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Base de données (ACIII): Lieux

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AC3icon.png

Boston

ACIII Beacon Hill.png
Comme on pouvait s'y attendre, Beacon Hill tire son nom du fanal placé au sommet de la colline par les colons puritains. Ce fanal n'était qu'un seau rempli de résine et suspendu à un poteau. L'idée était d'avoir un signal lumineux pour alerte la région en cas d'attaque de la ville. Simple, efficace et jamais utilisé.

La colline est moins haute qu'avant, car son sommet fut «découpé» pour combler Mill Pond. Cela eut le double avantage de faciliter la construction au sommet de la colline et d'augmenter la surface constructible à Mill Pond.

Beacon Hill devint Le lieu où s'installer à Boston après l'ouverture du nouveau capitole du Massachusetts en 1790. Les promoteurs bâtirent des habitations chic sur le versant sud de la colline qui surplombe le Boston Common.

Le côté nord avait déjà été colonisé et était bien moins bourgeois. Certains le surnommaient «Mount Whoredom», le «Mont de la Prostitution». George Washington y faisait parfois référence dans ses lettres sous le nom de «Mont de Joie», ce qui ressemble plus à un cri de guerre qu'à un nom de lieu.

ACIII Boston Common.png
Ce parc a l'honneur d'être le premier jardin public d'Amérique du Nord. C'était autrefois un pâturage appartenant à William Blackstone (ou Blaxton pour l'orthographe originale), qui malgré son nom («Pierre noire»), fut le premier colon blanc à s'installer dans la zone. Lorsque Boston se développa, Blackstone décida de déménager dans un coin un peu plus isolé. Il vendit son terrain à la ville pour 30£, qui en fit un terrain public, d'où le nom.

Pendant les deux premiers siècles de l'histoire de Boston, c'était un pâturage public pour les vaches (pas plus de 70 à la fois), un terrain d'entraînement pour l'armée (les soldats britanniques y campaient) et un lieu d'exécution où l'on pendait Quakers et sorcières. On pouvait également s'y promener parmi les vaches (et les pendus)...

Les Britanniques levèrent le camp en fuyant la cité en 1776. Les exécutions publiques prirent fin en 1817. Les vaches furent interdites en 1830. On peut toujours s'y promener, mais sans le vaches, à quoi bon ?

ACIII Boston Neck.png
Au XVIIIe siècle, la seule route pour accéder à Boston par la terre passait par une étroite bande de terre appelée «Boston Neck» (le cou de Boston).

Des fortifications furent construites autour de ce passage pour protéger la ville d'une attaque terrestre, un peu comme un collier enserrant un cou.

Lorsque le siège de Boston commença en 1775, le gouverneur Gage ordonna l'extension et la consolidation des fortifications, et l'ensemble prit le nom de «Lignes de Gage».

À partir du XIXe siècle, Boston ne courant plus de risque d'être attaquée depuis le continent, de la terre fut ajoutée au Boston Neck pour l'élargir, permettre à la ville de s'étendre et améliorer la circulation.

ACIII Breed's Hill.png

Techniquement, la bataille de Bunker Hill aurait pu s'appeler la bataille de Breed's Hill. C'est ici que l'armée continentale construisit ses fortifications principales et qu'eut lieu le gros des combats.

Breed's Hill avait un seul avantage par rapport à Bunker Hill : elle était plus proche de Boston, ce qui facilitait les bombardements sur la ville. En retour, Boston pouvait répliquer avec plus de facilité. Personne ne sait pourquoi William Prescott a préféré ce site à Bunker Hill. Il est possible que comme il travaillait sur les fortifications dans le noir, Prescott ne s'était pas rendu compte de la vulnérabilité de la colline avant le lever du jour. À ce moment, il était trop tard pour déménager. J'imagine qu'il a dû avoir un grand moment de solitude.

ACIII Bunch of Grapes.png

C'était l'un des lieux de rencontre des Sons of Liberty. La popularité de cette taverne était peut-être due à sa bibliothèque, qui contenait un grand nombre de livres anti-britanniques. Ou au punch que l'on y servait, sans doute le meilleur de Boston. Ou encore pour son emplacement, en bas de la rue menant à l'ancien capitole (où eut lieu le Massacre de Boston). Ou était-ce simplement pour les tournois de fléchettes ?

Même si j'adorerais utiliser le fait que les Patriotes se retrouvaient dans les tavernes pour sous-entendre plein de choses à leur égard, je me dois de rappeler que ces tavernes étaient des endroits d'affaires aussi bien que de boisson et que l'alcool était (plus ou moins) considéré comme le remède à tous les maux (Vous attendez une blague, mais c'est vrai. C'est le genre d'ordonnance médicale que j'adore).

ACIII Bunker Hill.png
C'est la plus grand colline de la péninsule de Charlestown, et la plus proche du continent.

Pendant la bataille de Bunker Hill, les renforts rebelles qui arrivaient sur la péninsule se dirigeaient vers Bunker Hill, mais ne savaient pas trop quoi faire une fois arrivés. Plutôt que de se lancer dans la bataille qui faisait rage sur Breed's Hill, ces troupes tournèrent sans but autour de Bunker Hill. Le pire c'est qu'elles n'avaient même pas prévu de pique-nique.

Israel Putnam était là et tentait de diriger les troupes, en donnant des instructions comme le célèbre «ne tirez pas avant de voir le blanc de leurs yeux» (qu'il a dû répéter plusieurs fois et franchement, c'est une sacrée phrase historique). Il semblerait que ça soit la seule de ses instructions qui ait été retenue. La plupart de ses ordres furent mal compris ou délibérément ignorés. Au vu de la désorganisation de l'armée continentale à l'époque, il y avait sûrement un peu des deux.

ACIII Charlestown.png

Charlestown est le nom donné à la petite ville au nord de Boston et à la péninsule sur laquelle elle se trouve.

La péninsule vit se dérouler la bataille de Bunker Hill (parfois appelée «bataille de Charlestown», car les combats s'étendaient sur plusieurs collines). C'est également ici que Paul Revere débuta sa célèbre chevauchée de minuit, qui sonne plus comme quelque chose que l'on ferait en galante compagnie.

Quant à la ville de Charlestown, établie avant 1775, il n'en resta pas grand chose après la bataille de Bunker Hill. Les tireurs d'élite de l'armée continentale s'y installèrent pour harceler les Britanniques et ces derniers incendièrent la ville pour les en chasser. La plupart des bâtiments fut rasée et le reste fut brûlé pendant un raid en janvier 1776. La seule chose qui restait de la ville après la guerre fut le découpage des rues.

Charlestown fut néanmoins reconstruite et fait aujourd’hui partie de Boston.

ACIII Christ Church.png

Connue également sous le nom de «Old North Church» (Vieille église du nord), car c'est la plus vieille église située dans le quartier nord de Boston. Jusqu'en 1776, on s'y référait par son nom officiel, Christ Church, en hommage à Jésus Christ, superstar des charpentiers.

C'est ici que, la nuit de la chevauchée de Paul Revere, deux lanternes furent allumées pour avertir les rebelles de la rive opposée que les soldats britanniques venaient pour saisir les armes. Le signal fut l'idée de Paul Revere, mais contrairement à la croyance populaire, les lanternes n'étaient pas un signal envoyé à Revere. Elles servaient à avertir les sentinelles de l'autre berge, au cas où Revere serait capturé.

Cette église fut un choix tout naturel pour allumer un signal lumineux : son clocher était le plus élevé de tout Boston et on pouvait l'apercevoir facilement depuis l'autre rive. Mieux l'église était anglicane et sa congrégation pleine de riches loyalistes. Qui aurait pu soupçonner le sacristain de l'église (Robert Newman, un ami de Revere) de s'être introduit la nuit pour envoyer des signaux secrets ?

Eh bien, les Britanniques, pour tout vous dire. Ils capturèrent Newman quelques jours plus tard et l'interrogèrent. Il leur fit un numéro incroyable et parvint à les convaincre de son innocence, puis s'enfuit de la ville, ce qui ne confirmait pas vraiment sa ligne de défense.

ACIII Résidence de Church.png

Cette maison fut bâtie en 1707 par un important marchand local, Robert Calef. Benjamin Church l'acheta à ses héritiers pour en aire sa résidence bostonienne. Le cabinet de Church se trouvait sur Newbury Street, à quelques mètres à pied, la maison était donc totalement située. Le quartier où elle se trouve est également l'un des plus beaux de la ville, à une époque où les maisons coloniales à étage et avec jardin étaient coûteuses et où – pire – elles n'avaient même pas les chaînes câblées.

En fait, au vu de son emplacement, il semblerait que le cabinet de Church avait un certain succès. C'est soit ça, soit qu'il avait une autre source de revenus.

ACIII Batterie de Copp's Hill.png

Copp's Hill est l'une des plus hautes collines de Boston et le point le plus élevé du nord de Boston. La colline fut fortifiée pendant le siège de Boston, en partie pour décourager les rebelles de construire leurs propres fortifications sur la péninsule de Charlestown, de l'autre côté de la rivière.

L'artillerie de Copp's Hill tira sur l'armée continentale pendant la bataille de Bunker Hill, si on peut dire. C'était plus une distraction qu'une destruction, tout du moins pour les fortifications de Breed's Hill. Les bombardements sur la ville de Charlestown furent bien plus efficaces. Les tireurs d'élite des Patriotes durent évacuer et la ville fut détruite.

ACIII Crown Coffee House.png

Le nom de l'endroit peut prêter à confusion. Cet établissement vendait plus de vin que de café, car le café commençait à peine à devenir populaire. Je sais que c'est difficile de concevoir une époque où les gens ne prenaient pas leur caoua le matin, mais ça existait.

Si l'on s'en tient au nombre de bouteilles dans leur cave, c'était lune des tavernes les plus fréquentées de Boston, certainement grâce à son emplacement. Au XVIIIe siècle, si vous arriviez à Boston par bateau – parce qu'à l'époque les avions de ligne n'existaient pas – c'était la première taverne que vous aperceviez. Et comme les tavernes étaient des lieux idéaux pour s'informer, vous vous seriez certainement arrêté pour une chope et une petite discussion de comptoir.

ACIII Faneuil Hall.png
Ne vous fiez pas à l'orthographe française trompeuse. Le nom se prononce «Fan-yui» ou «Fannei». Une erreur de prononciation vous trahirait comme étranger, mais également comme non-Français, ce qui pour le coup est une bonne chose.

De plus, si vous voulez vous faire passer comme local, observez bien la girouette. C'est le symbole de Boston. D'après la légende, pendant la guerre de 1812, on demandait à ceux que l'on soupçonnait d'espionnage ce qui se trouvait au sommet de Faneuil Hall. Seuls les locaux répondaient une sauterelle.

Le bâtiment tire son nom de Peter Faneuil, le marchand local qui finança sa construction. Au départ, l'idée était de bâtir une halle pour que les fermiers puissent venir y vendre leurs produits sans encombrer les rues de leurs chariots – et aussi pour que les gens ordinaires n'aient pas à côtoyer des paysans.

Mais c'est la salle de réunion à l'étage qui donne au bâtiment son surnom de «Berceau de la Liberté». C'est plutôt ostentatoire comme surnom – et j'oserai ajouter très américain – mais ce n'est pas totalement faux. Les gens s'y réunissaient pour protester contre le Stamp Act. Les premières réunions pour la taxe anti-thé se tenaient également ici. Parfois, les réunions anti-britanniques attiraient tellement de gens que le bâtiment ne pouvait accueillir tout le monde (et les gens commencèrent à se réunir dans le vieux temple du sud).

Pendant le siège de Boston, la halle fut transformée en théâtre. Comme les pièces de théâtre en tout genre étaient normalement interdites à Boston – une loi qui mériterait d'être réhabilitée – c'est un autre exemple de victoire des loyalistes contre les Patriotes.

ACIII Fort Hill et batterie sud.png

Fort Hill est la deuxième plus haute colline de Boston (elle aurait dû manger plus de soupe quand elle était petite), qui surplombe le port de Boston. Des défenses y furent construites vers la moitié du XVIIe siècle, ainsi qu'une plus petite fortification à un canon près du port (South Battery, la batterie sud).

La batterie sud fut étendue dans les années 1740, mais abandonnée à partir de 1760. Elle fut reconstruite avec Fort Hill par les Patriotes pendant la Révolution, mais les deux furent démantelés avant la fin du siècle.

Fort Hill – la colline, pas la fortification – fut nivelée en 1860 pour augmenter la surface constructible et n'atteint jamais son rêve de devenir la plus haute colline en ville. Si cette histoire vous dit quelque chose, c'est parce qu'elle est arrivée à toutes les collines de Boston.

Les collines sont les ennemies naturelle des Bostoniens et le resteront.

Green Dragon.png

Cette taverne est parfois surnommée le «QG de la Révolution», mais j'imagine qu'à l'époque, ils devaient prononcer ça «quartier chénéral de la révoluchion, hips», avec un taux d'alcoolémie honorable, parce que préparer le renversement d'un gouvernement dans une taverne, ça donne soif.

C'était un endroit fréquenté par Paul Revere ou Samuel Adams, qui venaient y comploter avec leurs semblables.

Jusqu'en 1754, la taverne était la propriété de William Douglass. À sa mort, la taverne passa à sa fille, Catherine Kerr et à son neveu, Cornelius Douglass. Ils divisèrent leur héritage en deux parts égales et il semble qu'ils s'entendirent à merveille pour les affaires.

Les Francs-Maçons rachetèrent la taverne en 1766 et la renommèrent les «Armes des Francs-Maçons», ce qui ne collait pas vraiment, puisque l'enseigne à l'entrée était toujours un dragon vert (Les Francs-Maçons : société secrète que tout le monde connaît. «Hé, si on achetait une taverne pour nous réunir en secret et personne le saura jamais !» - «Génial ! Comment on l'appelle ?» - «Hmm, pourquoi pas les 'Armes des Francs-Maçons' ?»)

D'après la légende, la chevauchée de Paul Revere fut décidée ici, mais c'est peu probable. En 1774, Revere avait prévenu que les Britanniques espionnaient ses réunions et avait donc décidé d'arrêter d'échafauder des plans super secrets en public.

Dites-le aux Maçons. Vous savez où les trouver...

ACIII King's Chapel.png

Le roi James II ordonna la construction de cette église anglicane vers 1680, parce qu'il était roi et que l'un des avantages du métier, c'est de faire ce que l'on veut. Cependant, comme Boston était plein de puritains qui étaient venus au Nouveau Monde justement pour s'éloigner des Anglicans, personne ne voulait vendre le terrain.

Au final, le gouverneur ordonna que l'église soit bâti au-dessus d'une vieille fosse commune, avec pour argument que les morts ne se plaignaient pas, étant par nature obéissants. Et l'église est encore là de nos jours.

Après la Révolution, l'église fut surnommée la «chapelle de pierre» pendant plusieurs années. Les rois n'étant pas très populaires à l'époque, surnommer une chapelle de pierre construite par décret royal «chapelle de pierre», était certainement l'une des pires dénominations possibles, pensait-on.

(Je n'ai jamais compris le besoin de ces gens pour l'indépendance. On leur a donné naissance, ils étaient contents de nous téter lorsqu'ils étaient petits, il y a bien eu quelques caprices de gamins, mais dès qu'ils sont devenus adolescents, ils n'avaient qu'un mot à la bouche : «indépendance». Ils sont donc partis en claquant la porte, mais nous savons bien qu'ils reviendront un jour pour gratter un peu d'argent ou se faire laver leur linge. Et nous leur pardonnerons, parce que nous sommes vieux et sages).

La première protestation publique contre le Stamp Act eut lieu sous cet arbre en août 1765. Peu de temps après, une plaque fut clouée à l'arbre pour le nommer «Arbre de la Liberté». Certains prétendent que ce nom était destiné à décourager les actes de violence chez les personnes qui se réunissaient ici, mais ça reviendrait à nommer un champ de bataille «Plaine des gentils bisous» en croisant les doigts pour que personne ne s'étripe. Plus tard, un mât surmonté d'un drapeau fut installé dans l'arbre, le drapeau surplombant les gens pendant les réunions.

Des personnes impopulaires furent pendues aux branches de l'arbre et les Sons of Liberty y faisaient également des «invocations» pour des crimes supposés (par exemple, soutenir un décret britannique impopulaire, comme le Stamp Act ou le Tea Act).

L'idée se répandit ailleurs. D'autres villes se trouvèrent leur propre arbre de la Liberté ou dressaient des mâts de la Liberté. À New York se déroulait une bataille permanente entre les Sons of Liberty, qui montaient des mâts, et les autorités publiques, qui les abattaient, comme un vieux couple n'arrivant pas à se décider si la lunette des toilettes devait être remontée ou abaissée.

Fidèles aux penchants naturels des Britanniques pour détruire ce que construisaient les Patriotes, les soldats et loyalistes abattirent cet arbre pendant le siège de 1775 et en dirent du bois de chauffage, qui manquait cruellement. Dans le Boston d'aujourd'hui, une plaque commémorative se trouve à l'emplacement de l'arbre, mais ce dernier n'a jamais été remplacé. Et bravo pour l'environnement.

ACIII New South Meeting House.png

Encore une église de bois, avec cette fois une cloche dans le clocher. Le père de Samuel Adams (qui s'appelait aussi Samuel Adams) en fut l'un des membres fondateurs. Il est étonnant que le bâtiment n'ait pas été transformé en bois de chauffage pendant le siège, mais j'imagine que ses ouailles n'avaient pas suffisamment énervé les Britanniques.

Grâce à son nom, on ne risque pas de la confondre avec l'ancien temple du sud, où se passaient tous les événements importants. Plus c'est simple, mieux c'est.

(Je ne parle pas de vous, je parle du système de dénomination).

C'est le lieu où fut construit le premier – pendant longtemps, le seul – moulin à grain de Boston. Les propriétaires isolèrent cet étang de la rivière Charles, ne laissant qu'un petit ruisseau connecté à l'océan. Deux fois par jour, la marée du port de Boston remplissait le ruisseau et actionnait le moulin.

Bien sûr, isoler l'étang le transforma en réservoir d'eau stagnante, qui servait également de dépotoir. Il était donc très sale et puant.

Vers la fin du siècle, la ville décida que quelque chose devait être fait. Plutôt que de réalimenter à nouveau la mare pour la nettoyer, les promoteurs décidèrent de construire davantage de maisons (et de gagner encore plus d'argent). Ils rendirent le terrain constructible en le comblant avec la terre prélevée au sommet de Beacon Hill. «Nous construisons votre maison sur les dépotoirs», ça aurait fait une slogan formidable.

La plus petite colline de la péninsule de Charlestown culmine à 10 mères de hauteur et est parfois appelée «Moulton Hill» ou «Moulton's Point».

C'est ici que les troupes du général Howe sont arrivées pendant la bataille de Bunker Hill. Boston se trouve sur le côté opposé de la péninsule, mais Howe choisit la route la plus longue pour prendre les Révolutionnaires sur leur flanc gauche. C'était en tout cas son excuse pour prendre le chemin le plus long et il n'en a pas démordu.

Cependant, Howe commit une erreur en arrivant : il aperçut des troupes continentales sur Bunker Hill et crut que c'étaient des renforts fraîchement débarqués alors qu'en fait, ces troupes étaient confuses et désœuvrées (un peu comme les groupes de jeunes qui traînent dans les halls d'immeuble). Howe fit halte pour attendre ses propres renforts, ce qui laissa le temps à l'armée continentale de combler les points faibles de sa défense. Cela rendit la bataille plus longue et plus compliquée qu'elle n'aurait dû l'être.

Mais la désorganisation de l'armée continentale eut au moins un avantage : elle permit de tromper l'ennemi (et de se tromper elle-même), ce qui n'est pas forcément une mauvaise tactique. Depuis, dès que quelqu'un m'agresse, je cours en rond en agitant les bras et en criant. L'agresseur, déstabilisé, s'enfuit généralement.

Ces bâtiments furent utilisées pour fabriquer des cordages pour les gréements des navires. À l'époque, chaque navire avait besoin d'environ – tenez-vous bien – 36 km de corde. N'importe quel fan de cordages vous dira que c'est énorme.

Hum.

Mais la corde n'est pas la seule chose qui justifie une telle notoriété (chez les historiens en tout cas). En mars 1770, l'un des ouvriers demanda à un soldat britannique qui passait s'il cherchait un travail, puis lui demanda d'aller «nettoyer ses chiottes». Le soldat en fut si offensé qu'il déclencha une bagarre. Il partit, puis il revint avec des camarades et provoquèrent une bagarre générale. Cette simple insulte provoqua des jours de combats entre soldats et ouvriers, et finit par mener au massacre de Boston.

À l'époque, les relations entre Britanniques et Bostoniens étaient pour le moins tendues. L'histoire ne dit pas si cet ouvrier vit ses chiottes nettoyées, mais cela semble peu probable.

ACIII Old Meeting House.png

Les cloches de cette église résonnèrent pendant les quelques heures précédant le massacre de Boston, tandis que les foules se réunissaient pour provoquer les soldats devant le Capitole. À l'époque, les cloches résonnaient en cas d'incendie, les gens sortirent donc dans la rue pour voir ce qui se passait. Cela fit grossir la foule et monter la tension entre la population et les soldats britanniques. L'apogée eut lieu quand les soldats tirèrent dans la foule et tuèrent 5 personnes.

Et ainsi se termine notre leçon sur l'utilisation des cloches pendant les émeutes dans les colonies américaines.

ACIII Old North Meeting House.png

Ne confondez pas ce lieu avec Old North Church. C'est un bâtiment totalement différent, ce qui explique que son nom le soit aussi. Ce lieu de culte particulier appartenait à la deuxième plus grande congrégaiton de Boston, ce qui lui valut le surnom de «Deuxième église». Les gens de l'époque étaient vraiment pleins d'imagination...

Observez-le bien tant que vous en avez l'occasion. Ce bâtiment sera détruit en 1776 et transformé en bois de chauffage. Les membres de la congrégation vous auraient dit que c'est parce que les Britanniques ne les aimaient pas beaucoup – et ils n'avaient pas vraiment tort, car c'est toujours le cas. Le révérend Lathrop était connu pour ses sermons pro-rebelles et, détail révélateur, le révérend et ses ouailles ne se trouvaient plus à Boston en 1776. On se demande pourquoi. Après la destruction de Old North Meeting House, c'est Christ Church qui hérita du titre de «vieille du nord» en devant «Old North Church» que la plupart des gens connaissent.

C'est pour le moment une boutique d'apothicaire, mais dans quelques années, elle abritera Tickner and Fields, le plus grand éditeur américain de son époque. Cela peut vous paraître un peu ennuyeux, mais ce bâtiment sera le centre littéraire et intellectuel américain. Des auteurs comme Henry Wadsworth Longfellow, Nathaniel Hawthorne, Haniet Beecher Stowe et même Charles Dickens s'y rencontrèrent.

Bien entendu, étan donné l'état du système éducatif actuel, il est tout à fait possible que vous ne connaissiez pas ces personnes. (J'aurais pu te parler de Minty Clithroe and Poppy Boom Boom, tu aurais été impressionné tout pareil).

ACIII Old South Meeting House.png

Ce bâtiment abrita l'un des événements-clés de la Révolution américaine, un peu par accident. C'était simplement le plus gros bâtiment de Boston, et donc quand Faneuil Hall ne put plus contenir ceux qui assistaient aux réunions, les gens allèrent remplir Old South Meeting House. En gros, les foules plus grands, les plus en colère et les plus rebelles se retrouvaient ici.

Après le massacre de Boston, les gens s'y retrouvèrent pour demander au gouverneur de retirer les troupes britanniques de la ville, ce qu'il fit. Des milliers de personnes assistaient aux réunions publiques qui menèrent à la Boston Tea Party. La nuit même de l'événement, c'est dans ce lieu que Samuel Adams eut cette phrase historique «cette réunion ne peut rien faire de plus pour sauver le pays», ce qui fut peu ou prou le signal pour s'emparer des bateaux et de balancer leur cargaison de thé par-dessus bord. Qu'y a-t-il de plus insultant pour un Britannique que de voir son thé aller à la balle (à part se faire insulter) ?

Bien entendu, pendant le siège britannique de 1776, cette église rencontra le même sort que d'autres lieux «rebelles». Elle fut mise à sac. Les bancs et pupitres furent réduits à l'état de petit bois. L'intérieur fut transformé en étable et en école d'équitation. On installa même un bar au 2ème étage. Apparemment, les loyalistes pensaient vraiment prendre le dessus sur les Patriotes. Ils auraient pu même faire pire : un karaoké. Les Patriotes détestent le karaoké.

ACIII Vieux capitole.png

Le bâtiment hébergea le gouvernement du Massachusetts de 1713 à 1798. Avant la Révolution, cela signifiait le gouverneur, ses conseillers et l'assemblée élue. Bien sûr, par «élue», je veux dire «élue par des propriétaires masculins et blancs», puisqu'ils étaient les seuls à posséder le droit de vote.

Cette assemblée détenait un pouvoir limité. Le gouverneur possédait un droit de véto sur toutes ses décisions et, à l'occasion, pouvait la dissoudre si elle n'était pas dans son sens. Plus un despote qu'un gouverneur.

En 1767, une galerie fut installée au-dessus de la salle de réunion pour que le peuple puisse admirer ses législateurs au travail, ce qui était une idée très moderne à l'époque. Bien entendu, certains élus regrettèrent sûrement leur choix plus tard, quand les gens s'y installèrent pour apostropher ceux qui votaient en faveur des Britanniques. Mais bon, c'était peut-être l'idée de départ.

Le gouvernement quitta l'endroit pour un bâtiment plus spacieux en 1798 et les lieux furent vendus à des marchands dont un négociant de liqueurs et un fabricant de perruques, ce qui en fait l'équivalent colonial d'un centre commercial, mais spécialisé en alcools et postiches.

ACIII Maison de Paul Revere.png

Paul Revere vécut dans cette maison avec sa famille de 1770 à 1800 environ, à quelques exceptions près, comme lorsqu'il dut faire profil bas après avoir averti le pays de l'avancée britannique sur Lexington et Concord.

On pourrait penser qu'avec la pénurie de bois de 1776, en plus de l'insistance des loyalistes pour se venger de leurs opposants, cette maison de bois aurait été démolie, mais ce ne fut pas le cas. C'est peut-être parce que Revere avait laissé son fils aîné (également nommé Paul) en ville pour s'occuper de sa propriété.

En tout cas, le bâtiment existe encore aujourd'hui. L'un des descendants de Revere l'a acheté en 1905 et l'a transformé en musée. C'est vraiment le plus vieux bâtiment de Boston. À vrai dire, la maison avait déjà 90 ans quand Revere l'a achetée. Apparemment, l'architecture coloniale est supérieure à la McMaison moyenne.

Le grand-père de John Hancock (le révérend John Hancock) fit construire ce presbytère en 1737. Le « Clarke » dans le nom vient du révérend Jonas Clarke, qui vivait ici au déclenchement de la Révolution. Personnellement, je l’aurais appelée Maison Hanclarke, mais c’est juste parce que j’ai l’esprit pratique.

John Hancock (le célèbre homme politique, pas son grand-père) et Samuel Adams s’y trouvaient en tant qu’invités de Clarke la veille de la bataille de Lexington et Concord. William Dawes et Paul Revere débarquèrent un peu avant minuit, pour prévenir que l’armée britannique arrivait. Adams et Hancock partirent se réfugier en lieu sûr, mais fut apparamment contraint, puisqu’il voulait aller se battre sur l’herbe.

Les hommes qui insistent pour aller se battre sur les pelouses à minuit sont généralement des gens passionnés.

Des gens passionnés, ou passablement éméchés.

New York

ACIII Bowling Green.png

C'est l'un des premiers jardins publics de New York, inauguré en 1733 par des propriétaires locaux qui souhaitaient que les citoyens disposent d'un endroit pour se promener, jouer aux boules et échapper à l'activité de la ville.

Comme c'est censé être un endroit calme, il n'y a pas grand chose à dire de l'endroit, à part qu'une statue du roi George III y fut installée en 1770, afin de célébrer la victoire contre le Stamp Act. En 1771, une grille de fer fut ajoutée autour du parc, peut-être pour protéger la statue du vandalisme des mécontents.

En 1776, les rebelles investirent les lieux, déboulonnèrent la statue et la mirent en pièces. La raison ? Ils venaient d'entendre pour la première fois une lecture publique de la Déclaration d'Indépendance. Plus tard, la majeure partie de la statue fut fondue et transformée en balles de mousquet pour l'armée continentale, ce qui pourrait ressembler à une réponse à la destruction de l'Arbre de la Liberté pour le transformer en bois de chauffage.

Bowling Green existe encore aujourd'hui et une autre statue s'y trouve : le Charging Bull (le taureau qui charge) de Wall Street, qui se trouve juste de l'autre côté de la grille. Autres temps, autres icônes.

En 1773, la surpopulation de la prison de New Gaol était telle que la vile décida de la construction d'une nouvelle prison. Le chantier de Bridewell démarra en 1773 et se termina en 1775, mais la guerre survint avant qu'elle ne soit vraiment utilisée et les Britanniques la remplirent de prisonniers de guerre américains.

Les conditions de vie dans la prison étaient terrifiantes. Imaginez un hôtel low-cost et enlevez le mot hôtel. La nourriture y était rare et mauvaise. Il n'y avait pas de fenêtre, juste des barreaux qui fermaient les ouvertures. Un prisonnier écrivit qu'en trois mois d'hiver, le seul feu qu'il vit fut celui des lanternes dans la rue. Et ça se passait deux siècles et demi avant notre réchauffement climatique.

Quand la guerre prit fin, ce bâtiment retourna à sa fonction première, la détention de criminels et de débiteurs. J'ose simplement espérer que le nouveau gouvernement y installa des fenêtres et une cantine.

L'endroit fut démoli en 1838 et les pierres furent réutilisées pour la construction d'une nouvelle prison qui reçut le charmant surnom de «Tombes», ce qui n'est pas aussi glamour qu'on pourrait le croire. C'est le surnom de toutes les prisons de Manhattan depuis.

ACIII Broad Street.png

Broad Street n'est pas Broadway, mais il reste facile de les confondre car elles sont voisines l'une de l'autre. Cette rue porte le nom du Broad Canal, qui traversait le centre.

Ce canal était relié à la East River et pendant longtemps, on pouvait s'y déplacer en barque. Mais la la fin du XVIIe siècle, l'eau était tellement chargée de déchets que c'était peut pratique, voire déconseillé. Les occupants des maison et commerces qui bondaient le canal s'en servaient comme dépotoir et égouts. Lorsque les Britanniques revinrent à New York en 1674, ils apportèrent de nombreuses améliorations à la ville. Ils comblèrent ce canal puant et pavèrent les rues par-dessus. Si tu veux remercier les Britanniques, tu peux t'adresser à moi.

Aujourd'hui, Broad Street se trouve au beau milieu du quartier de la finance et abrite principalement des banques, ainsi qu'un bâtiment bien connu, la façade à colonnades de la Bourse de New York.

ACIII Broadway.png

C'est l'une des plus vieilles rues de New York, voire la plus vieille, car elle existait avant la Nouvelle-Amsterdam. Au début, c'était la piste Wickquasgeck, que les Indiens utlisaient pour traverser l'île de Manhattan. Ce furent les Hollandais qui la transformèrent en rue et la baptisèrent «BreedeWeg», littéralement «Large voie».

Dans la New York moderne, la rue commence à Bowling Green et s'étend sur toute l'île de Manhattan en traversant le quartier de la finance, Times Square et l'université de Columbia. Bien sûr, à l'époque où vous évoluez, Broadway se termine au jardin public de la ville. La partie la plus célèbre de la rue, le quartier des théâtres, est encore à l'état sauvage. Vous risquez plus de prendre des coups que des billets pour une comédie musicale.

Ce qui en soi n'est pas plus mal.

ACIII Hôtel de ville.png

Ce bâtiment servit d'hôtel de ville de New York dès 1702. C'était également une prison municipale, jusqu'à l'ouverture de New Gaol en 1759.

Malgré les penchants loyalistes historiques de New York, ce bâtiment a un passé plutôt rebelle. Les délégués de 9 colonies s'y retrouvaient pour coordonner les manifestations contre le Stamp Act. Cela signifie que des représentants d'institutions britanniques protestaient contre les lois votées par le parlement britannique, ce qui était une grande avancée à l'époque.

Après la ratification de la Constitution en 1789, le Congrès se mit à se rassembler dans le bâtiment, qui fut surnommé «Federal Hall». George Washington y fut investi président au balcon le 30 avril 1789. Pardon de vous avoir gâché la surprise, mais oui, il a gagné la guerre et s'est fait élire président. Et après, plus rien.

Le bâtiment fut agrandi en 1788 et démoli en 1812. Malgré son nom, le «Federal Hall National Memorial» dans la New York moderne n'a jamais été Federal Hall.

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Ce fort a connu différents noms. Il commença comme fort Amsterdam en 1625 (il protégeait alors la colonie hollandaise de la Nouvelle-Amsterdam). Il fut ensuite baptisé fort James, puis fort William, avant de changer de sexe et de s'appeler fort Anne pour revenir au masculin au XVIIIe siècle en adoptant le prénom George.

À la fin de la guerre d'indépendance, fort George fut démoli (certainement parce que son dernier nom était en l'honneur du roi).

Il aurait vraiment dû rester à Anne. Tout le monde aime bien les Anne.

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Pendant la guerre, les Britanniques firent tellement de prisonniers qu'ils manquèrent vite de place pour tous les enfermer. Les prisons de New York (comme Bridewell) étaient pleine et les Britanniques se retrouvèrent à devoir utiliser des cabanes à sucre et des églises pro-rebelles en ville.

Dans le port, des navires de guerre mis au rencart étaient transformés en navires prisons, le plus célèbre étant le HMS Jersey. Ce dernier fut surnommé «l'enfer». On se demande pourquoi. Les conditions de vue dans les ponts inférieurs étaient atroces : un millier d'hommes entassés sans lumière, sanitaires ni ventilation.

Une douzaine de prisonniers mourraient chaque jour de la variole, la fièvre jaune, malnutrition ou mauvais traitements. Je ne parlerai même pas de la nourriture, infestée de vers et immangeable.

Le sentiment des Britanniques était que les rebelles étaient des traîtres et ne méritaient pas mieux.

Au moins 11 000 personnes mouraient à bord de ces navire prisons, c'est-à-dire plus que toutes les victimes de la guerre réunies. Quand les Britanniques quittèrent New York, la marine américaine découvrit des charniers autour du port. Les restes des victimes ont depuis été enterrés sous un monument à Brooklyn, où se trouvait fort Putnam.

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Le King's College ouvrit ses portes en 1754, au premier étage de Trinity Church, mais fut rapidement déplacé dans le bâtiment que vous voyez en 1760.

Ce bâtiment a survécu à l'incendie de 1776, mais n'était pas utilisé comme école à l'époque. Il avait été fermé sur ordre de l'armée continentale et transformé en hôpital. L'endroit ne rouvrit pas avant la fin de la guerre et fut rebapisé «Columbia College», un autre exemple qui prouve que les Américains n'aiment pas le mot «king», sauf associé au mot «burger», ce qui résume parfaitement ce que vous dites.

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Ce marché fut le premier marché couvert de New York. Il commença sans étage en 1675 mais fut remplacé par le bâtiment que vous voyez en 1752. Le rez-de-chaussée abrite le marché et le premier étage dispose de salles servant pour les réunions, les concerts et les bals.

Ce n'est pas un hasard si cette construction ressemble à Faneuil Hall à Boston. C'était une conception répandue pour les marchés à l'époque. Les maisons privées n'avaient pas de place pour accueillir un grand nombre de personnes, c'est pourquoi ces bâtiments combinaient halles ouvertes pour les marchés et salles fermées pour les fêtes du gratin.

Bien sûr, les salles publiques pouvaient être utilisées par le peuple. Les Sons of Liberty attirèrent les foules dans ces lieux, comme par exemple pour le choix des délégués du Second Congrès continental (techniquement, c(était le boulot de l'Assemblée de New York, mais elle refusa d'envoyer quelqu'un).

Après la Révolution, ce bâtiment fut le premier à abriter la Cour Suprême. Sa première session tint le 2 février 1790. Cependant, la Cour Suprême n'y resta pas longtemps et se déplaça à Philadelphie en 1791.

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Enfin. On peut parler de bière.

Cette brasserie fut construite en 1752 par Jonas Smith et son fils Elias. En 1775, c'était la plus grande brasserie de New York. Smith était loyaliste, ce qui ne l'empêchait pas de fournir en bière l'armée de Washington quand elle était stationnée en ville, pour ensuite servir des tuniques rouges à leur arrivée. Il semblerait que les armées de moquaient de la loyauté quand il était question de bière. C'est le genre de comportement qui a permis de construire l'Amérique. Le rêve américain en quelque sorte !

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Cette chapelle, inaugurée en 1756, est une extension de Trinity Church et se trouve un peu plus bas sur Broadway. Contrairement à l'église, St Paul fut sauvée du grand incendie par la brigade des seaux d'eau locale. Le bâtiment original existe encore de nos jours et c'est l'une des plus vieilles églises de Manhattan.

Pendant la Révolution, St Paul penchait du côté des loyalistes. C'était une église épiscopalienne, une sous-branche de l'Eglise anglicane, l'église de la Couronne d'Angleterre. Les services religieux demandaient des bénédictions pour le roi et sa famille royale qui, comme vous l'imaginez, n'étaient pas très fans des rebelles qui occupaient la ville en 1776.

Après la guerre, la politique de l'Eglise changea. Le pasteur et certains des plus fervents loyalistes de son entourage quittèrent New York et l'église se mit à pencher davantage du côté des Patriotes. George Washington assista à une messe le jour de son inauguration et continua de la fréquenter pendant qu'il vivait à New York, ce qui aida certainement cette église à redorer son blason aux yeux des Patriotes.

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C'est dommage que vous soyez arrivé après l'incendie de Trinity Church (la construction de sa remplaçante ne commence pas avant 1788). La Trinité est un peu une institution à New York et plus particulièrement au 18ème siècle. L'église fonda l'école de la Trinité, le King's College, qui devint plus tard l'université de Columbia, ainsi que St Paul's Chapel. On comprend à quelle point New York était loyaliste à l'époque : elle possédait deux branches de l’Église anglicane opérant à quelques blocs l'une de l'autre.

Le capitaine William Kidd (oui, le célèbre pirate) prêta ses équipements pour aider à la construction de l'église originale (celle que vous voyez ici, brûlée), ce qui était très gentil de sa part. Aujourd'hui, de nombreuses personnes considèrent que les pirates étaient des espèces de socialistes progressistes avec un grand sens de l'intérêt commun, ce qui écorne un peu leur légende, je trouve. Un peu comme de découvrir que Genghis Khan avait des panneaux solaires.

Quoi qu'il en soit, Kidd s'était même réservé un banc, mais il quitta New York sans avoir l'occasion de s'y asseoir.

La Trinity Church du New York d'aujourd'hui est la troisième du nom. Lorsqu'elle fut terminée en 1846, c'était le plus haut bâtiment de la cité. Et comme elle se trouve au coin de Wall Street, vous imaginez sa taille par rapport aux gratte-ciels locaux. Ça montre un peu où est passé le pouvoir...

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L'école ouvrit ses portes en 1709 en tant qu'«école de charité», ce qui signifie qu'elle était gratuite et que les élèves étaient généralement issus de familles pauvres (à l'époque les enfants de bonne famille recevaient leur éducation à la maison). L'école se trouvait à l'origine dans le clocher de Trinity Church, mais le temps qu'on s'en rende compte, elle avait déménagé de l'autre côté de la rue. C'est la seule école qui soit restée ouverte pendant l'occupation de New York par les Britanniques, sans doute parce qu'elle était parrainée par Trinity Church, qui était loyaliste (cette dernière fonda également King's College, qui fut fermé et utilisé comme hôpital, mais on sait que les universités sont des repaires de gauchistes).

Après la guerre, le gouvernement se consacra à l'éducation gratuite de la population et la ville cessa finalement de financer des écoles laïques. L'école de la Trinité devint une école préparatoire privée et elle l'est toujours. Elle est prestigieuse, chère et dispense ses cours depuis 300 ans, ce qui fait quand même long pour les colonies. Eton fut fondée en 1440, soit 20 ans avant la naissance d'Ezio et 50 ans avant la découverte de l'Amérique par Colomb. Les Etoniens savent donc bien ce qu'est une longue et fière tradition dans l'éducation.

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Au XVIIe siècle, une palissade de 3,5 mètres de hauteur délimitait la ville de la Nouvelle-Amsterdam. Le mur fut détruit par les Britanniques en 1699, mais le nom «Wall Street» demeura.

À la fin du XVIIIe siècle, c'était déjà un centre de la finance. Les négociants se rencontraient à la Merchant Coffee House à l'angle de Wall Street et sous un platane pour échanger des devises (ce platane se trouve sur le site du Buttonwood Agreement, où se trouve actuellement la Bourse de New York).

La rue ne fait que 8 blocs de longueur. Elle fait la même longueur aujourd'hui qu'au XVIIIe siècle. Si cela vous paraît tout petit, souvenez-vous que les gratte-ciels sont plus hauts que larges, sinon on les appellerait des gratte-terres.

Frontière

Ce phare fut le premier d'Amérique du nord et fut bâti pour guider les navires dans le port de Boston la nuit. Bien entendu, cela en fit une cible prioritaire pour les révolutionnaires pendant le siège de Boston. Ces derniers attaquèrent et brûlèrent l'édifice. Lorsque les Britanniques commencèrent à le réparer, les Américains revinrent et le brûlèrent à nouveau.

En retour, les Britanniques répondirent en faisant sauter le phare lorsqu'ils abandonnèrent le port de Boston en 1776. C'était une époque confuse pour tous les amateurs de phares. Est-ce que je les aime ? Ou pas ? J'ai ressenti la même chose à propos du free jazz.

Un nouveau phare fut construit en 1783 et il existe encore de nos jours, malgré tous les efforts déployés pour le détruire.

Un peu comme le free jazz.

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La veille de la bataille de Lexington, la milice locale se réunit sur la pelouse de la ville pour attendre les tuniques rouges. Les miliciens se rendirent ensuite dans cette taverne, qui était un point de passage très couru après les exercices militaires. On offrait des bières gratuites aux miliciens pour les pousser à venir, parce que les rebelles sont au top de leur forme après six pintes et un sachet de cacahuètes.

Juste avant l'aube, les miliciens retournèrent dans le pré pour attendre les Britanniques. Nul ne sait qui tira le premier, mais certains témoignages parlent du «coin de maison, à droite de l'église». La taverne de Buckman, quoi. Baston de bar classique.

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Concord était la destination des Britanniques lorsqu'ils quittèrent Boston, le jour de la bataille de Lexington et Concord. Dans la ville, les Britanniques trouvèrent des canons, de la farine et des balles de mousquet. Ils brisèrent les canons et jetèrent le reste dans une mare. Mauvaise décision, puisque les habitants récupérèrent le tout pratiquement intact.

Dans leur zèle, les soldats mirent le feu par accident au temple local (ça arrive). Ils aidèrent la brigade de pompiers à éteindre l'incendie. Cependant, la milice locale voyant la fumée, pensa que les tuniques rouges avaient mis le feu à toute la ville. La milice marcha sur la ville et provoqua un combat avec les Britanniques au North Bridge, juste à l'extérieur de la ville. C'était une comédie des méprises, avec très peu de comédie.

La bataille du North Bridge fut immortalisée par le «Concord Hymn», un poème populaire de Ralph Waldo Emerson. Il vécut à Concord dans les années 1830, ce qui laisse des doutes sur son objectivité. Il fait référence au combat sur le pont en disant «les tirs entendus aux quatre coins du monde», ce qui est légèrement exagéré, puisque les premiers coups de feu avaient été tirés quelques heures auparavant, à Lexington. Il faisait peut-être la sieste. Vous savez comment sont les poètes...

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Cet adorable petit ensemble de bâtisse servait de quartier général à l'Ordre des Assassins des colonies original. Un Masyaf moderne, si l'on veut. À un moment, pendant la guerre de Sept Ans, les Templiers l'attaquèrent et la détruisirent pendant leur chasse aux sorcières contre les Assassins. Et non, il n'y avait pas de sorcières chez les Assassins.

Achilles survécut à l'attaque et resta dans la région pour s'occuper du manoir. À voir la tête du bâtiment, on se demande s'il s'en est vraiment occupé. À l'arrivée de Connor, l'endroit retrouva une seconde jeunesse pendant plusieurs dizaines d'années et dépassa même sa gloire d'antan, avant de subitement disparaître au XIXe siècle. Un manoir qui peut disparaître est à la fois intéressant et dérangeant, mais c'est surtout un mauvais investissement.

Ce fort s'élève au croisement des rivières Allegheny et Monongaleha, qui sont le commencement du fleuve Ohio. En 1754, les royaumes français et britannique se disputaient le contrôle du territoire. Quand les colons de Virginie commencèrent à construire un fort, les forces françaises du Canada les en chassèrent, ce qui est vraiment étonnant, car les Canadiens sont généralement des gens très polis. Bref, les Français terminèrent le fort, ce qui était très gentil de leur part, et lui donnèrent le nom du gouverneur de la Nouvelle-France à l'époque, le marquis Duquesne, ce qui était une attention charmante.

En réponse, les Britanniques envoyèrent George Washington reprendre le fort (Bataille de Fort Necessity) puis Edward Braddock (l'expédition Braddock). Les deux tentatives échouèrent lamentablement, chacune des armées ayant été vaincues avant même d'arriver au fort.

Fort Duquesne demeura sous contrôle français jusqu'à ce que les troupes françaises l'abandonnent et l'incendient en 1758. Les Britanniques le rebâtirent, s'y installèrent et le nommèrent «Fort Pitt». C'est aujourd'hui l'endroit où se trouve la ville de Pittsburg, et du coup, je me dis que les Britanniques n'auraient même pas dû s'embêter avec tout ça.

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Cette maison fut le quartier général de George Washington pendant l'hiver 1777. Cette simple maison de campagne appartenait à Isaac Potts et arborait ce style de Géorgie très populaire.

Le président du Congrès écrivit que Washington «vivait dans une hutte, c'est-à-dire une petite cabane temporaire, comme celle dans lesquelles vivent les rustres les plus pauvres», ce qui est une exagération qui frise l'insulte. Washington vécut dans une tente pendant la première semaine à Valley Forge, puis déménagea chez Potts avec son entourage. Le reste de la troupe était logé dans des cabanes de rondins dans la vallée.

Mais cette maison n'est pas non plus le summum du luxe à la campagne. Les chambres étaient petites et on devait se sentir plutôt à l'étroit dans les réunions d'état-major qui s'y déroulaient. Environ 25 personnes y travaillaient, mangeaient et dormaient. Ça devait ressembler à une maison des étudiants version XVIIIe siècle. On dit que l'une des plus grandes réussites de Washington fut l'invention du bière-pong.

Quoi qu'il en soit, la maison est un compromis entre le besoin de Washington de présenter une image de chef, sans se placer trop haut au-dessus des gens qu'il commande.

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Sir William Johnson bâtit Johnson Hall en 1763. Enfin, je dis «il»... Il était pas mal aidé quand même. Il possédait 60 esclaves pour les tâchez manuelles, ce qui en faisait le plus gros propriétaire d'esclaves du nord. La propriété est plus un domaine qu'une maison. Elle possédait une scierie et un moulin à grain et des métayers exploitaient les terres.

Les boiseries extérieures sont peintes couleur pierre, ce qui donne une apparence sobre, mais les bâtiments sur les côtés sont en pierre brute et conçus eux pour la défense. Quand la maison fut construite, la guerre de Sept Ans venait de se terminer, donc penser à une architecture de défense n'était pas si bête. Ou sinon, William Johnson s'était fait beaucoup d'ennemis en conduisant ses affaires.

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Plus connue de nos jours sous le nom de Mohawk Valley, cette vallée suit la rivière Mohawk, qui serpente entre les montagnes Catskill et Adirondack. Elle fait partie du territoire des Kanien'kehà:ka, parfois appelés Mohawk en français, d'où son nom. En fait, on les appelle surtout Mohawk parce que leur nom indigène est difficilement prononçable.

La vallée est également la seule route naturelle entre l'océan Atlantique et les grands lacs, donc entre la côte et la Frontière, et jusqu'au Canada. Cette vallée avait donc une importance stratégique extrême pendant la guerre de Sept Ans et celle de la Révolution.

Quand je dis «importance stratégique extrême», je veux dire que la vallée était un territoire contesté et qu'elle était régulièrement le théâtre d'affrontements. La plupart des habitations qui s'y trouvaient furent rasées pendant la guerre d'indépendance. Les dégâts infligés aux terres arables environnantes étaient si importants que la nourriture devait être importée depuis le sud. Dans la région, on se réfère à la Révolutoin sous le nom d'«Incendie des vallées». Ça veut vraiment tout dire.

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Lexington est une petite communauté agricole et le site de la première bataille rangée de la Révolution américaine. Non, je n'en rajoute pas. La première bataille eut lieu sur l'herbe de Lexington.

Le matin du 19 avril 1775, les troupes britanniques passèrent par Lexington en allant vers Concord, où ils cherchaient des caches d'armes de rebelles.

La milice de Lexington, menée par John Parker, se réunit sur les pelouses du village, probablement plus par démonstration de force que pour vraiment se battre. Les miliciens étaient largement en sous-nombre, environ 70 d'entre eux face à 700 soldats britanniques. John Pitcairn ordonna aux rebelles de se disperser et c'est ce qu'ils auraient pu faire. Sauf que quelqu'un tira. Et tout le monde se mit à tirer. Enfin, ceux qui ne couraient pas déjà...

Plusieurs miliciens furent tués, le reste bâtit en retraite. Les Britanniques se dirigèrent alors vers Concord, mais furent harcelés par la milice de Lexington lors de leur retour sur Boston.

La devise de la ville est maintenant «What a glorious morning for America» (Quelle glorieuse matinée pour l'Amérique), mais à l'époque, elle aurait pu être «On tire et on se carapate depuis 1775 !». Toutes les villes ont besoin d'imprimer des autocollants pour les voitures.

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C'est l'endroit où se déroula l'une des premières escarmouches de la guerre d'indépendance. Pendant la bataille de Concord, environ 90 soldats britanniques tenaient ce pont, tandis que plusieurs centaines de Minutemen s'attroupaient sur la colline à proximité. Les Britanniques s'attendaient à rencontrer des fermiers désorganisés et paniquèrent quand ils virent s'avancer les rebelles «de façon très martiale». Des fermiers en colère peuvent se montrer terrifiants. Les officiers donnèrent des ordres contradictoires, les lignes britanniques cédèrent et les soldats s'enfuirent.

Le pont d'origine fut détruit en 1788 et un nouveau pont fut construit à proximité. Il fut bien sûr reconstruit plusieurs fois, car le souvenir des Britanniques en fuite fournit une matière très appréciée pour les reconstructions historiques. Les Américains adorent les reconstructions, mais chez nous, de l'autre côté de l'Atlantique, on n'a jamais vraiment reconstruit ça. Comme c'est bizarre...

À l'origine, la halle de Lexington n'avait pas de clocher. Une tour séparée fut donc érigée pour pouvoir avertir les gens des services funéraires, des incendies et, bien entendu, de l'arrivée de soldats britanniques désirant confisquer armes et munitions.

Le clocher se trouvait sur une colline derrière la ville, mais il fut déplacé à son emplacement actuel en 1760. Peut-être que ça n'amusait personne de devoir grimper en faut d'une colline juste pour faire sonner une cloche. À moins d'être l'idiot du village.

Autre

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Cette construction fut érigée entre les années 1730 et 1750 pour servir de capitole à l'Etat de Pennsylvanie. L'architecture est géorgienne – elle était très populaire à l'époque – ce qui signifie qu'elle s'inspirait des manoirs anglais (géorgien étant une référence au roi George).

Certains des documents les plus importants de la Révolution américaine sortirent de ce bâtiment. La Déclaration d'Indépendance fut élaborée et signée ici. La constitution fut également ébauchée ici. Et comme si ça ne suffisait pas, la Liberty Bel (cloche de la liberté) sonnait dans son beffroi pour appeler les gens dans les rassemblements (avant qu'elle ne s'appelle Liberty Bell, mais ne laissons pas ces détails nous importuner).

Le bâtiment prit le nom de Independence Hall dans les années 1820, une conséquence du retour du marquis de Lafayette aux États-Unis. Lafayette venait commémorer le 50ème anniversaire de la Révolution et rappeler aux nouvelles générations ce qui s'était passé et où. Le projet fonctionna et développa un sentiment d'histoire nationale, ainsi que le besoin de créer des mots avec «Liberté», «Indépendance» et «Washington».

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Il existe un certain nombre de marchés publics dans les colonies, ce qui signifie que vous pouvez facilement vous procurer des produits. Par contre, payer pour ces produits est une autre histoire, car le système monétaire était incroyablement complexe. Les gens payaient avec des pièces espagnoles, françaises, anglaises, portugaises, des wampums, des billets de New York et du New Jersey, des haricots magiques, des jetons de laveries automatiques, etc. Nous avons tout simplifié dans l'Animus pour vous (de rien).

Certains marchés vendaient toutes sortes de produits – comme Faneuil Hall à Boston – tandis que d'autres étaient davantage spécialisés. Coenties Slip à New York était un marché aux poissons (même si on y trouvait d'autres choses) et Peck's Slip un marché aux esclaves.

Oui, l'esclavage était légal à l'époque, même s'il était plus ou moins pratiqué selon les régions. Il y en avait bien moins à Boston qu'à New York, qui possédait la plus grosse population d'esclaves au nord. Ne soyez pas non plus surpris de voir des Européens vendus. Certains étaient vendus pour une durée déterminée, afin de rembourser le prix de leur voyage vers le Nouveau Monde. Avouez que c'est une meilleure affaire que celle proposée aux esclaves noirs.

L'un des problèmes constants des colonies britanniques était qu'elles ne disposaient d'aucun représentant, et donc d'aucune voix au parlement britannique.

Pour ajouter à l'insulte, certaines circonscriptions sans habitants du Royaume-Uni avaient des représentants au Parlement. Ce qui signifie que les propriétaires terriens pouvaient obtenir d'un gouvernement docile des avantages. Ces zones étaient connues sous le nom de «bourgs de poche» (car le propriétaire le plus important les avait dans la poche) ou «bourgs pourris» (je vous laisse deviner pourquoi).

L'un des pires exemples était le bourg de Old Sarum, qui n'avait aucun électeur mais deux sièges au Parlement. Mais ce n'était pas le seul. Les bourgs de poche étaient nombreux. On estime que vers 1761, 250 sur 558 étaient dans cette situation et le problème ne fut pas corrigé avant la fin du XIXe siècle.

Donc, quand les colons se plaignaient de la corruption du gouvernement britannique, ils n'avaient pas tort.

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À l'origine, les presses à imprimer furent importées en Amérique pour imprimer des textes religieux, mais à l'époque de la Révolution, elles imprimaient des journaux, des pamphlets et des affiches. On peut voir ça comme l'ancêtre d'Internet, avec des débits préhistoriques. Contrairement au bouche à oreille, les journaux pouvaient rapidement transmettre une information à travers les colonies, sans la déformer.

Ce qui ne signifie pas que l'information était présentée de façon objective, loin de là. Les presses imprimaient souvent de la propagande. Chaque journal avait son parti-pris. Dieu merci, ça n'est plus le cas aujourd'hui. Par exemple, un des éléments qui donna un tel retentissement au massacre de Boston fut les gravures de Paul Revere. Elles montraient des soldats britanniques en train de tirer à bout portant sur une foule pacifique. Une image choquante, qui mit les gens en colère et alimenta leur haine des Britanniques. C'était à moitié inventé, mais qui s'en soucie ? Les masses sont là pour être manipulées.

En fait, je parie que vous pourriez vous-même utiliser ces lieux pour imprimer votre propre propagande. Si les soldats se montrent trop désagréables, vous pourriez leur rappeler que vous être un héros national.

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On l'appelle parfois «Covent Garden» (qui lui fait face) ou «Royal Opera House» (nom qu'il prendra plus tard), mais ceci est bien le bâtiment du Théâtre Royal original, inauguré en 1732 et détruit dans un incendie en 1808. Il sera reconstruit et à nouveau détruit par le feu en 1857, pour être à nouveau complètement rénové dans les années 1990. Depuis, on a installé des détecteurs de fumée.

À l'origine, le théâtre présentait des spectacles variés, tels que ballets, opéras et même des numéros d'acrobatie. De nombreuses premières des opéras de Handel furent présentés ici, jusqu'à la mort de ce dernier en 1799, après quoi il n'écrivit plus rien. Mais cettesalle servait surtout pour les représentations de pièces de théâtre, tout du moins pendant ses cent premières années d'existence. Pourquoi ? Parce que le théâtre détenait les droits exclusifs de jouer des drames parlés à Londres, droits accordés par le roi Charles II. Oui, les rois pouvaient faire ça. Mais quel est l'intérêt ? Ça me dépasse.

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Les comptoirs commerciaux étaient des espèces de supermarchés installés à la frontière nord-américaine. La clientèle, principalement des explorateurs et des indigènes, y échangeaient divers biens et produits, comme des fusils, des haches, des pots, des ustensiles de cuisine. Le paiement se faisait avec des fourrures, qui étaient ensuite expédiées en Europe. Le commerce de fourrures était extrêmement lucratif. Si les explorateurs s'enfonçaient toujours plus loin dans les régions sauvages, c'était pour trouver des fourrures encore plus belles. C'est pour ça que Davy Crockett semblait n'avoir qu'un chapeau.

De nombreux comptoirs étaient des commerces privés, mais ils étaient parfois utilisés au niveau politique. Par exemple, après la Révolution, le gouvernement britannique utilisa ces comptoirs commerciaux pour encourager les Indiens à ne pas signer de traités avec les États-Unis.

Le gouvernement des États-Unis reprit le commerce colonial des peaux en 1796 en établissant un système nommé «manufacture». L'idée était de réguler les prix pour empêcher l'exploitation des peuples indigènes par des intérêts privés. Malheureusement, avec le nouveau système, les chefs indiens furent forcés de donner de larges portions de territoire pour pouvoir commercer avec les comptoirs commerciaux. L'exploitation privée avait été remplacée par l'exploitation nationale. Heureusement que ça n'est arrivé qu'une fois dans l'histoire de l'humanité. Comme le système ne fonctionnait pas mieux, il fut abandonné en 1822.

Ce genre de bâtiments était utilisé pour stocker la poudre à canon, qui était à la fois un prouit de base et une chose très dangereuse. Ces réserves de poudre n’étaient pas le genre de bâtiment que l’on voulait à côté de chez soi. Poudre renversée, barils endommagés, aération insuffisante…il suffisait d’une étincelle pour que la poudre au sol ou en suspension dans l’air ne s’enflamme.

On obligeait les gens qui travailleient dans ces réserves à vérifier leurs poches, à la recherche d’allumettes oubliées ou, plus radical, on leur interdisait de porter des vêtements avec des poches. Les semelles de leurs chaussures ne pouvaient pas êtres clouées ou devaient être couvertes de « patins » pour éviter toute étincelle. Tous les outils utilisées dans ces réserves étaient faits de bois et de cuivre.

En général, les entrpôts de poudre étaient construirs dans des lieux isolés (comme à Boston), sauf dans les forts militaires, où la poudre devait être rapidement accessible. Ces bâtiments étaient conçus pour s’effondrer sur eux-mêmes en cas d’incendie afin d’étouffer le feu plutôt que de le diffuser.

Inutile de vous préciser qu’on avait par le droit de fumer à proximité.

Naval

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Aujourd'hui, traverser l'Atlantique est plus facile que jamais, mais à l'époque coloniale, c'était une autre histoire, mais avec quelques points communs quand même j'imagine (rester mal assis à côté d'un obèse pendant des heures avec des portions ridicules de nourriture faisant office de repas).

Pour les Européens, c'était au mieux un voyage de six semaines, mais qui pouvait durer des mois. Les dangers courant étaient les tempêtes (et leur contraire, le calme plat), le mal de mer, la pénurie de nourriture et l'ennui mortel.

Pour les Africains réduits en esclavage, la traversée de l'Atlantique était un véritable cauchemar, surtout en arrivant vers les Caraïbes. La durée du voyage par rapport à l'Europe était presque identique, mais les esclaves étaient confinés chaînes aux pieds dans les ponts inférieurs et sortaient rarement prendre l'air. Ils ne recevaient qu'un repas par jour, moins si les vivres manquaient. Les maladies étaient courantes et le taux de mortalité élevé.

Je ne me plaindrai plus jamais d'avoir été touché de façon inappropriée par un agent de sécurité dans un aéroport. D'ailleurs nous sommes maintenant bons amis et Juan est quelqu'un de très doux.


La mer des Caraïbes se trouve entre les côtes d'Amérique centrale et du sud d'un côté et les Antilles de l'autre. Le nom «Caraïbes» vient de «carab», nom du peuple indigène qui vivait sur ces îles quand Colomb les découvrit en 1492.

L'importance des échanges commerciaux dans la zone des Caraïbes était l'une des principales raisons pour lesquelles l'armée continentale avait fortement besoin de sa propre flotte. Elle voulait pouvoir perturber le commerce de Britanniques et de leur rendre la guerre encore plus coûteuse.

La cité maya de Cerros se trouve en haut d'une colline qui surplombe la baie de Chetumal. À la fin du XVIIe siècle, ce territoire était espagnol, mais devint ensuite une partie du Honduras britannique, puis de la nation indépendante du Belize.

Bien entendu, Cerros est bien plus ancienne que cette époque. Elle aurait été construite vers 350 av. JC et c'était certainement un important centre commercial pour tous les bateaux qui remontaient le long de la côte. À son apogée, 1100 personnes y vivaient.

Cela semble peu, mais la maçonnerie locale prouve l'importance de la cité à l'époque. Les réussites architecturales comprennent des pyramides, des temples, des pierres taillées et, tenez-vous bien, deux terrains de balle. Les règles ne sont pas très claires, mais au vu de l'emplacement des terrains, le jeu était très important. Et mortel. Des fresques murales sur d'autres sites montrent les vainqueurs décapitant les perdants. C'était peut-être leur version du chambrage des perdants. Ou pas...

Et moi qui croyais que les Américains prenaient leur «football» au sérieux...

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La baie de Chesapeake s'étend entre les côtes de Virginie et du Maryland. C'est l'une des plus grandes baies des Etats-Unis (300 km de long pour 40 de large) et c'est ici que fut établie Jamestown, premier campement britannique en Amérique du Nord, en 1607.

Tous les jours à 16H07, je bois une tasse de thé et j'y pense.

C'est également ici qu'eut lieu la bataille de la Chesapeake, l'une des batailles navales les plus importantes de la Révolution.

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Un lieu à déconseiller pour un premier rendez-vous.

L'île Dead Chest fait partie des Îles Vierges britanniques, mais bon, c'est une île comme Pluton est une planète, c'est plutôt un gros rocher.

Mais il est indéniable que l'endroit possède un nom et une histoire intéressants. D'après la légende, Edward Teach, alias Barbe Noire, se rendit sur l'île et y laissa 15 membres de son équipage pour les punir. Chaque matelot était équipé d'un coutelas et d'une bouteille de rhum. Quand Barbe Noire revint, la plupart de ses hommes étaient morts. Le rhum était sûrement frelaté.

Robert Louis Stevenson fit une chanson de cette histoire – vous l'avez peut-être entendue - «Yo ho ho and a bottle of rum/15 men on a Dead's Man's Chest» («Ils étaient quinze sur le coffre du mort/Oh hisse et une bouteille de rhum). Stevenson écrivit «Dead Man's Chest» alors que le nom de l'île est «Dead Chest», mais les nécessités littéraires prennent parfois le dessus sur la réalité. Et puis de toutes façons, il reste dans l'esprit.

ACIII Château d'Édimbourg.png

Ne le confondez pas avec le très célèbre château d’Édimbourg en Écosse. Celui-ci est plutôt un manoir de pierre. La construction ressemble à un château avec ses deux tours circulaires, utiles pour tirer sur l'ennemi – ou, si vous êtes le propriétaire, sur les voyageurs qui passaient à proximité.

Lewis Hutchinson était un médecin écossais qui acheta le terrain en 1768. Vers 1770, il avait déjà gagné ses surnoms «le Maître dément» et «le Médecin fou». Vous voyez le lien entre les deux noms ? Aucun habitant du coin ne s'approchait du château d’Édimbourg à moins d'y être obligé. Le problème, c'est que la route principale passait devant le manoir, ce qui obligeait de nombreux voyageurs à croiser le chemin de Hutchinson.

Ce dernier tirait sur ses victimes depuis les tours, les dépouillait de leurs biens et faisait jeter par ses esclaves les cadavres dans un gouffre à proximité. Si quelqu'un s'arrêtait pour demander l'hospitalité, il se voyait inviter... pour ne plus jamais repartir.

Hutchinson fut arrêté en 1773 pour meurtre, jugé et pendu. Personne ne sait combien de victimes il fit en 5 ans, mais après son exécution, une collection de 43 montres fut découverte dans son château.

On peut donc raisonnablement penser qu'il fit au moins autant de victimes.

ACIII Fort Wolcott Database.png

Fort Wolcott fut érigé pour protéger la ville de Newport, à Rhode Island. Le fort se dresse dans Newport sur une petite île, l'Île Goat (l'île de la chèvre).

Je ne connais personne qui accepterait de vivre près d'un endroit nomme l'Île Goat.

À part peut-être la seule chèvre de ma connaissance.

Le fort originel fut bâti au début du XVIIIe siècle par les Espagnols. Il fut agrandi par les Britanniques dans les années 1730 et prit le nom de Fort George (en l'honneur du roi George II bien entendu). Le fort fut capturé deux fois par les colons de Rhode Island dans les années 1760 et fut utilisé pour tirer sur les navires britanniques dans le port. Quand la Révolution éclata, les rebelles le rebaptisèrent Fort Liberty. Il fut repris par les Britanniques en novembre 1776, qui décidèrent que Fort Liberty n'était plus un nom approprié et le rebaptisèrent Fort George.

Il garda son nom de Fort George jusqu'en 1784, quand il fut réoccupé par les Patriotes et renommé Fort Washington. Il changea encore de nom en Fort Wolcott en l'honneur d'Oliver Wolcott.

Je sais ce que vous pensez et vous avez raison : ce fort a changé de nom plus souvent que votre groupe de rock au lycée.

ACIII Île Oak Database.png

L'Île Oak se trouve dans la baie de Mahone, sur la côte est du Canada. L'île est très présente dans les légendez locales sur les pirates. Il semblerait que le trésor «secret» planqué par Kidd sur l'île ne soit pas resté aussi secret que le pirate l'aurait souhaité, ce qui est dommage, vu que le principe du secret était tout l'intérêt de la chose.

Les premières chasses au trésor débutent en 1795, après la découverte par un adolescent local d'un arbre avec des traces de corde et de dépression au niveau du sol, qui lui faisait penser que quelque chose avait été descendu avec une corde dans un puits. Il commença à creuser avec des amis, mais ils s'arrêtèrent et décidèrent de revenir avec de meilleurs outils. Les fouilles suivantes eurent lieu sans succès en 1803, 1861, 1866, 1893, 1903, 1931... vous voyez le tableau. Six personnes sont mortes en tentant de mettre la main sur le trésor.

Au fil des ans, les théories sur l'origine du puits plein d'or ont abondé, mais ce n'est qu'un enfumage. Le trésor a été placé dans le puits par William Kidd, les Francs-Maçons ou les Templiers.

Ma théorie préférée : Francis Bacon utilisa le puits pour y stocker les documents originaux prouvant qu'il avait écrit les œuvres de Shakespeare. Ça me désole presque que celle-ci ne soit pas vraie.

Ou peut-être que si...

Non. C'est un canular.

ACIII Octavius.png

Ce vaisseau est au centre d'une histoire de fantômes qui, de l'avis de la plupart des historiens, est une foutaise. Contrairement aux autres histoires de fantômes, bien sûr. Et pourtant...

D'après la légende, l'Octavius fut commandé par le capitaine Hendrick van der Heul, ancien quartier-maître du capitaine Kidd. En 1761, le navire quitta l'Angleterre et mit le cap sur l'Asie. Il franchit le cap Horn et un an plus tard, il était rempli et prêt à rentrer en Europe.

Personne ne sait pourquoi van der Heul décida de rentrer via le passage du nord-ouest. À l'époque, on n'avait pas découvert d'itinéraire par le nord, ce qui plaçait cette décision dans la catégorie des décisions suicidaires. Comme on pouvait s'y attendre, le navire disparut en cours de route. Il sombra, ou fut peut-être pris dans les glaces.

Et c'est là que les choses deviennent intéressantes. Dans les années 1770, l'équipage d'un baleinier découvrit l'Octavius à la dérive près des côtes du Groenland. L'équipage était mort gelé, y compris le capitaine, pris par la mort alors qu'il rédigeait une entrée datée de 1762 dans son journal de bord. Cela signifie que l'équipage de l'Octavius était mort et qu'entre temps, le navire avait franchi seul le passage du nord-ouest.

Ouais. Des fantômes, c'est sûr.


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