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Assassin's Creed

Base de données (ACIII): Personnes

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Individus

Né en 1710

C'est peut-être difficile à imaginer en le voyant à cet âge, mais cet homme fut le Mentor d’une branche puissante des Assassins, la Confrérie des Colonies.

On ignore presque tout de la vie d'Achilles avant son arrivée chez les Assassins. Il semble que la plupart des archives aient brûlé lorsque les Templiers annihilèrent la Confrérie (ou peu s'en fallut) en 1763.

Selon ce que j'ai pu reconstituer, Achilles a été recruté au milieu des années 1730 et est devenu Mentor en 1746. Il disposait d'un véritable don en matière de recrutement et d'organisation, et l'on trouva bientôt des Assassins dans l'ensemble des Colonies et sur la Frontière. Achilles renforça les liens entre la Confrérie et la confédération iroquoise, en particulier les Kanien'kehá:ka, même si (toujours d'après les archives) Connor fut le premier Assassin amérindien.

Né en 1722

François-Joseph Paul de Grasse fut un amiral de la marine française dont le fait d'armes le plus marquant est sa victoire lors de la bataille de la baie de Chesapeake, au cours de laquelle il empêcha l'arrivée de troupes britanniques qui devaient renforcer le contingent de Yorktown.

De Grasse était le benjamin d'un noble français. Il embrassa la carrière militaire à l'âge de 11 ans, lorsqu'il devint page de l'ordre militaro-religieux de Malte. Il entra dans la marine proprement dite en 1740. En 1775, titulaire du grade de capitaine de vaisseau, il aida à assurer la domination française à Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti). À l'époque, cela devait faire bien sur un CV.

De Grasse fut promu amiral en 1781 et, malgré une santé fragile, expédié en Amérique afin d'y aider Washington. Sa victoire dans la baie de Chesapeake eut une telle importance que, le lendemain de la reddition de Cornwallis, Washington écrivit à de Grasse pour lui déclarer que l'honneur de la victoire lui revenait.

De Grasse mourut en 1788, à la veille de la révolution française. Aux yeux des révolutionnaires français, son statut de noble l’emporta sur l’aide qu'il avait apportée aux rebelles américains et son domaine fut mis à sac. Sa famille s'enfuit aux États-Unis, où elle fut accueillie comme les enfants d’un héros.

Héros ici, oppresseur là, tout est affaire de point de vue...

Ou d’intérêt.

Alexander Hamilton fut l'un des plus proches conseillers de George Washington pendant la révolution américaine et devint le premier Secrétaire du Trésor (c'est-à-dire ministre des finances) des États-Unis.

Hamilton, né en 1757 dans les Indes occidentales, est devenu orphelin à l'âge de onze ans. Il témoigna très tôt d’une grande intelligence et ses employeurs se cotisèrent afin de l'envoyer à l'université (à moins qu'ils aient tenu à l'éloigner...) Hamilton s'installa à New York en 1773 où il étudia au King's College (qui devint ensuite la Columbia University). En 1774, il écrivit des articles favorables aux rebelles (ce qui ne correspondait guère au nom de l'établissement dont il suivait les enseignements) et rejoignit en 1775 la milice de volontaires. Encore une fois, ce n'est probablement pas ce que ses protecteurs avaient en tête lorsqu'ils l'ont envoyé à l’université.

Hamilton connut les combats pendant l'occupation de New York en 1776. C'était un meneur né et George Washington le nomma aide de camp, un poste qu’il conserva pendant cinq ans. Mais Hamilton souhaitait retrouver le champ de bataille et, en 1781, il commanda des troupes lors de la victoire décisive de Yorktown.

En 1782, Hamilton fut élu au Congrès où il représenta l'état de New York. Il développa une fixation sur le financement de l'état fédéral dont les coffres étaient à l'époque vides puisqu'il n’était pas autorisé à exiger d'impôts de la part des états qui le constituaient (si cela pouvait paraître merveilleux aux yeux des contribuables, cela signifiait que l'état fédéral était incapable, entre autres, de payer son armée ; or, les soldats aiment être bien payés.)

En 1787, Hamilton devint le premier Secrétaire du Trésor des États-Unis. À ce poste, il lutta en faveur d'un état fédéral fort (en opposition déclarée avec Thomas Jefferson, qui promouvait les droits des états.) Hamilton fut à l'origine de nombreux fondements de la politique fiscale fédérale, dont les détails sont probablement importants, mais si soporifiques que je peine à terminer cette phrase.

Mais je l'ai quand même terminée. C'est beau, la conscience professionnelle, non ?

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Né en 1165

Altaïr est né au sein de la Confrérie des Assassins, dans la place forte de Masyaf. Il n’a pas eu ce que l'on appelle une enfance heureuse : sa mère est morte en couches et son père fut tué durant le premier siège de Masyaf. Peu après, l’Assassin que son père avait sauvé en se sacrifiant se suicida devant les yeux d'Altaïr, alors âgé de onze ans.

Désormais orphelin, Altaïr chercha une figure paternelle en la personne d'Al Mualim, qui était alors le Mentor de la Confrérie. Al Mualim perçut le potentiel d'Altaïr et entreprit de le former personnellement. Altaïr fut nommé Maître Assassin à l'âge de vingt-cinq ans, ce qui était sans précédent. S'il avait existé un Livre des records chez les Assassins, son portrait aurait orné la couverture.

Altaïr fut l'un des meilleurs combattants de l'histoire des Assassins, et possédait l'ego qui allait de pair. En 1191, à la suite d'une désastreuse mission au cours de laquelle il viola le Credo de la Confrérie et faillit laisser une Pomme d'Éden tomber entre les mains des Templiers, Altaïr fut rétrogradé au rang de novice et contraint de franchir à nouveau les échelons.

Dans le cadre de sa réhabilitation, il élimina les membres majeurs de l'Ordre des Templiers de l'époque, y compris leur Grand Maître, Robert de Sablé. Tragiquement, il fut aussi contraint d'exécuter Al Mualim, qui se révéla être à la fois un Templier et un homme corrompu par l'influence de la Pomme. Après la mort de son mentor, Altaïr prit le contrôle de la Confrérie, la transformant en l’organisation secrète (et présente dans le monde entier) qu'elle est aujourd'hui.

L'un des éléments qui firent d'Altaïr un Assassin aussi meurtrier fut ce que nous appelons la "Vision d’Aigle", une espèce de sixième sens hérité de la Première Civilisation. Elle lui permettait de "lire" ses ennemis et l'environnement au-delà de que permet la vision humaine. Naturellement, tu en sais plus que moi à ce sujet (et tu n'imagines pas à quel point écrire une telle chose me peine) puisque tu en disposes et qu'elle est l'une des raisons de ta présence ici.

Autant être franc. Tu savais que tu n'étais pas ici en raison de mon affection démesurée ni de ma passion pour les accolades viriles.

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Née en 1730

Amanda Bailey fut une aubergiste bien connue (et très appréciée) de Martha's Vineyard à l'époque de la révolution américaine.

Elle est née en Caroline du Nord en 1730, premier enfant d'une famille nombreuse. Sa mère est morte alors qu’elle avait quatorze ans, laissant à Amanda la charge de veiller seule sur ses frères et sœurs.

Amanda était encore adolescente lorsque son chemin croisa pour la première fois celui de Robert Faulkner. Il travaillait alors pour la Compagnie anglaise des Indes orientales et Amanda était servante de taverne, la recette idéale pour une amourette. Ils échangèrent des lettres (les SMS de l'époque), mais leur correspondance cessa lorsque Faulkner disparut d'Halifax pour rejoindre les rangs des Assassins. Visage triste...

Malgré les nouvelles laissant entendre que Faulkner était tombé par-dessus bord et avait péri, Amanda était persuadée qu'il était toujours en vie quelque part et, au bout de quelques années, se lança à sa recherche (peut-être pour pouvoir lui reprocher en face de l'avoir abandonnée, mais là, je brode). Ses recherches restant vaines, elle finit par s'installer sur Martha's Vineyard, où elle travailla dans une auberge avant d'acheter l'établissement.

Amanda disposait d'un véritable don pour le commandement et l'organisation. Elle fonda la première école de secteur et poussa les habitants à aménager les quais afin d'augmenter le trafic marchand. Pendant la révolution, son auberge devint le lieu de tous les potins, en particulier en matière de mouvements maritimes. Cela ne te surprendra probablement pas d'apprendre qu'elle espionna au profit des Patriotes, mais l'information n'est connue du grand public que depuis 1919, date à laquelle on trouva un coffret contenant sa correspondance personnelle, y compris quelques messages chiffrés de l'écriture manuscrite de Benjamin Tallmadge.

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Benjamin Church fut un médecin de talent et le premier directeur du service de santé ("chirurgien général") des forces terrestres américaines.

Né dans le Rhode Island, Church fut diplômé de l’université de Harvard en 1754. On le découvre donc alors qu'il vient d'achever ses études. Il sera nommé chef du service médical de l'armée continentale en 1775, mais il ne faut surtout pas le lui dire, ça lui monterait à la tête.

Church est ensuite devenu un patriote expansif (et en a profité pour se faire mousser). Il fut membre des Sons of Liberty et du Comité de correspondance local. Il prit même la parole lors du troisième anniversaire du Massacre de Boston.

Il possède aussi une maison dans un quartier très agréable de la ville. La médecine doit nourrir son homme...

**

Il semble que Church ait été très doué pour le mensonge ou ait retourné sa veste pour rallier le camp anglais quelque temps avant 1775. C'est en effet à cette époque que l'on intercepte un envoi de messages chiffré aux forces britanniques de Boston. Il ne fut pas pendu pour trahison, mais simplement emprisonné avant d'être exilé. Et on peut dire aussi qu'il ne manquait pas de sang-froid : pour sa défense, il a déclaré qu'il AIDAIT en réalité l'armée continentale en gonflant ses effectifs et ses réserves de poudres. Belle réactivité...

Heureusement pour Church, l'armée continentale ne mit la main que sur une seule lettre chiffrée. Des recherches plus récentes ont montré qu'il transmettait des documents aux britanniques depuis un certain temps, probablement pour éponger une partie de ses dettes.

Sa riche demeure fut saisie par le gouvernement américain nouvellement constitué et vendue afin de payer des dettes de guerre, mais elle avait entre-temps été mise à sac par des rebelles en colère. Cela peut paraître d'une justice épique, mais ce fut loin d'être le cas. Church n'habitait même pas dans cette maison. Il l'avait laissée à son épouse, qu'il avait délaissée au profit d'une autre femme.

C'est à croire qu'il avait élevé la trahison au rang de mode de vie. Étonnant, non ?

**

Toujours sur le thème de la trahison, on dirait bien que Church n'a pas trahi que les Patriotes, mais aussi les Templiers. Je me demande encore si c'était du courage ou de la bêtise. Compte tenu de sa fin, je pencherais pour la seconde hypothèse. Je pense qu'il en serait venu à se trahir LUI-MÊME si son autre l'avait payé assez cher.

Né en 1706

Benjamin Franklin fut un inventeur et diplomate de renom, et l'un des signataires de la Déclaration d’Indépendance. Traduction : pour l'époque, il était une rock star.

Benjamin Franklin est né à Boston en 1706, dixième fils d'un savonnier. Dix garçons ! C'est à croire que ses parents n'avaient pas de quoi s'acheter une télé. Mais de toute manière, la télé n'existait pas.

Il commença à travailler en 1718 au profit d'un de ses frères en tant qu'apprenti imprimeur. Leurs relations étaient cependant houleuses, surtout après que son frère eut découvert que le jeune Benjamin écrivait pour la gazette sous un pseudonyme, Silence Dogood, et que sa rubrique était très appréciée. La nature humaine étant ce qu'elle est, c'est probablement la popularité de la rubrique de Benjamin qui irrita le plus son frère...

Benjamin s'enfuit en 1723 pour se rendre à Philadelphie, où il poursuivit sa carrière d’imprimeur et d'auteur. Il fit d'ailleurs l'acquisition de la Pennsylvania Gazette. L'entreprise, j'entends, pas un exemplaire. Ce ne fut que l'un de ses nombreux succès. Il passa l'essentiel du reste de sa vie à Philadelphie, du moins, en dehors de ses longs séjours en Europe.

Franklin possédait un talent inné pour la persuasion, ce qui faisait de lui un diplomate idéal. En 1757, il se rendit à Londres afin de représenter la Pennsylvanie dans le cadre d’une bataille judiciaire avec la famille Penn. Ce fut le premier de plusieurs longs voyages de nature politique en Grande-Bretagne, au cours desquels il représenta également le Massachusetts, la Géorgie et le New Jersey. En réalité, Franklin s'est trouvé en Europe pendant presque toute la durée de la révolution américaine, même s'il était dans les Colonies lors de la rédaction de la Déclaration d'Indépendance.

Franklin s'éleva contre la politique d'imposition des Colonies par la couronne (comme le Stamp Act) et s'il commença par lutter pour les droits des colons en tant que sujets britanniques, il considéra ensuite (comme la plupart des Pères fondateurs) que l'indépendance représentait la seule solution viable. Malheureusement, le revirement d'opinion de Franklin l'amena à se brouiller avec son fils William, gouverneur du New Jersey pour la couronne. William demeura un loyaliste actif et père et fils ne s'adressèrent plus jamais la parole.

Lorsqu'il n'était pas occupé à fonder une nouvelle nation (et, par la même occasion, à détruire sa famille), Franklin s'occupait de science. Il inventa ainsi les lunettes à double foyer, améliora le rendement des poêles à bois, cartographia le Gulf Stream et découvrit le fonctionnement de l'électricité. C'est mieux que de réchauffer un plat tout prêt au micro-ondes et passer le reste de la journée à glander en slip, non ?

C'était aussi un homme à femmes. Et c'est peu dire. Il entretint plusieurs "amitiés" avec diverses femmes en Europe. On ignore ce qu'elles lui trouvaient, car il n'avait rien d’un Apollon. Peut-être que les femmes apprécient les hommes intelligents...

Si c'était vrai, je ne serais pas là. Je serais au Portugal, entouré de mignonnes, et tu regarderais stupidement un écran vide.

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Né en 1754

Benjamin Tallmadge fut le chef des services de renseignement de l'armée continentale pendant la guerre d'Indépendance. LE renseignement, je le rappelle, c'est l'espionnage ; LES renseignements, c'est pour le téléphone, mais il n'avait pas encore été inventé.

Tallmadge était originaire de New York, mais s'était installé dans le Connecticut avant la révolution. Il servit comme lieutenant puis major dans la milice locale avant d'être appelé par George Washington afin de diriger le renseignement. Tallmadge exploita ses relations à New York pour former le réseau Culper, dont les membres observaient et rendaient compte des activités britanniques à New York, il est également possible que ce soit ses contacts qui aient mis au jour la trahison de Benedict Arnold, mais les avis divergent.

Après la guerre, Tallmadge regagna le Connecticut où il exerça la profession de négociant et entra en politique. Il fut élu à la Chambre des représentants en 1801.

Casimir Pulaski (ou, pour utiliser l'orthographe polonaise, Kazimierz Pulaski) fut un noble polonais et commandant de cavalerie qui combattit aux côtés des rebelles pendant la guerre d’Indépendance.

Pulaski avait fait partie de la résistance polonaise à la fin des années 1760 et au début des années 1770. Malheureusement pour lui, son camp fut battu et il fut contraint de se réfugier en France. Le pauvre, devoir se réfugier en France... Là, il rencontra Benjamin Franklin, qui était à l'affût de tout chef militaire d'expérience susceptible de venir en aide à l'effort de guerre des rebelles. Franklin ne perdit pas de temps et adressa Pulaski à George Washington.

Pulaski rejoignit les rangs de l'armée continentale en 1777 et montra immédiatement son utilité à la bataille de Brandywine, où il évita à Washington un encerclement britannique. Il a probablement sauvé la vie de Washington, ainsi que celle de nombreux soldats de l'armée continentale. En remerciement, Pulaski fut nommé brigadier général à la tête de la cavalerie continentale qui, à l'époque, ne comptait que très peu d'hommes et était utilisée sous la forme d’un "saupoudrage", essentiellement pour la reconnaissance.

À la suite de quelques tensions avec ses supérieurs, Pulaski démissionna de son poste et fut autorisé à tenter de nouveau sa chance ailleurs. Il forma alors un petit corps de lanciers et de fantassins qui, pour des raisons évidentes, fut bientôt connu sous le nom de "légion de Pulaski".

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Né en 1731

Charles Lee, militaire britannique, devint une figure majeure de la guerre d'Indépendance.

Fils d'un colonel de l'armée britannique, il connut très tôt l'éducation aux armes. Il fut envoyé dans une académie militaire suisse puis, en 1746, devint enseigne (c'est-à-dire officier porte-drapeau) dans le régiment de son père.

Il fut envoyé dans les Colonies en 1755 afin de prendre part à la "portion" américaine de la guerre de Sept Ans, que l’on appelle "guerre contre les Français et les Indiens" sur presque tout le continent américain et "Guerre de la Conquête" au Québec. Il servit sous les ordres d’Edward Braddock puis au fort Ticonderoga, où il fut blessé au combat. Une fois remis, Lee connut de nouveau le feu à Fort Niagara. J’ai toujours pensé que les forts attiraient la mitraille... Il termina son affectation dans les Colonies lors de la conquête de Montréal par les Britanniques.

Lee regagna l'Angleterre en 1760, peut-être par carriérisme. Il fut promu major en 1761 et envoyé affronter les Espagnols au Portugal. Il y obtint de bons états de service, mais à son retour en Angleterre, il fut mis à la retraite selon le régime de la demi-solde. Par la suite, Lee ne se priva pas de critiquer le haut commandement et le Premier ministre, et sa carrière militaire reste (étonnamment !) au point mort.

**

Frustré par cette absence d'avancement dans l'armée anglaise, Lee revint à New York en 1773. Il ne tarda pas à soutenir la cause révolutionnaire et, en juin 1775, il rejoignit l'armée continentale avec le grade de major général.

Lee dut se placer sous les ordres de George Washington, ce qui ne lui plut guère, car il aurait aimé être nommé commandant en chef à sa place. Son expérience jouait certes en sa faveur, mais il avait aussi des faiblesses. La plus notable était son caractère : Lee était colérique et avait l’habitude de faire savoir à grands renforts de décibels, et généralement en public, lorsque quelque chose lui déplaisait. Le genre de choses qu’ADORENT les chefs...

Lee était aussi assez excentrique. Il adorait littéralement les chiens et était perpétuellement entouré d’une nuée de clébards, en particulier son loulou de Poméranie. Il ne faut jamais faire confiance à un homme qui s’entoure de chiens de salon. Il était en outre infatué de sa personne et adorait les tenues sur mesure, mais les lavait rarement, et dégageait par conséquent une odeur à peine moins désagréable que celle de ces animaux (voire pire, selon certains).

Malgré ses défauts, Lee était un chef compétent et apprécié de ses troupes. Washington lui-même le reconnaissait et alla jusqu'à nommer l'un de ses forts sur l'Hudson "Fort Lee" en son honneur. Si Washington espérait ainsi arrondir les angles entres eux, il en fut pour ses frais.

En fait, au fil du temps, Lee apprécia de moins en moins Washington, au point de répugner à appliquer ses ordres. Lorsque Washington battit en retraite à travers les états de New York et du New Jersey en 1776, il ordonna à plusieurs reprises à Lee de le suivre, ce qu'il fit, mais à la vitesse d'un escargot. Ce fut peut-être la cause de sa capture par les Anglais en 1776. Mais n’oublions pas qu'il lui était difficile de se hâter, puisqu'il lui fallait s'arrêter toutes les cinq minutes pour permettre à ses cabots de se soulager sur les haies.

Heureusement pour Lee, il avait démissionné de sa commission dans l'armée britannique peu après avoir rejoint les rangs de l'armée continentale. Ainsi, au lieu d'être jugé pour désertion, il connut une détention assez légère. Les Britanniques lui offraient à dîner (sans oublier le vin), et pouvait inviter à sa table qui il entendait. Autrement dit, il était à l'hôtel. En échange, Lee fournit aux Anglais des informations sur la situation de l’armée continentale.

Né en 1734

Daniel Boone fut un chasseur et trappeur qui, grâce à ses talents et à une bonne dose de chance, acquit un statut quasi-mythique dans les récits traitant des pionniers de la Frontière. Boone est né en Pennsylvanie mais s’est installé avec sa famille en Caroline du Nord en 1752. Il s'est souvent rendu sur la Frontière pour y chasser, dans les contrées devenues depuis les états de Floride, Caroline du Nord, Kentucky... la liste est longue, mais je m'arrêterai là de crainte de devenir ennuyeux.

On attribue parfois à Boone la "découverte" du Kentucky, ce qui est ridicule car quelqu'un y avait certainement mis les pieds avant lui. En revanche, il a joué un rôle majeur dans sa colonisation par les Européens. En 1773, Boone a conduit un groupe de colons vers l'intérieur du Kentucky avec l'intention d'y fonder une ville. L'intérieur du Kentucky avait théoriquement été cédé aux Britanniques dans le cadre du traité de Stanwix mais ce traité n'avait pas l'approbation de toutes les populations amérindiennes (pas plus que les incursions sur les terres qu'elles occupaient traditionnellement). Le groupe de Boone fut rapidement attaqué. Son fils fut capturé et torturé à mort et les colons repartirent.

Boone y retourna cependant en 1775, la Transylvania Company l'ayant engagé pour tracer une piste vers l'intérieur que l'on devait baptiser la "Wilderness Trail" (la piste des terres sauvages). Boone s'installa dans la région et y fonda la petite ville de Boonesborough (arrogant, non ?). Dans les premières années de la révolution américaine, il dut venir au secours de cette communauté, alors attaquée par des Shawnee.

Boone devint plus tard célèbre, moins du fait de ses aventures (même s'il en a vécu beaucoup et te les racontera certainement) que les livres retraçant sa vie, et dont certains contenaient... par charité, appelons ça des inexactitudes historiques. Par exemple, sa séance de lutte contre un homme-poisson de quelque dix-huit mètres. En réalité, Boone n'était pas du genre à embellir ses aventures... alors d'autres s'en sont chargé pour lui.

Nés en 1733, 1735

David et Richard Clutterbuck furent des canonniers de la marine marchande qui débutèrent leur carrière vers le milieu du XVIIIe siècle. Ils avaient la réputation de déclencher des bagarres amicales sous n'importe quel prétexte, alors si tu dois t’adresser à eux, ne mélange pas les prénoms : David est l’aîné et Richard le cadet. Oh, et ne t'avise pas de te moquer de leur nom de famille.

La famille Clutterbuck, d'origine néerlandaise, s'était installée à Londres, alors que David et Richard étaient enfants. Leur père était docker et les deux frères ont grandi près des (et sur les) quais, jouant les garçons de courses pour passer le temps et gagner un peu d'argent. Ils montrèrent une aptitude précoce (on peut parler d’affinité) pour la bagarre. Ils embarquèrent en 1750 sur le Stalwart, où ils rencontrèrent Robert Faulkner, et naviguèrent avec lui jusqu'à sa "disparition" en 1753.

Si beaucoup d'hommes prenaient la mer en quête d'aventure ou d'un trésor, la motivation des frères Clutterbuck fut tout autre : les canons. Ils avaient grandi baignés dans des histoires de marins, mais ce n’est que lorsqu'ils entendirent un canonnier parler de la puissance et du calibre de sa pièce qu'ils décidèrent qu'ils étaient faits pour la vie en mer.

Le marin en question ne parlait pas d'une authentique pièce d'artillerie, mais les deux impressionnables jeunes gens ne saisirent pas l'allusion. Tu me suis ? Je veux dire qu'il parlait d'un autre type de canon. D'une arme très différente. Qui risque rarement d'exploser parce qu'elle est trop chargée. Il en vantait la "puissance" et le "calibre", même si sur ce genre de pièce, les boulets restent généralement accrochés à l'extérieur. Tu ne comprends toujours pas ? Bah, tant pis...

Les Clutterbuck naviguèrent pendant des années à bord de navires marchands et pirates, la plupart du temps ensemble. Ils finirent par s'établir à titre semi-permanent sur Martha's Vineyard. Ils s'y reposaient entre deux contrats, mais ne tardaient pas à se lasser du manque d’agitation et reprenaient alors la mer.

Je te réexpliquerai la blague du marin un autre jour.

Braddock bda.png

Né en 1695

Edward Braddock, surnommé le "Bouledogue", était le major général commandant les troupes anglaises au début de la guerre de Sept Ans.

Braddock faisait fonction de gouverneur de Gibraltar lorsqu'il reçut le commandement de troupes britanniques en Amérique du Nord. On lui confia deux régiments et la mission de reprendre Fort Duquesne aux Français (une tâche plus connue sous le nom d’expédition Braddock) dans le cadre d'une offensive plus vaste contre les colonies françaises sur le continent.

En tant que gouverneur de Gibraltar, Braddock avait été apprécié, mais les choses évoluèrent à son arrivée en Amérique. Il était réputé faire régner une discipline très stricte parmi ses soldats, mais il semble qu'il ait ensuite versé dans la brutalité gratuite. Il ne tarda pas à être considéré comme colérique et cruel. Il fit également preuve d’un mépris non dissimulé pour les soldats qui n'étaient pas britanniques, ce qui lui mit à dos la milice coloniale qu’il tentait de recruter. En résumé, un bouledogue raciste et cruel, le type de bouledogue que j'aime le moins.

Braddock reçut une balle dans la poitrine lors d’un affrontement en 1755, et certaines rumeurs affirment qu'elle est sortie du mousquet de l'un de ses soldats. Cela fait partie des risques majeurs du métier lorsqu'on se montre désagréable envers des subordonnés équipés d'armes à feu. Tout laisse penser que le bouledogue a été abattu comme un chien.

**

C'est George Washington qui a éloigné Braddock du lieu des combats, allongé sur son écharpe (que Braddock confia ensuite à Washington). Ça peut paraître étrange, mais cette "écharpe" (que l’on porte d’ailleurs généralement en ceinture) est bien plus grande qu’il n’y paraît : elle mesure plus de trois mètres et peut même faire office de hamac. Le fait que les officiers portent une étoffe capable de les transporter (et qui les distingue au combat du reste des troupes) en dit long sur les méthodes de combat à l'époque. Braddock est mort de ses blessures quelques jours plus tard, et Washington a conservé l’écharpe.

Voilà un point intéressant : de crainte que le cadavre de Braddock ne soit profané s'il était découvert, il fut enterré sur la route, afin que les chariots tassent la terre et masquent la tombe. En 1804, des cantonniers retrouvèrent ses ossements, qui furent alors déplacés et recouverts d'un monument en marbre.

Ezio ACR full.png

Né en 1459

Ezio Auditore da Firenze fut un maître Assassin de la Renaissance italienne, héritier de la mystérieuse capacité appelée "Vision d’Aigle". Il fut aussi l'un de tes ancêtres.

Durant son adolescence, Ezio fut une sorte de playboy, mais sa vie changea en 1476 lorsque son père et ses frères furent arrêtés et exécutés pour trahison. Ezio tenta de les sauver, mais la preuve qui les lavait de tout soupçon disparut mystérieusement entre les mains d’un "ami" de la famille, et ils furent pendus sous ses yeux.

Ezio s'enfuit avec sa mère et sa sœur à Monteriggioni, où ils se réfugièrent chez son oncle, Mario Auditore. Ezio avait initialement l'intention de poursuivre son voyage pour aller s'établir en Espagne, mais Mario avait d'autres projets. Il dirigeait la Confrérie des Assassins en Italie et passa les années qui suivirent à former Ezio et à le persuader de l'aider à combattre les Templiers, qui étaient responsables de la mort de son père et de ses frères.

Ezio passa la décennie suivante à éclaircir les rangs des Templiers, parvenant même à acculer leur Grand maître, Rodrigo Borgia, à Venise, en 1487. Borgia put s'enfuir, mais Ezio récupéra une Pomme d'Éden et fut officiellement admis au sein de la Confrérie des Assassins.

Après avoir connu quelques revers au cours des années qui suivirent, Ezio se rendit à Rome en 1499 afin d’affronter Rodrigo, devenu entre-temps le pape Alexandre VI. Après avoir battu Rodrigo (mais sans lui prendre la vie), Ezio ouvrit une crypte secrète sous la chapelle Sixtine. Il y découvrit un message laissé par la Première Civilisation annonçant une catastrophe qui anéantirait l’humanité (oui, c’est probablement ce que nous affrontons actuellement.)

Au cours des deux décennies suivantes, Ezio renforça la Confrérie des Assassins en Italie et combattit les Templiers (c'est-à-dire, en gros, la même chose que nous). L'un de ses plus grands succès fut la découverte d'une bibliothèque secrète ayant appartenu à Altaïr, dissimulée sous l'ancienne place forte des Assassins à Masyaf, et contenant un autre message de la Première Civilisation. Il quitta peu après la Confrérie, et on peut qualifier ça de "départ en triomphe".

Il était également très doué pour les sauts.

Ezio est mort à Florence en 1524.

Né en 1732

Voilà un nom qui devrait te dire quelque chose : George Washington, qui dirigera l'armée continentale pendant la guerre d'Indépendance et deviendra le premier président des États-Unis.

J'ai failli dire que tu devrais probablement connaître tout ce que j'allais raconter, mais c'est sans doute faux. Tes connaissances doivent se limiter au fait qu'on a baptisé beaucoup de choses du nom de George Washington, et tu as certainement oublié tout ce qu'on t'a enseigné en classe parce que tu t'es dit que ça ne te servirait jamais dans la vie (tu devrais appeler ta prof d'histoire et lui dire qu'elle avait eu raison, tout ce temps).

George Washington était le fils d'un planteur de Virginie. Il n'a pas reçu d'éducation très approfondie, mais il était ambitieux et a appris par lui-même, en lisant.

Il est entré très tôt dans la vie active, spéculant sur les biens fonciers dès l'âge de 18 ans. Son frère est mort alors que George avait vingt ans, lui léguant la plantation familiale de Mount Vernon. George y vécut jusqu'à sa mort et on peut encore y voir sa tombe.

Les débuts militaires de Washington remontent à la guerre de Sept Ans. Il mena une expédition militaire à Fort Duquesne en 1754, destination qu'il n’atteignit jamais puisqu'il dut se rendre à l'ennemi à Fort Necessity. L'année suivante, Washington reprit le chemin de Fort Duquesne, cette fois en tant que guide d'Edward Braddock, lors de la malheureuse expédition qui porte le nom de ce dernier. Washington y prit part en tant que volontaire, espérant que l'aide qu'il apporterait à Braddock lui vaudrait une promotion. L'affrontement se solda par une déroute, mais Washington fut récompensé pour sa gestion de la retraite et, quelques mois plus tard, fut promu colonel à la tête de la milice de Virginie.

Il procéda à une refonte complète de la milice, espérant que l'organisation et l'instruction qu'il fournirait à cette unité lui permettrait d'être intégrée aux troupes britanniques. Ce ne fut pas le cas, et Washington démissiona en 1758. Je n'irai pas jusqu'à dire que cette rebuffade est à l'origine de son mépris pour les Britanniques, mais elle y a probablement contribué.

À la fin des années 1760, Washington entra en politique, plus précisément à la Chambre des Bourgeois de Virginie. Il devint ensuite membre du Congrès continental et, lorsque la guerre éclata en 1775, le Congrès porta son choix sur lui pour diriger l'armée. À l'époque, Washington a déclaré "je ne me crois pas égal au commandement dont on m’honore", ce qui a certainement conforté dans leur choix ceux qui venaient de le nommer. Imagine ta réaction si, à bord d'un avion, le commandant de bord t'annonçait ce genre de choses avant le décollage...

Il est possible que Washington ait fait preuve de fausse modestie, mais une chose est certaine : il n'avait rien d'un génie militaire et le savait (même si ta fierté de citoyen américain est certainement blessée de m'entendre dire qu'il était pas parfait). Sous son commandement, l'armée a échappé plusieurs fois de justesse à l'annihilation : à Manhattan, à Brandywine et dans d'autres circonstances.

Washington a remporté assez tôt une victoire en brisant le siège de Boston, mais il eut ensuite l'idée désastreuse de fortifier New York, une ville absolument indéfendable sans un appui naval dont il ne disposait pas. Même toi, tu l'aurais compris. Il passa la seconde moitié de 1776 à battre en retraite à travers les états de New York et du New Jersey, enchaînant les défaites jusqu'à Noël, date à laquelle il réussit une attaque surprise contre les troupes hessiennes à Trenton.

(Mais si cette bataille fut illustrée par quelques tableaux célèbres et redonna confiance à la population, elle ne constitue qu'une victoire mineure dans l'histoire de cette guerre).

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Le manque de compétence de Washington ne passa pas inaperçu. Charles Lee perdit toute foi en lui et, s'il n’alla jamais jusqu'à désobéir à ses ordres, il ne les appliqua pas toujours avec la plus grande diligence. Ensuite, en 1777-78, Washington dut faire face à la cabale de Conway, qui menaçait de le remplacer par le général Horatio Gates.

Mais le point fort de Washington était la politique, et pour commander l'armée, la politique avait autant d'importance que les victoires sur le champ de bataille. Washington dut jongler entre les intérêts distincts (et parfois divergents) de l'armée, des différentes colonies et du Congrès, non seulement en matière d'instructions sur la conduite de la guerre, mais aussi afin d'obtenir des vivres et autres fournitures de base pour ses soldats. Ce devait être un homme d'une infinie patience, car essayer d'obtenir quelque chose de la part de politiciens revient à tenter de faire lâcher son os à un chien (pour ma part, je préfère avoir affaire au chien, car il arrive que ces animaux entendent la voix de la raison.)

Malgré toutes les réserves émises à l'encontre des compétences militaires de Washington, il faut reconnaître qu'il a gagné (ou fini par gagner). À la fin de la Guerre d'Indépendance, il représenta le choix de tous pour le poste de président, ce qui indique qu'il a non seulement gagné la guerre, mais y est parvenu sans se faire d'ennemis au Congrès.

Naturellement, celui qui chercherait à critiquer Washington n’aurait pas à chercher bien loin : il a ordonné l'anéantissement de villages amérindiens lors de l'expédition Sullivan, et il était propriétaire d'une plantation, ce qui signifie qu'il possédait plus de deux cents esclaves. Certes, son testament prévoyait leur affranchissement, mais après le décès de sa femme et le sien, autrement dit quand il n'aurait plus besoin d’eux, ce que je ne trouve pas particulièrement altruiste.

Oh, tu trouves que je pousse un peu ? Désolé, je suis là pour t'enseigner l’histoire, pas pour cirer les pompes.

Né en 1725

Le Templier Haytham Kenway est venu s’établir dans les Colonies d’Amérique en 1754. D’après ce que nous avons appris, il y’a été envoyé par le Grand Maître Reginald Birch avec une double mission : établir son propre groupement de Templiers afin de contrer les Assassins des Colonies et rechercher des indices au sujet de reliques liées à la Première Civilisation. Et quand un Grand Maître te demande quelque chose, tu le fais. Même s’il s’agit simplement d’un maître aux échecs.

Kenway n’a pas trouvé les reliques qu’il était venu chercher. En revanche, il a recruté un petit groupe de Templiers dévoués. Il a aussi tenté de nouer des relations avec les Kanien’keha:ka de la Frontière et, en particulier, avec une femme de cette tribu, Kaniehti:io. Ils furent brièvement amants, mais leur liaison dura suffisamment longtemps pour que Kaniehti:io tombe enceinte. Elle n’en avertit jamais Haytham et éleva seule leur fils : Connor.

J’ai toutes les raisons de supposer que Kenway est devenu Grand Maître dans les Colonies, et donc le responsable de l’attaque de 1763 contre les Assassins des Colonies. Cette attaque élimina la quasi-totalité des membres de la Confrérie en Amérique, ainsi que leurs archives. On ignore ce qui s’est réellement passé lors de cette attaque et comment Kenway est parvenu à un tel degré de surprise.

Quoi qu’il en soit, je n’aime pas cet homme. Et pardon d’avoir employé des termes aussi durs.

Né en 1718

Israel Putnam (affectueusement surnommé "Old Put") est une figure légendaire de la guerre d’Indépendance, et peut-être le soldat le plus connu de ce conflit. Une sorte de héros populaire...

Putnam est né dans le Massachusetts, mais s'est ensuite installé dans le Connecticut pour y tenir une ferme. On lui attribue la mort du dernier loup de cette colonie : il aurait rampé dans son repaire avec un mousquet et une torche, une corde nouée autour des pieds afin qu'on puisse l'en extraire. Cet homme devait détester les loups. Oh, au fait, je crois avoir mentionné qu'il était un héros populaire ? Ce n’est que le début.

Il a rejoint les rangs de la milice coloniale pendant la guerre de Sept Ans et s’est forgé une réputation de courage et de talent pour inspirer ses camarades. Il fut capturé par des Amérindiens en 1758 et sauvé juste avant d'être exécuté. En 1762, il fit naufrage à Cuba où il menait campagne. C’est là-bas – ça je sens que ça va te plaire – qu’il a découvert les cigares. Il est devenu un ardent fumeur et on lui attribue l'introduction du cigare dans les Colonies.

À la fin de la guerre, Putnam rentra dans le Connecticut où il s'opposa farouchement aux politiques d'imposition britanniques qui ont abouti à l'indépendance. Il fonda aussi la branche des Sons of Liberty dans le Connecticut. Lorsqu'il entendit parler de la bataille de Lexington et de Concord, il s'engagea sur-le-champ dans l'armée continentale et fut nommé brigadier général des forces continentales du Connecticut. Il dirigea les troupes à Bunker Hill et la quasi-victoire des rebelles scella sa réputation.

Washington espérait beaucoup des talents de chef de Putnam et le nomma, auprès de lui, commandant en second à New York juste avant la bataille de Long Island. Hélas, si Putnam était un bon soldat, c'était un piètre tacticien. La bataille de Long Island tourna à la déroute. Putnam ne fit guère mieux dans le cadre de son affection suivante, la garde de forts sur le fleuve Hudson, face au général anglais Henry Clinton. Putnam demanda ensuite qu'on l'affecte au recrutement et Washington accepta.

Il lui restait au moins les cigares.

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Né en 1710

Dans les années qui précédèrent la Révolution américaine, James Barrett fut colonel de la milice rebelle affectée à Concord et représentant de cette localité auprès de la législature de Boston.

Barrett n'avait pas vraiment recherché ce poste à la tête de la milice. Lorsque la guerre éclata, il avait déjà 65 ans et il est probable qu'il ne rêvait que d'une chose : regarder des jeux télévisés en chaussons, la pipe au bec. Hélas pour lui, les chefs militaires expérimentés étaient rares et Barrett avait servi durant la guerre de Sept Ans. Par conséquent : garde à vous, à droite, droite et en avant, colonel.

Lorsque les troupes anglaises arrivèrent à Lexington et Concord à la recherche de caches d'armes des rebelles, elles se dirigèrent immédiatement vers la ferme de Barrett où, leur avait-on dit, était concentré l'essentiel du matériel. Naturellement, lorsqu'elles y parvinrent, la plupart des armes avaient été enlevées et dissimulées ailleurs. Barrett non plus n'était pas là. Il se trouvait un peu plus loin, à organiser la marche de la milice vers le pont nord et superviser la victoire qui intervint un peu plus tard à Concord.

John Fraser (que l’on ortographie aussi Frazer ou Frazier) fut un marchand d'origine écossaise établi dans la région de Fort Duquesne pendant la guerre de Sept Ans. Il prit part à l’expédition Braddock.

Fraser avait quitté l'Écosse peu après 1745, peut-être en raison de troubles politiques (les Fraser avaient soutenu les Stuart, dont la rébellion tournait mal). Il installa son commerce sur le cours supérieur de la rivière Allegheny, mais fut rapidement chassé de sa cabane par les Français. Il descendit le cours de la rivière jusqu'à un endroit proche de l’actuelle Pittsburgh, construisit une nouvelle cabane et reprit ses activités.

Fraser fit partie des colons qui construisirent un fort sur le site de Fort Duquesne (tout près de ses propres terres) lorsque les Français remirent ça. Fraser approvisionna la tentative de Washington de reprendre le fort en 1754 (qui déboucha sur la défaite de Fort Necessity) et fut le chef des éclaireurs de l'expédition Braddock.

Après l'échec de Braddock, Fraser quitta la région, privant ainsi les Français d’une troisième occasion de le chasser de chez lui, ce qu'on peut assimiler à une petite victoire. Il passa par la vallée de Tuscarora avant de s'installer définitivement à Fort Bedford.

Né en 1737

John Hancock fut l'un des dirigeants whigs de Boston avant la guerre d'Indépendance, et devint président du deuxième Congrès continental, qui fut à l’origine de la Déclaration d'Indépendance. Très impressionant. Mais le plus impressionnant est qu'aux États-Unis, son nom est devenu synonyme de "signature". Certains jours, je me dis qu'aux yeux des générations à venir, "Shaun" sera synonyme de "uber blasé". On peut rêver.

Hancock, né dans le Massachusetts, a eu pour père un pasteur, mais cette joie fut de courte durée. Son père est mort alors que John était encore enfant, et il fut envoyé chez son oncle Thomas, sur Beacon Hill. Thomas Hancock tenait une entreprise de transport prospère, dont John hérita à sa mort en 1764.

Homme d’affaires de renom, John Hancock tirait probablement une part de ses revenus de la contrebande, pour laquelle il fut jugé (mais relaxé) en 1768. Il rejoignit la cause des Patriotes à l'entrée en vigueur du Stamp Act, en 1764. Il fut d’ailleurs l'un des instigateurs de la Tea Party. En réalité, après le déclenchement de la révolution, ses activités rebelles étaient si largement connues que le gouverneur de Boston, qui avait proposé la grâce à tous les opposants qui déposeraient les armes, avait nommément exclu Hancock de cette offre.

Son acte le plus célèbre est probablement sa signature de la Déclaration d'Indépendance ; elle est la première sur le document. Peut-être pour cette raison, ou peut-être à cause du caractère extravagant de Hancock, sa griffe est un peu plus fleurie et de plus grande taille que les autres. Toujours est-il qu'aujourd'hui, aux États-Unis, on demande parfois aux gens d’apposer "leur John Hancock" lorsqu'ils doivent signer un document.

Il n'est pas nécessaire d'expliquer pourquoi pour quelques uns ça sonne un peu vulgaire !

Mais je vais le faire : cela a une connotation sexuelle.

Né en 1729

John Parker, capitaine de la milice de Lexington, eut par conséquent le premier rôle lors des batailles de Lexington et de Concord.

Parker était fermier, mais il avait combattu pendant la guerre de Sept Ans, d’où sa nomination à la tête des troupes locales en dépit d'une tuberculose. Parker rejoignit aussi l'armée continentale lors du siège de Boston, mais sa maladie l'empêcha de participer à la bataille de Bunker Hill.

Il mourut en septembre 1775. On dit que la statue du Minuteman située dans le parc de Lexington le représente, mais comme nous n'avons aucun portrait de Parker, ce n'est qu'une conjecture. Enfin, c'est le souvenir qui compte.

Né en 1722

En 1754, John Pitcairn était un jeune capitaine de l'infanterie de marine britannique. Il combattit pendant la guerre de Sept Ans, mais je n'ai pas réussi à dénicher quelles furent ses affectations. On le mentionne à bord de l'HMS Lancaster lors de la capture de Louisbourg, au Canada. Aucune trace de lui dans le camp "américain" des Colonies, mais il semble qu'il ait également mené des missions clandestines, ce qui expliquerait l'absence de détails.

Pitcairn fut promu major en 1771. Il était apprécié par ses subordonnés et loué par ses ennemis, ce qui est pourtant rare. Peut-être avait-il un beau sourire...

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Lorsque Thomas Gage dépêcha des troupes britanniques à Lexington et Concord, son choix se porta sur Pitcairn, se disant que les rebelles écouteraient ses arguments. À la place, les fantassins de marine tuèrent huit miliciens à la bataille de Lexington, sonnant le début de la guerre d'Indépendance et entachant sérieusement sa réputation de négociateur. Ce qui arrive souvent quand il y a des morts. Dans son compte rendu de la bataille, Pitcairn rapporte qu'il avait ordonné à ses hommes de n'ouvrir le feu que si les rebelles tiraient les premiers, mais cela ne fit pas taire les rumeurs selon lesquelles il avait donné l'ordre d'attaquer. L'histoire s'est montrée plus clémente, et Pitcairn est aujourd'hui considéré, ainsi qu'un Patriote l’avait formulé à l'époque, comme un "homme bien au service d’une mauvaise cause."

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Les historiens ont longtemps débattu sur le point de savoir si Pitcairn était allé à Lexington et Concord pour s'emparer des stocks d'armes des rebelles ou pour mettre la main sur John Hancock et Samuel Adams, qui se cachaient à ce moment-là à Lexington. Un peu des deux, peut-être... Pitcairn a déclaré qu'il désirait rencontrer Samuel Adams et Hancock afin de négocier avec eux, et il aurait été l'homme idéal pour cette tâche. Mais s'il était parti négocier une trêve, pourquoi le faire à la tête d’une armée ? Ça n’envoie pas le meilleur message, pas vrai ?

Un ami de Ratonhnhaké:ton, né dans le même village. Les deux garçons étaient du même âge, et membres du même clan, ce qui faisait d’eux des cousins, même si le lien pouvait être assez lointain. Ils furent inséparables pendant leur enfance. Kanen'tó:kon se montrant le plus prudent des deux : autrement dit, c’était Ratonhnhaké:ton qui cherchait (et trouvait) les ennuis et Kanen'tó:kon qui tâchait des les en sortir vis-à-vis des adultes.

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Lorsque Connor quitta le village pour devenir un Assassin, ils se virent naturellement moins souvent (c'est souvent le cas quand quelqu'un devient un Assassin) et ils développèrent des opinions différentes au sujet de la place que devait tenir le village dans la guerre. Si Kanen'tó:kon avait initialement le même point de vue que Connor, à savoir la neutralité, l'aide apportée par les Français et les Britanniques aux autres nations le fit réfléchir. Il finit par pencher en faveur de l'intervention dans le conflit, plutôt du côté des Anglais, auxquels étaient alliés de nombreux autres Kanien'kehá:ka.

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Leur désaccord atteignit son apogée lorsque Kanen'tó:kon annonça à Connor que ses alliés comptaient attaquer le village. C'est toujours pénible, ce genre de situation...

Née en 1731

Kaniehtí:io appartenait à la nation des Kanien'kehá:ka, qui vivait sur la Frontière, à proximité de Boston, à l'époque de la Guerre de Sept Ans. Les archives des Assassins indiquent qu'elle était la fille de la Iakoiá:ner, ou matriarche, et qu'elle avait été éduquée dès son plus jeune âge en vue de diriger.

Alors que la plupart des habitants préféraient ignorer les incursions des colons dans le secteur et les tensions croissantes entre Français et Britanniques, Kaniehtí:io était persuadée que tout ceci constituait un réel danger. Elle commença à déclarer que le village devait intervenir, contestant la volonté des chefs de clan. Elle refusa de suivre leurs consignes de neutralité, décida de riposter et chercha toute l'aide qu'elle put trouver, y compris celle d'Haytham Kenway.

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Les activités de Kaniehtí:io pendant l'expédition Braddock et ses relations avec un Templier connu l'empêchèrent d'accéder au rang de matriarche. Il semble cependant que, même après la naissance de son fils, elle ait continué à prôner la participation au conflit au lieu du laissez-faire que promouvaient les anciens du village. Elle rompit néanmoins tout contact avec Haytham.

On ignore dans quel objectif les Templiers attaquèrent en 1760. Le village fut presque entièrement détruit, mais renaquit au cours des années suivantes.

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Eh bien, voilà qui éclaircit un peu la situation. Il semble que l’incendie du village de Connor n'ait pas été le fait des Templiers. C'est George Washington qu'il faut remercier de ce feu de joie. Voilà une page de la carrière militaire de Washington qui n'a pas trouvé place dans les manuels d'histoire. Mais bon, ce n'est qu'un cas parmi d’autres...

Louis Mills fut un matelot originaire de la région que les Britanniques ont surnommé (avec un certain optimisme) le "Brighton ensoleillé". Son attrait pour la mer lui fut communiqué par son père également marin. Il emmena pour la première fois en mer le jeune Louis à l'âge de dix ans, traversant l'Atlantique de Londres à Boston à bord d'un navire baptisé le Windward.

En grandissant, Mills continua à naviguer, parcourant le monde et se forgeant une réputation de marin fiable et doté de jugeote. Il rejoignit l'équipage du Providence en 1752, demeurant auprès du capitaine et de l'équipage malgré un certain nombre de coups durs, mais en 1755, il songeait à changer d’embarquement.

On le connaît sous le simple nom de "Lafayette", ce qui n'a rien d'étonnant : son nom complet était "Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, Marquis de Lafayette". Ses cartes de visite devaient être longues comme le bras... Aristocrate et militaire français, Lafayette décida de prendre part à la guerre d'Indépendance et devint l'un des plus loyaux partisans de George Washington. (Et je parie que ses amis l’appelaient M.J)

Lafayette arriva dans les Colonies en 1777, impatient de participer à l'effort de guerre. Tellement impatient, en fait, qu'il s'était rendu coupable d'abandon de poste vis-à-vis de l'armée française. Lorsque cette noble institution du roi de France découvrit ses projets, elle fit saisir le navire à bord duquel il comptait embarquer et, selon l'un des récits, Lafayette fut contraint de se déguiser en femme pour prendre place à bord d'un autre navire en partance pour le Nouveau Monde. Bah, on l'a tous fait...

Lafayette s'était vu promettre un poste dans l'armée continentale avant son départ de France, mais à son arrivée, le Congrès craignit d'avoir affaire à un chasseur de gloriole. Afin d'arrondir les angles, il fut proposé à Lafayette d'offrir gratuitement ses services et le Congrès, toujours soucieux des deniers publics, lui confia une commission de major général, l'équivalent d'un général de division moderne. Cela peut paraître un grade élevé pour un jeune homme qui n'avait pas vingt ans, mais Lafayette était à la fois riche et noble et le Congrès cherchait à l'époque à obtenir l'aide de la France. À sa place, un titre aussi ronflant m'aurait paru suspect.

Lafayette fut affecté auprès de Washington en tant qu'aide de camp (probablement parce que la fonction porte le même nom en anglais et en français) et les deux hommes nouèrent une solide amitié. Au-delà de tout aspect politique, il fut très utile aux forces américaines. Lafayette était un meneur d'hommes né. Il connut le baptême du feu lors de la bataille de Brandywine, où il fut blessé. Cela ne l’empêcha pas de mettre sur pied et de mener une retraite en bon ordre qui sauva des centaines de vies.

En 1779, Lafayette revint en France pour négocier l'envoi de troupes supplémentaires auprès de l'armée continentale, c'est-à-dire exactement ce que le Congrès espérait de lui lorsqu'il accepta ses services. À son retour dans les Colonies, Lafayette reçut le commandement des troupes françaises et pourchassa le général Cornwallis à Yorktown. Mais ils n'étaient pas seuls : l'affaire ne se limita pas à un homme en pourchassant un autre dans une ville ; cela aurait manqué de dignité.

Après la guerre, Lafayette regagna la France où il joua un rôle important durant les premières phases de la Révolution. Malheureusement pour lui, il prit parti en faveur d'une monarchie constitutionnelle et dut fuir lorsque la population refusa de se contenter d'une telle demi-mesure. Il revint aux États-Unis en 1825 à l'occasion des festivités du cinquantième anniversaire de la révolution américaine, et y fut accueilli par des foules d’adorateurs.

En 2002, Lafayette fut déclaré citoyen honoraire des États-Unis (seules cinq personnes ont reçu cet honneur). Mais Lafayette ne daigna même pas se présenter à la cérémonie.

Je trouve ces français d’une arrogance...

Mason Locke Weems (que l’on appela par la suite pasteur Weems) fut recteur de paroisse avant de devenir libraire itinérant, écrivain et rédacteur. Il doit essentiellement sa célébrité à sa biographie de George Washington, dont la première édition date de 1800. Il fut brièvement recteur de la paroisse de Mount Vernon et compta par conséquent Washington parmi ses ouailles.

Weems était un personnage haut en couleur, assez fripouille. Il avait toujours une histoire à raconter, généralement largement enjolivée voire totalement inventée. C'est sa biographie de Washington qui nous apprend l'anecdote désormais célèbre du jeune George avouant courageusement qu'il avait abattu le cerisier qui faisait la fierté de son père. Weems écrivit que cette histoire "est trop authentique pour être mise en doute", mais qui sait si cette expression elle-même est trop authentique pour être mise en doute...

Weems rédigea également des biographies de Benjamin Franklin, Francis Marion et William Penn, privilégiant là encore l'anecdote par rapport à l'histoire. Mais elles connurent le succès et ouvrirent la voie aux tabloïds du monde entier.

Né en 1750

Nicholas Biddle, un ambitieux jeune marin, devint l'un des premiers commandants de navire de la marine continentale.

Biddle rejoignit la marine britannique, la Royal Navy, en 1770 mais, au début de la révolution américaine, il offrit ses services au Congrès continental. C'était donc un traître, même s'il est toujours amusant de constater que vous autres Américains ne voyez pas les choses sous cet angle. Quoi qu'il en soit, alors qu'il n’était que simple aspirant dans la marine du roi, le Congrès lui confia rapidement le commandement d'un navire, le Franklin. En 1776, il obtint même beaucoup mieux : le commandement d'un bâtiment flambant neuf, le Randolph.

Les documents historiques sont muets quant aux raisons de l'ascension de Biddle. Je crois cependant être en mesure de lever ce mystère : nous avons vu Church le recruter alors que Connor faisait escale à Nantucket.

Biddle tint finalement le rôle de corsaire au profit du Congrès continental, patrouillant les routes maritimes empruntées par les Britanniques, harcelant leurs navires et mettant la main sur tout ce qu’il pouvait capturer. Sa réputation de commandant était excellente : il partageait équitablement le butin et ne recourait jamais aux châtiments corporels vis-à-vis de son équipage. Quelle chiffe molle. C’est lamentable... J’imagine que tu comprends pourquoi c’est un avantage lié au poste intéressant...

Né en 1735

Tu as sûrement entendu parler de la chevauché nocturne de Paul Revere. Il fut l'un des cavaliers chargés d'avertir les habitants de Lexington et de Concord d'une expédition militaire britannique, le 18 avril 1775. Mais le rôle de Revere au sein de la Révolution américaine ne se limita pas à cette cavalcade. Il fut membre des Sons of Liberty et du Congrès continental, et participa à la Tea Party de Boston.

Revere était orfèvre (spécialisé dans l'argent) et l'un des artisans les plus doués de toutes les Colonies. Il pratiquait aussi la gravure sur cuivre, et on lui doit une gravure du Massacre de Boston décrivant des soldats anglais tirant, presque à bout portant, sur une foule désarmée. Elle fut un chef-d'œuvre de propagande. On voit de moins en moins de propagande à l'eau-forte, de nos jours ; encore un art qui se perd...

Revere fut aussi un homme d'affaires avisé doté d'un flair certain pour suivre l'argent. Lorsque les commandes d'orfèvrerie ne suffisaient pas, il fabriquait des outils de dentisterie, et quand la poudre à canon se fit rare pendant la guerre d'Indépendance, il ouvrit un atelier de poudrerie. Après la guerre, Revere devint même facteur de cloches et fabriqua celle qui orne King's Chapel, l'un des grands lieux de Boston.

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Né en 1705

Reginald Birch fut un négociant londonien, fils d'un autre négociant londonien (qui, fort opportunément, portait aussi le nom de Birch ; il semble que cela ait fait partie des grandes traditions familiales).

Birch débuta très jeune dans les affaires. Vers l'âge de vingt-cinq ans, il possédait déjà plusieurs navires s'occupant essentiellement du commerce du thé avec les Colonies d'Amérique. Il s'était bien débrouillé, dans la mesure où, au même âge, la plupart de ses contemporains ne possédaient même pas de chemise. J'ai découvert qu'il faisait partie des propriétaires du Providence. Par la suite, Birch posséda également plusieurs affaires à Londres et dans le reste de l'Angleterre. Il fut membre de White's, un club de gentlemen huppé de Londres et fut, en règle générale, un homme assez connu et respecté.

Selon mes informations, Birch rencontra Haytham Kenway alors qu'il travaillait pour son père, Edward. Ils furent présentés l'un à l'autre au club White alors que Haytham était encore jeune. Birch finit par prendre en main l'éducation d'Haytham et l'emmena faire le tour de l'Europe dans les années 1730. D'après ce que nous avons pu voir dans l'Animus, il semble que leur amitié se soit poursuivie à l'âge adulte et aient travaillé de concert dans les rangs des Assassins.

Né en 1715

Robert Faulkner est probablement le membre de la marine des Assassins le plus connu, même s'il n'a jamais officiellement occupé de poste plus important que celui de second.

Au sein de la famille Faulkner, Robert représenta la quatrième génération de marins, mais il fut le premier de la dynastie à être recruté par les Assassins. Il débuta dans la Royal Navy, mais sa carrière plafonna assez rapidement (en partie parce quril nravait pas assez drargent pour acheter un brevet d’officier) et il quitta la marine du roi pour rejoindre la Compagnie anglaise des Indes orientales.

En 1753, Faulkner disparut des archives et fut présumé mort. En réalité, c’est parce quril avait rejoint les Assassins pour devenir second de leur navire amiral, l'Aquila.

Faulkner était un marin très apprécié et son recrutement fut un coup de maître pour les Assassins. Il avait la réputation de savoir tenir son équipage et disposait d'un don étrange pour éviter les ennuis, mais aussi prédire le temps. Que ce fût le fruit de ses années d'expérience ou d'un talent mystérieux (car je crois fermement à ces choses-là), Faulkner sentait l’approche de la tempête (ou du calme) et savait en tirer profit. Imagine un peu : un météorologue doué ou autodidacte capable de prédire le temps sans se tromper ! On n'est pas près de revoir ça...

Faulkner servit à bord de l'Aquila jusqu'à sa quasi-destruction en 1768, reportant sans cesse sa nomination au poste de capitaine. Cela lui fut proposé à plusieurs reprises, mais il retarda toujours l'échéance sans pour autant indiquer les raisons. Ce n'était cependant pas par manque d’affection pour son navire : il le fit remorquer jusqu'à son point de mouillage près de Boston alors que beaucoup doutaient qu'il puisse un jour reprendre la mer. Faulkner aurait pu embarquer à bord d'un autre navire, mais préféra rester à proximité de son Aquila, dont l'état ne cessait de se dégrader, et noya son chagrin dans la bouteille. Du moins jusqu'à sa rencontre avec Connor.

Né en 1752

Robert Newman était le sacristain de Christ Church (aujourd'hui appelée Old North Church) et un ami personnel de Paul Revere. C’est Newman qui suspendit les lanternes au clocher afin d’avertir les cavaliers de Charlestown de la marche des Anglais sur Lexington et Concord. Deux lanternes, ce qui indiquait que les Britanniques arrivaient en bateau.

(Et puisque c'est une de mes bêtes noires personnelles... Tu as peut-être entendu dire que Newman avait accroché les lanternes pour prévenir Revere de l'approche des Britanniques, mais cela fait partie des détails historiques sur lesquels tout le monde se trompe. Revere était déjà au courant du raid ; c’est d’ailleurs lui qui a annoncé la nouvelle à Newman. Les lanternes avaient pour but d'avertir les guetteurs de Charlestown, qui constituaient une solution de rechange au cas où Revere aurait été incapable de quitter la ville. Souviens-t'en, c'est le genre d’information idéale pour impressionner les filles. Je m'en sers souvent, mais elles sont tellement secouées en l'apprenant qu'elles hésitent à me rappeler. Que veux-tu, le savoir est à double tranchant.)

Newman a cependant eu quelques difficultés à mettre son plan en œuvre. La maison familiale logeait des officiers britanniques, et il dut prétexter la fatigue, annoncer qu’il allait se coucher et s'enfuir par la fenêtre, comme un héros de dessin animé. L'un de ses amis, John Pulling, l'aida à hisser les lanternes tandis qu'un troisième homme montait la garde à la porte de l'église.

Newman fut par la suite interrogé au sujet de ses actions cette nuit-là (peut-être parce qu’un homme d’une vingtaine d'années se déclare fatigué et aille au lit), mais il réussit à noyer le poisson et quitta Boston.

Lorsqu'il regagna la ville, il reprit son poste de sacristain. Des preuves indiquent qu'il se faisait payer pour montrer aux touristes la crypte, y compris la tombe de John Pitcairn. Ce qui explique peut-être pourquoi Newman a été remplacé par un autre sacristain, en 1788.

Né en 1722

Samuel Adams, juriste de Boston, fit partie des signataires de la Déclaration d'Indépendance. Auparavant, il joua un rôle politique majeur dans les événements qui débouchèrent sur la révolution américaine. De quoi se sentir tout petit, pas vrai ?
Adams, né dans le Massachusetts, était le fils d'un autre Samuel Adams, un négociant aisé. Adams (le jeune) étudia à Harvard, dont il fut diplômé en 1740. Il se lança dans les affaires, mais échoua lamentablement et dut se rabattre sur un poste dans la brasserie familiale. Beaucoup de gens se tournent vers les brasseries quand leurs affaires vont mal, mais généralement pas de cette manière-là. Et c'est tant mieux pour sa prospérité, car son lien avec la bière est probablement la seule chose qui fasse que la plupart des Américains connaissent son nom.

Adams fut élu à la législature du Massachusetts en 1765, et ceci marqua le début de sa carrière politique. Il s'y montra un ardent partisan de la cause des Droits des colons (la si populaire mise en cause du droit du parlement britannique à imposer des taxes), mais n'était pas favorable à l'indépendance, du moins au début (et chacun sait qu'il changea d'avis par la suite).

Adams est souvent dépeint sous les traits d'un radical hargneux, mais c'est un portrait un peu biaisé. Adams n'était guère favorable aux groupes d'autodéfense, même s'il approuva l'intervention d'une foule ayant poussé un collecteur du timbre de Boston à démissionner ; peut-être ne méprisait-il en réalité que CERTAINES formes d'autodéfense). Par la suite, alors qu'il siégeait au Congrès, il refusa de rejoindre les rangs d'un quelconque parti politique parce qu'il estimait que cela ne faisait que favoriser les scissions (George Washington était d'ailleurs du même avis).

La réputation d'agitateur d'Adams est cependant compréhensible. Il devint représentant de la ville de Boston après l'affaire du Massacre et parvint à faire chasser de la ville les troupes royales. Il a pris la parole à l'Old South Meeting Hall juste avant la Tea Party de Boston et on affirme que c'est lui qui donna le signal de la destruction du thé (même si certains doutent de son implication, ce qui me ravit personnellement car, comme chacun sait, aucun gentleman ne gaspillerait ainsi de thé).

La notoriété d'Adams fut assez importante pour qu'il soit contraint à quitter Boston pour Lexington en 1775 ; les Anglais avaient en effet l'interdiction d'arrêter cet homme qu'ils considéraient comme un fauteur de troubles. Au début du siège de Boston, le gouverneur du Massachusetts proposa de gracier tous les rebelles qui déposeraient les armes. À L'EXCEPTION d'Adams et de John Hancock. En résumé, Adams constitua une sérieuse épine dans le pied des Britanniques, ce qui m'amène à me demander pourquoi certains Américains d'aujourd'hui considèrent qu'être un révolutionnaire hargneux est une mauvaise chose. C'est bien ce qui a fait de votre pays ce qu'il est de nos jours, non ?
Hmh, à la réflexion, non. Je crois comprendre leur position, finalement.

Né en 1751

Lorsque Paul Revere et William Dawes quittèrent Lexington pour rejoindre Concord, Samuel Prescott, un jeune médecin de Concord, se joignit à eux. Prescott faisait partie des Sons of Liberty et était donc un compagnon tout trouvé pour une virée anti-britannique.

Cette nuit-là, Prescott se trouvait à Lexington pour rendre visite à sa fiancée (j'imagine qu'il s'agit de la personne que l'on a vue s'enfuir). Il avait l'intention de rentrer tard chez lui, une heureuse coïncidence pour Revere et Dawes. Prescott connaissait bien la région et, lorsque les trois hommes tombèrent sur des soldats anglais, c'est Prescott qui parvint à échapper à ses poursuivants et à atteindre Concord pour donner l'alarme.

Il y a cependant un point étrange. Après cette nuit-là, on n'a plus entendu parler de Prescott. J’ai trouvé un document laissant entendre qu'il est peut-être mort en 1777 dans une geôle britannique, à Halifax, mais c'est loin d'être certain. Peut-être les Britanniques l'ont-ils emmené en quittant Boston, le Jour de l'Évacuation, mais quant à savoir dans quelles conditions il a été capturé, je n'en ai aucune idée.

Et je croyais pourtant ne jamais avoir à écrire ces cinq mots...

Shao Jun voyage vers l ouest.jpg

Née en 1505

Shao Jun fut une Chinoise membre des Assassins, et l'un des derniers Assassins à rencontrer Ezio Auditore avant sa mort.

À sa naissance, Jun était une captive royale de la dynastie Ming. À l'adolescence, elle devint l'une des concubines favorites de l'empereur Zhengde. S'il existait des modes de vie plus agréables (quoique, personnellement, j'aurais préféré ça à creuser des fossés d’irrigation), le goût des voyages dont faisait preuve Zhengde permit à Jun de découvrir le monde. À l'âge de quinze ans, elle avait visité plus de lieux que la plupart de ses contemporains (l'un des avantages du métier, même si, à l'époque, certains chats avaient davantage joué les globe-trotters que la plupart des humains).

En 1521, la Confrérie des Assassins exploita la confusion créée par la mort de Zhengde pour infiltrer le palais impérial et libérer un certain nombre de concubines. Jun eut la chance de faire partie du lot. Elle devint immédiatement un Assassin, mais n'oublia jamais les "consœurs" qui n'avaient pas eu la même chance qu'elle. Des années plus tard, elle retourna au palais impérial afin de les libérer, mais découvrit qu'elles avaient été exécutées par Jiajing, le successeur de Zhengde.

Jiajing riposta avec brutalité et rapidité au deuxième assaut du palais par les Assassins, et prit ces derniers par surprise. La Confrérie fut plus que décimée dans l'est de la Chine. Shao Jun et son mentor y survécurent, mais furent contraints de quitter l'Asie. Ils gagnèrent l'Italie afin de prendre conseil auprès d'Ezio Auditore, mais seule Shao Jun parvint à destination et arriva à Florence en 1524, peu avant le décès d'Ezio.

Né en… Ouais, ouais, bien essayé

Shaun Hastings est l’un des premiers membres des Assassins à n’avoir pas été éduqué en vue d’être intégré à la Confrérie. Il fut recruté à l’adolescence, alors que les enquêtes qu’il menait sur Abstergo Industries avaient fait de lui la cible des Templiers.

Hastings est doué pour l’organisation et, sur ce point précis, les Assassins ne seraient rien sans lui. Son talent pour relier entre eux les événements historiques font de lui (et de loin) le membre généralement considéré comme le plus intelligent de la Confrérie. Et lorsque j’écris « largement considéré comme le plus intelligent », il faut lire qu’il est EFFECTIVEMENT le membre le plus intelligent de la Confrérie.

Il apparaît parfois comme un je-sais-tout arrogant, mais c’est simplement parce qu’il est plus futé que toi, et aussi parce que, à l’image d’une adolescente manquant d’assurance, tu ne parviens pas encore à surmonter ta jalousie frustrée pour m’apprécier pour ce que je suis.

Oh, bien. Tu lis vraiment ce texte ? Je commençais à me demander si je n’avais pas perdu mon temps. Parce que tu sais à quel point j’adore perdre mon temps, pas vrai ?

Maintenant, si tu allais me préparer un thé ?

Né en 1720

Silas Thatcher était le neveu d'un négociant londonien aisé qui lui amena une commission au sein de l'armée britannique alors qu'il était encore jeune. Il fut envoyé dans les Colonies en 1750 (le pauvre) où on l'affecta aux défenses situées le long de Boston Neck.

Tu ne seras pas surpris d'apprendre que Thatcher était cruel. Peu d'hommes étaient désireux de servir sous ses ordres, ce qui explique peut-être pourquoi on lui trouva une affectation à Boston (à l'époque, les postes dans les Colonies étaient considérés comme un exil ; à bien y réfléchir, c'est toujours le cas). Ses seuls subordonnés à prendre du galon étaient des cogneurs (ou pire), à l'image de son assistant personnel "Cutter", dont tu as probablement deviné qu'il s’agissait du nom d'un individu tranchant. Ce n'est pas ce que je rechercherais le plus chez une secrétaire, mais bon...

Dans ces années-là, la solde était maigre et les soldats prenaient généralement un deuxième travail sur leur temps libre, pour joindre les deux bouts (ce qui ne renforçait pas leur popularité à Boston où le chômage était élevé, même s'il ne portait probablement pas encore ce nom). Thatcher se trouva une occupation nettement plus agréable : racketter les commerçants de la ville. Il ne s'arrêta pas en si mauvais chemin et ajouta à son arc le vol, le recel et le trafic d'esclaves, capturant des Amérindiens pour les vendre au plus offrant. Un vrai touche-à-tout.

Il en était là quand Haytham l'a découvert.

Surry fut servante chez Samuel Adams à partir de 1765. Elle avait été offerte à la deuxième femme d’Adams en cadeau de mariage (à l'époque, il était couru d'offrir aux gens des êtres humains). Adams était néanmoins opposé à l'esclavage et insista afin qu'elle soit affranchie avant de venir travailler sous son toit. Elle le fut et travailla auprès de la famille Adams pendant près de cinquante ans. Ce qui dut être moins drôle qu'au sein de la famille Addams.

(Initialement, si Adams n'a jamais possédé d'esclaves, l'abolitionnisme ne fut jamais l’un des chevaux de bataille de sa carrière politique. Il a soutenu des mesures anti-esclavagistes dans le Massachusetts, mais n'a jamais cherché à forcer la main aux autres états : il était plus important d'entretenir de bonnes relations avec les autres hommes politiques.)

(Au cas où, je préfère rappeler que c’est de Samuel Adams que je parle ici, pas de Gomez.)

Né en 1746

Plus connu sous le nom de Tadeusz Kosciuszko ou Thaddeus Kosciuszko (et avec une prononciation généralement douteuse), ce gentilhomme était un militaire polonais qui servit dans le génie pendant la guerre d'Indépendance. Fils d'un noble polonais, Kosciuszko avait étudié la tactique dans le cadre de son éducation privée. Il rejoignit l'armée continentale en 1776.

Son nom complet était Tadeusz Andrzej Bonawentura Kosciuszko et, malgré un patronyme sonnant comme un éternuement, il ne fut pas employé dans la médecine militaire, mais chargé de fonder et d'instruire le corps du génie dont l'armée continentale avait grand besoin. Son fait d'armes le plus célèbre est sans conteste la mise en place des fortifications de Saratoga, qui tinrent une place cruciale dans la victoire qu'y remportèrent les Américains en 1777. Il contribua aussi à la construction des fortifications de West Point (celles que Benedict Arnold tenta de vendre aux Anglais).

À la fin de la guerre, le Congrès nomma Kosciuszko brigadier général, peut-être pour pouvoir l'appeler par ce grade sans plus avoir à tenter de prononcer son nom, mais clairement aussi au titre des services rendus. Il rentra en Pologne, où il mena à son tour en 1794 une révolte que l’on appelle aujourd'hui le soulèvement de Kosciuszko. Il échoua cependant et fut emprisonné pendant deux ans en Russie avant d'être exilé en France.

Maintenant, accroche-toi : à sa mort, Kosciuszko légua une partie de son argent à Thomas Jefferson afin qu'il l'utilise pour affranchir et éduquer des esclaves noirs. Malheureusement, Jefferson ne se préoccupa jamais d'utiliser cette somme, qui fut rendue aux héritiers de Kosciuszko en 1852.

Année de naissance inconnue

Thomas Hickey était un soldat britannique d'origine irlandaise. Il est arrivé à Boston en 1752 et a été rapidement affecté à la garde personnelle de William Johnson, apparemment à la demande de ce dernier (peut-être leurs familles étaient-elles liées en Irlande, peut-être a-il trouvé amusant le nom de Hickey...).

Hickey servit sous les ordres de Johnson pendant la guerre de Sept ans, mais il quitta l'armée après plusieurs rapports faisant état de troubles et de désobéissance. Hickey disparaît alors des archives pendant plusieurs années à compter de 1760. J’ai cependant trouvé dans les registres du domaine de William Johnson des traces de versement d’argent à un "T.H". Il est possible que Hickey ait travaillé pour lui en tant qu'espion. Si tel est le cas, je doute qu'il ait mis au point des codes très difficiles à déchiffrer.

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Hickey a refait surface pendant l'occupation de New York par les rebelles en 1776. Il est devenu membre de la garde personnelle de George Washington, que les autres soldats avaient surnommée la "Life Guard". Compte tenu de son passé, j'imagine qu'il a fallu mettre au point de solides manœuvres politiques pour le placer à ce poste. J'ai ainsi vu des documents mentionnant qu'il était un membre respecté de la milice du Connecticut, mais aucune trace de lui dans les archives de cette milice (et je doute que qui que ce soit ait jamais pu qualifier Hickey de "membre respecté" d’une quelconque institution).

Quoi qu’il en soit, Hickey foula immédiatement aux pieds sa commission en préparant l’assassinat de Washington. Peut-être que T.H signifiait en réalité "traître haineux.

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L'histoire nous apprend que Thomas Hickey a été pendu pour sédition devant quelque 20 000 soldats, à titre d'exemple. C'est une interprétation intéressante des événements, mais dans la mesure où New York ne possédait aucun stade à l'époque, je doute que beaucoup de soldats aient pu voir les détails de l'exécution. L'important était de leur dire "Ne trahissez pas ou ce sera la corde", pas qu'ils profitent du spectacle d'un corps s'agitant sous une potence.

Paine, originaire d’Angleterre, fut un pamphlétaire politique. Son ouvrage intitulé "Le Sens commun" fut un plaidoyer en faveur de l'indépendance américaine. Il devint l'un des livres les plus vendus aux États-Unis, essentiellement parce que les Américains pensaient qu'il traitait du bon sens et sentaient confusément que sa lecture leur apprendrait quelque chose.

À l’époque, la plupart des textes relatifs à l'indépendance étaient l'œuvre de juristes et de politiciens, dans le style pédant et abscons que j’affectionne et que seuls les titulaires d'un doctorat peuvent comprendre dès la première lecture. Sur ce point, "Le Sens commun" méritait son titre : Paine le rédigea dans un style direct afin que tout le monde puisse saisir ses arguments (même ceux qui ne savaient pas lire ; ce livre fut tellement apprécié qu'il fit l’objet de nombreuses lectures publiques, ce qui fit de lui l’un des premiers audiolivres.)

Certes, ce n'est pas ce livre qui a persuadé le Congrès du bien-fondé de l'indépendance (il le connaissait déjà), mais il déclencha une vague de soutien populaire. Or, le Congrès avait besoin du soutien de la population, et celle-ci avait besoin de convaincre les soldats de se battre pour elle. Le Sens commun contribua aux deux.

Je n'ai retrouvé aucune trace d'une rencontre entre Connor et Paine, mais j'ai pensé que cela t'intéresserait d'en savoir plus sur lui compte tenu du rôle crucial de ses écrits dans la Révolution. Et oui, j'ai indiqué ça à la fin pour m’assurer que tu lirais le reste avant de le découvrir. Je sais, il m'arrive d’être un peu salaud.

Né en 1645

Le capitaine William Kidd fut un corsaire écossais qui décida de se mettre à son compte en devenant pirate. Il est à l'origine de nombreuses légendes relatives à la piraterie. On ne sait que peu de choses de Kidd jusqu'à la fin du XVIIe siècle : même son année de naissance n’est qu'approximative. Il est raisonnablement certain qu'il était originaire d'Écosse, mais c'est à peu près tout (bah, tout bon pirate se doit de posséder un passé mystérieux). La première mention de Kidd dans des documents historiques date de 1689, où il figure en tant que capitaine. Il fut corsaire au profit de la couronne britannique dans les Indes occidentales (c'est-à-dire les Caraïbes ou Antilles) avant de voguer vers New York, où il vécut pendant plusieurs années. En 1695, Kidd se vit confier une commission de corsaire afin de chasser les navires dans l’océan Indien, et se rendit à Madagascar, qui était à l'époque un havre pour les pirates. Kidd viola ensuite les termes de sa commission de corsaire en attaquant des navires en mer Rouge. Personne ne sait exactement pourquoi, mais il est difficile d’attendre des pirates qu'ils se comportent en gens sensés.

À son retour dans les Indes occidentales en 1698, Kidd découvrit qu'il était recherché. Il vendit son navire, le Quedah Merchant, à Hispaniola et remonta la côte à bord d'un nouveau bateau. Kidd savait qu'il risquait fort d'être capturé et voulait disposer de quelques monnaies d'échange afin d'acheter sa liberté, aussi commença-t-il à cacher son trésor en chemin. L'idée était, en cas d'arrestation, de sauver sa peau en révélant les lieux où il avait enfoui son butin.

Kidd fut finalement capturé à son retour à New York. Il tenta de s'en sortir en plaidant (et achetant) sa cause, mais en vain. Il fut pendu pour piraterie en 1701, ce qui dut être inconfortable pour un homme habituer à respirer le grand air.

Quant à son trésor, on sait qu’il en a enfoui une partie sur l’île Gardiners, au large de la côte de Long Island, dans l’état de New York. Cette portion fut en effet récupérée après sa mort. Personne ne sait en revanche ce qu’il a pu cacher d'autre, mais les spéculations continuent à faire rage au sujet de la nature, de la valeur et du ou des emplacements du reste de son trésor.

William Dawes Jr., révolutionnaire de Boston, fut l'un des cavaliers dépêchés pour avertir Lexington et Condord de l'arrivée de troupes de la couronne dans la nuit du 18 avril 1775. L’autre cavalier était naturellement Paul Revere. Alors que Revere traversa le fleuve pour rejoindre Charlestown, Dawes emprunta le trajet le plus long passant par Boston Neck. Il parvint à Lexington peu après Revere.

Dawes était tanneur, un excellent métier à l'époque où les fibres synthétiques n'avaient pas encore été inventées. Bien que moins militant que Paul Revere sur le plan politique, il porta une tenue tisée à la maison le jour de son mariage. D'accord, ça peut ne pas sembler particulièrement subversif, mais, à l'époque, c'était une prise de position osée. Les rebelles tentaient d'imposer un boycott des produits britanniques (comme les étoffes) et incitaient les gens à acheter américain. En faisant savoir que sa tenue était une production locale, Dawes s'affichait comme partisan des Patriotes. Il aurait pu tout aussi bien porter un chapeau melon et un masque à l'effigie du roi, mais ça aurait légèrement déparé à un mariage.

Né en 1717

Molineux figure rarement sur la liste des révolutionnaires célèbres, essentiellement parce qu'il est mort avant le déclenchement de la révolution (en 1774). Il fut néanmoins l'un des principaux agitateurs whigs avant la guerre, aux côtés de Samuel Adams et de John Hancock.

Molineux était un négociant d'origine britannique partisan de la cause des Patriotes. Cela faisait de lui une sorte d'exception parmi les révolutionnaires : les colons nés en Grande-Bretagne étaient généralement loyalistes. Il était également anglican, et ces congrégations penchaient presque toutes du côté anglais.

Le dévouement de Molineux à la cause est cependant indubitable. Il avait une réputation d'exalté, au point de menacer de mort ceux qui n'appliquaient pas le boycott des produits britanniques. Un peu extrême... De nos jours, il s'en donnerait à cœur joie sur les forums.

Le soir de la Tea Party de Boston, Molineux quitta la foule assemblée devant l’Old South Meeting House alors que presque tout les autres chefs révolutionnaires de renom haranguaient la population. Molineux était en réalité parti préparer la destruction du thé. Et rien que pour cette raison, je suis prêt à le qualifier de plus grand méchant de l'histoire de l’humanité.

Groupements

La nation Abenaki était installée dans ce qui constitue aujourd’hui le nord de la Nouvelle-Angleterre et le sud des provinces maritimes du Canada. Il est cependant un peu exagéré de déclarer qu’il s’agissait d’une seule nation, car « Abenaki » peut s’appliquer à de nombreux groupes de la même région et famille linguistique (l’algonquin, puisque tu tiens à le savoir).

Si les différents Abenaki avaient l’habitude de se serrer les coudes en cas de coup dur (par exemple lorsqu’ils étaient attaquées par d’autres nation amérindiennes), il n’existait pas réellement d’autorité centrale. C’est probablement ce qui a permis l’intrusion des colons britanniques sur leurs terres. Les Anglais aimaient avoir en face d’eux des gouvernements officiels avec lesquels ils pouvaient conclure des traités (c’est tellement plus civilisé, et on a même parfois droit à des petits-fours). Par conséquent, les agents de la Couronne conclurent qu’en l’absence de gouvernement central, les Abenaki n’avaient aucun droit à revendiquer ces terres. Naturellement, ils auraient pu le prouver autrement, mais les démarches auraient été longues, complexes et ardues et (point majeur) les Abenaki auraient pu dire « non ».

Alors que les Abenaki tâchèrent de rester neutres pendant la guerre de Sept Ans, ils se retrouvèrent littéralement pris en sandwich entre les colonies françaises et anglaises en guerre et le confit fut inévitable. Ils choisirent pour la plupart le camp français, qui cherchaient moins à les chasser de leurs terres ancestrales. Ils représentaient le moindre de deux maux, même si c’est une phrase que l’on prononce rarement à propos des Français

On les appelle aussi les Lenni-Lenape ou les Delaware. Avant la colonisation européenne, les Lenape étaient essentiellement installés le long des rives du fleuve Delaware, dans ce qui constitue le New Jersey et la Pennsylvanie actuels.

Les Lenape furent l’une des premières nations à entrer en contact avec les européens, en particulier avec William Penn, qui fonda la Pennsylvanie (qui, coup de chance, reçut son nom). Alors que les relations entre les Lenape et Penn furent essentiellement paisibles, à sa mort, ses fils chassèrent la plupart des Lenape de leurs terre du fait de l’accourd (douteux dans son application) que l’on appela « l’achat de la marche ».

Pendant la guerre de Sept Ans, les Lenape s’allièrent principalement aux Français, mais quelques groupes firent ensuite sécession pour rallier les Britanniques. En 1778, ils furent les premiers à signer un accord territorial avec le Congrès continenStal, acceptant de fournir des éclaireurs à l’armée en échange de vivres. J’imagine qu’ils aimaient les oignons et les bons fromages. Les Etats-Unis nouvellement constitués montrèrent leur gratitude en déplaçant les Lenape vers des communautés isolées de l’Ohio et du sud du Canada. Quelle bienveillance, vraiment…

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A l’époque de la guerre de Sept Ans, les populations de la nation shawnee vivaient essentiellement dans et autour de la vallée de l’Ohio, c’est-à-dire le territoire bordant Fort Duquesne. Traditionnellement, leurs terrains de chasse s’étendaient en Pennsylvanie et en Virginie, mais ils furent progressivement chassés de leur terres par la colonisation britannique. Espérant arrêter (ou du moins ralenir) ce mouvement, certains Shawnee prirent part à la guerre aux côtés de leurs partenaires commerciaux traditionnaux, les Français.

En 1758, quelques Shawnee conclurent la paix avec les Anglais dans le cadre du traité d’Easton. Celui-ci ne fut cependant pas respecté (et si vous connaissez quelques bribes de l’histoire des Colonies, ça ne devrait pas vous surprendre), ce qui entraîna une autre guerre, la rébellion de Pontiac. Lorsque la Révolution américaine commença, de nombreux Shawnee décidèrent de rester neutres, mais certains s’allèrent aux Britanniques, une fois encore dans l’espoir de repousser les colons.

Malheureusement, ils connurent le même sort que tant d’autres Amérindiens : les Shawnee durent quitter leurs terres et la majorité d’entre eux finit par s’installer dans l’Oklahoma.

Seigneur, l’Oklahoma... Comme s’ils n’avaient pas déjà mangé leur pain noir.

Le nom de « Sons of Liberty » (Fils de la iberté) fut attribué à un certain nombre de grouprements de contestataires opposés au Stamp Act, et qui poursuivirent leur action en organisant des réunion anti-britanniques et en faisant appliquer les boycotts dans les années qui précédèrent la révolution. Ce fut une espèce d’amicale d’hommes en colère.

Ces grouprements se coordonèrent peu à peu, mais débutèrent isolés les uns des autres. Le nom de « Fils de la Liberté » était généralement choisi car c’était une expression populaire signifiant également « Colon ». Comme leur nom le suggèrent, la plupart des Fils étaient des marchands, juristes et politiciens de la classe moyenne, et essentiellement des hommes. Par exemple, Revere fit partie du groupe de Boston.

Les Fils (de toutes les Colonies) n’étaient pas opposés au recours à la violence et à l’intimidation pour parvenir à leur fin, mais qui l’était ? Ils obtinrent la démission de tous les distributeurs de timbre sous la menace, allant même jusq’à détruire les locaux du distributeur local et à le faire défiler dans toute la ville avant qu’il n’entonne un discours de démission public (et passablement terrifié).

Tu ne seras donc pas étonné d’apprendre qu’ils ont acquis une réputation d’aile radicale des Patriotes, provoquant des rassemblements et en perdant parfois même le contrôle. A Boston, une manifestation tourna à l’émeute et la foule incendia la demeure du gouverneur ; certains groupes des Fils ont également passé des représentants officiels de la Couronne, voire certains loyalistes, au goudron et aux plumes.

Le genre de bonne blagues entre copains, tu vois ? Un excellent moyen de se défouler.

La révolution américaine s’étant déroulée à l’époque sombre où Internet n’existait pas (ni même le téléphone), l’organisation de l’opposition à la couronne fut assez délicate. Je ne cherche pas à te faire pleurer, mais ces pantins n’avaient même pas de modems 14.4K. La seule solution consistait à dépêcher des courriers à cheval chargés de lettres avertissant les colons des autres régions des différents événements. Ceci donna naissance aux Comités de correspondance (la « correspondance » étant un nom ronflant pour de banales lettres. Si tu ne le savais pas, je suis étonné que tu m’aies lu jusqu’ici. En fait, pour être franc, je suis vraiment étonné que tu m’aies lu jusqu’ici.)

Samuel Adams fonda l’un des premiers Comités de correspondance à Boston en 1772. Il tenait beaucoup à ce que les habitants des bourgs entourant Boston soient au courant des réunions du conseil municipal afin que le gouverneur ne puisse pas y i,viter que ses amis. Il s’agissait d’ailleurs davantahe de dîners que de réunions.

Sans grande surprise, le comitié d’Adams connut un tel succès que l’idée se propagea. A terme, toutes les Colonies disposèrent de comités qui se chargèrent de présenter un front uni face aux taxes imposées par les Britanniques et de soutenir le boycott des produits anglais.

Adams aurait dû déposer l’idée, ça lui aurait rapporté une fortune.

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On pourrait croire que le Congrès continental était un rassemblements de politiciens ennuyeux (ce qui était néanmoins le cas), mais ils se sont aussi occupés d’organiser la révolution et de prendre des décisions au sujet du mode de gouvernements des Etats-Unis, ce qui faut aussi d’eux des vieilles barbes.

Pardon, je voulais dire « des gens importants ».

J’aurais plutôt dû parler de « Congrès continentaux », car il y en a eu plusieurs. Le premier congrès continental se réunit à Philadelphie en 1774 pour s’opposer à la fermeture du port de Boston qui a suivi la Tea Party (dans le cadre des Actes coercitifs).

Tout ces politiciens s’étaient tellement amusés lors de cette première réunion qu’ils décidèrent d’organiser une autre fiesta du genre (Pourquoi pas ? Tout le monde aime les fiestas) juste après les batailles de Lexington et Concord. Comme ils débordaent d’imagination, ils ont appelé ce nouveau pince-fesse Deuxième Congrès continetal. C’est au cours de celui-ci que fut rédigée la Déclaration d’Indépendance et décidée la formation de l’armée continentale, avec George Washington pour commandant en chef, ce qui montre que malgré leur conformisme en matière d’appellations, il se trouvait quelques penseurs parmi eux.

Le troisième Congrès continental se réunit en 1781. On l’appelle parfois le « Congèrs de la confédération » qui, malgré son nom d’un morne affligeant, se chargea de former le gouvernement des touts nouveaux Etats-Unis. Obtenir l’accord de tous à propos du mode de fonctionnement de ce gouvernement prit du temps et le Congrès de la confédération se réunit assez fréquemment pendant huit ans, jusqu’en 1789, date d’entrée en vigeur de la constitution et du remplacement du Congrès par le gouvernement des Etats-Unis.

Je dois dire que j’ai assisté à des réunions assez longues, mais huit ans, c’est le pompon. Je pleins les greffiers.

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Les soldats réguliers étaient les fantassins de l’armée britannique. On les appelle aussi « tuniques rouges » à cause de l’espèce de manteau rouge dont était composé leur uniforme (je parie que tu ne l’avais pas vu venir) mais aussi « Homards » en raison de leurs grandes pinces meurtrières. Ou aussi à cause du manteau rouge, je ne sais plus.

La solde de ces soldats affectés aux Colonies était très faible, et beaucoup prenaient un travail supplémentaire pour boucler les fins de mois. Évidemment, comme ils étaient déjà nourris et logés par la couronne, ils réclamaient des salaires moins élevés. Et comme le chômage régnait à Boston, tu imagines à quel point les tuniques rouges étaient populaires parmi la population. Sans parler de la crainte qu’inspiraient leurs grandes pinces meurtrières.

Les grenadiers étaient à l’origine les soldats chargés de lancerles grenades (d’où leur nom). Ils étaient choisis pour leur taille, leurs muscles et leur témérité. Ils avaient non seulement besoin d’être forts pour lancer loin les grenades, mais pour ce faire, ils devaient être suffisamment courageux pour être en première ligne.

Les grenadiers devaient également être des troupes d’assaut rapides et efficace, par exemple pour créer des brèches pendant un siège (le genre de tâche facile qui conduit généralement à la mort.)

Vers le milieu du XVIIIe siècle, les grenades étaient passés de moe, mais les grenadiers étaient toujours considérés comme des soldats d’élite, généralement placés sur le flanc droit du bataillon, et toujours assignés aux boulots les plus dangereux qui avaient valu leur réputation.

Une remarque intéressante sur leurs chapeaux : ils étaient hauts et étroits pour ne pas les gêner pendant les lancers de grenades (ce qui est une bonne chose). Au final leur coiffe est devenue la norme dans de nombreuses armées.

Il est également possible que les grenadiers aient adoré ressembler au pape. L’histoire n’est pas très précise sur ce point.

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Les Hessiens étaient des soldats allemands engagés par les Britanniques pour combattre durant la guerre d’Indépendance. Si le mot « hessien » fait théoriquement référence aux soudards originaires de la région de Hesse-Cassel, il fut libéralement étendu à tout les mercenaires allemands ayant combattu pendant cette guerre. Une telle approximation est compréhensible : lorsqu’une troupe de soldats allemands s’aligne pour te tirer dessus, il faut être un maniaque pour leur demander d’où ils viennent. Ce que j’aurais fait.

Parmi les troupes hessiennes envoyées se battre durant la guerre d’indépencance se trouvaient au moins deux unités dites de « Jägers ». Il s’agissait de fantassins légers réputés pour leur précision au tir (on demande d’ailleurs rarement à un tireur de manquer de précision). Le mot « Jäger » signifie d’ailleurs « chasseur » et les premiers membres des troupes de Jäger furent pour l’essentiel des forestiers expérimentés.

Et des tireurs précis habitués à combattre dans les bois étaient des soldats idéaux sur le Frontière. Fort logiqueme, ceci fit des Jägers les unités hessiennes les plus redoutées et respectées.

On a appelé "loyalistes" les colons ayant choisi le camp britannique durant la Révolution. On les a également baptisés « tories » (pour « conservateurs « ), « royalistes » et « hommes du roi », et probablement aussi « putain de lèche-cul de demeurés » (entre autres choses).

Si les loyalistes peuvent paraître à tes yeux les « méchants », c’est parce que tu sait que les Patriotes ont gagné. Il est très facile d’avoir l’air intelligent en histoire, même si l’on a étudié dans le système éducatif américain (et « système » est un grand mot).

Je m’attends à ce que la version de l’histoire que tu as apprise ressemble à ceci : « Les loyalistes étaient des traîtres qui ont trahi leurs frères américains pour s’allier aux Britanniques ». C’est une jolie tranche de fiction, car du point de vue des loyalistes, la situation était exactement l’inverse : les Colonies avaient été fondées par et appartenaient aux Britanniques, les colons étaient des sujets britanniques et, par conséquent, les traîtres étaient les rebelles qui cherchaient à désobéir au roi.

Hé ! Tu vois ? Tu es né dans un pays de traîtres ! Essaie un peu de retourner l’argument, pour voir !

Il fallait aussi pas mal de courage pour être loyaliste, en particulier si l’on vivait au sein d’une communauté de Patriotes. Les loyalistes connus étaient souvent sortis de chez eux, battus, brûlés à la bougie voire passés au goudron et aux plumes.

Comme ça, maintenant, tu ne croiras plus que les Patriotes avaient le monopole de la morale.

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On appelle Patriotes les colons qui se sont unis face à la couronne britannique durant la guerre d’Indépendance. Cependant, à cette époque, ce mot avait une connitation assez péjorative. Ceux qu’on appelle aujourd’hui « Patriotes » étaient alors surnommés « Whigs », ou « rebelles » par les loyalistes.

Le mot d’ordre des Patriotes était « pas d’imposition sans représentation ». Parfait pour soulever les foules, mais un slogan déplorable pour un animateur de jeu télévisé.

Ce mot d’ordre exige aussi quelques explications pour être compris par le public moderne (autrement dit toi, Desmond). Les Colonies n’élisaient pas de représentants au parlement britanniques, et en raison de la distance séparant la Grande-Bretagne de l’Amérique et du manque criant d’aéroplanes, ce n’aurait pas été pratique. A la place, les Patriotes désiraient être gouvernés par des représentants au sein des Colonies. Naturellement, ils disposaient déjà d’assemblées, mais les gouverneurs nommés par les Anglais n’hésitaient pas à les « fermer » lorsqu’elles n’adoptaient pas l’attitude souhaitée (lire : quand elles ne se pliaient pas à la volonté du gouverneurà.

Il est difficile d’évaluer la proportion de Patriotes dans les Colonies, mais elle devait s’élever à 40-45% de la population. Les autres étaient soit des loyalistes déclarés, soit des gens qui demeuraient prudemment neutres (probablement un bon choix, puisque les deux camps n’hésitaient pas à s’emparer des biens de leurs adversaires).

Cette association fut fondée en 1770, par plusieurs trappeurs qui gagnaient leur vie dans la région, dont Simon Girty. L’idée était de disposer de cabanes où les colons qui passaient se mettre à l’abri et se réchauffer. Selon les archives, les bâtiments étaient généralement occupés par quelque vingt-cinq chasseurs en même temps.

S’il ne s’agissait initialement que de partager des cabanes, ce groupement est rapidement devenu une association plus formalisée. La nature humaine étant ce qu’elle est, les chasseurs se vantaient de leurs prises autour du feu… et éxagéraient. Après quelques bagarres au sujet du titre de meilleur chasseur, les membres ont décidé de noter leurs prises par écrit, même si je ne comprends pas bien en quoi cela les empêchaient de mentir. Et ce ne fut pas le cas. C’est vraiment triste.

Au fait, j’ai attrapé un vélociraptor, hier.

Même si cela m’a toujours laissé pantois, les hommes ont l’habitude de se taper dessus depuis très longtemps. Depuis la Sumer antique, en fait.

La popularité de la boxe morderne remonte à la fin du XVIIe siècle. Les Boston Brawlers ont débuté sur les quais vers le milieu du XVIIe, mais se sont installés dans un gymnase sur le versant nord de Beacon Hill en 1804. Là, ils ont bénéficié des dollars de la bonne société habitant sur le flanc sud de la colline, et qui adorait voir des pauvres se cogner dessus.

Je penses que si tu parviens à les impressionner par tes exploits virils, ils te donneront quelque chose en retour. Peut-être un grille-pain. Ou un œil au beurre noir.

Daniel Bonne fut un explorateur et chasseur hors pair particulièrement doué pour se sortir des ennuis en plaidant sa cause. J’imagine que ses amis et lui auront des histoires fascinantes à raconter. Ça ne me dérangerait pas de les entendre de leur bouche ; par la suite, les écrivains ont brodé de manière ridicule, comme les fois où Boone aurait tué un ours à mains nues, aurait traversé la forêt de liane en liane ou encore aurait modifié une voiture de sport pour remonter le temps et finir par embrasser sa mère… à moins que je ne mélange.

Boone et ses amis arpentent toute la région de la Frontière, alors s’il y’a des nouvelles à connaître, ils te les diront.

La cabale de Conway aurait été un complot destiné à retirer à George Washington le commandement de l’armée continentale pour le confier au général Horatio Gates. La notoriété toute relative du nom d’Horatio Gates résume à elle seule le succès de cette entreprise.

Thomas Conway fut un militaire d’origine irlandaise éduqué en France. Il servit comme général sous les ordres de Washington, mais échangea de nombreuses lettres avec Gates, dont une bonne part pout se plaindre de la nullité de Washington.

Généralement, quand on tient à un boulot, on ne crie pas sur les toits que son patron est une quiche, mais personne ne l’avait apparemment dit à Conway. Il ne tiendrait pas cinq minutes sur n’importe quel réseau social. Par conséquent, lorsque Washington eut vent de certains des écrits de Conway (qui ne le citaient pas en exemple), le pétard explosa au nez de Conway et Gates, qui durent aller s’expliquer devant le Congrès (qui ne leur fit pas de cadeau).

Les historiens s’opposent sur la notion de « cabale », et je dois dire qu’à mes yeux, ça relève plutôt de la dispute personnelle. Cependant, Washington était assez largement critiqué à l’époque (il venait de perdre les bataille de Germantown et de Brandywine, alors que Gates avait obtenue une victoire éclatante à Saratoga). Il n’est donc pas surprenant que Washington ait considéré les lettres de Conway comme l’indication que ses subordonnés complotaient dans son dos en vue de le remplacer.

Finalement, les partisans de Washington se rassemblèrent autour de lui et l’affaire s’acheva par des excuses de Gates et la démission de Conway.

Les choses auraient pu en rester là, mais après sa démission, Conway continua à critiquer publiquement Washington. Enfin, jusqu’à ce que l’un des partisans de Washington y mette fin en lui tirant dans la bouche. Simple, efficace, mais absent du manuel du patron modèle.

Il s’agissait d’un réseau d’espion rebelle opérant à New York et dans le Connecticut de 1778 à la fin de la révolution américaine.

Le groupe fut fondé après le départ des forces britanniques de Philadelphie pour réinstaller leur quartier général à New York. Washington savait qu’il avait besoin d’agents à l’intérieur (j’ai toujours rêvé d’employer cette formule et, de toi à moi, j’aime presque autant que « espions rebelles ») afin de le renseigner sur les mouvement de troupes britanniques. Il demanda à son chef du renseignement nouvellement nommé, Benjamin Tallmadge, de lui trouver quelques espions, ce que fit Tallmadge.

Tallmadge avait besoin de gens en qui il pouvait avoir une confiance totale, alors il commença par recruter des amis d’enfence (quel meilleur moyen de montrer à quelqu’un qu’on a de l’affection pour lui que de lui confier un boulot où il risque sa vie ?). Le nom de « réseau Culper » provient de « Samuel Culper Sr » et « Samuel Culper Jr », les noms de code des deux principaux informateurs du réseau. J’ignore qui ils étaient, mais j’imagine que l’un d’eux était légérement plus âgé que l’autre.

Le plus grand exploit du groupe fut probablement d’avertir Washington des préparatifs d’une attaque contre les forces françaises dans le Rhode Island, en 1780. On lui attrivbue aussi la découverte de la trahison de Benedict Arnold à West Point, même si les preuves sont plus ténues. Dans tout les cas, le réseau a transmis des messages secrets pendant des années sans qu’un seul de ses membres soit capture (à l’exception, peut-être, d’une femme surnommée « 355 », dont l’identité et le sort demeurent inconnus).

On considère que ce réseau fut le plus efficace de toute la guerre, tout camps confondus. Tu n’as pas idée de l’effort que m’a demandé l’écriture de cette phrase. Il m’a fallu une ÉTERNITÉ pour le faire.

C’est l’armée que George Washington commanda pendant la guerre d’Indépendance. Elle était composée de divers régiments fournis par les états. L’armée fut officiellement instaurée par le Congrès continental en juin 1775, peu après le début du siège de Boston, que menaient à l’époqe les diverses milices qui avaient combattu à Lexington et Concord.

L’armée continentale fut dissoute en 1783, après la conclusion officielle de la Révolution. Peut-être le fut-elle parce que les gens estimaient que les milices civiles suffiraient à défendre les nouveaux états…ou parce que le Congrès n’avait pas les moyens de l’entretenir plus longtemps. Je parierais sur la deuxième solution.

Recrues

Né en 1743

Stéphane Chapheau est un milicien de Boston qui a exercé le métier de cuisiner dans les années précédant la Révolution.

Chapheau est né dans une région actuellement située au Canada, près de Montréal. Son père, cuisinier pour l’armée française, a été tué lors de la bataille des Plaines d’Abraham. Après sa mort, Chapheau a travaillé comme cuisinier à Montréal avant de venir s’installer à Boston en 1764. Ses lettres indiquent qu’il cherchait une vie plus calme, mais le pauvre arriva dans le Massachussetts, juste à temps pour les troubles qui ont précédés la Révolution. Heureusement pour lui, il ne cherchait pas vraiment une existante plus calme, et les tensions du Boston de l’époque lui convinrent parfaitement. Ce qui me laisse perplexe, c’est que quelqu’un puisse aimer les tensions… en dehors des scientifiques étudiant les tensions de surface dues à l’attraction intermoléculaire, bien entendu !

Laisse-moi une minute, je ris tellement que je n’arrive plus à taper.

Chapheau était un homme à la recherche d’une cause, et l’a trouvée chez les Patriotes. Il fut un partisan enthousiaste des Sons of Libert, prenant par à leurs protestations de 1765 contre le Stamp Act. La même année, il fut présent lorsque la foule mis à sac la demeure du gouverneur Hutchinson (aiguillonant probablement les émeutiers). Il fit aussi partie de ceux qui assitèrent (et causèrent en partie) au Massacre de Boston.

Chapheau ne se limita pas à des manifestations de ce genre. Les archives contiennes des mentions d’amendes qui lui ont été infligées dans les années 1760 à 1770 pour ébriété sur la voie publique et rixes (il semble qu’il était incapable de résister à une belle bagarre quand il en voyait une, et les occasions ne manquaient pas dans le Boston d’avant la Révolution.). C’était une époque merveilleuse pour ceux qui avaient le vin mauvais...

Né en 1730

Duncan Little est né en Irlande, plus jeune fils d’une vaste famille, ce qui contredit un peu son nom. Il a été ordonné prêtre très jeune et envoyé en Afrique en tant que missionnaire en 1756.

Il y passa quelques années mais regagna l’Irlande en 1760, date à laquelle il quitta la prêtrise. J’aimerais te dire pourquoi, mas cette information est bouclée dans les archives du Vatican, et je ne parviens pas à les pirater car ils ont encore une fois abandonné leur mot de passe VIV3L3PAP3. Ensuite, on retrouve Little à bord du navire qui l’amène à Boston en 1763. D’après les lettres qu’il a envoyées, il semble que sa famille ait coupé les ponts parce qu’il s’était défroqué.

Little s’installa dans la partie nord de Boston, où il acquit une réputation de bon médiateur (le recours à un médiateur ou arbitre était plus rapide, et souvent plus équitable, que le recours à l’institution judiciaire). Lorsqu’il ne passait pas son temps au pub local, il aidait les gens à résoudre leurs problèmes, en général en les empêchant de se battre, ce qui semblait être la norme dans le Boston de l’époque (et peut-être même encore aujourd'hui). Little était la première personne qu’on appelait en cas de bagarre, et sa table habituelle à la taverne du King’s Horse était surnommée « le tribunal de Little », un surnom auquel les Britanniques mirent fin en 1770. Que veux-tu, nous autres Anglais aimons casses les pieds aux gens.

Né en 1756

Clipper Wilkinson est un chasseur et arpenteur de Virginie. En cela, il a suivi les traditions familiales. Son père et son frère exerçant le même métier (et étant d’excellents tireurs), le marché local était sursaturé. En fait, même chez lui, c’était sursaturé.

Wilkinson vint alors chercher du travail à New York, malheureusement juste au début de la révolution. Il resta neutre pendant la première partie de la guerre, mais après avoir constaté la cruauté des exactions des tuniques rouges à Boston, il commença à pencher vers le camp des rebelles, ce qui le plaça en porte-à-faux avec le reste de sa famille, dont les membres étaient loyalistes.

Il semble que Connor ait un talent pour attirer les gens ayant des problèmes familiaux.

Née en 1736

A l’époque de la révolution, Deborah Carter exerçait la profession de coursier à New York. Son père, Amos Carter, fut surtout connu pour le nombre d’affaires qu’il lança et mit en faillite, et pour le volume de ses dettes.

Deborah dut se débrouiller dans les rues à l’âge de dix ans, et joua les garçons de courses, à « proprement » parler puisqu’elle se déguisa en garçon (d’où son surnom de « Dobby »). La plupart des marchands pour lesquels elle travaillait savaient qui elle était, mais faisaient semblent de ne rien avoir remarqué. Au début, peut-être parce qu’ils avaient compris qu’elle n’avait guère d’autre choix, par la suite parce qu’elle était rapide, fiable et intelligente.

A l’adolescence, « Dobby » dut abandonner son déguisement, mais elle garda son surnom. Elle continua à acheminer des messages et commença à négocier des contrats entre entrprises. Elle devint une espèce d’icône de la communauté, s’assurant que les pauvres du voisinage avaient de quoi se nourrir et se vêtur et luttant contre les marchands qui exigeaient des prix exorbitants pour des denrées de bases. Une sorte de Robins des Bois, àceci près que personne ne se moquait de Dobby lorsqu’elle portait des collants. Et c’est en sa qualité d’icône de la communauté qu’elle a fait la rencontre de Connor.

Au fait, je ne parle pas totalement au figuré lorsque je dis qu’elle « luttait » contre certains marchands. Elle n’avait rien contre l’idée de balancer un coup de poing bien senti lorsque la situation le justifiait, en particulier pour se défendre ou défendre d’autres gens du quartier.

Né en 1739

Jacob Zenger est né près de Mannheim, qui se trouve à l’heure actuelle dans le sud-ouest de l’Allemagne. Fils de fermier, il fit partie du fratrie de treize enfants (ça nous paraît aujourd’hui beaucoup, mais les colons avaient des familles nombreuses, et hélas, quatre seulement des frères et sœurs de Jacob ont atteint l’âge adulte).

La famille de Zenger était pauvre et ses perspectives n’étaient guère brillantes à Mannheim. Espèrant une vie meilleure, il s’engagea dans l’armée. Après quelques années de service, il fut expédié à New York et devint l’un des hessiens, ces soldats qui se battirent du côté des Britanniques pendant la guerre d’Indépendance.

Comme beaucoup d’autres hessiens, Zenger quitta l’armée peu après son arrivée en Amérique. Désireux de revenir à la terre, Zenger acheta un lopin de terre et quitta New York. Cependant, après une série de mauvaises récoltes, il décida de revenir en ville en adoptant le seul métier qu’il put trouver : celui de garde du corps.

Né en 1744

Jamie Colley est le fils de James Colley, un docker de New York. L’histoire n’a pas retenu le nom de sa mère, même si les archives des Assassins indiquent qu’elle a travaillé dans une plantation, plus au sud.

Enfant, Colley a étudié pendant trois ans à la Trinity School, où il fut remarqué comme un brillant élèvre qui lisait tout ce qui lui tombait sous la main. Selon ses maîtres, il était promis à un bel avenir (je sens que tu te poses la question : oui, ton livret scolaire ne s’efface pas comme par magie lorsque tu quittes l’école, ni même à ta mort). Il disparaît ensuite des listes d’élèves, probablement parce qu’il lui a fallu gagner sa vie.

Il semble que les perspectives de Colley se soient ternies pendant son adolescence. J’ai retrouvé plusieurs amendes pour vagabondage, ce qui est rarement signe d’une grande aisance financière. Ensuite, il a travaillé à gauche et à droite pour aboutir chez un médecin, où son intelligence a enfin été reconnue comme un atout. Il y passa plusieurs années comme assistant, et c’est dans ce cadre qu’il a rencontré Connor.

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