avec un agent de l'estimable Peter Beckford, homme de grande renommée dans toutes les Indes occidentales et réputé pour son honneur et son intelligence. Il en allait de même pour son agent, car l'homme m'embaucha sur le champs et, deux jours plus tard à peine, je renforçais les portes et les toits du quartier des esclaves du domaine.

De mon côté, j'étais très bien logé, avec trois fenêtres dont deux sur les champs de canne. Quand je les ouvrais, une agréable brise emplissait ma chambre et m'apportait l'odeur et le chant des vagues, au loin. Souvent aussi, j'entendais les chants des esclaves, qui avaient le don de m'apaiser les nerfs. La vie était agréable, malgré mon angoisse d'attraper la fièvre jaune ou une autre des innombrables affections qui frappaient fréquemment les nouveaux arrivants dans ces contrées. J'ai ainsi vu dix sept hommes et femmes périr de maladie dans les six mois de mon arrivée.

Il me semblait alors que chacun de mes succès avait pour contrepartie deux ou trois dangers. Et le moment venu, ceci se révéla hélas exact...

Il me faut dire un mot de mon employeur, car c'est à ses relassions que j'ai dû mes temps les plus troublés. Peter Beckford était un homme de grande prestance et fierté. Arrivé en 1662 en Jamaïque, il acquit en dix ans un joli lot de terres qu'il planta de canne dès qu'il le put.

Au moment où j'arrivai dans son entourage, il possédait (aux dires de certains) l'un des plus vastes domaines au monde, rivalisant avec certains rois et empereurs. Il en allait de même pour son nombre d'esclaves : s'il n'en possédait que trois en arrivant en Jamaïque, il en possédait désormais plus de trois cents.

Travailleur infatigable, toujours diligent en affaires, monsieur Beckford était aussi réputé pour son caractère tempettueux : tout homme qui ne ployait pas immédiatement en sa faveur était certain de s'attirer courroux, rage et inimitié. Il fut néanmoins toujours bon envers moi, autant qu'un homme peut l'espérer de son employeur. Mais c'était probablement dû à mon statut à ses yeux, car il respectait le rang et la naissance.

Il avait autrefois été gouverneur de facto de l'île et s'il n'exerçait plus cette fonxion à mon arrivée, il présentait encore tous les sygnes d'un homme considérant qu'il était de sa nature de diriger. En outre, il accordait autant d'importance à ses relassions politiques qu'à ses champs de canne et à l'argent qu'ils lui rapportaient... Et c'est en cette qualité que je rencontrais celui qui allait faire s'écrouler ma vie à jamais : un jeune homme du nom de Laureano Torres.

Ce fut en avril 1673 que je vis le galion dans le port de Kingston. Il arborait pavillon batave, ce que je trouvais étrange, mais pas exceptionnel. Il s'agissait cependant d'une ruse, car sa cargaison était assurément espagnole : un gentilhomme appelé Torres, ancien officier de l'armée espagnole et aujourd'hui émissaire de son roi. Du moins, aux dires de Peter Beckford. J'appris plus tard qu'il se disait Templier et était venu consulter l'étrange collection de manuscrit de Peter Beckford.

Torres n'était chez monsieur Beckford que depuis deux jours lorsqu'autre chose attira son attention : moi. La vue de mon visage le plongea dans une étrange forme d'exitassion, ce qui me parut malséant jusqu'au moment où il me pressa de questions qui me remuèrent jusqu'au plus profond de mon être. Un soir, après le souper, il me demanda : "Entendez-vous des voix, monsieur Kavanagh ?" "Comment ça ?", répondis-je, tremblant intérieurement mais feniant l'ignorance. "Des voix. Au plus profond de votre esprit. Ou des souvenirs, pour être plus clair, des souvenirs d'une autre vie." J'étais terrifié : comment cet homme pouvait-il connaître la nature même de ma vie comme si elle était aussi banale que celle d'un paysan ?

"Je ne sais pas ce que vous voulez dire, Master Torres", répondis-je en prenant congé de lui, tenaillé par l'angoisse. "Bonne nuit à vous, monsieur", me lança-t-il. "Nous reprendrons cette conversation quand vous serez reposé et prêt à parler." Toujours sous l'effet de la surprise, je lui souhaitais bonne nuit et rejoignais ma chambre, sentant qu'une nouvelle rêverie allait bientôt m'envahir. Dès que je me couchais, elle m'assaillit...

Je relate ici une autre rêverie...

UNE FEMME ET MOI;--

"Mon aimé", dit-elle avec sa voix si intime et familière, "nos collègues conspirent contre nous. Ils tergiversent en soupirant, résignés à leur sort, satisfaits de soutenir les humains. Mais il y a de l'espoir pour nous, une chance d'habituer nos corps à la froidure du monde, à l'air empoisonné et même à la guerre. M'aideras-tu ? T'y résoudras-tu ?"

Et à cet instant, j'ai entendu ma voix lui répondre : "Oui, mon aimée. Que dois-je faire ?"

"Le transfère", dit-elle. "Le passage de nos esprits vers de nouvelles formes. Des corps méckaniques, peut-être, ou ceux de nos Instruments, nos humains. En deux maux, je crois qu'il existe un moyen de transférer tout ce que nous savons et ce que nous somes vers d'autres formes... Ceci nous permettra de survivre au cataclisme avenir et de voir notre espèce repepler la Terre et de la voir se remettre de ce que nous avons stupiddement déclanché."

"Le transfère", ai-je dit tout haut. "Nos esprits dans d'autres corps ? Une percepective dangereuse, mais raisonnable."

"Oui !" dit-elle, "et qui saurait mieux y parvenir que mon mari bienaimé ? Dont l'esprit est sans égale. La constitussion est sans égale. L'architecte de l'Obsservatoire, le maître des outils de l'Edenn, la lumière la plus bryante de notre civilisassion. Si tu n'y parviens pas, qui le poura ?"

Et là, j'ai répondu "Je le ferai pour toi, ma bienaimée. Pour nous et pour notre peple."

Perdu que j'étais dans ma rêverie, je n'ai pas pu qu'on glissait une enveloppe sous la porte de ma chambre à coucher. Le pli disait ceci : "Cher monsieur, pardonnez l'alarme que mes demandes ont sûrement suscitées chez vous, mais vous avez l'exacte apparence d'un homme que mes collègues et moi brûlons de rencontrer. Accordez-moi audience et je vous expliquerai tout. Votre ami, Laureano Torres."

J'ai longuement réfléchi à cette lettre ce soir la, me demandant comment je pouvais avoir "l'exacte apparence" d'une homme qu'il connaissait, et pourquoi cela soulevait un tel mystère. Je me posais la questions pendant des heurs, parcourant la pièce alors que je mourais d'enui d'en sortir, quand j'entends soudn un vacarme de coups de feu dans le jardin. On aurait cru qu'une guerre avait éclatée toute autour de moi...

Je tombais à genous et allais me cacher de l'autre côté du lit, loin de la fenêtre, et fermais les yeux. Mais à ce moment, une voix m'appela derrière la porte de ma chambre. "Monsieur Kavanagh !" dit-elle. Je levais ma tête et je vis une terrible silhouette, avec une capuche et ce qui ressemblait à une robe de burre. L'homme amena un petit tuilleau à ses lèvres et soufla. Je sentis une piqure à mon coup, comme celle d'un moustique. J'ouvris la bouche pour protesster, mais la fatigue m'envahit et je tombais endormi.

Je me réveillais quelques jours plus tard dans un village très animé en présence du même homme, à de nombreuses lieues de chez moi. Lui-même indigène, il avait un visage sérieus mais dous. Il me dit qu'il s'appelait Bahlam et que je ne devais pas avoir peur.

Étrangement, je n'avais en effet pas peu, peut-être à cause de son calme et de son tons rassurant. Je lui demandais pourquoi il m'avais amené dans cet endroit. Sa surprise parut sincerre et il me dit : "Vous êtes un Sage. Votre visage l'indique, et pardessus tout vos yeus." Je ne sus qu'en penser. Il poursuivit : "Vous venez d'une longue liniée d'hommes identiques, des hommes venus de leur temps d'origine. Votre apparence et votre esprit reprennent un modèle qui se répette depuis des millénerres. Il se passe souvent un ou plusieurs siècles avant qu'apparaisse un Sage. D'autres fois, deux naissent dans la même décénie. Personne ne sait pourquoi."

Et tandis qu'il parlait, je me rendis compte que tout ce qu'il disait était connu de moi, mais cela ne m'ôta pas ma fayeur pour autant. Comment pouvais-je être la réincarnassion d'un homme ? Comment avais-je pu vivre une vie et en connaître d'autres tout en gardant des trasses de la première ? J'ai passé beaucoup de temps avec ce Bahlam, il m'a dit tout ce qu'il savait avant de me poser des questions en espérant que je pourais y répondre...

Pendent quelques jours, je suis resté avec mon gardien, Bahlam, lui posant toutes sortes de questions et lui faisant de même. Et pendant tout ce temps, je me demandais ce que le sort comptait faire de moi. Enfin, le septième jour, je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur.

"Que voulez-vous de moi, monsieur, pourquoi me gardez-vous prisonnier ici ?" À ceci, Bahlam rit et répondit : "Vous n'êtes pas prisonnier, Sage ! Vous pouvez partir quand vous l'entendez. Dites-nous où vous souhaitez aller et, si c'est en notre pouvoir, nous vous y transporterons sur le champs."

Cette réponse me surprit puis me mit en rage. "Pourquoi alors m'avoir enlevé par une méthode aussi diabolique ? Car c'était bien un enlèvement !" Il répondit : "Votre maître logeait un Templier, et en était peut-être bien un lui-même. Nous ne pouvions les laisser mettre la main sur quelqu'un d'aussi important que vous. Évitez-les, car ils convoitent le savoir que resselle votre esprit. Vos rêves, vous souvenirs et l'emplacement d'un lieu que vous avez bien connu... l'Observatoire."

Ce mot résona à mes oreilles, car je l'avais déjà entendu. Un autre souvenir d'une temps lointin. "Et vous, que voulez-vous de moi, monsieur ?" lui ai-je demandé. "Voulez-vous aussi vous emparer des secrets enfouits en moi ?" Bahlam sourit : "Je ne vous les soutirerait pas, mais c'est à vous de décider si vous voulez les partager. Vos secrets vous appartiennent, c'est à vous de choisir ce que vous en ferez..."

Après cette discussion difficile avec Bahlam, j'ai passé une journée à réffléchir à ce que je devais faire. D'étranges idées m'envahissaient l'esprit et me plongeaient dans le doutte. Lorsque je me croyais résolu, une nouvelle idée venait mettre à bas toutes mes réflections. Mais j'ai fini par prendre ma décision.

"Monsieur, vous m'avez bien traité et avez été honnête envers moi. Et j'ai pour vous une entierre confiance. Mais je ne peux pas partager mes visions et mes souvenirs avant de les avoir compris moi-même. Je dois par conséquent vous quitter et rejoindre en secret l'endroit qui occupe mes pensées depuis tant d'années."

Bahlam sourit et dit : "Je comprends cela et ai foi en votre cause. Trouver la source de vos rêveries vous sera bénéfique. Allez et trouvez vos réponses. Nous vous fournirons des vivres et de quoi vous équiper afin que vous puissiez voillager sans tracas." Je lui ai alors répondu : "Merci, monsieur. Et si ce que je trouve me satisfait, je reviendrai ici et vous en ferai part, en espérant qu'elles vous conviendront aussi."

Dans les jours qui suivirent, Bahlam fut fidèle à sa parole. Accompagné de son jeune fils Ah Tabai, il m'amena tout d'abord dans un village de pêcheurs près de son établissement et me fournit cartes et or avant de me confier un avertissement : "Les Templiers sont installés depuis peu dans les Indes occidentales et ce Torres est leur Grand Maître. Ils sont certes peu nombreux, mais d'autres viendront bientôt les rejoindre. Tachez de les repérer et ne leur faites pas confiance. Car ce qu'ils ne peuvent obtenir par la conversassion, ils le prennent par la force."

Nous fimes ensuite nos adieux et je quittais cet "Assassyn" pour partir, animé par un but un peu brumeux...

Après avoir quitté Bahlam, je pris possession d'un sloope et voyageais pendant près d'une année dans les Indes occidentales, abordant avec mon petit équipage toutes sortes de jingles et plages, cherchant un signe ou un point de reperre qui éveillerait en moi un souvenir.

En chemin, j'ai rencontré de nombreux gens qui m'ont rendu bien des services, et j'ai eu l'occasion de travailler pour eux afin de me fournir en provisions. Ceci m'a permis de connaître aussi bien les gens du nouveau monde que de l'ancien, et je dois dire que tous sont animés des mêmes espoirs et désires. Voillager est bien la meilleure éducassion qui soit.

Après mon treizième mois de navigassion, j'ai trouvé l'objet de ma quête à l'intérieur des terres d'une île connue : l'endroit que Bahlam avait appelé l'Observatoire. Oh, quels souvenirs ce lieu a éveillé en moi ! Avant même d'apercevoir sa silouette, je savais que j'étais au bon endroit. Laissant mes hommes sur la grève,je traversais seul les jingles et les profonds marais pour, à mon arrivée, m'émerveiller de son étrange et imposante présence.

J'ai su immédiatement ce que je devais faire. J'appuyais le doigt sur ce que je savais être un portail et, quand il s'ouvrit, j'entrais à l'intérieur. Ce que j'y vis demeurera un mystère car le monde n'est pas encore prêt à entendre mes récits, qui passeraient pour de la sorcellerie aux oreilles de tous, à l'exception de mon ami Bahlam et, peut-être, des Templiers qui me cherchent probablement toujours...

Je suis resté seul à l'Observatoire, sondant ses secrets, assiégé de rêveries qu'un volume deux fois épais comme la Bible ne suffirait pas à relater. Je me contenterai de dire que j'ai fini par comprendre la nature des deux âmes que j'ai en moi, et que cela les a apaisées.

Après environ une semaine sur place, j'ai reçu la visite d'un groupe d'indigènes de l'île, que je suppose être des taynos. Ils m'ont vu les premiers et auraient pu me tuer sans difficulté si ma surprise ne m'avait pas fait écarquier les yeux, dévoilant ainsi leur caractère inhabituel. Voyant cela, les indigènes s'arrêtèrent et mirent genou en terre en faisant de lentes gesticulassions. Je compris immédiatement qu'ils avaient juré de protéger cet endroit et, lors de mes conversassions avec eux, qu'ils l'avaient juré à un Sage ANTÉRIEUR qui les avait employés... ou plutôt qui avaient employé leurs ancêtres, car il s'était écoulé près de cent cinquante ans depuis la dernière présence d'un "Sage" dans la région. Ils m'ont dit que sa tombe se trouvait tout près, mais ne portait aucune marque et était inaccessible.

Mon arrivée dans ce lieu Sacré remonte maintenant à plus de quarante ans et une questions continue à me hanter l'esprit : combien d'autres hommes comme moi y a-t-il eu au total ? Près de quatre vingts millénaires se sont écoulés depuis notre apparission et je suis certain que ce nombre est très élevé, mais je n'ai aucune preuve.

Mais que cela ne vous trouve pas, Lecteur. Car si vous avez suivi toute mon histoire, cherchez la dernière missive dans l'endroit où je reposerai certainement bientôt. Caché près de l'Observatoire, là où j'ai demandé aux Gardiens du lieu de m'enterrer lorsque je quitterai ce monde. D'ici là, portez-vous bien.

À l'heure où j'écris, nous approchons de l'an 1706 et ma santé est mauvaise, aussi dois-je décrire du mieux possible ma condition présente. Tout ce que j'écris ici provient des souvenirs qui m'emplissent l'esprit. Je ne peux apporter aucune preuve à mes dires, mais si d'autres devaient voir ce que j'ai vue, ils comprendraient peut-être et se sentiraient moins seuls que je n'ai été si souvent.

Ma première existence s'est achevée lors de l'expérience que menait ma bienaimée. La métode dont elle avait parlé, le transfère de l'esprit vers une machine puis de là, vers un corps humain, été un échec. Mais un échec instructif, je crois. Car dans mes derniers instants, je n'ai entendue me réconforter et me promettre que ma mort ne serait pas une fin, mais un commencement.

"Il existe un autre moyen, mon aimé", me dit-elle. "Imparfait, mais possible. Tout d'abord, je vais accepter de mener les expériences de Minerve, son effroillable don aux Humains. Mais mon but sera opposé, ce sera ton immortalité ! En recueillant des échantillons du Code présent dans le sang humain, j'y apporterai des choses. Des fraguements de ton Code, tranfigurés de manière à ce que lorsque les éléments adécoits s'assemblent, ils puissent à leur tour tranfigurer le zigotte d'un enfant nouvellement conçu.Ainsi, tu renaîtras encore et encore au fil des âges. Avec un peu de chance, cette récessive récurance ne disparaîtra pas, mais voillagera telleun radeau sur le fleuve de l'héritage."

Tandis qu'elle parlait, j'agonisais dans ses bras, mais je compris sans peine son message. "Cherche-moi, mon aimé ! Tu ne meurs pas en vain. Car je te RETROUVERAI. Quand viendra ma mort commencera l'attente. Et je serai prêt à émerger de nouveau lorsque le moment sera venu !"

Elle me perfora ensuite le cœur, mettant fin à ma vie. Je sais à quel point il est incongru que je prétends me souvenir de ma propre mort. Et pourtant, je sais qu'elle a eu lieu et que je suis de nouveau en vie, bien des siècles plus tard, attendant que la dernière pièce de cette énigme veuille bien se dévoiler... mais sous quelle forme, je n'en sais rien.

Alors, à tous ceux qui ont lu ceci et n'y comprennent que peu, ne vous en offusquez pas. Car le monde recelle plus de mystère que de sens, et notre unique fonction est de l'endurer ! – T.K. 1706



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