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Base de données (ACIII): Événements

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Boston

Date: Adopté le 22 mars 1765

Le Stamp Act correspondit à une tentative des autorités britanniques de récupérer une partie des sommes qu'elles avaient engagées lors de la guerre contre les Français et les Indiens (la "portion" américaine de la guerre de Sept Ans) en taxant les colons américains qui, au moins en théorie, avaient le plus bénéficié de ces investissements.

Le parlement anglais choisit une imposition par voie de timbre parce que c'était un moyen simple et facile à mettre en œuvre et qu'il était difficile d'y échapper. Tous les documents, des gazettes aux documents notariés en passant par les licences des juristes, devaient recevoir un timbre royal.

Les colons, de leur côté, estimaient que la Grande-Bretagne n'avait nullement le droit de leur imposer des taxes, dans la mesure où ils n'étaient pas représentés au parlement (d'où le très accrocheur slogans des révolutionnaires : "Pas d'imposition sans représentation"). Ils acceptaient aussi assez difficilement le sous-entendu selon lequel ils étaient responsables des dettes de guerre de la Grande-Bretagne, car la milice coloniale avait joué un rôle important dans les combats et la victoire face aux Français.

L'affaire donna lieu à de très importants rassemblements de protestation orchestrés par des groupements qui se faisaient appeler les Sons of Liberty. Les commerçants déclarèrent un boycott des marchandises britanniques. Plus important encore peut-être, les personnes chargées de percevoir cette taxe furent poussées à démissionner sous la menace. Les Sons of Liberty firent même défiler dans Boston le distributeur des timbres du Massachusetts et l'obligèrent à démissionner sous l'Arbre de la Liberté.

La taxe du Timbre ne fut jamais perçue et les Britanniques rapportèrent cette loi en mars 1766. Mais la victoire ne fut pas complète pour les Colonies. Le parlement vota alors le Declarotary Act (Acte déclaratoire) précisant que la Grande-Bretagne disposait du droit absolu de soumettre les colons à l'impôt et que ces derniers ne pouvaient s'y opposer.

Sauf à fonder leur propre pays.

Chose que j'ai toujours rêvé de faire.

Date: 5 mars 1770

Le Massacre de Boston constitua le point culminant de multiples affrontements entre les soldats anglais et la population de Boston. Un groupe de soldats tira à bout portant sur la foule, tuant cinq personnes.

La réalité est moins accablante pour les Britanniques qu'il n'y paraît. Tout débuta par une dispute au sujet de la facture d'un perruquier (franchement...) et vira à l'émeute. Plusieurs centaines de Bostoniens immobilisèrent huit soldats anglais pendant des heures, sans pour autant s'en emparer. À la fin, beaucoup d'habitants étaient armés de matraques, leur lançaient des pierres et les injuriaient, les mettant au défi de tirer.

Ces soldats étaient sous les ordres du capitaine Thomas Preston, qui tenta de désamorcer la situation en s'adressant à la foule. Les habitants demandèrent si les mousquets des soldats étaient chargés, et Preston reconnut qu'ils l'étaient, mais il aurait été stupide de sa part de leur ordonner de tirer car, à ce moment, il se trouvait entre ses hommes et les émeutiers.

Ce n'est que lorsque l'un des soldats fut touché par une pierre, ce qui lui fit lâcher son arme, que les soldats tirèrent sur la foule, désobéissant aux ordres de Preston qui affirma ensuite sous serment qu'il n'avait jamais donné l'ordre de tirer (mais il est possible que les soldats se soient trompés et aient pris une provocation pour un ordre).

Les soldats furent arrêtés et jugés pour meurtre. Six furent acquittés, dont Thomas Preston; les deux autres furent reconnus coupables mais eurent les pouces marqués au fer rouge au lieu de la sentence habituelle : la mort.

Les suites de cette affaire sont particulièrement intéressantes : chacun des camps essaya de la tourner à son profit. Le fait que l'histoire ait retenu le mot "massacre" indique clairement qui a remporté ce match de communication. Les révolutionnaires présentèrent l'événement comme une attaque contre les libertés coloniales et les limages (popularisées par Paul Revere) montrèrent une troupe britannique organisée tirant sur un groupe de gens, et pas un groupe de soldats complètement dépassés coincés par une foule en colère.

Les Britanniques, de leur côté, parlèrent de "l'incident sur King Street". Nous gardons par nature notre calme en cas de crise, contrairement aux pays qui tiennent à transformer la moindre confrontation de rue en véritable barnum.

Quoi qu'il en soit, le perruquier baissa ses prix et le problème initial disparut.

Je qualifierai cela de grande victoire pour les chauves.

Date: Adopté en 1773

Le Tea Act, ou Acte du Thé, fut adopté en 1773. Il constitua une tentative des autorités britanniques de soutenir la Compagnie anglaise des Indes orientales en lui permettant d'acheminer son thé directement des Indes aux Colonies sans transiter par la Grande-Bretagne. Ceci réduisit le prix du thé, qui devint moins cher que celui que les colons achetaient en contrebande aux Néerlandais pour éviter d'acquitter les taxes anglaises.

Le problème fut que malgré une réduction de prix, les autorités britanniques continuaient à percevoir une taxe sur le thé. Autrement dit, acheter ce thé était contraire à la position des colons refusant toute imposition sans représentation.

Ce texte fut considéré comme (et était probablement) une manœuvre sournoise du parlement visant à amener les Colonies à accepter inconsciemment une taxe en vue de créer un précédent. Les colons ne tombèrent pas dans le piège et les tentatives de débarquement du thé des Indes orientales à Boston entraînèrent la Tea Party, qui reste un mauvais souvenir pour tous les amateurs de thé.

Il n'y avait même pas de muffins. Vous n'êtes que des sauvages.

Date: 17 décembre 1773

Ce fut l'un des principaux événements menant à l'indépendance. Des mécontents (déguisés à la va-vite en Amérindiens) sont montés à bord de trois navires amarrés dans le port de Boston et ont jeté par-dessus bord leurs cargaisons de thé pour protester contre les taxes britanniques. Jeter autant de thé dans un port explosa probablement le record de la plus grande tasse de thé, mais il n'y a rien de tel que gaspiller du bon thé pour faire sortir un Anglais de ses gonds.

Si l'affaire en elle-même est simple, les prémices en furent plus complexes. En difficulté, la Compagnie des Indes orientales souhaitait brader ce thé dans les Colonies afin de faire rentrer de l'argent. Cependant, les taxes sur le thé devaient être versées dès que le thé était débarqué dans le port de Boston. Et les colons répugnaient à payer des taxes alors qu'ils n'étaient pas représentés au parlement britannique. Ils considérèrent que proposer du thé bon marché tout en collectant les taxes était un moyen de les amener à reconnaître l'autorité du parlement.

À New York et Philadelphie, les manifestants contraignirent les navires à rebrousser chemin et, s'il s'était passé la même chose à Boston, le problème aurait été réglé. Malheureusement, une fois les navires à quai, le gouverneur de Boston refusa de les laisser repartir. Il devait se dire que les habitants se lasseraient et paieraient la taxe (parce que tout le monde aime les soldes), mais il se trompait. En réalité, les rassemblements d'opposants se firent de plus en plus volumineux jusqu'à une réunion à l'Old South Meeting House. Des émeutiers émergèrent de la foule et allèrent jeter le thé, résolvant l'impasse et détruisant la marchandise.

J'ai frémi en écrivant cette phrase...

Les Britanniques réagirent en dépêchant des troupes pour occuper la ville, sous les ordres de Thomas Gage. Ils fermèrent aussi le port de Boston dans le cadre de plusieurs lois votés pour punir les colon, et que l'on surnomma les "Actes coercitifs". Naturellement, ces lois ne les rendirent pas plus sympathiques aux yeux des colons, et déclenchèrent la révolution.

Il ne faut jamais plaisanter avec le thé.

Date: 19 avril 1775 - 17 mars 1776

Le siège de Boston débuta immédiatement après les batailles de Lexington et de Concord. La milice coloniale qui s'était rassemblée afin d'empêcher les raids britanniques suivit les Anglais jusqu'à Boston... et décida de camper devant la ville en y enfermant les soldats de la couronne et leurs alliés loyalistes. À l'époque, Boston était une péninsule rattachée au continent par un mince ruban de terre que l'on appelle Boston Neck. Il suffisait de le bloquer pour isoler la ville.

Le siège dura près d'un an et ne compta qu'une seule grande bataille, celle de Bunker Hill. Mais (comme dans le cas de la plupart des sièges) Boston fut mis à rude épreuve. Il y eut de nombreuses pénuries, en particulier de bois de chauffage, et beaucoup d'immeubles furent abattus pour alimenter les cheminées. Naturellement, les Britanniques s'en prirent à tous les bâtiments et symboles associés aux rebelles. C'est ainsi que l'Arbre de la Liberté et les bancs de l'Old South Meeting House finirent en petit bois.

Il prit fin peu après l'attaque et la fortification par les rebelles des hauteurs de Dorchester, au sud de Boston, ce qui leur permit de bombarder le port. Le gouverneur de Boston préféra l'évacuation au combat. Le 17 mars, les navires loyalistes quittèrent la ville.

Le 17 mars est aujourd'hui devenu le "Jour de l'Évacuation" et est célébré dans certaines parties du Massachusetts. Le fait que cette date coïncide avec celle de la Saint Patrick est... pure coïncidence (même si certains affirment qu'en gaélique ancien, "évacuation" signifie aussi "boire le plus de pintes possibles jusqu'à être malade comme un chien", alors, qui sait...).

Date: 17 juin 1775

Bunker Hill fut l'une des premières batailles de la guerre d'Indépendance. En pratique, les rebelles la perdirent, mais ce fut une victoire à la Pyrrhus pour les Britanniques.

Laisse-moi te dresser le tableau : il existait deux lieux à partir desquels les forces rebelles pouvaient monter des attaques contre Boston, que les Anglais occupaient. Le premier était la péninsule de Charlestown, au nord, et le second, les hauteurs de Dorchester, au sud. Lorsque des rumeurs annoncèrent que les Anglais allaient fortifier les collines autour de Charlestown, les rebelles décidèrent de passer à l'acte.

Et par là je ne veux pas dire qu'ils avaient l'intention de jouer un pièce de théâtre.

Dans la nuit du 16 juin 1775, des soldats commandés par William Prescott s'infiltrèrent sur la péninsule, occupèrent Bunker Hill et érigèrent des fortifications sur Breed's Hill. Sur le plan tactique, c'était un choix épouvantable : Breed's Hill était plus facile à gravir par les Britanniques, nettement plus exposée aux attaques et assez proche de la ville pour que les navires britanniques situés dans le port puissent l'atteindre de leurs canons. En réalité, Prescott avait reçu l'ordre de fortifier Bunker Hill. On ignore pourquoi il changea de colline; peut-être avait-il des soucis avec les mots commençant par un "B", comme Bunker et Breed's. Eh, peut-être croyait-il même qu'il se battait contre les Belges, pas les Britanniques...

Par chance pour les rebelles, les Anglais étaient presque aussi nuls en tactique. Lorsque le général Howe débarqua des troupes sur Moulton's Hill, il attendit des renforts au lieu d'attaquer sur-le-champ. Cela permit aux rebelles d'étayer leurs fortifications. Et lorsqu'il attaqua enfin, Howe divisa ses forces, s'attendant à voir l'armée rebelle désorganisée s'effondrer devant lui comme un château de cartes, ce qui ne fut pas le cas. Les Britanniques menèrent deux assauts suivis de remplis avant de finalement l'emporter, mais seulement après l'arrivée de renforts et le quasi-épuisement des munitions des rebelles.

Les comptes rendus de pertes sont éloquents : 228 Britanniques tués, y compris un bon nombre d'officiers, et plus de 800 blessés. Dans le camp des rebelles, 140 morts et 301 blessés. L'armée continentale avait montré qu'elle était capable de tenir tête aux Britanniques mieux formés et mieux entraînés, et il est difficile d'affirmer quel camp fut le plus surpris par ce résultat. Personnellement, il me surprend toujours.

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Les Coercive Acts (Actes coercitifs ou encore Actes intolérables) regroupaient une série de lois votées par le parlement britannique en réaction à la Tea Party de Boston. Entre autres conséquences, ces lois remplacèrent la législature élue du Massachusetts par une législature nommée, et fermèrent le port de Boston jusqu'à ce que la Compagnie anglaise des Indes orientales ait été dédommagée de la destruction de son thé, ce qui, soyons francs, ne risquait pas de se produire. Ces Actes portèrent un coup majeur à l'économie et à l'autonomie du gouvernement du Massachusetts.

Ces lois furent ainsi appelées parce que le parlement britannique espérait ainsi contraindre les habitants à se comporter en braves petits colons et mettre fin aux violentes protestations, de crainte qu'elles ne s'étendent au territoire britannique. Malheureusement, elles eurent l'effet inverse : elles promurent les arguments des Whigs en faveur de l'indépendance et sapèrent ceux des loyalistes affirmant que le parlement veillait aux intérêts des colons.

Tenter de passer en force est rarement une bonne solution.

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La variole fut l'un des fléaux des XVIIe et XVIIIe siècles. La liste des symptômes est assez réjouissante : de vastes pustules sur l'ensemble du corps, assez largement destinées à laisser des cicatrices, une fièvre épouvantable et des vomissements. La maladie est aujourd'hui éradiquée en dehors de quelques échantillons conservés dans des laboratoires : une raison de plus d'être heureux de vivre à notre époque.

L'inoculation de la variole connut ses débuts en Amérique dans les années 1720, à Boston, lorsqu'un prédicateur, Cotton Mather, eut vent de l'idée par un de ses esclaves. La méthode était simple, mais assez écœurante : on prend une personne légèrement atteinte par la maladie, on réduit en poudre des fragments de ses plaies et on les glisse sous la peau de la personne à inoculer (généralement via une écorchure entre le pouce et l'index). L'inoculé subit alors une forme moins grave de la maladie et est ensuite immunisé pendant une dizaine d'années.

Statistiquement, l'inoculation donnait des résultats, mais n'était pas sans inconvénient. Toutes les formes de variole étaient extrêmement dangereuses et des gens mouraient des conséquences de l'inoculation. En outre, l'inoculation revenant à infecter quelqu'un avec la maladie, il existait par nature un risque qu'il déclenche une épidémie (le remède était alors pire que le mal).

Ce n'est qu'en 1796 qu'apparut une forme moins dangereuse de protection. Un médecin britannique (évidemment) du nom d'Edward Jenner découvrit qu'une infection par la vaccine (ou variole de la vache), maladie non mortelle, immunisait également contre la variole. Jenner fit cette découverte en inoculant la vaccine à un jeune garçon avant de faire de même avec la variole (tout ça au nom de la science, et je suis sûr que le gamin aurait été ravi de l'apprendre). Compte tenu de ses méthodes, il n'est guère étonnant que les résultats de Jenner aient été dédaignés par l'institution médicale, et la vaccination (je me demande d'où vient ce nom) ne se répandit qu'après 1800.

New York

Date: 21 septembre 1776

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Le Grand incendie détruisit un quart des bâtiments de New York et entraîna une crise du logement qui dura pendant presque toute l'occupation de la ville par les Britanniques.

À cette époque, la ville de New York était assez déserte. Les loyalistes l'avaient quittée à l'arrivée de l'armée continentale, et lorsque celle-ci en partit, beaucoup des Patriotes la suivirent. Beaucoup d'immeubles étaient vides et le temps était sec. Aussi les flammes se propagèrent-elles rapidement, détruisant les quartiers les plus pauvres de la ville et semblant se répandre en plusieurs endroits à la fois. C'est probablement ce qui fit penser que l'armée continentale l'avait déclenché : un incendie d'une telle ampleur ne pouvait pas être un accident.

Sauf qu'il semble bien avoir été accidentel. Il n'existe aucune preuve de l'implication des rebelles. Washington avait certes songé à incendier la ville en la quittant, mais le Congrès s'y était opposé. Washington fut très clair lorsqu'il écrivit au sujet de cet événement : "la Providence, ou un honnête homme, en a fait davantage pour nous que nous n'étions disposés à le faire." Autrement dit, "c'était pas nous, mais je ne suis pas mécontent que ce se soit produit"...

Date: 25 septembre 1783

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Le Jour de l'Évacuation fut celui où les troupes britanniques quittèrent New York en bateau à la fin de la guerre d'Indépendance (à ne pas confondre avec le Jour de l'Évacuation du Massachusetts, lorsque les Britanniques quittèrent le port de Boston, au début de cette même guerre).

Si le traité de Paris avait officiellement mis fin à la guerre début septembre, les Britanniques prirent le temps de faire leurs bagages avant de quitter leur place forte de New York. La raison en est simple : de nombreux loyalistes éprouvèrent soudain le besoin de fuir le pays, et il y eut beaucoup plus de gens à emmener qu'initialement prévu. Ils ont probablement aussi traîné dans les boutiques de duty free.

Les Anglais étaient des farceurs impénitents, ils n'ont pas résisté à l'envie de laisser quelques cadeaux d'adieu. Des soldats ont ainsi cloué le drapeau britannique sur un mât de Bowling Green avant d'enduire de graisse le mât en question. Les Américains ne se laissèrent pas démonter et plantèrent des pointes pour parvenir à grimper et remplacèrent l'Union Jack par la bannière étoilée alors que la flotte britannique était encore en vue. Par la suite, escalader un mât enduit de graisse pour décrocher un drapeau britannique devint l'une des festivités du Jour de l'Évacuation de New York, ce qui prouve que les Américains auraient besoin de renouveler leurs passe-temps.

L'autre cadeau d'adieu des Britanniques fut plus percutant : un navire anglais tira un boulet de canon sur la foule assemblée sur Staten Island afin de huer la flottille. Le boulet tomba dans l'eau et personne ne fut blessé, mais on qualifie parfois cet événement de dernier coup de feu de la guerre d'Indépendance.

Le Jour de l'Évacuation n'est plus beaucoup fêté : il est tombé en désuétude lorsque Thanksgiving a été déplacé à la fin novembre, en 1863.

Date: Signé en 1792

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L'accord de Buttonwood fut l'ancêtre de la bourse de New York. Il fut signé en 1792 sous un platane d'Occident ("buttonwood tree" en anglais) de Wall St, d'où son nom. Une chance que l'arbre n'ait pas été un "Désespoir des singes", le nom de l'accord aurait manqué de dignité.

L'accord lui-même était très simple : vingt-quatre négociants locaux s'engagèrent à ne commercer qu'entre eux, et à prendre une commission de 0,25 % quelle que soit la nature de l'échange.

Si tu penses que 1792 est une date un peu précoce pour un marché d'actions et d'obligations, tu te trompes. Les premiers bons de guerre avaient été émis par Alexander Hamilton en 1790, soit deux ans auparavant, alors garde tes opinions pour toi, surtout lorsque tu as tort.

Frontière

Date: 19 avril 1775

Le 18 avril 1775 au soir, des soldats britanniques quittèrent Boston en direction de Concord pour y confisquer des stocks d'armes des rebelles. L'intention était de mener un raid rapide, de désamorcer les projets d'attaque des rebelles contre les Anglais et de s'emparer des agitateurs qu'étaient John Hancock et Samuel Adams. Malheureusement pour les Britanniques, le résultat final fut le début de la guerre d'Indépendance.

En d'autres termes, cette bataille fut un véritable désastre pour les Anglais. Et c'est le genre de phrase que je n'aime pas écrire.

Les rebelles avaient été avertis de l'éventualité de raids plusieurs semaines auparavant et avaient déjà déplacé la plupart des armes que recherchaient les Britanniques. Quelques heures avant la bataille, pendant la soirée, Paul Revere et William Dawes étaient venus annoncer que les soldats anglais étaient en chemin. Par conséquent, lorsque les troupes du roi atteignirent Lexington, peu avant l'aube, la milice locale les attendait.

Personne ne sait qui tira le premier coup de feu, les Anglais en accusent les rebelles en vice versa, mais au bout du compte, la milice de Lexington, en nette infériorité numérique, se replia et les Britanniques poursuivirent leur route en direction de Concord.

Selon la plupart des comptes rendus, les Anglais se montrèrent courtois à Concord, et je suis sûr que leurs mères auraient été ravies de l'apprendre. Sauf, naturellement, lorsque John Pitcairn menaça un tavernier à bout portant... mais, pour être totalement honnête, ce tavernier SAVAIT où se trouvaient les caches d'armes.

Les choses ne tournèrent vraiment au vinaigre que lorsque les miliciens installés à proximité virent de la fumée s'élever au-dessus de la ville. Ils pensèrent qu'elle avait été incendiée et s'avancèrent, causant une escarmouche sur le pont nord.

D'autres miliciens arrivèrent au moment où les Britanniques quittaient Concord, et ceux-ci se retrouvèrent en infériorité numérique, ce qui accrut encore la tension. Les miliciens nouvellement arrivés tirèrent sur les soldats anglais en s'abritant derrière des murs ou depuis le couvert des arbres (quel courage...). Les Britanniques n'eurent guère d'autre choix que de riposter, mais ils étaient fatigués et manquaient de munitions. Certains d'entre eux prirent même la fuite. Les autres affrontèrent le long chemin qui les ramenait à Boston.

Après cet affrontement, la milice ne se dispersa pas, mais se rassembla devant Boston Neck, entamant ainsi le siège de Boston et devenant le noyau de ce qui allait devenir l'armée continentale.

Date: 1754-63

Une guerre de plus dans la longue liste des rivalités entre Anglais et Français. Il aura fallu attendre le XXe siècle pour que les uns et les autres comprennent...

Celle-là eut pour objet la suprématie en tant que puissance coloniale. Naturellement, les Français et Anglais ne se sont pas contentés de s'entre-tuer, ils ont entraîné dans la danse un certain nombre de nations amérindiennes, d'où le nom de "guerre contre les Indiens et les Français" utilisé en Amérique.

Car cette guerre commencée dans le Nouveau monde s'est étendue à l'Europe pour devenir la guerre de Sept Ans (c'est d'ailleurs l'appellation française de l'ensemble du conflit, théâtres d'opérations américain et européen confondus). Et avant que tu ne lèves le doigt pour me reprendre, oui, je sais qu'elle a duré plus de sept ans sur le terrain. Mais si elle a débuté en 1754, la guerre n'a été officiellement déclarée qu'en 1756. Mais bravo pour l'avoir remarqué, ça mérite un bon point.

L'honneur du déclenchement du conflit revint à George Washington (sur ordre, naturellement). Il avait été dépêché pour bâtir un fort sur un territoire disputé par les deux parties. Il croisa le chemin d'une patrouille française et attaqua ; les Français ripostèrent. Les Britanniques envoyèrent alors deux régiments en renfort. L'affaire était lancée.

Les Britanniques furent en mauvaise posture jusqu'en 1758, date à laquelle leur nouveau premier ministre fit du financement de l'effort de guerre sa priorité. Peut-être parce qu'il n'aimait pas les Français (qui sait, peut-être l'avait-on obligé à manger un camembert qui marchait tout seul). Grâce à ce soutien renouvelé, les Britanniques (appuyés par leurs alliés amérindiens et la milice coloniale) commencèrent à gagner du terrain, lentement mais sûrement. Finalement, les Français furent chassés de presque tous leurs territoires au nord des Caraïbes, ce qui fit le bonheur de tous les Anglais (et continue de le faire).

La victoire revint donc aux Britanniques, mais assortie de dettes considérables. La couronne tenta de les payer grâce à des impôts levés auprès des colons qu'ils avaient protégés des Français, qui les auraient sinon obligés à manger des oignons et à changer de langue. Les colons refusèrent, ce qui entraîna une série de protestations, auxquelles succédèrent des troubles qui menèrent à l'indépendance. Quelle ingratitude...

Date: 9 juillet 1755

Cette bataille se déroula pendant la guerre de Sept Ans (ou guerre contre les Français et les Indiens). Le contingent d'Edward Braddock composé de 1 500 soldats britanniques et miliciens fut étrillé par un groupement sous commandement français deux fois moins nombreux.
On n'en fait guère état en Grande-Bretagne.

Braddock avait été chargé de capturer Fort Duquesne, sur le cours supérieur de l'Ohio. Parmi ses officiers se trouvait le jeune George Washington, peut-être parce qu'il connaissait la région, ayant remis Fort Necessity à l'ennemi l'année précédente.

Les troupes de Braddock se trouvaient à une quinzaine de kilomètres de Fort Duquesne lorsqu'elles tombèrent dans une embuscade tendue par les Français et les Indiens. L'avant-garde de Braddock fut débordée et reflua en direction du gros de la colonne. Son arrière-garde, n'ayant pas entendu l'ordre de halte, continua à avancer. Le résultat fut un chaos total. Presque tous les officiers furent tués, à l'exception de Washington. Braddock lui-même fut mortellement blessé ; Washington le porta hors du champ de bataille et il mourut quatre jours plus tard. Anecdote intéressante : Braddock remit son écharpe d'officier à George Washington en lui demandant de la préserver. Elle est toujours visible à Mount Vernon.

Cette bataille est également surnommée "la défaite de Braddock" mais, curieusement, personne ne sait pourquoi.

Je plaisante. Mais si tu me demandes pourquoi, j'aurai des doutes sur tes capacités à mener à bien ta tâche.

Date: 28 juin 1778

La bataille de Monmouth n'eut pas une grande importance stratégique, mais elle permit à Washington et à l'armée continentale de se mesurer à l'ennemi. Elle fut également un quasi-désastre, mais je vais un peu trop vite, pardon.

Lorsque les Britanniques apprirent l'intervention française dans la guerre d'Indépendance, ils retirèrent des soldats de Philadelphie pour marcher sur New York. Une sacrée marche. Je parie qu'ils étaient impatients qu'on invente l'automobile.

L'armée continentale venait de passer l'hiver à Valley Forge et George Washington était impatient de mettre à l'épreuve ses troupes nouvellement entraînées. Il décida d'attaquer la colonne britannique dans l'espoir de la retarder, voire de l'arrêter.

Washington choisit de confier l'avant-garde à Charles Lee. Celui-ci commença par refuser, déclarant qu'il fallait laisser les troupes britanniques en paix. Cependant, lorsque Washington propos ce commandement au marquis de Lafayette, Lee se ravisa et accepta de se battre.

Les troupes de Lee rattrapèrent la colonne britannique devant le tribunal de Monmouth et l'attaquèrent. Il faisait chaud (plus de 38°C) et les soldats des deux camps souffraient de coups de chaleur. Malgré la température, les soldats continentaux s'en tiraient bien jusqu'à ce que Lee donne mystérieusement l'ordre de battre en retraite, une consigne qui continue à laisser les historiens perplexes. Les gens ont dû le prendre pour un pacifiste convaincu. Bien entendu, ils ignoraient ce que toi et moi savons désormais... C'est facile de se sentir intelligent, hein ?

C'est la première fois pour toi ?

Quoi qu'il en soit, le plan de Lee eut l'effet d'un pétard mouillé. Washington arriva pour découvrir ses troupes en train de battre en retraite, mais les reprit en main et elles attaquèrent de nouveau. Les deux armées s'affrontèrent jusqu'à la nuit, dont les Britanniques profitèrent pour s'éclipser, offrant la victoire à l'armée continentale, mais de nouveau sur la route de New York. L'affrontement prouva néanmoins que les soldats de Washington étaient (enfin) à la hauteur de l'ennemi.

Cette bataille conforta la réputation de Washington et ruina celle de Lee. Il fut mis aux arrêts, passa en conseil de guerre et fut écarté de l'armée.

Date: Juin-septembre 1779

L'expédition Sullivan constitua la riposte de Washington à plusieurs raids menés par des groupements de Britanniques et d'Iroquois dans la partie nord de la Frontière. Ces forces, commandées par Joseph Brant et John Butler, avaient attaqué des forts et des localités dans les vallées de Wyoming et de Cherry, tuant et scalpant non seulement des miliciens, mais aussi des femmes et des enfants.

Les ordres de Washington furent très clairs : afin d'éliminer le problème, Sullivan devait attaquer et brûler tous les villages iroquois qu'il pourrait trouver et faire le plus grand nombre possible de prisonniers. Sullivan obéit, incendiant 40 villages iroquois et détruisant, selon les estimations, quelque 160 000 boisseaux de maïs. Ses soldats commirent à leur tour des atrocités en représailles : ils scalpèrent des cadavres et firent brûler vifs des gens dans des cabanes. Sullivan ne limita pas ses opérations aux ennemis actifs, mais attaqua aussi les Onondaga, qui étaient demeurés neutres durant cette guerre (le résultat prévisible fut de transformer les Onondaga en ennemis des Patriotes).

L'expédition Sullivan ne parvint néanmoins pas à faire cesser les raids dans la région. Ils se poursuivirent pendant toute la guerre d'Indépendance, par enchaînement de représailles. Cette cruelle partie de ping-pong finit par ruiner le territoire kaniènkeh (également appelé Mohawk Valley) et les terres alentour.

C'est peut-être à cause de l'expédition Sullivan que Washington gagna le surnom de "destructeur des villes" chez les Iroquois. Mais l'origine de ce sobriquet est contestée, et peut-être était-il en vigueur depuis la guerre de Sept Ans. Voilà la marque d'un grand homme d'État : avoir tellement pratiqué la politique de la terre brûlée qu'on ne sait plus d'où vient sa notoriété.

Date: 18-19 avril 1755

La nuit précédant les batailles de Lexington et de Concord, Paul Revere et William Dawes quittèrent Boston pour prévenir la campagne environnante que des troupes britanniques étaient en marche. Ils tenaient en particulier à avertir John Hancock et Samuel Adams de l'intention des soldats de les appréhender.

Revere quitta Boston en bateau, traversa le fleuve Charles, retrouva la terre ferme et poursuivit sa route. Dawes emprunta la voie terrestre, plus longue, passant par Boston Neck. Revere arriva le premier à Lexington, mais Dawes le rejoignit peu après.

Après avoir averti Hancock et Adams à Lexington, Dawes et Revere décidèrent de continuer jusqu'à Concord pour prévenir la population de l'approche des Britanniques. Samuel Prescott, qui était venu rendre visite à sa fiancée à Lexington, se joignit à eux. Prescott vivait à Concord et connaissait bien la région.

Les trois hommes étaient à mi-distance de Concord lorsqu'ils tombèrent sur une patrouille anglaise. Revere fut capturé, mais Dawes et Prescott purent s'enfuir. Dawes perdit son cheval et se cacha plusieurs heures dans une grange avant de regagner discrètement Lexington, mais Prescott atteignit Concord et donna l'alarme (une chance qu'il ait fait partie de l'expédition).

Des années plus tard, Henry Wadsworth Longfellow écrivit un poème au sujet de l'événement, rassemblant les trois cavaliers en un seul : Paul Revere. C'est la raison pour laquelle tout le monde connaît le nom de Revere aux États-Unis. Ce poème fut une véritable révérence à Revere.

Date: 19 décembre 1777-19 juin 1778

Cet endroit fut le lieu de campement de l'armée continentale pendant l'hiver 1777-78.

Le site de Valley Forge ne représentait pas le premier choix de Washington. Mon premier choix aurait été les Bahamas, mais le côté insulaire et l'éloignement étaient apparemment malcommodes. La vallée était largement inhabitée et Washington estimait qu'il serait plus facile de loger et nourrir une armée dans une grande ville. Le Congrès, de son côté, tenait à avoir l'armée à proximité, quelque part entre l'endroit où il siégeait (York) et les forces britanniques (à Philadelphie). Valley Forge se trouvait à la fois assez près de Philadelphie pour harceler les troupes anglaises, et assez loin pour éviter une attaque surprise de la part des Britanniques. Une vie sans surprises, quel drôle de souhait...

Washington n'avait cependant pas tort : l'armée connaissait des difficultés de ravitaillement et Valley Forge n'offrait aucune possibilité de logement pour les soldats. Et même si l'hiver fut relativement clément, il parut froid à une armée dont un tiers des soldats était dépourvu de chaussures. Des températures modérées signifiaient aussi beaucoup d'humidité, et les maladies atteignirent presque l'épidémie : des milliers de soldats périrent.

Tout ceci laisse penser que Valley Forge fut un véritable désastre, mais ce ne fut étonnamment pas le cas. Les soldats les mieux équipés s'occupèrent des patrouilles tandis que les autres construisirent les logements. Nathaniel Greene fut nommé intendant et trouva du ravitaillement. Lorsque les vivres se firent rares, ils inventèrent les rations de subsistance. L'arrivée du baron von Steuben et de quelques autres permit d'entamer l'instruction des soldats à la tactique, à l'organisation d'un camp et aux mesures sanitaires de base, ce qui permit de réduire le caractère quasi-épidémique des maladies.

Loin d'être une catastrophe, Valley Forge est aujourd'hui légendaire en tant que "centre d'essais" de l'armée américaine. J'imagine que ceux qui endurent la vie là-bas n'auraient pas aimé qu'on leur dise qu'ils servaient en plus de cobayes à une armée en formation.

Mais au lendemain de l'hiver passé à Valley Forge, l'armée continentale émergea sous la forme d'une authentique entité combattante, et remporta presque immédiatement une victoire à la bataille de Monmouth.

Date: Signé en 1768

Ce traité était destiné à résoudre des disputes territoriales entre les populations amérindiennes et les colons, qui cherchaient sans cesse à s'étendre davantage.

Le roi George III avait établi une limite en 1763, mais elle n'avait aucun fondement dans la réalité. Des colons vivaient déjà à l'ouest de cette ligne lorsqu'elle fut tracée, sans même parler du fait que ce n'était pas au roi de pratiquer une telle séparation (ça a dû lui échapper ; les rois n'ont guère de mémoire, les pauvres, quand il s'agit des droits des autres).

Des membres de la confédération iroquoise rencontrèrent William Johnson à Fort Stanwix afin de négocier une nouvelle délimitation. Ils représentaient en outre d'autres nations plus petites (comme les Shawnee).

J'emploie le terme de "négociation" pour la forme, mais en réalité, les Iroquois n'avaient guère d'autre choix que de signer cet accord. Soit ils cédaient une partie de leurs terres et avaient la paix (au moins temporairement), soit ils devaient mener une guerre longue et usante. Seule la question du prix était réellement dans la balance.
Le traité signé fut... profitable à Johnson (c'est le moins qu'on puisse dire). Il fit même main basse sur des terres que les Britanniques avaient laissées aux Cherokees plus tôt dans l'année. En réalité, le traité de Stanwix fut si controversé que le Bureau du Commerce britannique ordonna à Johnson de le renégocier. Il refusa.

Johnson ayant fait fortune en spéculant sur le prix des terres, j'imagine que ce traité fut pour lui une aubaine.

Date: 3-4 juillet 1754

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Cette bataille fut l'une des premières de la guerre de Sept Ans, et il est important que les premières batailles soient un peu animées, sinon tout le monde se désintéresse de l'affaire.

En 1754, George Washington fut envoyé sur le cours supérieur de la rivière Ohio à la tête d'un groupement de miliciens de Virginie. Ce territoire était alors contesté par les colons britanniques et les Français. Washington avait pour mission de reprendre le Fort Duquesne et de chasser les forces françaises de la région.

Washington et ses hommes attaquèrent une patrouille française à Jumonville Glen. Ce fut l'une des premières actions violentes de la guerre. Washington, s'attendant à des représailles, fit ériger une palissade autour des vivres et munitions : un "fort de nécessité", d'où le nom anglais.

Il aurait tout aussi bien pu s'appeler "fort de l'inadéquation" car les vivres vinrent à manquer et la milice (accompagnée de renforts britanniques) fut rapidement débordée. Le 4 juillet, Washington fut autorisé à se rendre et l'on confia à quelqu'un d'autre le soin de baptiser les forts.

Ce fut la seule reddition de Washington, même s'il exécuta un grand nombre de "replis stratégiques"... Les communicants sévissaient déjà à l'époque.

Autre

Date: 5-13 septembre 1781

Au cours de cette bataille, les navires français de l'amiral de Grasse empêchèrent une escadre britannique d'occuper la baie de Chesapeake. Je sais que ça ne paraît pas très flamboyant, mais sois un peu indulgent avec moi : cela joua un rôle crucial dans la reddition britannique qui mit fin à la guerre. C'est un sujet qui ne me réjouit guère, mais il me faut bien en parler.

George Washington laissa à de Grasse le choix entre attaquer New York City (la place forte britannique) ou la Virginie (où étaient stationnées les forces anglaises). De Grasse opta pour la Virginie : les eaux y étaient plus favorables à la manœuvre et il ne disposait pas de l'équipement qu'aurait requis le siège de New York.

De Grasse se trouvait dans les Caraïbes (ou les Antilles, comme tendent à les appeler les Français), qu'il tenta de quitter en secret. Les Britanniques remarquèrent cependant l'absence de ses navires. Toi, je ne sais pas, mais je sais que j'aurais trouvé suspect l'évanouissement de navires de guerre. Ça soulève des questions. En plus, il n'était pas très difficile de deviner leur situation.

La marine britannique envoya des bâtiments dans la baie de Chesapeake afin de couper l'algue sous le pied à de Grasse. Mais les navires anglais choisirent la route la plus directe, alors que de Grasse emprunta le chemin des écoliers, restant à l'écart des principales voies maritimes pour se faire discret. Et à leur arrivée, les Anglais trouvèrent la baie de Chesapeake... complètement vide. Il se dirigèrent alors vers New York pour faire jonction avec le reste de la flotte, laissant la baie inoccupée lorsque de Grasse y parvint à la fin du mois d'août. Malin. Et en prenant le chemin le plus long, de Grasse accumula assez de miles pour avoir droit à une flasque de gilet.

L'escadre britannique y revint une semaine plus tard, mais le mal était fait. Elle était en infériorité numérique face aux Français. Je crois que le terme technique est "Oups" (il en existe un autre, mais il commence par "M", alors je m'abstiendrai).

L'escadre de de Grasse mis sous voile pour affronter les Anglais en eau profonde. L'affrontement ne dura deux heures avant d'être interrompu par la nuit. Ce fut la seule fois où les navires français firent parler leurs canons. De Grasse mena les Britanniques au sud, loin de l'embouchure du port, permettant aux renforts français d'arriver depuis le Rhode Island pour occuper de nouveau la baie.

Moins nombreux et dépassés en termes de manœuvre, les Britanniques regagnèrent New York, abandonnant les troupes qu'ils étaient censés ravitailler en Virginie.

Sur le strict plan technique, la bataille fut un match nul. Ça, passe encore... La victoire réelle se dessina lorsque les troupes anglaises de Virginie comprirent qu'elles étaient isolées et décidèrent de se rendre, clôturant ainsi la guerre d'Indépendance.

La première de l'Opéra des Gueux eut lieu à Londres en 1728. Si tu ignores ce qu'est un opéra, c'est l'ancêtre des comédies musicales, et celui-ci fut écrit par John Gay, un écrivain ami d'Alexander Pope et Jonathan Swift, deux figures éminentes de la littérature de l'époque.

Cet opéra fut à la fois apprécié et controversé. Apprécié notamment parce qu'il était une excellente parodie des opéras italiens, alors très appréciés eux aussi. Mais contrairement aux chants italiens compliqués, l'Opéra ds Gueux comprenait des chansons populaires que le public pouvait reconnaître et fredonner sans connaître l'italien.

Controversé en raison de son sujet. Il se situe à la prison de Newgate et les principaux personnages sont tous des criminels qui se comportent comme des nobles ou de riches bourgeois. C'était une satire de la haute société britannique comportant même une dose de critique du gouvernement (gens habituellement totalement dépourvus d'humour). Je n'ai jamais rencontré de reine capable d'apprécier une blague "toc-toc".

Pour être franc, je n'ai jamais rencontré de reine.

L'Opéra des Gueux fut qualifié de "forme avilissante de divertissement" et, ses personnages principaux étant des délinquants, accusé d'accroître la criminalité. Ça fait plaisir de savoir que ce genre de critique ne s'est pas limité au cinéma et aux jeux vidéo. L'opéra corrompt la jeunesse...

Date: Signé en 1783

Ce traité mit fin à la guerre entre le Royaume-Uni et les États-Unis (à ne pas confondre avec le traité de Paris de 1763, qui mit fin à la guerre de Sept Ans, ni avec le traité de Paris de 1810, qui marqua la fin du conflit entre la France et la Suède ; Paris adore les traités).

Les combats entre Américains et Britanniques avaient quasiment cessé en 1781, lors de la reddition de Cornwallis à Yorktown. Cet accord officialisait la fin de la guerre et reconnaissait les États-Unis en tant que nation nouvelle, les treize colonies devenant autant de nouveaux états.

Ce traité permit également la libération des prisonniers de guerre des deux camps, la restitution des biens des loyalistes comme des patriotes à leurs propriétaires et une extension des frontières des États-Unis. Évidemment, dans la réalité, les choses furent un peu plus complexes : les deux camps refusèrent de restituer des biens appartenant à l'ennemi, un peu comme dans un mauvais divorce. Quant à l'extension territoriale, l'Espagne n'avait pas la même opinion au sujet de la propriété des terres... de même que les Amérindiens.

Date: Adoptée le 4 juillet 1776

Tu as peut-être déjà entendu parler de ce document.

C'est celui dans lequel les treize colonies ont officiellement déclaré leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Le Congrès adopta cette déclaration le 4 juillet 1776, et ce jour est devenu la fête nationale aux États-Unis. Contrairement à ce que l'on croit habituellement, le document ne fut pas signé le 4 juillet : les premières signatures ne furent apposées qu'une fois la Déclaration transcrite, soit vers le début du mois d'août. Les autres vinrent s'ajouter au file de l'arrivée des délégués à Philadelphie. Selon certains, la dernière signature n'intervint qu'en 1777.

La Déclaration, qui indique que "tous les hommes sont créés égaux" et ont droit à "la vie, la liberté et la recherche du bonheur" a été une source d'inspiration pour les révolutions ultérieures. En particulier la révolution française, qui déposa le régime qui avait aidé les Américains dans leur lutte pour l'indépendance. Oups.

Date: Septembre-octobre 1781

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S'il y eut encore quelques escarmouches jusqu'en 1783, la bataille de Yorktown fut le dernier affrontement majeur entre les forces britanniques et l'armée continentale, et marqua la fin de la guerre d'Indépendance.

Au cours de l'été 1781, Lord Cornwallis, général britannique, reçut l'ordre de s'emparer d'un port en eau profonde en Virginie. Il choisit Yorktown, dans la baie de Chesapeake, et à la fin de septembre, ses troupes avaient fortifié la ville et attendaient d'être ravitaillées par des navires en provenance de New York. Cornwallis ignorait que les bâtiments qu'il attendait avaient été vaincus par la marine française lors de la bataille de la baie de Chesapeake au début du mois de septembre ; s'il l'avait su, il aurait probablement joué la partie autrement.

Du côté des rebelles, George Washington venait de s'assurer l'aide des Français et était impatient d'envoyer ses nouvelles troupes se battre. Il aurait préféré une attaque contre la place forte britannique de New York, mais comme il ne disposait ni des troupes, ni du matériel le lui permettant, il se rabattit sur Cornwallis à Yorktown (je suis sûr que Cornwallis aurait été enchanté d'apprendre qu'il était une solution de rechange).

Le gros des forces françaises et continentales marcha sur Yorktown vers la fin septembre et commença à s'installer. Le 6 octobre, les tranchées avaient été creusées et le siège avait débuté.

L'élément clé de la stratégie de Washington reposait sur les pièces d'artillerie amenées par les Français. Elles bombardèrent la ville pendant plus d'une semaine, affaiblissant les défenses jusqu'à ce que les troupes françaises et continentales s'emparent, le 14 octobre, de deux redoutes situées devant la cité. L'artillerie put dès lors s'en prendre à la ville elle-même et les défenses de Cornwallis ne tardèrent pas à s'effondrer. Il se rendit le 19 octobre.

La chute de Yorktown brisa la volonté politique des autorités britanniques de poursuivre le conflit : il était devenu trop coûteux. Le parlement entama des négociations de paix et les sujets britanniques commencèrent à forger des discours proclamant que les Colonies étaient des marécages remplis de sauvages dont ils pourraient parfaitement se passer.

Rien de tel que la mauvaise foi pour faire digérer une défaite...



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