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Base de données (ACII): Lieux

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Venise

ACII Venise base de données.png

Venise fut fondée vers la fin du VIIe siècle, quand des colons byzantins se réfugièrent dans les îles de la lagune pour échapper aux Lombards qui étaient entrés en Italie. Au Moyen Âge, la ville était devenue une puissance navale majeure : du fait de sa position stratégique sur la mer Adriatique, c'est par Venise que transitaient toutes les marchandises acheminées par bateau vers le continent. La cité en profita pour remplir ses coffres et développer son commerce.

À la fin du Moyen Âge, Venise exerçait son influence sur les États voisins mais aussi sur l'Église. En 1202, quand la quatrième croisade fut initiée, les croisés sollicitèrent l'appui de la flotte vénitienne. Enrico Dandolo, le doge de l'époque, accepta, mais exigea en retour que les croisés reprennent Zadar, en Dalmatie, et qu'ils s'emparent de Constantinople.

Constantinople tomba et fut mise à sac par la flotte vénitienne, qui s'empara notamment de quatre chevaux de bronze, lesquels ornent aujourd'hui la basilique Saint-Marc. La foi a ses raisons que la raison ignore...

Venise prospéra en même temps que sa flotte. Ses nombreux succès militaires lui permirent de s'emparer de plusieurs territoires jusqu'alors sous contrôle byzantin ou hongrois, et surtout d'anéantir la flotte génoise. Chaque année, le doge jetait symboliquement une alliance en or dans la lagune et prononçait ces mots: "Disponsamus te, Mare, in signum veri et perpetui dominii" (Je t'épouse, ô mer, en signe de vraie et perpétuelle domination). Le fait qu'un doge épouse la mer peut paraître insensé, et pourtant, le pape lui-même approuvait cette union.

Vers la fin du XVe siècle, Venise était probablement l'une des cités les plus riches dans le monde, et la deuxième la plus étendue en Europe après Paris. C'en était trop pour la France, l'Espagne, l'Autriche et la Hongrie, qui décidèrent d'unir leurs forces et de former une coalition, appelée la ligue de Cambrai, à laquelle adhéra également le pape Jules II, déterminé à défaire Venise.

Cependant, Venise tint bon, conservant ses territoires malgré plusieurs défaites retentissantes. En revanche, la Sérénissime n'en conquit jamais plus de nouveaux. Au XVIIIe siècle, les Turcs attaquèrent la cité-État. Ce fut alors le début d'un long déclin, qui s'acheva en 1797, quand l'Autriche prit le contrôle de la République.

Lieux notables

Arsenale divenezia.jpg

À l'origine, l'Arsenal fut construit pour servir d'entrepôt naval à des bateaux privés. Agrandi en 1320, il fut dès lors utilisé par l'État vénitien pour construire et entretenir les navires de sa flotte. Au plus fort de sa production, l'Arsenal mettait à l'eau un navire par jour. Impressionnante, dans un style revivaliste classique, l'entrée principale (Porta Magna) date de 1460.

Apparemment, Silvio Barbarigo ne fut pas le premier Templier à contrôler l'Arsenal. D'après mes recherches, la rénovation entreprise en 1320 aurait été financée par l'Ordre, qui utilisa dès lors l'Arsenal comme base.

ACII Atelier de Léonard de Vinci à Venise base de données.png

Lors de son bref séjour à Venise, Léonard de Vinci gagna sa vie comme ingénieur militaire pour l'armée vénitienne. Dans le même temps, il affirma plusieurs fois travailler au portrait de l'illustre Isabelle d'Este, qu'il avait déjà dessinée lors d'une visite à Mantoue. Toutefois, en dépit de toutes ses promesses, le tableau ne vit jamais le jour.

Si de nombreux livres d'histoire prétendent que Léonard de Vinci ne s'est rendu qu'une seule fois à Venise, il semblerait que son atelier lui ait servi de retraite secrète, et qu'il y soit retourné régulièrement tout au long de sa vie.

ACII Basilique Saint-Marc.png

Une première église fut construite en 828 pour accueillir les reliques présumées de saint Marc volées à Alexandrie. La basilique actuelle, avec son style byzantin, date de 1063.

Admire sa façade. La plupart des ornements ont été rapportés des Croisades, ou offerts par de riches marchands. L'édifice servait de chapelle privée au doge ; un passage le reliait au palais ducal, qui jouxte la basilique.

ACII Campanile de Saint-Marc base de données.png

Construit au IXe siècle pour servir de tour de garde, le campanile de Saint-Marc fut plus tard transformé en clocher. Chacune de ses cinq cloches annonçait un événement particulier : midi, début et fin du travail, convocation des sénateurs, ouverture d'une séance du Conseil, et exécutions.

ACII Guilde des voleurs de Venise base de données.png

Apparue vers 1465 environ, la Guilde des voleurs de Venise n'avait pas de quartier général permanent du fait de sa clandestinité.

Malgré la volonté affirmée des magistrats de sévir contre les auteurs de larcins, les coupables désignés restaient introuvables dès lors que les gardes de la cité se mettaient à leur recherche.

La rosa della virtu.jpg

Au carrefour du sexe et de la religion, la Rosa della Virtù (la "Rose de la Vertu") était tenue exclusivement par d'anciennes religieuses. Le pape exigea à maintes reprises la fermeture de cette maison de passe, mais jamais le Conseil de Venise ne céda, et celle-ci resta ouverte jusqu'à sa destruction par un incendie, en 1516.

L'Église invoqua aussitôt l'intervention divine, mais l'enquête démontra que l'incendie avait été allumé par un évêque contrarié par une courtisane qui lui avait refusé ses faveurs. Il n'y a pas de fumée sans feu...

Madonna Dell'Orto.jpg

Érigée au XIVe siècle par l'ordre pénitentiel des Humiliati, Madonna dell'Orto fut dédiée à saint Christophe, jusqu'à la découverte d'une statue présumée miraculeuse de la Vierge dans un verger ("Orto" en italien), épisode qui lui valut son nom actuel. Sa façade date de 1464.

ACII Palais de la Soie base de données.png

Il s'agit de la résidence d'Emilio Barbarigo, le plus puissant des marchands de Venise. Achevé en 1450, ce palais constitue un exemple remarquable d'architecture gothique vénitienne : sombre et imposant, il n'en est pas moins lumineux et spacieux.

ACII Palais des Doges de Venise.jpg

Bâti entre 1309 et 1424 dans un style gothique, ce palais servit de résidence aux doges, pour ne pas dire de prison : une fois élus, ceux-ci étaient rarement autorisés à mettre le nez dehors.

Le doge représentait le plus haut magistrat de Venise, une dignité conférée à vie. En 1172, le mode d'élection imposa une majorité de voix sur un collège de 40 électeurs (les Quarante), tous choisis par le Grand Conseil vénitien.

Venise était attachée à son statut de République et à l'idée que les citoyens puissent prendre part aux décisions. Avant de prendre ses fonctions, le doge était présenté au peuple par ces mots: "Voici votre doge, s'il vous plaît !". Dans les faits, les Quarante nommaient les membres du Grand Conseil, qui en retour nommaient les Quarante. Un bel exemple de démocratie, n'est-ce pas ?

ACII Pont du Rialto base de données.jpg

Le pont du Rialto, qui relie les quartiers Saint-Marc et San Polo, est le plus ancien et le plus célèbre des ponts de Venise. Il est remarquable non seulement pour la longueur de son arche, mais aussi pour son allée centrale, bordée d'échoppes et d'étals, qui constituait jadis une promenade agréable et un lieu de rencontre pour les habitants.

Le contraste avec le pont tel que nous le connaissons aujourd'hui est saisissant. Des foules de touristes s'arrachent du verre vénitien contrefait et bon marché, tandis que des imbéciles se penchent sur l'eau pour cracher sur les bateaux qui passent. C'est beau, la modernité...

Quartier Cannaregio.jpg

Cannaregio, quartier populaire de la ville, devint un ghetto juif en 1516. On y accédait par des portes gardées ; un moyen de tenir les Juifs à l'écart du reste de Venise. Pour ton information, "ghetto" est un mot d'origine vénitienne signifiant "fonderie" : les Juifs étaient alors confinés près d'une fonderie de canons.

Quartier Castello.jpg

Le Castello, plus grand quartier de Venise, se développa autour de l'Arsenal.

Si tu cherches des soldats, tu es au bon endroit. Si tu es plus intéressé par la méditation, dirige-toi vers l'église San Zaccaria, au sud.

ACII Dorsoduro.jpg

Lieu de prédilection des artistes, le Dorsoduro accueillait de nombreux festivals. Ce quartier abrite le Squero di San Trovaso, où sont encore fabriquées les gondoles, et l'église Santa Maria della Visitazione.

ACII Quartier général de Bartolomeo d'Alviano.jpg

Bartolomeo d'Alviano est promis à un brillant avenir, et servira comme général dans l'armée vénitienne. En revanche, on ne trouve rien dans les livres d'histoire sur la période qui nous intéresse. À voir l'écurie qui lui servait de quartier général, cela n'a rien de surprenant...

Quartier San Marco.jpg

Le quartier Saint-Marc, siège du pouvoir politique vénitien, est le cœur de Venise. Il s'articule autour de la place Saint-Marc et du palais des Doges. On y trouve de nombreux monuments, comme la célèbre basilique Saint-Marc.

ACII Quartier San Polo.jpg

Le quartier San Polo abrite le célèbre pont du Rialto et l'église la plus ancienne de Venise, San Giacomo di Rialto, qui date du Ve siècle. C'est également ici que se dresse Santa Maria Gloriosa dei Frari, l'un des plus grand édifices religieux de la ville.

Les commerçants affluent en masse à San Polo pour y vendre leurs biens. Il n'est pas étonnant que le palais du plus puissant des marchands vénitiens du XVe siècle, Emilio Barbarigo, se trouve dans ce quartier.

ACII San Giacomo di Rialto base de données.png

Consacrée en 421, San Giacomo est considérée comme la plus vieille église de Venise, mais la construction de l'édifice actuel remonte à 1071 environ.

La façade, qui date du XVe siècle, est ornée d'un magnifique cadran solaire divisé en vingt-quatre heures. À l'époque de la Renaissance, les marchands du quartier interrompaient leur travail pour venir prier dans cette église.

C'est du moins ce qu'ils racontaient à leur femme...

San Giobbe.jpg

Cette église, l'une des toutes premières de style Renaissance érigées à Venise, fut commandée par le doge Cristoforo Moro, qui y fut inhumé, pour les résidents d'un hospice.

Le règne de Cristoforo Moro fut marqué par un conflit qui opposa Venise aux Turcs, et qui perdura jusqu'à sa mort, en 1471. Il eut un fils, Dante Moro, qu'il désavoua après que celui-ci eut été déchu de ses fonctions de capitaine de la garde de Venise, en 1468.

ACII San Pietro di Castello.jpg

Construite au VIIe siècle, San Pietro di Castello était autrefois la cathédrale de Venise. La distance séparant San Pietro di Castello du palais des Doges est importante, et ce n'est pas un hasard : les doges de Venise tenaient à conserver leur indépendance vis-à-vis de l'Église.

Si l'édifice en lui-même n'a rien d'extraordinaire, on notera que sa tour fut la première à être recouverte de pierre istrienne, qui provenait des carrières situées autour de Venise. Il s'agit de la même pierre que celle utilisée pour décorer le palais des Doges.

San zaccaria.jpg

Bâtie au IXe siècle, San Zaccaria fut dédiée au père de saint Jean-Baptiste, Zacharie, qui, dit-on, y serait enseveli. Mais son tombeau pourrait également se trouver au monastère de Gandzasar (dans la région du Haut-Karabakh), à Yad Avshalom, dans la grande mosquée d'Alep, ou dans la vallée de Josaphat.

Quand San Zaccaria brûla en 1105, plus de cent religieuses périrent dans l'incendie. L'église fut reconstruite une première fois vers 1170, puis rebâtie plus tard, dans un style mêlant gothique et Renaissance.

Ironie du sort, à la Renaissance, San Zaccaria devint un couvent très convoité par les familles de l'aristocratie vénitienne, qui y plaçaient leurs filles, ignorant vraisemblablement tout du drame qui s'y était déroulé.

ACII Santa Maria dei Carmini.jpg

Construite au XIVe siècle, l'église Santa Maria dei Carmini (communément appelée I Carmini) fut fondée par un groupe de femmes qui gagnaient leur vie en confectionnant des pièces de costumes monastiques pour des carmélites établies non loin de là.

Les carmélites étaient si attachées au scapulaire qu'elles décrétèrent que dormir ou dire la messe sans porter ledit vêtement entraînerait l'excommunication du fautif. Pourquoi ? Parce qu'en 1251, la Vierge Marie serait apparue à Simon Stock de Cambridge. Elle lui aurait révélé que porter un scapulaire brun garantissait le salut éternel.

Environ deux cents ans plus tard, des femmes se réunissent toujours à l'intérieur de Santa Maria dei Carmini, passant leurs journées à confectionner des scapulaires bruns, véritables clés du paradis.

Santa de Maria della visitazione.jpg

Située sur le front de mer, Santa Maria della Visitazione est la deuxième église à porter ce nom à Venise. Mieux vaut se renseigner avant de se rendre à un mariage !

Elle fut construite au XVe siècle et initialement dédiée à saint Jérôme, patron des bibliothécaires et des encyclopédistes, avant de rendre finalement hommage à la visite que rendit la Vierge à Élisabeth, mère de Jean le Baptiste. Probablement parce que les réunions de famille se terminaient souvent par une petite collation, ce qui est tout de même moins rébarbatif...

ACII Santa Maria Gloriosa dei Frari.jpg

Construite par des moines franciscains, Santa Maria Gloriosa dei Frari (appelée communément I Frari) est la deuxième plus grand église de Venise. Conformément aux préceptes de saint François, qui prêchait la pauvreté, l'extérieur est d'une grande sobriété.

D'après la légende, I Frari renfermait au XVe siècle un tombeau caché, qui se serait écroulé depuis.

Santi Giovanni e Paolo.jpg

L'une des plus grandes églises de Venise, Santi Giovanni e Paolo fut érigée après que le doge Jacopo Tiepolo eut rêvé d'un vol de colombes au-dessus de ce qui allait devenir son emplacement. Il fit don du terrain aux Dominicains, et la construction débuta en 1246. L'édifice de style gothique que l'on connait aujourd'hui fut achevé en 1430.

Pour la petite histoire, cette église renfermerait le pied de sainte Catherine de Sienne. Née en 1347, dernière d'une famille de 25 enfants, Catherine fut une ambassadrice influente du pape.

Ironie du sort, l'incident le plus notable de toute son existence survint après sa mort, quand ses partisans tentèrent de rapatrier sa dépouille, qui était à Rome. Incapables de sortir le corps de la ville, ils lui coupèrent soigneusement la tête et la mirent dans un sac.

Quand les gardes les fouillèrent, les partisans de Catherine se mirent à prier. En ouvrant le sac, les gardes ne virent que des pétales de roses ; la tête avait disparu. Ils autorisèrent le groupe à rentrer à Sienne avec le sac. C'est cet épisode qui valut à Catherine d'être canonisée.

ACII Santo Stefano.jpg

Cette église de style gothique fut bâtie au XIIIe siècle, puis reconstruite un siècle plus tard.

Entre autres curiosités, on retiendra qu'à l'intérieur repose le doge Andrea Contarini, et que Martin Luther y dit la messe.

Scuola Grande di San Marco.jpg

La Scuola Grande di San Marco fut l'une des six plus prestigieuses institutions de bienfaisance créées à Venise pour venir en aide aux plus démunis, dans des domaines aussi variés que la nourriture, la dot des futures épouses, les processions, les noces, les funérailles et plus généralement tout ce dont ils pouvaient avoir besoin. Tous les citoyens de Venise, et pas seulement l'élite, pouvaient être membres de cette institution.

La citoyenneté était accordée à tout Vénitien de troisième génération, et à quiconque s'était acquitté de l'impôt pour une durée de quinze ans. En résumé, les Vénitiens de l'époque étaient plutôt xénophobes, mais l'argent les rassurait...

La façade de l'édifice, qui date de 1260, fut détruite en 1485 par un incendie, puis reconstruite dans le style byzantin que l'on peut admirer aujourd'hui.

ACII Squero di San Trovaso.png

Ce petit chantier naval est utilisé pour construire et réparer les gondoles.

Moyen de transport incontournable à Venise, les gondoles sont fabriquées à partir de huit bois différents (acajou, cerisier, sapin, noyer, chêne, orme, mélèze et tilleul), et assemblées à partir de 280 pièces.

Le côté gauche est plus long que le côté droit, ce qui permet de manœuvrer sans qu'il soit nécessaire de changer de position. Par ailleurs, cette conception astucieuse permet d'éviter qu'un gondolier ivre en donne accidentellement un coup de rame aux passagers.

Tour de l'Horloge.jpg

Érigée à la fin du XVe siècle comme un symbole de la prospérité vénitienne, la tour de l'Horloge indique l'heure, la phase de la lune, et, pour ceux qui sont convaincus que notre comportement est influencé par les jolis dessins formés par les étoiles, le signe du zodiaque actuel.

D'après la légende, les artisans qui fabriquèrent l'horloge perdirent la vue une fois leur travail terminé, si bien qu'ils ne purent jamais reproduire pareille merveille ailleurs. Ce n'est qu'une légende... mais ce qui est certain, en revanche, c'est qu'ils passèrent le restant de leurs jours à l'intérieur de la tour, pour entretenir le mécanisme.

Plus tard, la tour de l'Horloge joua un rôle essentiel pour les marins du port voisin, qui prenaient la mer en fonction des marées.

Florence

ACII Florence BDA.png

Fondé par Jules César en 59 avant notre ère, le bourg de Florentia, comme l'appelaient les Romains, devint rapidement un carrefour commercial.

Après le sac de Rome, au Ve siècle, Florence tomba sous la coupe des Ostrogoths, et fut subir les assauts répétés des Byzantins, au point de voir sa population réduite à moins de mille habitants. Au VIe siècle, la ville passa aux mains des Lombards, ce qui mit un terme aux assauts byzantins.

Au XIVe siècle, la population de Florence atteignait 80 000 habitants, dont 25 000 qui travaillaient dans l'industrie de la laine. En 1378, le prolétariat ouvrier se souleva, et au terme d'une succession d'émeutes, les travailleurs de la laine arrachèrent leur participation au gouvernement. Leur démocratie progressiste et radicale dura un peu moins de deux mois avant que les classes supérieures ne reprennent les cartes en main. Mais cette révolte terrorisa les plus riches, à tel point qu'un siècle plus tard, elle était encore évoquée à demi-mot, un peu comme on parle aujourd'hui du mouvement hippie des années 1960.

Après la révolte, la famille Albizzi s'imposa de facto à la tête de la ville. Inquiets de l'ascension des Médicis, une autre famille de riches banquiers dont l'influence sur Florence ne cessait de croître, Maso et Rinaldo Albizzi jetèrent Cosme de Médicis en prison, lequel fut ensuite contraint de s'exiler en 1433. Toutefois, fort d'une grande popularité, il fut rappelé à Florence en 1434, chassant de la ville toute la famille Albizzi à l'exception de Luca, qui lui était resté loyal. En 1442, Luca Albizzi rejoignit la Seigneurie, siège du pouvoir de Florence, comme gonfalonier, succédant à un vieil ami de Cosme, Ilario Auditore.

C'est sous l'influence des Médicis, qui firent bâtir d'impressionnants édifices publics au cœur de la ville et qui furent les mécènes d'artistes aussi célèbres que Michel-Ange, Léonard de Vinci et Boticelli, que la Renaissance débuta à Florence.

Lieux notables

ACII Atelier de Léonard de Vinci à Florence.png

Après avoir fait ses premiers pas sous la tutelle avisée de Verrocchio, l'un des artistes florentins les plus prisés de l'époque, Léonard de Vinci ouvrit son propre atelier.

Entre 1476 et 1481, il continua vraisemblablement d'être l'assistant de Verrocchio, mais on ignore sur quel projet il travailla. En 1481, les moines du couvent de San Donato a Scopeto lui passèrent sa première commande, l'Adoration des mages.

Comme souvent avec Léonard de Vinci, ce tableau resta inachevé.

Campanile di Giotto.jpg

Commencée par l'architecte et peintre Giotto di Bondone en 1334, cette célèbre tour de style gothique était encore inachevée à la mort de celui-ci. Andrea Pisano reprit le chantier, mais il mourut de la peste noire en 1348.

En 1359, Francesco Talenti acheva les travaux, après avoir pris quelques libertés avec le projet initial de Giotto, notamment pour les trois derniers niveaux : chacun est légèrement plus large que le précédent, si bien que vu d'en bas, avec l'effet de perspective, les trois derniers étages semblent avoir exactement la même largeur.

La tour est recouverte de marbre blanc de Carrare, de marbre rouge de Sienne et de marbre vert de Prato. Le sommet est accessible par un escalier de 414 marches, présageant peut-être la découverte de la première galaxie par Charles Messier, 414 ans plus tard. Ou peut-être pas.

La rose cueillie.jpg

Ouverte en 1465, la Rosa Colta (la rose cueillie) est rapidement devenue l'un des centres névralgique de Florence. Les femmes qui y travaillaient étaient issues de l'aristocratie. Elles étaient instruites dans les domaines de la poésie, des arts, et bien sûr, du plaisir charnel.

Il n'était pas rare d'y croiser des membres de la Seigneurie, et parfois même, de la famille Médicis.

Loggia dei Lanzi.jpg

Construite entre 1376 et 1382 par Benci de Cione et Simone di Francesco Talenti, la Loggia dei Lanzi était destinée à accueillir les cérémonies d'intronisation des membres de la Seigneurie, qui dirigeaient Florence.

Au XVIe siècle, les Médicis se firent aménager une terrasse sur le toit de l'édifice, histoire de montrer qu'ils dominaient la ville...

ACII Maison des Vespucci base de données.png

Bâtie par un arrière-grand-oncle du célèbre Amerigo Vespucci en 1350, la résidence des Vespucci, qui ne fait étalage d'aucun luxe particulier, présenta la première façade peinte de Florence, un style repris à maintes reprises dans le quartier de l'Oltrarno.

Mercato vecchio.jpg

Centre des activités commerciales de Florence, le Mercato Vecchio (vieux marché) suffisait aux besoins de tous les habitants. Citons Antonio Pucci, un poète florentin du XIVe siècle : "Dans les échoppes du pourtour on peut trouver des médecins capables de guérir tous les maux, ainsi que des toiles de lin et des liniers, des charcutiers et des vendeurs d'épices."

À l'emplacement du Mercato Vecchio se trouvait jadis l'ancien forum romain. Les premières références à un marché à cet endroit remontent à 1030. Les denrées de base provenant de la campagne, comme le blé, comptaient parmi les biens les plus populaires, immédiatement suivis par la laine.

Cependant, les acheteurs se détournèrent peu à peu des denrées de base pour d'autres saveurs. Pour citer Il Panormita, un autre poète, du XVe cette fois : "Toute proche est la borne de ton chemin, et le joyeux bordel aussi, qu'on repère aux odeurs qu'il exhale."

ACII Ospedale degli Innocenti.jpg

Dessiné par Filippo Brunelleschi et inauguré en 1445, l'Ospedale degli Innocenti (Hôpital des Innocents) était un orphelinat pour enfants abandonnés. Il faut croire qu'ils étaient nombreux à Florence, puisqu'il s'agit du tout premier orphelinat en Europe.

Les nouveaux-nés étaient le plus souvent déposés dans une niche placée à l'entrée, mais plus tard, les "transactions" furent facilités par l'installation d'un portique tournant, qui permettait de confier les nourrissons à l'orphelinat sans même avoir à se présenter.

Certains parents ne se contentaient pas d'abandonner leur progéniture, ils tiraient aussi profit de leur geste. Bien des mères ont ainsi réussi à se faire employer par l'orphelinat comme nourrices et à gagner de l'argent en allaitant l'enfant qu'elles venaient d'abandonner.

ACII Palais Auditore base de données.png

Achevé en 1473, le palais Auditore se distingue par sa maçonnerie rustique et ses pilastres de style roman. Giovanni Auditore imagina lui-même ce palais à partir des dessins réalisés par Leon Battista Alberti.

Une fois sa construction achevée, le palais devint l'emblème du quartier Santa Maria Novella. Dans une lettre adressée à Giovanni en 1474, Laurent de Médicis fit part de son émerveillement devant la sobriété de la façade.

Palazzo Signoria.jpg

Arnolfo di Cambio fit bâtir ce palais (également connu sous le nom de Palazzo Vecchio) en 1299, pour abriter le siège du gouvernement de Florence, appelé la "Seigneurie".

La Seigneurie était composé de neuf membres (ou Priori) sélectionnés par les guildes de la ville : deux pour chaque quartier et un gonfalonier de justice. En théorie, leurs noms étaient tirés au sort, mais quand les Médicis arrivèrent au pouvoir, leurs alliés bénéficièrent d'une chance insolente. Les voies du hasard sont impénétrables...

Fait intéressant : la tour frontale est excentrée par rapport au reste du bâtiment, le palais lui-même ayant été construit sur les ruines d'une structure existante. Par ailleurs, elle renferme deux petites cellules ; Cosme de Médicis fut enfermé dans l'une d'elles.

ACII Palais Médicis base de données.png

Achevé en 1455 par Michelozzo di Bartolomeo Michelozzi, architecte à demeure de Cosme de Médicis, ce palais fut construit pour servir de résidence privée à la puissante famille patricienne. Sa conception est en accord avec les valeurs de l'humanisme, l'idéologie dominante de la Renaissance, en ce sens qu'il s'agit d'un palais sans luxe ostentatoire et de dimensions humaines.

Ça, c'était pour la théorie, parce que dans les faits, il faut reconnaître que l'extérieur est menaçant et repousse les passants. Si la façade pouvait parler, elle dirait sûrement quelque chose comme : "N'approchez pas ! Vous n'avez rien à faire ici ! Vous n'êtes pas assez bien pour entrer !"

À l'inverse, la cour intérieure, à laquelle seuls les Médicis et leurs hôtes avaient accès, révèle de somptueuses arcades à plein cintre, qui contrastent avec l'austérité des façades extérieures. La cour dirait plutôt : "Vous êtes arrivé, bienvenue au paradis !"

En fait, Cosme avait approuvé le projet de cour de Brunelleschi, mais rejeté son plan architectural, qui prévoyait une façade plus ouverte. Le mécène souhaitait une forteresse en plein centre de Florence.

Palazzo Pitti.jpg

Luca Pitti fit construire ce palais pour faire étalage de ses richesses, mais il fit faillite et à sa mort, en 1472, la construction n'était toujours pas achevée. L'architecture austère de style roman rappelle les aches de pierre anguleuses des anciens aqueducs impériaux que l'on trouve à la périphérie de Rome.

ACII Ponte Vecchio base de données.png

Ce célèbre pont enjambe l'Arno à son point le plus étroit. Sa première construction remonterait à l'époque romaine, mais il n'est mentionné pour la première fois qu'en 996.

L'édifice que l'on connaît aujourd'hui date de 1345, les deux premières constructions ayant été emportés par des crues. Il était initialement flanqué d'un tour à son point sud-est, pour assurer sa défense.

Supportés par trois arches segmentaires, il est parcouru par une allée centrale bordée de boutiques. Cela peut surprendre de nos jours, mais cette particularité était fréquente à la Renaissance.

Ce furent les bouchers qui s'y installèrent les premiers. Avec le temps, ils furent évincés par les bijoutiers , les boutiques de souvenirs et enfin par les hordes d'adolescent qui accrochent des cadenas au parapet du pont et qui jettent la clé à l'eau pour enchaîner leur amour. Ils ignorent sans doute que des policiers agacés retireront tout les cadenas le soir venu.

L'histoire est un éternel recommencement...

Quartier de l'Oltrarno.jpg

Ce quartier, dont le nom signifie littéralement "situé sur l'autre rive de l'Arno", est l'un des plus vieux de la ville. S'il est essentiellement peuplé d'artisans, la communauté religieuse y est elle aussi fort bien représentée avec le monastère et l'église de Santo Spirito.

Les Médicis achetèrent le palais Pitti, qu'ils relièrent au palais de la Seigneurie et aux Offices grâce à un ensemble de passages secrets, dont l'un traversait le niveau supérieur du Ponte Vecchio. Il s'agissait d'un investissement judicieux: tout au long de la Renaissance, nombreux furent ceux qui voulurent attenter à la vie des membres de la famille patricienne.

Quartier Saint-Jean.jpg

Ce quartier porte le nom de Jean le Baptiste, saint patron de Florence. C'est la partie la plus ancienne de la ville et le siège du pouvoir politique, qui abrite le palais de la Seigneurie. Si tu t'intéresses aux grandes églises, ne manque pas Santa Maria del Fiore et sa coupole gigantesque, du côté nord.

Quartier Saint-Marc.jpg

À la fin du XVe siècle, la plupart des monuments de la ville furent construits dans le quartier Saint-Marc. On y trouve notamment l'église Santa Croce et le palais Médicis.

Quartier Santa Maria Novella.jpg

Ce quartier tire son nom de l'église Santa Maria Novella, la première grande basilique de Florence. Il accueille le plus célèbre marché de la ville, le Mercato Vecchio, situé au nord.

San Lorenzo.jpg

San Lorenzo, qui abrite les tombeaux de tous les Médicis, serait l'église la plus ancienne de Florence. Elle fut consacrée en 393, alors même qu'elle se situait en dehors de l'enceinte de la ville.

Michel-Ange réalisé la façade intérieure, tandis que Filippo Brunelleschi, à qui l'on doit la coupole de Santa Maria del Fiore, dessina les plans de l'édifice. Mais le célèbre architecte mourut avant la fin des travaux, et le projet initial fut considérablement modifié.

Avec pas moins de cinquante tombeaux, la crypte des Médicis aurait dû accueillir en son cœur le Saint-Sépulcre du Christ. Cependant, toutes les tentatives - plus ou moins légales - pour le rapatrier de Jérusalem échouèrent. Ce qui prouve qu'un banquier peut tout acheter, sauf l'intégrité.

Santa Croce.jpg

Plus grande église franciscaine du monde, la basilique de Santa Croce renferme des fresques peintes par Giotto, tandis que la chapelle du cloître, réalisée par Filippo Brunelleschi, est considérée comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre d'architecture de la Renaissance.

D'après la lecture franciscaine de la Bible, le Christ aurait demandé à ses apôtres de faire vœu de pauvreté : "Ne prenez rien pour le voyage, leur dit-il, ni bâton, ni pain, ni argent, et n'ayez pas deux tuniques." Comment un ordre catholique ayant fait vœu de pauvreté peut-il compter une église si richement décorée ?

En fait, en 1322, le pape condamna la doctrine de la pauvreté du Christ prêchée par les Franciscains, arguant que le Christ lui-même avait exercé le droit de propriété, et que ses fidèles ne pouvaient donc en être privés. En conséquence de quoi, les Franciscains furent contraints de céder une partie de leurs richesses et de leurs terres au pape. Comme quoi, l'exégèse biblique peut être une activité rentable (à condition d'être pape).

ACII Santa Maria del Fiore base de données.png

L'une des plus grandes églises de toute l'Italie, plus grand monument de Florence, Santa Maria del Fiore est souvent considérée comme le premier chef-d'œuvre d'architecture de la Renaissance.

Le chantier de l'église fut placé sous la responsabilité d'Arnolfo di Cambio en 1296, mais la construction du dôme ne commença qu'au début du XVe siècle. Cambio était mort depuis longtemps, et aucun des architectes de l'époque ne savait comment bâtir une structure aussi imposante, l'utilisation de contreforts étant interdite à Florence, et le mortier à prise lente étant alors le seul connu des maçons.

Mais tout n'était pas perdu. Filippo Brunelleschi, un architecte qui avait vu son projet pour les portes du baptistère rejeté au profit de celui de Lorenzo Ghiberti, remporta le concours pour la coupole, en battant... ce même Lorenzo Ghiberti !

Brunelleschi mit au point des machines destinées à soulever les tonnes de briques nécessaires à l'érection de la coupole, et parvint à achever le dôme sans recourir à une armature (qui aurait maintenu le tout en place pendant la pose des briques). En 1426, quatre millions de briques plus tard, le dôme était achevé.

La lanterne fut ajoutée après la mort de Brunelleschi, en 1446. Elle renfermait de saintes reliques, mais plusieurs rumeurs affirment qu'un tombeau non identifié se trouverait à l'intérieur.

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Première basilique de Florence, Santa Maria Novella fut consacrée en 1420, alors même que sa construction n'était pas encore achevée. La partie supérieure de la façade, réalisée d'après les dessins du célèbre humaniste Leon Battista Alberti, vint compléter l'édifice en 1470.

Cependant, les origines de Santa Maria Novella remontent à la période qui précède les Croisades. Elle fut construite sur les fondations d'un ancien oratoire, sous lequel se trouvait un mystérieux tombeau. À ce jour, celui-ci n'a encore jamais été mis au jour.

Pour l'anecdote, une de mes citations préférées se trouve à l'intérieur de la basilique, inscrite sur une fresque tombale : "Je fus ce que tu es, et tu deviendras ce que je suis."

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Construite sur les fondations d'une église en 1258, Santa Trinità (Sainte Trinité) est connue pour sa chapelle Sassetti décorée de fresques retraçant la vie de saint François, réalisées par Domenico Ghirlandaio, un peintre surtout célèbre pour avoir enseigné à Michel-Ange.

Santa Trinità était le lieu de rassemblement des moines vallombrosiens, qui faisaient vœu de pauvreté et de silence pour leur vie entière.

Malgré la beauté des fresques de Santa Trinità, il est probable que peu de moines aient eu l'occasion de les admirer : ceux qui s'aventuraient en dehors du monastère recevaient des coups de bâton.

Toscane

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Fondée en 1313 par Bernardo Tolomei, l'abbaye de Monte Oliveto Maggiore était soumise à la règle bénédictine. Les moines bénédictins constituaient le courant religieux dominant de l'époque. Ils se consacraient à la paix, à la prière et au travail, et vivaient au sein de communautés autonomes qui coexistaient avec les gouvernements locaux.

La plupart des terres de la région de Sienne dépendaient de l'abbaye. Son autonomie impliquait la gestion de richesses considérables. Par chance, Bernardo Tolomei avait étudié le droit, et à sa mort, les activités de l'abbaye étaient particulièrement fructueuses.

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Construit au XIIIe siècle par les suzerains de Sienne, le bourg de Monteriggioni fut activement impliqué dans la défense de la Toscane contre la politique d'expansion territoriale des Florentins. La famille Auditore, qui régna sur la ville et en assura la protection, se trouva en première ligne dans ce conflit. Ils édifièrent la célèbre muraille de Monteriggioni, que l'on peut encore admirer de nos jours.

Malgré les tensions qui les opposaient à Florence, les Auditore entretenaient des relations très cordiales avec les Médicis, probablement du fait de leurs origines florentines communes.

Monteriggioni résista aux assauts des Florentins jusqu'en 1554, date à laquelle la ville fut trahie par Giovanni Zeti, capitaine de la garnison exilé, qui obtint de rentrer chez lui à Florence en échange des clés de la ville.

Contre toute attente, les Auditore furent maintenus au pouvoir sous le contrôle des Florentins. Ce qui prouve que les Médicis étaient fidèles en amitié.

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Le Palazzo Comunale, qui est l'hôtel de ville de San Gimignano, fut construit en 1288 pour accueillir le gouvernement municipal.

Pour ne pas faillir à la réputation de la "ville aux belles tours", l'une des toutes premières décisions du conseil fraîchement installé fut d'y ériger une tour, la Torre Grossa. Les podestats élurent domicile au Palazzo Comunale à partir de 1337.

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Apparue au IIIe siècle, la ville de San Gimignano reçut son nom de l'évêque de Modène, qui l'aurait sauvée des hordes d'Attila le Hun en faisant apparaître un épais brouillard. Elle connut un véritable essor à partir du Xe siècle, et devint une étape incontournable sur la route du pèlerinage de Rome.

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Érigéeau XIIe siècle, appelée le "Dôme" par les habitants, la collégiale de Santa Maria Assunta n'est pourtant pas une cathédrale, puisqu'il n'y a pas d'évêque dans la ville. Curieusement, elle est dépourvue de tour. À San Gimignano, surnommée "la ville aux belles tours", une telle particularité était probablement délibérée.

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Hériter du théâtre antique grec, avec lequel il a en commun sa structure, le théâtre antique romain était populaire dans tout l'Empire, comme l'attestent les nombreuses ruines encore présentes.

Le théâtre antique romain était généralement construit avec du béton, un matériau qui ne fut guère utilisé à la Renaissance, pour la seule raison que la recette avait été perdue. L'agencement en arc de cercle favorisait l'acoustique, permettant aux spectateurs d'entendre représentations, discours et chants dans les meilleurs conditions possibles.

Tu as remarqué l'absence de marbre ? À la Renaissance, les Italiens pratiquaient une forme de recyclage qui consistait à piller les édifices romains de leur marbre pour le réutiliser dans les nouvelles constructions.

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Probablement érigée pour défendre la ville au Moyen Âge, la Torre del Diavolo était ceinte d'une passerelle à son sommet, dont les planches étaient supportées par des pointes en bois.

Son nom, qui signifie la "tour du diable", lui aurait été attribué après qu'elle eut été frappée par la foudre. Mais une autre source fournit une explications différente : de retour en voyage, son propriétaire initial l'aurait trouvée légèrement plus haute qu'avant son départ.

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Culminant à 54 mètres au-dessus de San Gimignano, la Torre Grossa, dont la construction commença en 1300 pour s'achever en 1311, est la plus haute tour de la ville, d'où son nom, qui signifie "la grande tour". Contrairement à la plupart des autres tours de la ville, elle possède toujours sa cloche.

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Intégrée au Palazzo Vecchio del Podestà, qui date du XIIIe siècle, la Torre Rognosa culmine à 51 mètres au-dessus de San Gimignano.

Le podestat (de l'italien "Podestà", qui signifie "puissance") était le nom donné au premier magistrat de nombreuses villes italiennes. Le Palazzo Vecchio demeura la résidence des podestats de San Gimignano pendant près d'un siècle, jusqu'à ce que ceux-ci s'installent de l'autre côté de la place, dans le Palazzo Comunale, en 1337.

Pourquoi ce déménagement ? Probablement parce que le Palazzo Comunale possède la plus grande tour de San Gimignano. Comme quoi, l'envie d'aller plus haut a toujours été un des moteurs de l'histoire.

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Au XIIIe siècle, dans une ville célèbre pour ses tours, la famille Salvucci, déterminée à faire étalage de sa puissance, érigea non pas une, mais deux tours à sa propre gloire, et qui plus est, plus hautes que celle du premier magistrat (appelé "podestat") de San Gimignano... et ce en dépit d'une loi de 1255 qui interdisait ce type d'agression à coups de briques et de mortier !

Humilié, le podestat fit décapiter les deux tours pour qu'elles soient moins hautes que la sienne.

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Construite en 1290, la Villa Auditore peut être considérée comme un précurseur de l'architecture qui allait prévaloir à la Renaissance. En effet, sa symétrie rigoureuse et sa géométrie ordonné étaient plutôt avant-gardistes pour l'époque.

Soucieux de l'esthétique, Domenico Auditore, l'arrière-arrière-grande-père d'Ezio, conçut sa demeure comme une forteresse et un lieu d'entraînement, dominant à la fois la ville qu'elle protège et les plaines toscanes.

En 1320, un assaut de l'armée florentine endommagea la façade, qui fut reconstruite telle que nous la voyons aujourd'hui. C'est à cette époque qu'une galerie de tableaux fut inaugurée.

Domenico n'était pas seulement un architecte et un combattant ; il était aussi un ingénieur de grand talent. Des compartiments cachés et des pièces secrètes, dont l'entrée était verrouillée par mécanisme, ont été récemment mis au jour. Ils attestent que cet édifice était en avance sur son temps sur les plans technologique et architectural.

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Ayant fait fortune grâce aux bonnes relations qu'il entretenait avec le pape, l'archevêque Francesco Salviati, qui caressait l'espoir d'être nommé à Florence, s'offrit cette villa toscane en 1475. Il passa plusieurs années à la rénover dans le plus pur style toscan, tout en complotant avec la famille Pazzi pour prendre le contrôle de Florence. Avec un agenda aussi chargé, il eut à peine le temps de profiter de sa demeure avant d'être exécuté.

Cependant, les archives historiques indiquent qu'une fois la conspirations déjouée, Salviati aurait échangé sa tunique d'archevêque contre les vêtements d'un habitant de Florence. Ce dernier aurait été lynché à la place de Salviati, qui en aurait profité pour prendre la fuite.

Romagne

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Édifié vers l'an 1000 autour d'une tour existante, le Palazzo Comunale fut agrandi en 1412, puis acheté par la famille Ordelaffi, qui tenait la ville de Forlì.

Leur règne fut marqué par une violence excessive, culminant avec Pino III Ordelaffi, qui tua son frère pour monter sur le trône, puis sa première femme, sa mère et enfin sa seconde épouse, avant d'être lui-même assassiné par sa troisième femme.

Ah, j'oubliais. Cet homme fut un grand protecteur des arts...

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Avec ses 75 mètres de haut, la tour de l'Abbazia di San Mercuriale est l'une des plus hautes d'Italie. En 1173, la première église du site fut ravagée par un incendie. Le bâtiment actuel fut construit en briques dans un style romaine lombard en seulement 7 ans, ce qui en fait l'une des édifications les plus prodigieuses de toute l'histoire de l'Italie.

La colonnade sur la droite fait partie du cloître.

Agencée en carré et flanquée d'imposantes tours à chaque coin, cette forteresse fut édifiée en 1471 par l'architecte Giorgio Marchesi Fiorentino à la demande de Pino III, seigneur de Forlì, puis agrandie d'une citadelle par Jérôme Riario, quand celui-ci obtint à son tour la seigneurie de la ville.

Plus tard, en 1500, la citadelle fut le refuge de Catherine Sforza , qui dut soutenir le siège de César Borgia, le fils sanguinaire de Rodrigo. Par la suite, le bâtiment fit office de prison. L'endroit n'est pas très accueillant, c'est le moins qu'on puisse dire...

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La stratégie navale vénitienne reposait sur un ensemble de bases situées le long des routes commerciales de l'est. Les marchands pouvaient atteindre leur destination et revenir sans craindre les assauts des pirates ou des Turcs, ennemis jurés de Venise.

À la fin du XVe siècle, la flotte vénitienne était occupée à bouter le roi de France Charles VIII hors d'Italie quand l'Empire ottoman frappa sans prévenir. Venise essuya une cuisante défaite et perdit ses avant-postes grecs. Par la suite, les Turcs envahirent les possessions vénitiennes du nord de l'Italie. Si la Cité des Doges conserva l'essentiel de ses territoires, sa puissance navale fut irrémédiablement affaiblie.

En 798 000 avant notre ère, des hommes ds cavernes du paléolithique taillaient des silex à l'emplacement de la ville, présageant sa destinée industrielle. Son nom (Forum Livi) lui fut attribué par les Romains qui, en 188 avant notre ère, en posèrent les premières pierres le long de la voie émilienne, l'une des nombreuses chaussées construites quand les Gaulois cessèrent d'être une menace dans cette région. Après avoir subi la domination romaine, Forlì tomba aux mains des Lombards, puis sous la coupe de l'Église. Elle devint finalement une république indépendante en 889, au grand dam du Vatican, qui s'efforcera pendant quatre siècles de la ramener dans son giron.

En plus des manœuvres grossières de Rome, Forlì dut faire face à l'invasion des Goths, des Byzantins, des Lombards et des Francs, mais aussi à de graves inondations, que les habitants réussirent à maîtriser en détournant les cours d'eau du centre de la ville, en 1050.

Comme la plupart des républiques indépendantes, Forlì devint une dictature militaire à la fin du XIIIe siècle, puis passa sous la domination de la famille Ordelaffi qui, en dépit de leur blason représentant à lion tirant la langue pour jouer, n'était pas là du tout pour s'amuser.

En 1480, alors que les Ordelaffi étaient empêtrés dans des querelles de succession, le pape décida d'intervenir en confia la cité à son neveu, Jérôme Riario. Mais les choses ne se déroulèrent pas exactement comme il l'avait prévu : quand Jérôme fut assassiné, Catherine Sforza, son épouse, se retrouva à la tête de Forlì. Et elle se battit bec et ongles pour empêcher le Vatican de prendre le contrôle de la cité. Finalement, Catherine fut vaincue et Forlì retomba dans le giron de l'Église.

Rome

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S'inspirant de l'architecture du Temple de Salomon, la chapelle Sixtine est la salle la plus célèbre du palais apostolique (la résidence du pape au Vatican). En 1503, les fameuses fresques du plafond n'existaient pas encore. Il faudra patienter encore quelques années pour voir le doigt de Dieu, mais à cette époque, les murs sont déjà décorés des œuvres de Pietro Perugino, Sandro Boticelli et Domenico Ghirlandaio, entre autres, ce qui n'est déjà pas si mal !

Chapelle privée du pape, la messe y est souvent célébrée. Par ailleurs, c'est là que se réunissent les cardinaux en conclave après la mort du souverain pontife. Ils s'enferment à l'intérieur et ne son autorisés à en sortir qu'une fois le nouveau pape élu. Une fumée blanche s'échappe alors d'une cheminée, et les cardinaux peuvent quitter la chapelle.

Évoquons, pour finir, une terrible injustice : à moins d'être souffrant, chaque cardinal ne peut compter que sur un seul serviteur à l'intérieur de la chapelle. La vie est parfois cruelle !

Construite en 326, l'ancienne basilique Saint-Pierre, alors bien différente de l'édifice actuel, avait la forme d'une croix latine. L'entrée était précédée d'un atrium, baptisé le jardin du Paradis, qui traversaient les fidèles pour se diriger vers les portes principales.

Se démarquant des temples païens somptueusement décorés, la façade de Saint-Pierre était d'une grande sobriété. Fort heureusement, les catholiques décidèrent d'y remédier au moment de se lancer dans la construction du nouveau Saint-Pierre. Bien sûr, ceci eut pour inconvénient majeur de favoriser la corruption au sein de l'Église, mais après tout, même la beauté a un prix.

La basilique fut construite sur les fondations de l'ancien cirque de Néron. On oublie le pop-corn et les barbes à papa, je précise tout de suite qu'il ne s'agissait pas d'un cirque au sens actuel du terme : la crucifixion des chrétiens par les Romains était en fait la seule attraction. Saint-Pierre, comme tant d'autres, aurait péri à cet endroit. Ainsi, la basilique aurait été érigée là où eut lieu le martyre des premiers chrétiens de Rome, comme si l'empereur Constantin avait voulu réécrire l'histoire. Après tout, si le cirque n'existe plus, c'est qu'il ne s'est jamais rien passé, n'est-ce pas ?

Érigé entre 135 et 139 pour y déposer les cendres de l’empereur romain Hadrien, l’édifice qui deviendra plus tard le château Saint-Ange est légèrement plus imposant que le mausolée d’Auguste. Ce n’est pas un hasard, et la raison est encore et toujours la même : déjà à cette époque, c’est la taille qui compte !

Fortifié en 401, le mausolée fut alors converti en bâtiment militaire mais en 410, il fut mis à sac par les Wisigoths, qui dispersèrent les cendres d’Hadrien un peu partout. Tout ce qui n’avait pas été pillé fut recyclé, c’est-à-dire accaparé par le Vatican.

Au XIVe siècle, le mausolée fut transformé en château pour accueillir le souverain pontife, et relié à Saint-Pierre par un passage couvert appelé Passeto di Borgo. Parfait reflet de l’esprit sadique des papes de la Renaissance, Saint-Ange abritait de somptueux appartements, mai aussi une prison. Giordano Bruno, célèbre scientifique et hermétiste, y fut enfermé six années durant. Les exécutions se déroulaient dans la petite cour intérieure, pour que le pape ne manque rien du spectacle.


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